VERY FAN (SON ENCHERE) :05MIN58
B.L : Séverine, qu’avez vous décidé d’offrir et de mettre aux enchères pour nos internautes ?
S.F : Alors pour les internautes j’ai décidé de choisir une rencontre tout simplement pour vous faire partager ma passion puisque je parle de théâtre beaucoup de théâtre, alors plutôt de choisir un objet qui me caractérise, une paire de chaussure ou un rouge à lèvre ou voilà ou un bouquin, j’ai envie de vous rencontrer voilà tout simplement et puis de partager avec vous un moment privilégié puisque généralement quand on va au théâtre on a pas l’occasion de voir un petit peu la préparation, de voir comment ça se passe, de prendre l’ambiance, l’adrénaline, et j’ai envie de partager ça avec vous. C'est-à-dire de vous inviter dans les loges avec moi, de faire ma préparation maquillage, le placement des derniers accessoires, de pouvoir vivre avec moi cette entrée en scène, donc de partager mes émotions et puis de voir le spectacle !
B : Ca se passe où ?
S.F : Alors ça se passe, nous allons décider en fonction de chacun puisque l’on a pas mal de date donc c’est un peu à vous de décider, on verra et puis en fonction des régions de notre gagnant !
B.L : La pièce s’appelle dernière station avant l’autoroute.
S.F : Voilà dernière station avant l’autoroute, une pièce que je joue avec Marion Game, c’est un huit clos qui a été mis en scène par Yves Pignot qui est un très très bon metteur en scène de théâtre, et c’est l’histoire de, ça se passe dans une station service, en pleine nuit, en rase campagne et c’est la confrontation de deux générations. De deux femmes qui sont issues de deux univers totalement différent, d’un côté on a vraiment la bourgeoise qui ne connait pas la vie, et puis cette jeune fille qui elle survit, mais bien, est bien dans ses baskets et ça va être la confrontation, et ça va être une très très belle rencontre entre ses deux femmes.
B.L : Pascal Martin a écrit cette pièce.
S.F : Tout à fait, c’est une première pièce oui.
B.L : Jusqu’au 6 mai vous allez jouer cette pièce dans différentes villes en France, ce qui va permettre à nos internautes de Toulouse, Marseille, Quimper
S.F : Exactement, c’est pour ça qu’on décidera de la date, c’est un peu en fonction du lieu où se trouve notre gagnant.
B.L : On affichera donc les dates de tournées, les lieux également et les villes. Vous proposez donc une rencontre, on sera avec vous dans les loges, on pourra assister à votre préparation
S.F : voilà et on pourra faire un débriefing aussi après s’il le souhaite ! (rires)
B.L : et on sera évidement bien placé pour voir le spectacle.
S.F : Evidement ! Evidemment !
B.L : vous avez choisis une association que vous connaissez particulièrement bien et pour cause, vous allez nous expliquer pourquoi !
S.F : Enfaite alors France Organe c’est une association qui est toute nouvelle et toute récente, et justement la personne qui est à la tête de cette association, elle est toute jeune cette association, donc c’est pour ça que j’ai envie de la soutenir aussi, s’appelle Marie Gaudenot, et Marie elle était aussi dans l’attente d’une greffe, et elle a réussie à être greffée et sa vie a changé. Forcement puisqu’aujourd’hui elle revit normalement. Et elle est très heureuse de revivre normalement, elle a des enfants, et elle a une vrai vie de famille à nouveau, et elle peut espérer et envisager une vie tout à fait correcte et heureuse, alors qu’il y a des tas de petits enfants qui eux sont dans l’attente d’une greffe. Et je sais à quel point ça peut être douloureux quand on a un enfant qui est malade, alors on imagine que quand on est dans l’attente d’une greffe, pour évidement sauver son enfant ça doit être terrible. Donc j’ai eu envie de soutenir cette association parce qu’elle est d’une grande énergie et d’une force et d’une volonté et d’un courage exemplaire. Et elle a réussit à en convaincre. Et c’est surtout que j’ai envie vraiment que ces petits enfants puissent enfin à un moment revivre normalement. Et puis c’est aussi l’occasion de leur donner un petit peu d’espoir et de bonne humeur, et de joie de vivre à travers les grands évènements comme Noël où l’on va leur offrir des cadeaux sur place dans les hôpitaux. Voilà il me parait très important de pouvoir défendre cette association. Et on est tellement impuissants par rapport à ce qu’il se passe et on doit donner un petit peu de soi c’est déjà beaucoup.
B.L : Vous avez accepté de devenir marraine de France Organe, ce qui veut dire que vous connaissez assez bien cette association pour savoir que les fonds sont bien utilisés. On aide les personnes en attente de greffe dans leur quotidien matériellement et aussi moralement, ce qui est aussi très important. Donc on a besoin justement de les aider, vous vous avez pu mettre le droit justement sur cette organisation, le nombre de personne nécessaire, où vont les fonds pour cette association ?
S.F : Elle est toute récente cette assoc, justement Marie est très très très à cheval là-dessus, elle supervise tout et pour le coup il y a énormément d’association, où on se dit où vont les fonds, est ce que ça vaut le coup de donner. Là je peux vous dire, et je sais que ça va vraiment à qui de droit. C'est-à-dire que ces enfants ils sont là, ils existent, elle les connait, elle les côtoie, elle a eu malheureusement le malheur d’être à leur place, et la chance d’avoir pu, de s’en être sortie. Donc du coup je sais exactement où vont les fonds et c’est pour ça que j’ai accepté de m’associer à cette cause.
B.L : C’est vous qui allez choisir maintenant le montant de base de l’enchère.
S.F : Oui alors c’est toujours un peu dur parce qu’on se dit bon ça vaut combien etc. mais en tout cas pour les enfants j’ai envie de donner une somme, tout à fait symbolique, je dirais 149 euros. C’est pas encore 150, mais il faut que ça aille, bien bien bien plus loin, en tout cas pour eux, et puis passer un bon moment avec moi pour ceux qui auront envie j’espère. Mais c’est surtout de voir un beau spectacle et puis en même temps vraiment je pense vraiment beaucoup aux enfants avant toute chose.
VERY LIFE (SON ENFANCE, SES PASSIONS, SES ENVIES): 9MIN51
B.L : Séverine Ferrer bonjour !
S.F : bonjour !
B.L : Je vais commencer cette interview en vous remettant votre info naissance.
S .F : Oh quelle bonne idée !
B.L : C’est tout ce qui s’est passé l’année de votre naissance
S.F : Qu’il est beau ce bébé, qu’elle ressemblance… d’accord ! ah c’est pas mal ! L’entrée en gare de Laciota des frères lumières, la Nasa a construit 8 navettes spatiales.
B.L : Alors vous êtes née le 31 octobre 77
S.F : oui
B.L : à Montpellier.
S.F : oui
B.L : Vous êtes présentatrice de télévision, chanteuse, actrice française, originaire de l’île de la Réunion, ca c’est les informations que l’on peut avoir sur internet. Et j’avoue qu’elles sont très limités ces informations. Est-ce que c’est volontaire, vous n’avez pas forcément envie de dévoiler votre vie, d’étaler votre vie privée ?
S.F : Bah non de toute façon forcément c’est le peu d’info qu’ils ont parce qu’on m’a demandé que ça simplement, et après oui ça dépend, il y a certaines choses de ma vie que je garde en effet secrètes et qui font partis de mon jardin privé, enfin mon jardin secret et je trouve que c’est important. Autant on est public et ca je le comprends tout à fait et je l’admets, et je sais très bien qu’on doit donner beaucoup au public qui nous soutient aussi et qui nous aime la plupart du temps et qu’on a su fidéliser, mais en même temps j’ai toujours été très honnête par rapport à ca et notamment dans mes interviews, je dis que voilà je donne beaucoup, je donne dans la mesure du possible, mais il y a aussi des choses que je cherche à garder un peu secrète et notamment ma famille, que je cherche tout simplement à préserver.
B.L : Vous êtes d’origine réunionnaise, italienne et vietnamienne.
S.F : Normande et Bretonne !
B.L : C’est pas mal quand même !
S.F : Bah c'est-à-dire que pour le coup la Réunion, la force justement des réunionnais, c’est d’être très mélangés, c'est-à-dire que moi j’ai une vision de la fraternité assez… dans toute sa splendeur parce que chez nous tout le monde se côtoie sans qu’il y est de problème. Et c’est vrai que l’on se mélange beaucoup. Et ce qui donne des mélanges la plupart du temps, des mélanges de race comme ça assez incroyable et qui donnent des visages complètement très très beau déjà, et complètement inattendus. On peut avoir quelqu’un avec une peau assez noire et des yeux bridés, justement le mélange c’est la plus belle force des réunionnais je trouve ! Et moi je suis contente justement d’être issue de ce métissage parce que j’avais, je ressentais des choses dans différents pays que j’ai pu visiter notamment tout ce qui était Asie etc. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais attirée par ce genre de pays et maintenant je le sais. C’est une grande force, et c’est marrant parce qu’au début quand j’ai commencé ma carrière de comédienne on me disait, t’es quoi on n’arrive pas vraiment à cibler ce que tu es. Et du coup ça m’a donné la possibilité de jouer pleins de rôles différents que je ne m’attendais pas. Mon premier rôle ça a été une eurasienne, et juste après j’ai joué une jeune parisienne, dans Classe mannequin, ensuite j’ai joué une jeune fille, une campagnarde, c’était, en tout cas ça me donne un éventail de facette qui m’offre des rôles complètement inattendus.
B.L : Vous avez des souvenirs précis de votre enfance ?
S.F : Que de bons souvenirs ! J’ai surtout une image assez forte, c’est l’amour de mes parents. Voilà j’ai jamais manqué de rien, voilà pourtant on était pas issus d’une famille très aisée, des gens tout à fait modestes, mais pour le coup je n’ai jamais ressenti le manque, j’ai toujours été gâtée, j’ai toujours… j’avais mon petit frère avec moi donc c’était… je suis très très famille, je suis, et encore aujourd’hui, la priorité, et ce qui pour moi est le plus important dans la vie c’est ma famille, et c’est vrai que je n’ai que de bons souvenirs déjà le fait d’avoir pu faire ce que j’aime, j’ai encore des souvenirs de moi à trois ans en train de regarder la télé et en disant c’est ça. Je ne savais pas exactement ce que c’était, mes parents n’étaient pas du tout dans le métier, donc je n’étais absolument pas prédestinée à faire ce métier.
B.L : Et c’était quoi exactement ça ?
S.F : C’était ça, alors ça c’était pas encore exactement la télé, ce n’était pas du tout la télé, parce que je n’avais pas encore conscience de ce que c’était. C’était d’être dedans, et c’était reproduire les chorégraphies de Claude François, de reproduire les chorégraphies de Richard Gotainer, c’était… je prenais la brosse à cheveux comme toutes les petites filles avec les talons de maman, je me tordais la cheville plusieurs fois, en tout cas je reproduisais, c’était déjà un besoin vital de danse, puisque j’ai commencé la danse à l’âge de 4ans. Je n’avais pas l’âge mais on un petit peu triché pour que je le fasse ! C’était l’envie de faire ça pour moi c’était…. Je trouve que c’est un métier très complet. Je me devais en tant, quand j’ai choisis le métier d’artiste pour moi je me devais de savoir chanter, danser, jouer la comédie. C’était important de tout savoir. Et donc enfaite j’ai commencé comme ça, ma formation a été très très vite aiguillée par ça. Ce besoin de avoir tout faire et tout simplement l’exemple des américains moi je me souviens avoir une grande passion pour Shirley Temple. Je voyais Will Smith qui faisait et des émissions de télé et des chansons, et des chorégraphies de dingue et qui était comédien, et qui cartonnait dans le Prince de Bel Air. Ca me donnait envie de savoir tout faire.
B.L : Savez vous ce que l’on écoute à la radio en 77 l’année de votre naissance ?
S.F : Là je sais que l’on écoute déjà Claude François, moi je suis bercée par les Yéyés par un papa qui adore les yéyés donc plutôt années 60, j’avais déjà mon petit mange disque avec mes disques, et c’était super rigolo parce que mon père me racontait souvent que, je ne lisais pas encore, et je savais exactement quand il me disait va chercher le disque de Sylvie Vartan, je retrouvais le disque, va chercher le disque de France Gall, va chercher le disque de Carly Sherrill, je les connaissais tous.
B.L : La musique française
S.F : oui essentiellement oui.
B.L : alors c’est les Bee Gees avec How deep is your love
S.F : d’accord
B.L : C’est un succès planétaire, Michel Sardou aussi numéro 1 en France, vous avez une idée de la chanson ?
S.F : Oh ce n’est pas encore femme des années 80 ca viendra plus tard, euh qu’est ce que ça peut être ? Oh ça doit être dans les premières non ?
B.L : La java de Broadway
S.F : ah la java de Broadway d’accord.
B.L : Et Plastic Bertrand
S.F : avec ca plane pour moi déjà ?
B.L : ouai ! En 77
S.F : Bah dis donc je pensais que c’était plus tard !
B.L : Vous la musique vous l’avez dit, qui a bercé votre enfance c’est les yéyés, la musique française. Pourquoi la musique française ?
S.F : Papa, papa qui adorait la musique française qui adorait la variété française, qui était, qui a été bercé par Sheila, France Gall, Adamo, Franck Adamo, c’était vraiment tout la période des yéyés. Et un petit peu, un petit peu Piaf et un petit peu Brel. Donc j’ai commencé, c’était vraiment un répertoire très français enfaite.
B.L : Et papa il fait quoi dans la vie ?
S.F : Papa il s’est occupé de ses enfants voilà, autant d’habitude ce sont les mamans qui s’occupent de leurs enfants, et là maman elle travaillait et papa s’est occupé de ses enfants depuis très tôt. Et c’est lui qui nous a suivit, c’est lui qui était là quand on allait aux castings, c’est lui qui a un peu accompagné ses enfants pendant cette longue aventure.
B.L : C’était vraiment une volonté de votre part d’être visible, d’être une artiste, d’être connue et reconnue, ou papa et maman derrière étaient là.
S.F: Non non, alors ça je refuse catégoriquement de dire que mes parents m’ont poussés à quoi que ce soit ! C’est forcément ce que l’on dit quand il y a un enfant qui réussi ou qui arrive a faire quelque chose. Les parents sont là pour soutenir les enfants, moi le plus beau cadeau qu’ils aient pu me faire c’est celui là, c’est d’avoir cru en ce que je voulais faire, et d’avoir compris très tôt que c’était ma passion et que c’était ma vie. Et ce que j’ai essayé de faire aussi avec mes enfants quand ils me disent voilà maman c’est ma vie, je ne prends ça jamais à la légère. Non je pense que depuis très petit on peut très vite se décider sur ce que l’on a choisis. Après ça peut être un peu vague et puis souvent on lâche, mais je pense qu’il ne faut vraiment pas prendre à la légère les envies des enfants et papa et maman ont toujours soutenu dans ce sens là, par contre ils ont toujours dit, à une condition sinéquanone, si tu bosses mal a l’école, on arrête tout.
B.L: Et à l’école ça fonctionnait bien ?
S.F: Bah à l’école ca fonctionnait bien, j’adorais l’école je dois être l’une des seules mais j’adorais l’école et j’avais mes activités extrascolaires à côté. C'est-à-dire que le mercredi le samedi et le dimanche on allait faire nos chorégraphies, nos arbres de noël, nos petits défilés, nos comédies musicales.
B.L: Et votre maman elle faisait quoi ?
S.F: Maman elle a toujours été coiffeuse. Maman elle est coiffeuse depuis toujours, elle s’est occupée des cheveux de sa fille, elle avait de la chance elle avait une poupée qu’elle pouvait peigner donc c’était très bien. Et elle a toujours été coiffeuse et elle m’a suivit aussi, régulièrement quand elle le pouvait.
B.L : Finalement c’est une vrai chance quand je résume votre enfance Papa vous laisse libre de faire ce que vous avez envie de faire, le milieu artistique est quand même assez présent à la maison, même si papa n’est pas un artiste et maman elle s’occupe de la partie visuelle, c'est-à-dire, l’aspect physique reste très important pour un artiste surtout si on veut faire de la télévision.
S.F: Oui j’ai de la chance d’avoir ma maman, mais c’est vrai qu’en même temps c’était très rigolo parce que je savais exactement ce que je voulais. C’est marrant j’ai revu quelqu’un la dernière fois qui me disait quand tu venais tu disais : je veux ça, ça, ça et ça. J’avais 7 ans, et enfaite maman reproduisait un petit peu ce que je lui demandais. Je me souviens elle avait accepté, parce que j’avais une tendre et folle passion pour Stefanie de Monaco à l’époque et elle avait une mèche blonde devant, alors je me disais mais comment je vais réussir à expliquer à maman que je veux une mèche blonde, j’avais 9 ans ! Et elle me dit : écoute si tu penses que c’est bien je te le fais, voilà et puis j’ai eu ma mèche blonde et j’étais contente, je ressemblais à Stefanie et tout allait bien !
VERY LIFE PARTIE 2 : 9MIN05
B.L : A 14 ans vous rentrez à Paris
S.F: a 13 ans ! 91
B.L: Faut vraiment dire à internet qu’ils arrêtent de publier n’importe quoi, c’est le site wikipédia qui publie n’importe quoi
S.F: Oui je suis arrivée à l’âge de 13 ans à Paris.
B.L: Donc à 13 ans votre famille décide de s’installer à Paris
S.F: Pour nous, pour leurs enfants. C'est-à-dire que pour le coup, l’histoire est très très longue, j’avais rencontré un producteur qui était venu, un producteur métropolitain, qui était venu à la Réunion et qui cherchait des artistes. Donc ça c’était à l’âge de 9 ans. Et enfaite on avait vu l’annonce avec Papa, papa m’en avait parlé, et j’avais dit chiche on y va, de toute façon qu’est ce que l’on a à perdre, on y va. Entre temps donc on appelle, il me demande mon âge parce que évidemment, c’était pour les majeurs, et on leur dit que j’ai 9 ans. Et donc il dit écoutez je pense que c’est un peu jeune mais on va voir, on va poser la question. J’avais déjà commencé à faire des petites choses, j’avais commencé un peu à faire parler de moi, et ils nous rappellent dans l’heure qui suivait le coup de fil, et ils nous disent, voilà écoutez on voudrait la voir quand même ! Et sur 2500 personnes, donc des artistes confirmés etc. c’est la seule petite Séverine qui a été prise. Donc voilà c’était un petit peu hardos pour les autres qui avaient aussi… mais bon voilà ! Je me suis retrouvée à enregistrer mon premier disque à l’âge de 9 ans, il s’appelait : je ne veux pas grandir déjà. Il se trouve qu’entre temps le producteur a fait faillite donc il est rentré chez lui et puis il a tout laissé sur place. Donc j’ai pris rendez vous avec le studio et je leur ai demandé s’ils pouvaient éventuellement m’offrir la bande et j’ai sortie moi toute seule avec mes économies… donc le premier single est sorti comme ça. Il y a eu 1000 exemplaires donc qui… il y en a encore quelques uns dans la nature, donc mille exemplaires, pas plus. Et on a été numéro 1, donc on ne s’y attendait pas du tout ! Et alors ensuite un autre producteur est revenu quelques années plus tard, et là il cherchait aussi des artistes à produire etc. en métropole. Et il nous avait tout promis voilà appartement, bouleau, j’ai 23 milliards de secrétaires, je vais en virer une pour mettre ta mère t’inquiète pas etc. Donc tout à fait innocemment on a dit oui, parce qu’on pensait que c’était chouette et que voilà, c’était aussi pour moi, j’allais accéder à Paris, Paris pour moi c’était un rêve. C'est-à-dire quand je voyais la Tour Eiffel je me disais : qu’est ce que j’aimerais y être ! C’était absolument pas dans mon projet et puis là c’était un espoir, enfin une occasion d’accéder à quelque chose que l’on aurait peut être jamais fait. Et arrivés à Paris, ce n’est pas pour faire pleurer dans les chaumières mais il n’y avait personne à l’aéroport et nous on avait tout. Les valises, le petit frère, la maman, le papa, et moi gloups… Donc du coup au début on a mit ça sur le compte des tournées. C’était l’été il était tourneur aussi donc il faisait pleins de choses, il avait pleins de groupes qui gérait etc. et il se trouve qu’en septembre, il ne s’est toujours rien passé. Et là un petit peu panique à bord, même pour moi parce que je me dis : Ouahou, on a tout quitté pour notre passion à nous donc mon frère et moi, et puis au final, bah il n’y a rien de tout ça. Et on s’est accroché, j’ai changé de nom , puisque j’avais un nom pour le disque, et j’ai changé de nom j’ai pris mon deuxième prénom qui est Karen, et je suis allée à la recherche des castings pour pas que le producteur le sache, et essaye de trouver du travail aussi à côté. Et Karen Ferrer est partie à l’assaut des castings et des directrices de casting, et puis voilà et puis j’ai fais mon petit bonhomme de chemin comme ça, et du coup on a bien fait parce qu’après évidemment on a arrêté avec ce producteur parce que le contrat était devenu caduc, et puis bah j’ai continué ma carrière de comédienne. Vous ne savez pas tout ça hein ?
B.L : non on découvre ! C’est le but d’ailleurs de verylou ! Comment on arrive à y croire alors qu’on a plus rien du tout ? C’est quoi le moteur à ce moment là ?
S.F: La passion ! La passion, l’envie !
B.L: Mais ça on peut le dire quand on est tout seul, mais là il y a une famille, il y a un papa, une maman, un petit frère
S.F: la passion l’envie, et surtout la peur de ne pas décevoir et ca je pense que c’est le meilleur des moteurs du monde. Tout d’un coup quand tu te dis, aujourd’hui ils ont pris des risques pour moi, ils ont tout quitté pour moi, si moi j’abandonne, je les laisse aussi donc je n’ai pas le droit. Donc je n’ai pas eu le choix, enfin je n’ai pas eu le choix, a aucun moment on s’est dit : tient on va repartir ! C’était ma passion, je ne pouvais pas passer à côté, je ne pouvais pas vivre sans. Donc il fallait le faire. C’est pour ça que ça a été dur, on s’est retrouvé parfois dans des situations assez complexes et pas forcément agréables à vivre. Le premier hiver, 39° de fièvres, tous bloqués au lit dans un 12m carré, ca fait bizarre, mais en même temps c’est jamais, on ne s’est jamais découragés au contraire. Et c’est pour ça que j’admire mes parents, je suis très très admirative parce qu’ils n’ont jamais baissé les bras. Ils nous ont jamais dit à un moment ça y est je pense que là on a essayé, c’est fini faut repartir. Non non ils y ont crus.
B.L: arrivée sur Paris votre maman est toujours coiffeuse aussi ?
S.F: Oui
B.L : Elle trouve facilement du travail ?
S.F: Elle trouve relativement facilement, ça a été un peu compliqué, mais elle a bossé dur, elle a bossé dur
B.L: Et votre papa il s’occupe toujours de vous ?
S.F: Papa il s’occupe toujours de nous oui.
B.L: c’est bien ça ? Ou c’est un décalage pour vous par rapport aux autres enfants ?
S.F: Au contraire ! Au contraire moi je trouve ça vraiment bien ! Je n’ai jamais souffert de ne pas avoir ma maman plus souvent à la maison parce que de toute façon on était vraiment tous en osmose, c’était vraiment, ils se complétaient les deux, au lieu d’avoir maman à la maison, j’avais papa. Mais on n’était pas malheureux, le soir quand maman rentrait on lui faisait la fête. Et au contraire maman m’a toujours donné, et moi j’essaye vraiment dans ce que je fais d’être toujours épanouie et d’être heureuse dans ce que je fais, parce que maman même si elle travaillait très très dur, elle a toujours donné une image du travail toujours positive, elle rentrait elle était contente, elle était fière de ce qu’elle avait fait et moi je me suis toujours dit finalement que le travail ce n’est pas cette image que l’on se donne à se dire que c’est dur, oui forcement il y a des gens qui travaillent dur et qui n’aiment pas forcement ce qu’ils font mais en même temps il y a des gens qui sont passionnés. Ma mère était passionnée, je le suis et voilà, j’ai toujours eu une image du travail très positive et très belle.
B.L : Et vous avez reproduit ce schéma là ? C'est-à-dire vous vous travaillez on l’a bien compris, toujours autant passionnée, vous faites d’autres choses aujourd’hui quoi que, finalement ça reste dans ce domaine qui vous correspond.
S.F: Bien sûr !
B.L: Vous avez deux enfants, vous êtes mariée, est ce que c’est papa qui garde les enfants ?
S.F: papa garde les enfants quand il peut, parce que papa travaille aussi mais papa garde les enfants, il est très très présent mon mari ! Et puis surtout les grands parents sont beaucoup là. Pour moi c’est une continuité, c'est-à-dire que pour le coup ça a été, voilà aujourd’hui tu t’es occupée de tes enfants, en tout cas en ce qui concerne mes parents et du coup aujourd’hui tu t’occupes de tes petits enfants et ils nous ont donnés tellement une belle éducation que quand ils sont avec leurs grands parents je suis de toute façon plus rassurée qu’avec quiconque qui pourrait les garder.
B.L: Enfant vous étiez plutôt, ou adolescente sage, rebelle, persévérante ?
S.F: Un peu de tout. Un peu toutes ces filles là. Non j’étais assez raisonnée déjà, enfin raisonnable et raisonnée parce que voilà j’avais commencé tôt, donc pour le coup je savais déjà ce que j’avais à faire, et pas à faire, et après un peu rentre dedans, impulsive parce que je suis scorpion et que j’ai un sale caractère et que je l’assume complètement, pas un sale caractère, je suis exigeante et perfectionniste ! Enfin plus ça va, et plus je me dis que c’est plutôt des qualités que des défauts en tout cas dans mon métier. Sinon un peu rebelle forcement quand on commence a avoir les premiers amoureux on est un petit peu en désaccord avec papa maman, mais un peu de tout ça, un peu de tout ça. J’ai été une adolescente tout à fait normal même si j’évoluais dans un métier, et j’ai côtoyé des gens qui étaient plus vieux que moi aussi, donc j’ai grandi un peu plus vite, mais j’ai jamais eu cette sensation de manque, d’avoir fait les 400 coups, et d’avoir été une adolescente comme toutes les autres.
B.L : Vous rentrez régulièrement à la Réunion ou jamais ?
S.F: De temps en temps, enfin là c’est vrai que ça faisait un moment que je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner et là depuis peu, j’ai été jouer les monologues là bas, les monologues du vagin, deux fois
B.L: que vous jouez depuis 2006
S.F: Oui là je viens d’arrêter la tournée au mois de juin. Mais je l’ai fais pendant 4 ans.
B.L: Il y a quelques dates encore retenues.
S.F: Oui quelques unes. Et je l’ai fais pendant 4 ans et c’est vrai que c’était… j’ai commencé les monologues à la réunion, donc j’avais commencé les premières dates là bas, et j’ai fini
B.L : Quand vous commencez là bas vous êtes l’enfant du pays ?
S.F: Oui, oui c’est toujours impréssionnant de voir les gens qui vous arrêtent et qui vous sautent dans les bras en disant : on est fièrs de toi. Et c’est très important, et en tout cas pour moi le regard de mes compatriotes est très important, et même plus important que certains.
VERY LIFE PARTIE 3 : 6MIN27
S.F: Franchement, sans prétention aucune, je suis super fière. Super fière parce que je sais à quel point j’ai pu me prendre des tomates dans la figure parce que certains … il y a vraiment des gens qui critiquent gratuitement c’est méchant et c’est gratuit moi j’aime quand les critiques… je suis vraiment, j’adore les critiques parce que pour moi les critiques sont constructives je ne supporte pas. Il y a des gens qui ne me connaissent pas qui me jugent. On ne peut pas juger quelqu’un sur une image. On ne peut pas, quand je faisais fan 2 je faisais fan 2, à priori je faisais très bien mon boulot parce que les gens avaient l’impression que ce que je présentais, je les connaissais, je les écoutais en boucle et que j’adorais ce qu’ils faisaient. Non ! Non je ne peux pas dire que j’adorais tout ce que je présentais dans Fan de ! Il y a des choses que j’aimais, il y a des choses que je présentais parce que c’était mon job ! Donc il y a des gens qui s’arrêtent à cette image là. Quand on présente une émission de télé, on essaye de rester le plus naturel possible et de rester en osmose avec ce que l’on est réellement mais en même temps on a quand même un écran qui nous sépare, c'est-à-dire qu’il y a la caméra, il ya cette petite boite, et après il y a ces millions de téléspectateurs qui sont derrières ! Et de temps en temps on ne peut pas être non plus supers naturels ! Parce qu’il y a du stress, parce qu’il y a des cas de figure où l’on se retrouve entrain de présenter un truc où tu as 45 personnes qui passent et qui font : ouai ouai ouai ! T’as recommencé 45 fois tu en as raz le bol ! Mais ça il y a pleins de facteurs qui font que de temps en temps bah voilà on fait notre job, et il y a quand même un écran qui nous sépare, et les gens me rencontrent et me disent : ah ouai on croyait que tu étais un peu glaciale et austère à l’écran mais tu n’es pas du tout comme ça dans la vie. Mais oui parce qu’il y a vraiment une différence
B.L: C’est surprenant d’entendre ça parce que vous avez plutôt l’image d’une
S.F: C’est comme quand tu joues des rôles, mais ils y a quelques personnes qui arrivent à déceler ça et je suis contente ça veut dire aussi que j’arrive à garder un peu de moi-même dans ce que je fais. Mais c’est aussi le problème quand tu joues un rôle qui te marque, c’est que les gens, si tu n’es pas sympathique dans ton rôle et que l’on te voit dans la rue, et que tu es super sympa on te dit : ah ouai mais on pensait que tu étais super glaciale comme dans ton rôle. Mais pas du tout ! C’est aussi, ce sont des rôles de composition c’est notre métier, notre métier c’est un métier d’image de représentation. Et puis on a aussi nos états d’âmes, on a pas toujours des choses drôles qui nous arrivent, on a pas forcément toujours envie de sourire, il arrive aussi que de temps en temps tu es dans un resto et que tu as des soucis et que quelqu’un arrive et qui t’agresse un petit peu, il y a des gens qui t’abordent facilement avec beaucoup de respect et il y a des gens qui pensent, que la plupart du temps tout est permit parce que tu t’invites chez eux. Non il y a quand même… on peut garder un peu de politesse quand on vient voir quelqu’un en disant : bonjour je voudrais un autographe s’il vous plaît, merci. Et de temps en temps c’est : tu me donnes un autographe, oui mais je n’ai pas entendu les formules magiques, j’ai l’impression d’être une maman et de dire ca à mes enfants mais c’est vrai on a aussi envie… oui on s’invite chez eux, oui on s’invite chez le public, mais c’est pour ça que moi je donne beaucoup, et de temps en temps il y a des fois où tu n’as pas forcément envie, des fois tu es en famille. Je demande aussi que l’on respecte ça, quand je me trouve en famille par exemple dans la rue et que je suis avec mes enfants etc. j’aime bien que l’on me fasse un petit coucou, en me disant « bah voilà je suis fan, je ne voulais absolument pas vous déranger etc. », je trouve cela vraiment très mignon, quand on me dit : je veux prendre une photo mais enlève ton enfant de la photo, ou fais le, parce que mon enfant hurle j’ai pas envie de le déposer, j’aimerais aussi que l’on respecte ça.
B.L: On a bien compris que vous avez toujours voulu être une artiste, que votre enfance était plutôt douce et agréable, parce que finalement être une artiste c’est être aussi face à un public et avoir envie de notoriété ou en tout cas d’être vu et reconnus, d’où vous vient ça ?
S.F: Moi ce n’est pas ça. Moi j’ai toujours fait mon métier pour le bonheur de le faire, en plus en étant à la Réunion je n’avais absolument pas du tout conscience de ce qui était la représentation, la notoriété, et j’ai découvert ça quand je suis arrivée sur M6 enfaite. C'est-à-dire que tout d’un coup tu fais les couvs des magazines, dans le métro tu te retrouves placardée partout, et je gérais ça bien, parce que j’avais un peu connu ça à la Réunion, à ma toute petite échelle mais j’avais connu ça, donc tu peux vite, et je comprends très très bien les gens qui tout d’un coup décolle et se prenne la tête d’un coup, forcément quand tu n’as absolument pas préparé à ca, moi mes années de galères ont été constructives. Justement aujourd’hui je pense que si je suis très bien dans mes baskets c’est parce que j’ai vécu ça aussi et quand tout d’un coup tu te retrouves à deux doigts d’être sous les ponts avec ta famille et que tu as 12 balais tout d’un coup voilà tu te dis bon… Moi j’ai vécu des choses qui a mon avis m’ont fait garder mon sang froid et la tête sur les épaules, mais pour le coup voilà, c’est super compliqué d’un coup de gérer ca.
B.L : Et comment on passe justement d’une petite notoriété à une notoriété importante, grâce à une émission de télévision et ensuite de disparaitre de l’écran ce qui ne sous entend pas du tout que vous avez arrêté et que vous ne faites plus rien professionnellement mais en tout cas on ne vous voit plus. Donc du coup
S.F: on vous voit moins !
B.L: Voilà
S.F: ca fait du bien ! Ca fait du bien parce que tout d’un coup tu es exposé tout le temps, c'est-à-dire que tu passes ton temps à être obligé de te dire, depuis que je ne suis plus à la télé j’ai eu une envie de revenir à un naturel que je n’avais peut être plus, c'est-à-dire que tu penses sans arrêt à ta couleur de cheveux, tu n’as pas le droit d’avoir des racines, bon tu sors prendre ton pain, t’es en jogg et on te dit : ah vous êtes mieux à la télé, ou sinon de temps en temps, ce qui arrive le plus souvent et merci, c’est que l’on me dit : ah bah enfaite tu es mieux en vrai ! Bon tu ne sais pas si c’est du lard ou du cochon mais tu y crois quand même, mais de temps en temps tu as aussi quand même envie de souffler quoi, tu as envie de te dire je vais faire mon jogg, je ne suis pas coiffée, je ne me suis pas brossé les dents, je m’en fiche je vais faire mon jogg, et je suis heureuse comme ça, et ça fait du bien aussi d’être tout d’un coup un peu en retrait. J’ai envie de dire presque tu retrouves une vie un petit peu normale, un petit peu. Parce qu’en même temps ça ne s’arrête pas non plus mais du coup tu es moins exposé et on est un peu moins sur toi et ça fait du bien aussi, tu respires un peu plus ouai.
VERY INSPIRE (SON IMAGE EN DESSIN) : 6MIN17
B.L : Séverine Ferrer je vais à présent vous demander de vous dessiner telle que vous vous voyez.
S.F: Telle que je me vois.
B.L: Oui.
S.F: Alors ca ne va pas être très compliqué, parce que je vais faire comme à la maison : « Maman tu te dessines ? ». Je suis une très très mauvaise dessinatrice, c’est absolument horrible.
B.L: Alors vous avez été présentatrice de télévision, chanteuse, vous êtes actrice à présent vous êtes sur scène, vous avez repris une pièce de théâtre dont on parlera face au miroir tout à l’heure. Vous nous avez dit que pour vous ce qui était très intéressant dans la vie, en l’occurrence votre passion c’était d’être une artiste, une artiste des plus accomplies et là vous nous dites, je ne sais pas dessiner.
S.F: Mais non je ne sais pas dessiner, on ne peut pas tout avoir ! Mais bon je me suis améliorée avec mes enfants maintenant je dois faire un peu mieux, à force de dessiner papa, de dessiner maman ! Dessine-moi ! Donc du coup, je fais ce que je peux.
B.L : Non mais c’est plutôt pas mal !
S.F: J’aurais pu me mettre des boucles, hop ! Voilà ! et généralement, j’ai toujours un truc sur la tête donc ça peut être voilà une casquette, voilà ! tac ! Ouai on va dire que ça fait à peu près ca !
B.L: Faites voir ! Vous pouvez signer votre dessin ?
S.F: Quelle horreur ! je n’ai jamais été une bonne dessinatrice !
B.L: Si vous vous décalez sur la droite ou sur la gauche, comme vous voulez on vous verra bien et on verra votre dessin.
S.F: Alors sur la droite.
B.L : Vous trouvez que ça vous ressemble ?
S.F: Oui. Oui parce que c’est une petite nénette naturelle voilà sans prétention qui est un petit peu fashion parce qu’elle a des boucles, elle a un petit collier, et surtout je tiens à mes taches de rousseurs. Voilà donc c’est moi ! (rires)
B.L: Moi je vous découvre, et je vous trouve très souriante, sur le dessin on ne vois pas que vous souriez !
S.F: ah si j’ai des petits trucs là ! Attends regarde je vais faire ça ! Voilà !
B.L: là ça change tout !
S.F: là c’est mieux ?
B.L : Donc si vous deviez vous résumer vous diriez fashion, naturelle
S.F: Un petit peu fashion, oui j’aime la mode, je suis coquette, je suis féminine, j’essaye d’être le plus féminine possible, parce que je suis une femme et que je suis fière de l’être ! Ensuite mes taches de rousseurs, j’ai appris à aimer mes lèvres donc je les aime bien maintenant même si elles sont un peu grosses ! Et puis voilà, pas trop de maquillage, rien du tout, j’aime bien être naturelle.
B.L: Comment on fait pour apprendre à aimer ses lèvres ?
S.F: bah à force quand tout le monde te dit : oh lala qu’est ce qu’elles sont belles tes lèvres et que les garçons disent : Oua tu as des lèvres magnifiques alors finalement on s’y fait ! (rires) Mais non, mais maintenant j’ai appris à aimer mes lèvres, et avant je ne les aimais pas trop, quand j’étais plus jeune je ne les aimais pas, et puis finalement je me suis rendue compte que je n’ai pas besoin de botox et je n’ai pas besoin d’autre chose et qu’elles me conviennent très très bien.
B.L: Vous êtes jeune en même temps !
S.F: Oui mais on est pas obligé d’être jeune ou vieille pour faire du botox ! Donc je n’ai pas besoin de tout ça ! C’est très bien !
B.L : Qu’est ce qui fait vibrer Séverine Ferrer aujourd’hui ?
S.F: Toujours mon métier, toujours ma passion et mes enfants, voilà. Ils me font vibrer au quotidien, et je pense qu’ils me feront vibrer toute ma vie.
B.L: Qu’est ce qui fait crier Séverine Ferrer ?
S.F: L’injustice et la bêtise. L’injustice parce qu’il y a des gens qui ne méritent pas ce qu’ils vivent, ce qu’ils vivent au quotidien ou ce qu’ils vivent en général. Je n’aime pas aussi que l’on juge trop vite, avoir un jugement trop hâtif à mon goût ca m’énerve. Et puis et puis ouai, je n’aime pas la bêtise. Donc voilà.
B.L: Qu’est ce qui fascine Séverine Ferrer ?
S.F: Qu’est ce qui me fascine… les gens qui se donnent corps et âme dans ce qu’ils font. Je suis admirative. Moi j’ai rencontré d’ailleurs grâce à mon rôle dans ma sunrise wwf des tas de gens qui la plupart du temps se battaient pour une espèce protégée, une petite plante au milieu de nulle part et qui vont se battre toute leur vie pour faire en sorte qu’elle ressurgisse et qu’elle revive à nouveau. Moi je suis juste admirative, je tire mon chapeau et je dis bravo quoi. Voilà je suis admirative de ce genre de gens qui sont capables de donner leurs vies et leurs existences pour des causes qui paraissent futiles.
B.L : Et qu’est ce qui fait fantasmer Séverine Ferrer ?
S.F: Qu’est ce qui me fait fantasmer… je ne sais pas ! Je ne sais pas, j’essaye de ne pas avoir de fantasme moi, j’essaye d’y aller, j’essaye de les vivre les fantasmes. Fantasmer ouai quand je vois un super bon film et que je me dis… oua qu’est ce que j’aurais aimé le faire, qu’est ce que j’aurais aimé avoir l’idée, ouai je suis toujours… ouai le spectacle, le spectacle, je suis une éternelle enfant enfaite !
VERY OFF : 8MIN02
B.L : Et ton livre il s’est bien vendu ?
S.F: Pas trop mal, il est sorti à 10 mille exemplaires on en a vendu 8 mille. Donc ce n’était pas… Pour tout le monde si tu n’en as pas vendu 40 mille, c’est que c’était un flop total quoi. Mais voilà tout ce que j’ai fais, je l’ai bien vendu quand même et ça m’agace d’entendre que ça a été un flop, l’album c’est pareil !
B.L: Ouai l’album
S.F: On en a vendu 7 mille ! 7 mille ce n’est pas rien ! C’était une toute petite boite ! C’était 13 pistes, c’est un tout petit label de musique ! Et encore !
B.L: Les gens je pense qu’ils s’imaginaient, ils parlent de flop par rapport à la notoriété que tu avais tu vois.
S.F: Mais attends la notoriété que j’avais, ce n’est pas non plus facile d’arriver avec sa musique, surtout que j’ai fais la musique que j’aimais
B.L : mais c’est évident !
S.F: je n’ai pas fais du RNB je n’ai pas choisis la facilité non plus ! c’est pour ça que je n’ai fais que 13 pistes, parce que déjà M6 ils m’ont dit : non on ne te vois pas là dedans ! Ce n’est pas ce qu’on imagine pour toi, on te voit dans du RNB, donc ils n’ont pas voulu le faire ! Mais je n’ai pas envie de faire du RNB, pour moi ça a été vraiment, je te le dis un accueil de la critique… scotchée quoi ! Je ne m’y attendais pas mais vraiment du tout !
B.L: ah bon mais vraiment ?
S.F: ah mais vraiment ! Mais pire !
B.L: Mais pourquoi tu ne t’y attendais pas du tout ?
S.F: Mais je ne m’y attendais pas parce que j’ai cru qu’ils allaient tous me dire mais c’est de la merde et que voilà, mais du coup franchement mais pire ! J’ai fais les grosses têtes, j’ai fais Ruquier … A chaque fois on me disait : c’est vachement bien ! Tu vois ? Donc pour moi je n’ai pas d’échec, ce n’est pas parce que je n’ai pas vendu 23 milliards, je connais la conjoncture, c’était déjà très difficile à l’époque où j’ai fais l’album et tout, putain mais on a bien vendu quoi ! Franchement c’était surprise quoi ! Je ne m’attendais pas du tout du tout à ça ! C’est comme pour l’eurovision, tout le monde m’a dit : oh tu n’es pas arrivée machin ! Putain j’étais carrément dans les treizièmes ! Sauf qu’il y a un truc sur internet qui n’est pas le bon ! Quand nous on va là bas on a un truc, moi je suis treizième sur les 24 ! Je ne suis pas avant dernière comme c’est marqué sur internet ! Ca me rend hystérique, pourtant je n’en ai rien à foutre ! C’est ce que j’ai fais point barre tu vois. Mais c’était vraiment ça tout était… Alors à chaque fois qu’il y a un truc qui ne va pas, ça y est c’est foutu, je fais les monologues alors ça y est c’est la misère. Pas du tout attends tout le monde rêve de faire les monologues, il y a une liste d’attente. Tu demandes la liste à la metteur en scène, il n’y a je ne sais pas combien d’attente ! Les gens rêvent de faire les monologues ! Voilà carrément, c’est pour ça que je te dis moi franchement mon parcours je suis super contente. Globalement j’ai réalisé tous mes rêves ! Avec le court métrage là c’était mon vrai rêve ! Donc franchement je n’ai pas… en même temps je n’ai que 32 balais ! J’espère que j’aurais encore des rêves ! Mais franchement à l’heure d’aujourd’hui le bilan il est super positif quoi ! Je ne regrette rien, j’assume tout, pas de problème ! Et surtout j’ai vécu
B.L : tu as vécu ?
S.F: des choses dingues ! L’eurovision c’était quand même un truc à vivre quoi ! C’était… autant ici tout le monde crache dessus, c’est de la merde… Mais à l’étranger mais c’est le concours de l’année ! Les bookmakers les machins, les gens, il y a des fans qui campent devant, tu as des journalistes qui arrivent à chaque répet, ils courent ils se mettent derrière les barrières, les barrières et tous, ils regardent comment ça c’est passé, la repet finie ils courent tous pour aller mettre les trucs sur internet, hallucinant ! Alors que chez nous c’est de la merde ! Les gens c’est de la merde ! Pas grave ! Moi je l’ai fais ! Le Dalaï-lama putain elle a rencontré le coup de pub tout ça je m’en fous la plupart des gens qui m’ont descendu, j’en avais parlé avec Ardisson, enfaite je rêvais de le rencontrer, c’est pour ça que tu m’as attaqué, parce qu’enfaite tu étais super envieux ! M’en fous, je l’ai fais moi ! Le reste du temps, c’est que des mecs qui ont des problèmes, gardez vos problèmes moi j’en ai rien à foutre ! Au moins j’ai le mérite de l’avoir fait, ce sont des souvenirs qui m’appartiennent, et personne ne pourra me les reprendre.
voix off : c’est une sacré expérience de rencontrer le Dalaï-lama ce n’est pas donné à tout le monde.
B.L: Pour moi ça a été… t’imagines le cadeau que l’on m’a fait ? Je vais pas dire, mais vous comprenez c’est parce que… non je n’ai pas à me justifier, j’ai eu de la chance de le rencontrer et si je l’ai rencontré c’est qu’il devait être sur ma route.
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S.F: Je rêvais de le rencontrer et il se trouve que j’ai fais un jour une opération pour Tati et donc enfaite j’ai rencontré Fabien Waky qui était le patron de Tati à l’époque. Et lui avait rencontré le Dalaï-lama, parce qu’il avait fait plusieurs bouquins avec lui. Et un jour à table on parlait etc. Et puis j’ai commencé à lui dire le Dalaï-lama etc. Il me dit tu sais que je le connais, et tout, je ne savais pas qu’il avait écrit des bouquins avec lui. Et puis voilà ça c’est arrêté comme ça. Et puis un jour il m’appelle il me dit écoute je pars à Ramsala je vais voir sa sainteté, j’aimerais que tu partes avec moi. Pardon ? Il me dit : oui j’aimerais que tu viennes avec moi. Je lui dis : écoute oui, j’ai tout envoyé balader, j’ai fais trois semaines d’émissions et hop je suis partie, et enfaite je l’ai rencontré là bas avec Fabien, donc c’était vachement plus facile. Il y avait trois ans d’attente à l’époque où j’y étais moi. Donc il n’y avait que des gens qui venaient pour différentes associations, tu vois la salle d’attente blindée et tout ! Et enfaite forcément ça a été plus facile parce qu’il y avait Fabien, il m’a fait un cadeau énorme. Il a bien senti que c’était un truc que je voulais faire et du coup j’ai passé une heure vingt avec lui. Et c’était…
B.L: Et qu’est ce que tu lui as dit ?
S.F: Bah pareil je lui ai demandé un peu comment je devais vivre cette notoriété qui était complètement inattendue et que j’avais de temps en temps du mal à gérer par rapport à la presse parce que j’en avais raz le bol d’entendre des choses sur moi qui n’étaient carrément pas juste ! Et je lui ai demandé comment je devais réagir par rapport à ça, est ce que je devais être haineuse, est ce que je devais être… et il m’a expliqué ce que je devais faire. Il m’a dit je ne suis pas là pour te dire ce que tu as à faire mais je suis là pour te mettre sur la route. Et après à toi de t’adapter dans ton quotidien, dans ton environnement.
B.L : Et ca t’as servi ?
S.F: Ca a tout changé ! C'est-à-dire que je pense que j’ai fais un bond de dix ans ! J’ai économisé dix ans ! Et quand je suis rentrée, j’ai trouvé mon homme, je me suis installée, je suis devenue maman et je savais qu’il fallait que je passe par là. Je savais qu’il fallait que j’aille là bas avant de m’investir dans une vie de famille ! c’est bizarre hein ? Alors souvent ça fait rire : arrête le Dalaï-lama ça a changé ta vie… bon ! Oui vraiment ! parce qu’il m’a donné des trucs… parce qu’avant de réagir avec plus d’impulsivité je suis vachement plus calme ! Je réfléchie… je me mets dans la situation des deux… Je me dis pourquoi l’autre agit comme ça et du coup j’ai de la compassion ! Chose que je ne gérais pas !
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voix off : attends, est ce que ça vous dérange si j’en refais une parce qu’on pose la photo du caméraman avec la personnalité sur le site. Et moi j’ai envie de porter mes lunettes de soleil pour pas qu’on me reconnaisse directement, ca vous dérange ?
S.F: Tu as honte ?
voix off : pas du tout ! c’est le concept
S.F: Ouai ouai ouai c’est ça !
B.L : Je te disais pour le
S.F: c’est que du pipo il a honte d’être avec moi !
B.L: tu me diras avec Jean-Yves Lafesse hier il faisait pareil.
VERY PROMO : 12MIN29
B.L : Séverine Ferrer, ça vous plait ce que vous voyez ? Alors là vous me regardez, mais si vous vous regardez vous
S.F: alors ce que je vois ! Oh il y aurait toujours à redire mais ça va ! Ca va !
B.L: Comment vous vous imaginez dans quelques années ?
S.F: J’espère être une jolie grand-mère bien dans ses baskets, avec la pèche, aussi, aussi, vraiment enfin aussi sereine. J’aimerais bien être toujours aussi sereine continuer à faire ce que j’aime, peut être un peu moins dans la lumière mais plus dans l’ombre, j’espère me voir… j’espère être une maman, vrai chouette maman ! Voilà j’ai très peur de ne pas être une mère, je ne sais pas j’ai toujours, je ne sais pas j’ai envie que mes enfants disent voilà que j’ai été une super maman quoi ! Vraiment c’est hyper important pour moi !
B.L: Vous avez deux enfants aujourd’hui, vous souhaitez en faire plus ? Vous en avez un nombre maximum ?
S.F: j’aimerais bien m’arrêter à trois et peut être un petit quatrième sur la fin, avant qu’il soit trop tard ! Non j’aimerais bien, aller encore avoir deux enfants ! Mais non j’aimerais bien être une super mamie aussi, j’aimerais bien avoir des petits enfants, de m’en occuper, non je me vois enfaite, je rêve d’une, d’une vie voilà hyper paisible, hyper tranquille, pleine d’amour avec ma famille, et avec mon métier toujours ! Avoir soit de beaux rôles et à mon avis plus dans l’ombre !
B.L : Dans l’ombre ça veut dire que vous avez envie vous de créer, vous de produire, vous de réaliser ?
S.F : quelque chose comme ça ? Je ne pourrais pas dire exactement quoi mais en tout cas oui, continuer à donner du plaisir aux gens.
B.L : En ce moment vous êtes sur scène, en tout cas vous allez entamer une tournée, pour une pièce qui s’appelle dernière station avant l’autoroute, le metteur en scène s’appelle Yves Pignon, l’auteur Pascal Martin, vous les rencontrez ces gens là par hasard ou vous allez toquer à leurs portes en disant j’ai envie de travailler avec vous ?
S.F: je ne sais pas faire ça. C’est mon gros problème, si j’avais un problème tient ce serait ça ! Je n’arrive pas, je ne sais pas dire aux gens, je n’arrive pas à toquer aux portes, je n’arrive pas à décrocher mon téléphone en disant voilà j’ai envie de travailler avec vous. Je ne sais pas faire. Autant pour les autres j’y arrive très bien, autant pour moi je n’y arrive pas et c’est peut être un peu mon problème aussi, c’est que j’aurais pu faire des tas de choses, encore plus de choses si je le faisais. Maintenant si je rencontre des gens, je les apprécie réellement je ne dis pas que je suis une midinette, je vais vers eux, et je leur dis : voilà je voudrais juste vous dire que je vous admire, j’aime ce que vous avez fait. Et la plupart du temps les gens me disent : mais au contraire venant de toi, parce que indirectement quelque part on est dans le même monde, enfin de temps en temps pour les réalisateurs moi je suis comédienne ou même de temps en temps ça arrive je rencontre d’autre comédiens, et je dis : franchement ce que tu as fait là c’est génialissime vraiment merci, parce que mine de rien je reste une spectatrice quand même, même si je suis dans le métier je regarde tout et tout ça. Et les gens disent, mais venant de toi ça me fait encore plus plaisir parce qu’on sait tellement que dans notre métier on est en train de se tirer la bourre en se disant gnagnagna, que du coup ça fait plaisir. Moi je suis spontanée, quand j’ai envie de dire quelque chose je le dis voilà, et après ça peut me retomber dessus parce que peut être que je parle trop vite de temps en temps, mais voilà je suis comme ça, je suis comme je suis point. Et je me dis voilà j’ai envie de continuer, de ne pas me poser de question, voilà je voudrais continuer à me préserver de tout ce qui peut faire mal et de continuer mon petit bonhomme de chemin
B.L: Mais alors concrètement ça veut dire que si vous ne toquez pas aux portes, c’est que l’on vient vous chercher.
S.F: j’ai cette chance, j’ai une grande chance après voilà, j’ai eu beaucoup de chance jusqu’ici et tout ce que l’on me propose la plus part du temps me plait, ce qui est quand même… ouahou ! je me disais il y a quelques jours quand j’étais en train de jouer la pièce je me disais : quel bol tu as, on est venu, on a pensé à toi et c’est juste un rôle génialissime donc en tant que comédienne c’est presque jouissif quoi, je me dis ouahou j’ai du bol ! J’ai beaucoup de chance ! Je crois avoir vraiment beaucoup de chance.
B.L: Mais qu’est ce qui fait enfaite qu’on pense à vous !
S.F: Mais je ne sais pas ! Je ne sais pas. Je pense que si j’avais une analyse à faire, je dirais que voilà, c’est parce que je suis moi ! Parce que je suis vraie ! Je pense l’être ! Parce que je suis naturelle, parce que je suis spontannée et que je pense que la spontanéité dans ce métier il n’y en a plus beaucoup. En tout cas ce n’est pas une spontanéité, voilà… Je ne suis pas… Je ne suis pas une manipulatrice je ne sais pas faire ! Donc voilà, donc j’agis tel que je réagirais moi et ça passe ou ça casse. Donc peut être que certains apprécient, d’autres n’apprécient pas et c’est surement ce qui fait que certains pensent à moi pour différents rôles !
B.L : Et justement qu’est ce qui fait la différence d’un rôle à un autre, quand vous lisez un scénario, qu’est ce qui vous motive, qu’est ce qui vous fait dire : ah oui là, je vais prendre
S.F: Tout de suite, ça se voit tout de suite ! Dès que tu commences à sourire, dès que tu commences à avoir des émotions, même si tu es en train de lire une pièce tu dis c’est pour moi. Et puis il y a des rôles, il y a des rôles qui tout de suite… je ne sais pas ! On va dire tu joues une animatrice de télé qui va faire je ne sais pas n’importe quoi, une émission de télé réalité ou un truc comme ça, voilà ca peut être sympa, ça peut être drôle parce qu’il y a pleins de trucs à faire mais en même temps si on te dit : tu joues une nana qui est pommée, une ex toxico, célibataire, dans une station service qui essaye de survivre tu ne te poses pas la question ! Celui qui va te faire le plus triper c’est le rôle qui voilà… moi j’aime bien ce qui est noir et tout ça donc forcement c’est…
B.L: Mais vous êtes au courant qu’il y a un vrai décalage entre l’image que vous donnez de vous qui est jolie, qui est lisse alors que… vous allez peut être mal le prendre lisse, mais on peut en discuter
S.F: non mais il n’y a pas de problème !
B.L: Et le fait de pouvoir jouer votre rôle, vous cassez votre image enfaite !
S.F: Mais c’est normal, non c’est parce que j’ai toujours aimé ça ! Moi les rôles qui m’ont donné envie d’être comédienne c’est des rôles… c’est Nikita, Nikita elle est sombre, Nikita c’est une guerrière, voilà qu’est ce que je pourrais vous dire d’autre ? Oui et d’un autre côté je suis super midinette parce que j’ai adoré la boum et que c’est le rôle de Vic que j’aurais adoré faire !
B.L : Mais par exemple vous n’avez pas les cheveux courts en hirsute
S.F: je peux l’avoir ça se trouve, si demain on me propose un rôle où en effet je dois m’enlaidir je le ferais et je l’ai déjà fait ! Et je n’ai pas eu de problème avec ça du tout ! Si je dois me raser la tête à la GI Joe, je le ferais quoi ! Ca fait partie de ma vie, ça fait partie de mon rôle de comédienne, c’est de vivre des vies que je n’aurais pas l’occasion de vivre en restant Séverine Ferrer. C’est pour ça ! C’est pour ça que je fais ce métier ! C’est pour vivre pleins de vies en même temps !
B.L: Aujourd’hui ce que vous dites c’est : je suis une comédienne.
S.F: Ah mais toujours, je l’ai toujours été ! Et je n’en démords pas, c’est ma vie ! C’est ma vie, et quand je me suis enfermée dans la télévision je l’ai voulu, à un moment j’ai accepté ma situation et bon à un moment faut arrêter, à un moment j’ai accepté ma situation, je me suis dis bon ! A un moment il faut arrêter de rêver aussi va s’y fonce, et vis ta vie ! Et vis ce que tu as à vivre dans fan de mais j’ai été oui, assez malheureuse !
B.L: Vouloir jouer en même temps pleins de rôles comme vous venez de le dire, avoir l’impression d’avoir plusieurs vies, est ce que finalement ça ne veut pas dire que votre vie à vous ne vous plait pas forcément ?
S.F: Non malheureusement non ! Non parce que du coup je suis très très bien dans ma vie, mais en même temps je n’aurais jamais l’occasion, je ne le souhaite pas, et je ne le l’espère pas, de tuer quelqu’un dans la vie, même si j’en aurais bien envie des fois mais non. Je n’aurais pas la… Je ne sais pas, je n’aimerais pas être quelqu’un qui se suicide, je ne pourrais pas… C’est aussi quelque part aimer, j’aime les gens, vraiment j’ai une profonde admiration, je fais aussi ce métier pour la communication parce que j’aime les gens. Donc c’est aussi me mettre à leur place, et mieux les comprendre et… je ne dis pas qu’il y a toute une analyse, et que c’est très, c’est quelque chose de très psychologique, c’est très machin, bidule, pas du tout ! J’aime les gens et c’est aussi une façon de me mettre à leurs places et de comprendre ce qu’ils revivent, ce qu’ils vivent, et c’est pour ça que quand je prépare des rôles je ne fais pas de l’actor studio, mais j’aime bien rencontrer des gens, si ce sont des situations qui ont été vécus j’aime bien les rencontrer pour savoir ce qu’ils ont réellement vécu, retranscrire en tout cas assez fidèlement ce qu’ils ont vécus.
B.L : Vous avez réalisé un court métrage, on peut en parler ?
S.F: Bien sûr. Ca voilà une grande fierté. C’est une idée que j’ai eu il y a 12 ans. C’est une histoire qui a été écrite dans la nuit, d’un trait. Je me suis réveillée en transe, je ne sais pas pourquoi, et j’ai imaginé cette histoire. Et je me suis dit moi vivante, il va bien falloir, c’est le seul projet que j’aurais aimé faire avant de mourir. Non mais vraiment ce ne sont pas des bêtises ! Et enfaite on m’a donné la possibilité de le faire il ya quelques temps, on m’a donné la possibilité dans le sens où j’ai une vrai équipe de cinéma qui m’a suivit sur ce projet et surtout de grands comédiens, et notamment Marie-Christine Barrault qui m’a fait un très très beau cadeau de pouvoir la diriger. Et ça reste un souvenir, un des plus beau souvenir quoi, ca a été idyllique. Et c’était un vrai désir de faire de la réalisation depuis longtemps, et aujourd’hui je n’ai qu’une envie, j’ai attrapé le virus, c’est de continuer.
B.L: On a l’impression quand vous parlez que c’est facile. On trouve des gens facilement, on trouve un financement rapidement. Comment ça se passe ?
S.F: Non, bien sur que non. Bien sûr que non ce n’est pas facile ! C’est que je m’accroche, et que rien n’est jamais acquis ! Je garderais ça de ma grand-mère où elle m’a dit : tu sais, il faut continuer à se battre, rien n’est jamais acquis dans la vie, il n’y a rien de facile. Et bah c’est à force de persévérance, c’est à force de… de continuer à y croire, à force de se dire : j’y arriverais. Je ne baisse jamais les bras.
B.L: Vous allez vous regarder dans le miroir, je vais vous parler de vous et à chaque fois vous allez me donner un seul adjectif.
S.F: D’accord.
B.L : Séverine Ferrer animatrice télé.
S.F: Euh, sympa ! Sympathique !
B.L: Séverine Ferrer, chanteuse pour l’eurovision, qui représente la principauté monégasque.
S.F: Courageuse (rires)
B.L: Séverine Ferrer qui joue une comédie qui s’appelle Ca reste entre nous de Martin Lamotte avec Catherine Frot et Isabelle Nanty.
S.F: Inoubliable !
B.L : Séverine Ferrer qui joue au théâtre à Montreux, le théâtre de Montreux en Suisse, dans une pièce de Gerald Savory Georges et Margareth.
S.F: Dingue (rires) Non, c’est vraiment un super souvenir ! Donc totale éclate !
B.L: Séverine Ferrer qui écrit son premier livre : des étoiles plein la tête, en 2004.
S.F: Touchant.
B.L: Séverine Ferrer qui a un petit rôle dans Delphine 1- Yvan 0, de Dominique Farrugia.
S.F: classieux ! (rires)
B.L : Séverine Ferrer qui apparait dans la série à succès de M6, classe mannequin avec Vanessa Demouy
S.F: Euh débutante !
B.L: Séverine Ferrer qui joue encore les monologues du vagin, alors qu’elle a commencé en 2006.
S.F: Impossible de m’en lasser ! Voilà, donc inlassable, je ne sais pas, non ça se dit pas ?
B.L: Tout est possible !
S.F: Voilà, non, je dirais même amoureuse ! Il y a eu un énorme coup de cœur avant de la jouer, pour cette pièce. Je ne m’attendais pas du tout à ce que l’on vienne me chercher, je me suis dit : une petite animatrice on ne viendra jamais me chercher pour ça, et enfaite ça s’est produit et ça a été un très très beau cadeau.
B.L : Quand on entend ça on se dit cette fille là, elle a envie de véhiculer une image positive.
S.F: Elle est folle ! Elle est folle ! Mais je suis positive, je ne peux pas l’enlever, je suis positive ! Je suis comme ça, j’ai toujours eu le sourire, même si je ne suis pas super en forme mais c’est sûrement parce que je suis réunionnaise et que je viens du soleil !
VERY NET (VOS QUESTIONS-SES REPONSES): 9MIN41
B.L : Séverine Ferrer nous avons été voir ce que la rue pense de vous.
S.F: Oh oh !
B.L: vous n’avez plus qu’à cliquer sur le bouton pour savoir ce qu’ils pensent.
(voix de la vidéo ) : - oh bah Séverine Ferrer, c’était les samedis matins Fan de, oui c’était une époque de ma vie c’est vrai, c’était plutôt agréable ! Elle joue dans une sitcom aussi je me souviens, je regardais. Je ne me rappelle plus du sitcom mais pareil, sympathique !
B.L: Qu’est ce que vous en pensez ?
S.F: C’est sympathique ! Je lui ai laissé un
B.L : les sitcoms c’étaient ?
S.F: Classe mannequin et Studio Sud ! Classe mannequin je jouais le rôle de la sœur de Vanessa Demouy, la petite sœur, et Studio Sud peu de temps après, puisque c’était une série à la Fame, c’était un Fame à la française. Bon c’était un peu prétentieux de dire ça mais bon on a fait avec ce qu’on a pu ! Et c’est à partir de cette émission que M6 m’a repéré en tant que comédienne à partir de cette série là, qu’ils m’ont proposé de faire une émission. Qu’ils m’ont repéré en tant que comédienne et qu’ils m’ont proposé de faire une émission. Et déjà il se souvient que c’était samedi, c’est déjà pas mal ! Je reste un bon souvenir, donc tant mieux ! Ca veut dire que j’ai réussi ma mission !
B.L: On va écouter à présent une autre personne.
(voix de la vidéo) : - Séverine Ferrer elle a un peu disparue. Pareil je l’ai croisé deux trois fois, sur des plateaux quand je travaillais. Je n’ai aucune affinité avec le travail qu’elle a fournie, ses émissions qui étaient plutôt mauvaises, mais c’est une fille qui est plutôt gentille et assez agréable. Donc voilà elle a très bien fait ce qu’on lui avait demandé de faire et elle a été mise au placard on ne sait pas trop pourquoi. Mais c’est dommage pour elle parce qu’elle a toujours su bien se comporter malgré le fait que ce ne soit pas l’image d’une télé que j’ai envie de voir, c’est plutôt quelqu’un de bien.
S.F: Voilà, ça ca me fait plaisir ! Voilà un mec très réaliste et qui a su ressentir les choses. J’assume complètement ce que je fais, mais je suis contente d’entendre que les gens qui n’aimaient pas forcément les programmes que je présentais, ont su déceler que je faisais mon job. Et ce qui me fait toujours super plaisir c’est qu’on me dise que sur un plateau je me comporte bien. Parce que je n’entends que des choses où l’on me dit : il y a des gens qui ne se comportent pas bien. Et on a nullement, en tout cas on ne devrait pas en tant qu’artiste, mal se comporter avec les gens. Moi je respecte tout le monde, je respecte celui qui est en train de porter des cafés, celui qui fait la lumière, celui qui va me dire bonjour parce que c’est l’artiste, celui qui va me faire une interview, le monsieur qui nous reçoit, celui qui ouvre la porte, le monsieur qui va me donner un truc. Je trouve ça tellement normal, je trouve ça dingue que les gens arrivent encore à me dire : ah mais vraiment c’était un vrai plaisir quoi ! Ce n’est pas courant ! Mais ca veut dire quoi ? Les artistes laissent quoi comme image ? Moi ça me déprime ! Donc voilà je suis contente de ça déjà après…
B.L: vous appréhendiez, c’est drôle
S.F: Mais oui mais forcément il y a quelque chose de bien, après il y a quelque chose de mal ! Forcément !
B.L : Je vais vous dire non, même plus, parce qu’on en a fait beaucoup plus de vidéos trottoirs, on a été rencontré des filles, des garçons. Ils sont tous unanimes, la première chose qui leur vient en tête, quand ils pensent à vous c’est : elle est jolie, elle est belle !
S.F: Bah écoutez tant mieux !
B.L: Ce n’est pas l’image dont vous avez l’impression que vous dégagez ?
S.F: Non mais forcément, j’ai presque envie de dire que cela, on ne les voit plus ! C’est nul, mais on va retenir ce qui est mauvais ! Forcement puisque ça nous touche et ça nous fait mal. Donc moi je suis tellement blindée maintenant pour avoir des choses. A chaque fois que l’on fait de toute façon quelque chose on ne peut pas tout aimer. On ne discute pas sur les goûts et les couleurs. Chacun son truc. Mais en tout cas j’aimerais que l’on me dise et je voudrais continuer à ce que l’on me dise : dans tout ce qu’elle a fait, même si on n’aime pas au moins, elle a fait ce qu’il fallait quoi ! Voilà c’est tout ce que je demande ! Je ne demande pas que l’on m’aime, je n’ai pas besoin d’avoir une reconnaissance dingue en me disant Mon dieu mon dieu ! Quand il me dit « mise au placard », j’ai envie de lui dire « oui si on veut ! Quelque part pour la télévision, pour l’instant. » parce que c’est aussi une volonté, vraiment et parce que je fais d’autres choses à côté qui me comblent complètement.
B.L: Vous dites aujourd’hui que c’est une volonté, vous ne l’avez pas forcément dit tout le temps !
S.F: Non mais je vais un peu remettre les choses à plat, c'est-à-dire que beaucoup de gens m’ont dit : « tu as été virée de M6 ». Oui j’ai été viré, mais on sait pourquoi ? On sait comment ça a été fait ? Alors encore un jugement trop hâtif justement, on ne sait pas ce qu’il y a eu derrière. Comme je dis si bien, ça c’est mal passé à cause d’une personne qui n’a pas su tenir sa langue parce que ça devait se passer beaucoup mieux. C'est-à-dire comme un vieux couple quand on se sépare, quand on a plus les mêmes objectifs, la même vision des choses, il vaut mieux se séparer, plutôt que de se taper dessus. C’est ce qui s’est passé avec M6. Pour le coup moi je leur demandais des choses qu’ils ne pouvaient pas me proposer et vice et versa. Donc à un moment, quand on ne peut plus se donner les choses, je voulais autre chose que fan de forcément, je voulais aussi continuer ma carrière de comédienne et ils ne pouvaient pas me satisfaire dans ce sens là, et du coup on s’est mis quelque part à avancer dos à dos. Ce n’est pas ma conception du travail. C’est un travail d’équipe. Donc il vaut mieux se séparer. On devait se séparer dans de bons termes, quelqu’un a vendu la mèche trop tôt et ça c’est mal passé. Donc forcément en même temps on dit : c’est la fille qui s’est fait virer. Mais pas du tout ! Ca ne devait pas se passer comme ça ! Donc voilà je l’assume complètement il n’y a pas de problème avec ça. Chez M6 ils savent, et chez moi ils savent aussi comment ça c’est passé, et pourquoi on s’est quittés. Donc voilà à un moment c’est toujours pareil ! C'est-à-dire que si je n’ai pas eu envie de revenir à la télévision jusqu’ici, c’est parce que j’ai des projets qui me sont proposés qui ne m’intéressent pas forcément. Et je ne reviendrais pas aussi, je n’ai pas envie d’avoir une émission quotidienne, je n’ai pas envie d’avoir une émission hebdomadaire comme je le faisais, j’ai envie de revenir ponctuellement, pour pouvoir continuer ma vie de comédienne, parce que j’ai trop souffert comme me ferme les portes de mon activité de comédienne à cause de mon image télévisuelle.
B.L : La presse n’a jamais été vraiment très douce avec vous. Vous sortez un album, vous sortez un livre, on parle toujours d’échec commercial. Je vais revenir sur le livre, votre premier livre : Des étoiles plein la tête, est parue en 2004, peu avant vous avez sorti votre premier album studio. La presse dit que ce sont des échecs commerciaux, les critiques ne sont pas bonnes.
S.F: Oui forcément alors la presse, elle est bien gentille la presse ! Elle devrait se tenir un peu au courant. Si tu ne vends pas 150 mille disques comme Florent Pagny c’est un bide. Moi j’étais dans un tout petit label donc je n’ai aucun problème avec ça. C'est-à-dire que j’ai eu un très très bon accueil de la critique, mais des ventes commerciales qui n’étaient pas pharamineuses. Attention on en a sorti 10 mille on en a vendu que 7 mille, ce qui est vraiment déjà pas mal ! C'est-à-dire que quand même 7 mille personnes ont mis l’argent sur la table pour mon album. Donc pour ça moi je suis déjà très heureuse. Je n’ai pas fais un bestseller, un bestseller je crois que c’est 40 mille exemplaires, on en a sortit que 10 mille, attention je ne suis pas non plus Jean-Pierre Foucault, que l’on se mette bien ça dans la tête ! Moi je faisais juste une petite émission le samedi matin qui s’appelait Fan de sur M6 ! Donc il faut vraiment remettre les choses à leur place ! On n’avait pas la prétention de faire un immense succès commercial !
B.L: Il y a eu l’effervescence aussi Séverine Ferrer
S.F: Mais c’est facile de taper sur une petite nénette qui essaye de se débrouiller ! C’est tellement plus facile !
B.L: Non mais ce que je veux dire c’est qu’il y avait une effervescence parce qu’on vous trouvait jolie, on vous trouvait pro, quand je vous dis on c’est la presse, le public aussi qui vous suivait parce que l’audience était bonne !
S.F: Qui est toujours là !
B.L : Est qu’avec le recul vous vous dites finalement, en France les gens sont jaloux du succès des autres ?
S.F: Mais toujours ça a toujours été, on est… En France on a pas le droit d’être acteur, on a pas le droit de chanter, on a pas le droit de danser, on a pas le droit de faire des films, on n’a pas le droit… on nous mets bien dans petites cases, moi je vous disais que mes exemples à moi étaient américains ! Donc on n’a pas le droit d’être journaliste, et en même temps de faire de la télé ! Ca commence à changer un peu, justement c’est grâce à des gens comme Ophélie Winter, comme moi, qui avons creusé notre petit chemin comme ça même si c’était laborieux, et d’expliquer que l’on pouvait faire pleins de choses. Je n’ai pas dis que je savais tout faire ! J’ai dis que je savais me débrouiller dans tout ce que je fais. Et je voudrais que l’on me reconnaisse à un moment où à un autre. Parce que je ne suis pas assoiffée de notoriété, j’aime ce que je fais, donc j’ai envie de toucher à pleins de choses. Justement ce qui me comble c’est de pouvoir avoir un métier complet où je m’épanouie. Et justement c’est aussi ma force qui fait que quand la télé s’est arrêtée, plutôt que de me morfondre sur mon cas en me disant : qu’est ce que je vais devenir, je ne me suis pas posée la question. Et ca n’a pas été un manque parce que je faisais pleins d’autres choses à côté et que d’un coup les gens qui à un moment
B.L: vous avez enchaîné avec le monologue du vagin
S.F: avec les monologues, ensuite avec A fond la caisse, avec Georges et Margareth, avec Dernière station, je n’ai pas arrêté moi ! J’ai continué à côté tout ce que je faisais déjà et c’est vrai que tout ceux qui m’ont dit à un moment que je me dispersais m’ont dit : « ah ouai finalement tu as eu raison ! C’est ça qu’il faut faire ! C’est ça qu’il faut faire anticiper la crise ! ». Parce que je sentais la crise, parce que j’estime que de faire ce métier ce n’est pas seulement essayer de faire un truc en particulier, c’est de savoir toucher à tout. Et je passe de branche en branche du coup je ne me casse jamais la gueule, et je ne m’ennuie jamais, et je continue à faire le métier que j’aime.
VERY NET PARTIE 2 : 5MIN49
B.L : Pour certains qui ne connaissaient pas vraiment votre carrière de chanteuse, votre talent de comédienne, je dirais même pour de nombreux français vous étiez uniquement une animatrice télévisuelle, ce qui fait que lorsque l’on sait ensuite que vous êtes au théâtre, ou que vous avez également fait du cinéma, on se dit : finalement elle se recycle. Vous ce que vous voulez dire
S.F: Bah non ! Je ne me recycle pas, je reviens à mon premier amour ! C'est-à-dire que beaucoup
B.L: Mais ca c’est peut être enfaite la force et la faiblesse de la télévision !
S.F: Bien sûr ! Mais je ne leur en veux pas du tout dans le sens où ils m’ont découvert à la télévision, mais pour ceux qui me connaissent un petit peu plus, et souvent il y a des films qui repassent, et où on me voit avant la télévision et où on me dit : mais ouai tu avais fait ça c’est vachement bien, pourquoi tu n’es plus comédienne ? Mais parce que tout simplement quand j’ai fais de la télévision on m’a enlevé tout ça ! Non on a une image qui est tellement forte, tellement présente et on fait parti du quotidien des gens finalement puisque ce soit dans les magazines ou… on s’invite chez eux ! Donc moi je ne peux pas leur en vouloir, mais en même temps quand on me dit que je me recycle, ou qu’on me dit que ça ne marche plus pour moi et que je me mets à faire du théâtre, je suis désolée mais moi dans ma vision des choses le théâtre c’est l’art le plus noble, parce qu’on justement pas le droit à l’erreur. On n’a pas de filet. C'est-à-dire que si on se plante, on se ramasse, et on se ramasse toute seule. Justement la plus grande force c’est de refaire du théâtre. Moi je suis tellement contente d’avoir retrouvé les planches et justement mais pour rien au monde, c’est pour ça que je vous disais qu’une émission oui mais à condition, que ca ne soit vraiment que ponctuel. Je n’ai plus envie, j’ai saisi cette deuxième chance qu’on m’a laissé dans ma vie de comédienne pour ressaisir à nouveau et rattraper au vol mon vrai rôle qui est mon rôle de comédienne parce que ce qui me plaisait aussi dans l’animation c’est de jouer aussi un peu la comédie, c’est pour ça que je faisais toujours des sketchs un peu dingue, j’étais habillée en Britney Spears le lendemain, Maria Carey le surlendemain, je n’avais pas peur de ça. C’était mon travail de comédienne que je continuais à alimenter aussi !
B.L: Et financièrement ?
S.F: financièrement c’est le jour et la nuit. Mais je suis épanouie et je suis heureuse. Alors ça ca n’a pas de prix pour moi.
B.L : Est-ce que ça veut dire que quand vous présentiez fan de, ca ne vous éclatais pas tant que ça ?
S.F: Ah non ça m’éclatait complètement ! Ca me convenait très bien, j’avais 17 ans donc c’était vraiment pile poil dans mon époque ! J’ai adoré faire Fan de, j’ai rencontré des gens formidables, dans mon équipe technique, mais aussi des gens que j’ai rencontré, des personnalités que j’ai trouvé moi touchantes, émouvantes, attachantes ! J’ai vraiment vécu des supers moments. Je n’ai pas toujours rigolé parce qu’il y avait aussi des artistes qu’il ne vaut mieux pas rencontrer, qu’il vaut mieux garder tel quels ! Mais en tout cas je me suis éclatée, j’ai voyagé, pleins de choses, j’ai fais des choses formidables. C’est grâce à Fan De que je suis toujours là ! Parce que Fan De est resté dans l’esprit collectif, tout le monde se souvient encore de Fan de ! Et j’ai eu cette chance aussi d’exister par moi, les gens qui me voient dans la rue disent : vous êtes Séverine qui avait fait Fan De ! Donc ce n’est plus Fan de, avant à une époque c’était : « hé Fan de ! Hé Fan de ! » Maintenant c’est Séverine. Donc je suis contente aussi d’avoir pu me faire aussi un petit nom grâce à Fan de. Mais si je suis là, je sais que c’est grâce à Fan De ! Sinon vous ne seriez pas en train de m’interviewer. (rires)
B.L: Peut être qu’on vous aurait interviewé parce que moi j’ai vu les Monologues du vagin et que je trouve que vous avez complètement votre place. Donc de toute façon… L’objectif aujourd’hui pour vous en tant que comédienne aujourd’hui c’est d’avoir un césar ?
S.F: Bah on en rêverait oui forcément ! Pour le donner à mes parents (rires) ! Non mais forcément quand je vois une carrière à la Marion Cotillard, enfin évidemment j’ai commencé avec elle et je suis super contente, je ne suis pas du tout envieuse. Au contraire quoi, moi je suis super contente je me dis le summum c’est d’avoir un oscar, c’est juste dingue. Mais en même temps je ne suis pas faite pour ça, enfin je ne me vois pas partir aux Etats Unis. Je pense avoir suffisamment d’énergie, et de force, mais pas au point de partir. Je ne pense pas. Si ça arrivait, tant mieux ! Mais à l’heure d’aujourd’hui je ne me sens pas capable de faire ce qu’elle a fait, de partir… voilà et si ça arrive tant mieux ! je ne suis pas en train de dire que je suis contre, mais voilà, non c’est surtout ce que je voudrais, et à travers le court métrage ce que j’ai voulu faire, c’est de laisser quelque chose.
B.L: C’est marrant ça, de laisser toujours cette trace, d’exister.
S.F: Ce n’est pas d’exister, c’est de me dire qu’à un moment ou à un autre à travers quelque chose, j’ai fais, j’ai accompli ma mission, parce que je me sens vraiment investie d’une mission, c’est d’avoir donné du plaisir aux gens. C’est tout ce que je demande quoi. Qu’on m’oublie oui, mais que m’on film reste. Voilà mais moi peut importe que l’on ne parle plus de moi mais
B.L: C’est drôle justement de choisir le théâtre, parce que le théâtre c’est très éphémère même si c’est intense sur le moment, mais une fois que c’est terminé que le rideau se ferme on a aucun souvenir, sauf si on fait une captation pour un dvd.
S.F: Si on a toujours des souvenirs, les souvenirs ils sont là.
B.L : Oui, oui mais contrairement à ce que vous pouvez laisser comme trace j’entends matérielles.
S.F: Oui ca me convient. Je vous dis le principal c’est que quand le rideau se ferme, de se dire que quand les gens sont partis, ils avaient le sourire jusque là et ils sont ravis… voilà ! Pour moi ça me comble et ça me suffit.
VERY INDISCRET : 8MIN11
B.L: Séverine Ferrer vous êtes face maintenant à six questions indiscrètes dont une invisible. Vous allez vous poser vous-même une question, la question invisible, vous pouvez la piocher quand vous le souhaiter. Vous pouvez démarrer par la question invisible si vous le souhaitez.
S.F: D’accord. On doit prendre combien de papier ? tous ?
B.L: Tous !
S.F: Alors je commence par celui là : A quoi rêvez-vous secrètement ? Secrètement… d’un super rôle au cinéma…
B.L: Qui ressemblerait à quoi ?
S.F: à un rôle bien dur, bien noir et où je pourrais tout donner en tant que comédienne ! Voilà, alors si on ne me l’offre pas, je me l’offrirais ! (rires) Voilà !
B.L : C'est-à-dire que vous seriez prête à mettre en scène, à produire, à trouver des financements ?
S.F: Non je vais me l’écrire ! Je vais me l’écrire et après je verrais ! Mais voilà, je me dis que si on ne me le propose pas, je me l’offrirais !
B.L: Bientôt ? C’est un projet ?
S.F: Non ! Dans un univers proche peut être je ne sais pas, on verra. Voilà, ca c’est la vie qui s’en chargera.
B.L: On poursuit.
S.F: Alors ensuite, qu’elle est votre plus grande fierté ? Mes enfants ! Ca me parait être une évidence ! C’est ce dont je suis le plus fière, évidemment.
B.L: Vous avez deux enfants, vous êtes assez jeune, et vous les avez eu jeune surtout. C’était… ?
S.F: C’était obligatoire.
B.L: Pourquoi ?
S.F: j’en rêve depuis l’âge de 17 ans, enfaite ma mère m’a eu très jeune, on a 20 ans de différence et pour moi il était normal que je suive cet exemple magnifique que moi-même j’ai vécu mais d’une façon extraordinaire et je me devais d’être maman, j’aurais pu être maman avant si j’avais trouvé le papa. Mais à partir du moment où j’ai trouvé le papa je l’ai attrapé et j’ai dis : toi tu ne bouges plus. Et puis on a eu ce premier enfant, et aujourd’hui on en a un deuxième encore aussi beau et on en aura pleins d’autre j’espère. Voilà, j’ai envie d’une grande famille !
B.L: Mais c’est une vie en accéléré, tout va vite chez vous j’ai l’impression !
S.F: Oui parce qu’à partir du moment ou je suis sure de moi je n’ai plus de raison d’hésiter, pourquoi perdre du temps, pourquoi, il faut savourer, croquer la vie à pleines dents, elle est trop courte. Et moi j’ai décidé de la savourer pleinement !
B.L : Vous savez que c’est l’homme de votre vie ?
S.F: Ouai et je ne me suis pas posé de question et je suis, j’étais convaincu que c’était lui et il me le prouve au quotidien donc je ne me suis pas trompé.
B.L: Vous parlez beaucoup de votre vie personnelle, en tout cas dans les réponses que vous nous donnez, alors que l’on a bien compris que votre vie professionnelle était très importante pour vous, parce que c’est une vraie passion. Vous arrivez comme ça à trouver un équilibre entre les deux facilement ?
S.F: Ce n’est pas facile parce que de temps en temps quand je suis sur un projet qui me prend énormément de temps, et notamment une pièce de théâtre, et bah à la maison je ne suis pas forcément agréable tous les jours, puisque je suis tellement dans mon rôle, je suis tellement dans les répètes tellement dans mon texte, que je sais que c’est difficile à vivre pour eux. Mais en même temps, ils connaissent, ils savent que c’est mon métier, que c’est mon amour pour le métier, qui fait que voilà quand je m’investie dans un projet je m’investie complètement. Donc de temps en temps c’est difficile à gérer parce qu’on est parfois d’une humeur exécrable et qu’on n’a pas envie de parler, et… Mais en même temps oui j’y arrive, j’ai réussi toujours, et je pense que c’est parce que j’ai commencé jeune à mettre, une fois que j’arrive à la maison, j’essaye de tout mettre sur le palier en faite. Je rentre chez moi et je suis là pour ma famille. Donc c’est pareil pour mes coups de fils, je passe mes coups de fils avec mon oreillette dans la voiture, je passe tout ce que j’ai à faire, et ensuite quand je rentre je suis avec eux, et uniquement avec eux.
B.L: Je l’ai dit tout à l’heure vous êtes présentatrice de télévision, chanteuse, actrice et également comédienne enfin pareil finalement ! Et vous êtes également productrice. Vous arrivez justement à séparer le travail, la maison, parce que vous vous donnez des règles ou parce qu’à un moment votre chéri a dit : c’est bon là il faut arrêter ?
S.F: Non c’est par respect pour lui enfaite !c’est par respect parce qu’il m’a accepté comme je suis avec les avantages et les inconvénients donc c’est déjà une très belle preuve d’amour ! Et je pars du principe que je n’ai pas à lui imposer ça, c’est clair que j’ai choisis ça et que je fais ça. Evidemment on en parle à la maison, évidemment son avis est très important pour moi, mais en tout cas j’essaye de faire la part des choses entre ce que je fais, et ce que je suis à la maison. Je pense que je n’ai pas à leur infliger ça. Donc j’essaye de les préserver quelque part, même si de temps en temps, voilà ! Pourtant j’ai du travail il faut que je me mette sur l’ordi, et je n’ai pas le choix, mais en même temps j’essaye toujours d’être maman, avant toute chose à la maison.
B.L : C’est votre confident votre mari, vous lui confiez des angoisses, des moments de joies ?
S.F: Oui et non parce qu’indirectement de toute façon quoi qu’il en soit il partage tout évidement, mais son avis est tellement important pour moi, et j’attends tellement de ceux que j’aime, pour moi les avis de ceux que j’aime compte le plus ! Donc forcément de temps en temps j’ai des angoisses ou des doutes, je lui en parle, mais jamais aussi intensément que je les reçois moi en faite ! C’est peut être un peu compliqué ce que j’explique, mais c'est-à-dire que je lui explique un petit peu que voilà j’ai un doute sur ci ou sur ca, mais sans lui dire à quel point c’est dur pour moi. Parce que je n’ai pas envie qu’il s’inquiète, il est de très bon conseil, donc là-dessus je n’ai aucun souci. Mais pareil j’essaye de le préserver toujours tout le temps enfaite !
B.L: On va piocher une autre question.
S.F: ah ah ! J’ai pris tous les bouts de papiers avec une question ! Quel est votre plus grand regret ? J’en ai un ! C’est de ne pas avoir pu, de ne pas avoir pu faire le film d’Alexandre Jardin que j’adorais, j’avais adoré Fanfan et j’ai été choisie pour jouer dans Oui son film qu’il avait fait au bassin d’Arcachon et j’ai eu de gros problèmes familiaux à cette époque là que je n’ai pas pu gérer. J’ai aussi été très mal dirigée par un agent que j’avais et qui m’a donné de mauvais conseils, que j’ai écouté parce que je pensais qu’elle me représentait et qu’elle savait ce quelle faisait. Et du coup je n’ai pas pu faire ce film et ça reste mon plus grand regret.
B.L: Vous auriez dû interpréter qui ?
S.F: Une petite Baby-sitter dans le film, mais c’était… même si le rôle n’était pas important pour moi c’était vraiment le fait de travailler avec lui. Et du coup je n’ai pas travaillé avec lui et je ne pense pas que je retravaillerais avec lui, mais en tout cas j’aurais adoré.
B.L : Pourquoi vous pensez que vous ne retravaillerez pas avec lui ?
S.F: Parce qu’il la mal pris au début, enfin il l’a mal pris quand ça s’est passé parce que je l’ai planté et malgré moi, malgré moi parce que j’ai été un petit peu manipulée. Et j’étais jeune, j’avais 17 ans donc forcement j’avais aussi la naïveté qui va, qui allait avec mes 17 ans à l’époque et je pense qu’il m’en a voulu un peu, mais bon… voila ! C’est comme ça ! Je pense que c’est mon seul regret ! Sinon j’assume tout et je ne regrette rien !
B.L: Quel est le mot que vous adorez entendre à votre sujet ?
S.F: Je t’aime ! T’aime Maman ! voilà ! C’est tout ce qui me… c’est ce que je disais encore à mon fils ce matin, il me disait : « t’aime maman ! » Et je disais : « bah tu vois c’est la plus belle chose que l’on puisse me dire et ça fait de moi une maman comblée ! »
VERY INDISCRET PARTIE 2: 6MIN07
B.L: Je vais vous laisser maintenant piocher la question invisible.
S.F: Facile maintenant ! Ah la question invisible ! Mais non il y en a une !
B.L: Donc on n’avait pas terminé les questions visibles, alors allez s’y pour celle ci !
S.F: Qu’est ce que vous n’aimez pas chez vous ? Franchement j’ai appris à m’aimer au fur et à mesure, parce que je me suis dis, qu’est ce que je vais pouvoir y faire ? Pas grand-chose ! Au début je n’aimais pas mes seins, parce que je trouvais que j’en avais des trop gros, au début je n’aimais pas mes lèvres parce que je trouvais que j’en avais des trop grosses ! C’est toujours trop gros enfaite !
B.L: Et pourtant c’est ce qui plaît le plus aux hommes !
S.F: Mais oui, mais je ne sais pas pourquoi, alors j’ai commencé à faire un complexe et puis après je me suis dis : « bon de toute façon qu’est ce que tu vas faire, tu ne va pas pouvoir faire grand-chose ! Donc assume toi telle que tu es ». Souvent on me dit que je suis petite mais j’ai appris à m’aimer petite aussi parce que voilà, tout ce qui est petit est mignon ! Et je ne me vois pas avec quelques centimètres de plus ! Peut être deux, trois maxi ! Mais non franchement, je suis telle que l’on ma faite voilà ! Le bon dieu m’a mis sur terre comme ça, et je suis comme je suis et je remercie mes parents.
B.L : Vous êtes croyante ?
S.F: Oui je suis croyante, je ne suis pas pratiquante, mais je suis croyante. Et puis je n’ai nullement l’envie de changer quoi que ce soit. Même avec tout ce qu’il y a aujourd’hui et qui serait… qui sont tout à fait accessible, je n’ai nullement envie de changer quoi que ce soit. Je reste telle quelle. Et plus je vieilli et plus j’ai envie de revenir à un naturel que je n’avais peut être plus.
B.L: Nous allons maintenant passer à la question invisible, c’est celle ci!
S.F: alors je la tire ! Attention ! (rires ) Alors qu’est ce que l’on y trouve ? Qu’est ce que je pourrais dire… c’est souvent une question que je me pose, je me dis : tu n’en as pas raz le bol que l’on te prenne pour ce que tu n’es pas ? Et j’ai envie de répondre que j’ai appris pareil à me ficher de ce genre de chose. Voilà, c'est-à-dire que si on m’aime déjà par rapport à ce que je reflète tant mieux, donc je suis super contente, ça voudra dire que j’ai réussi à faire passer ce que je suis. Si après on me dit : tu es si, tu es ca, tu es machin… j’ai appris enfaite à prendre tout ce qui vient, à ne plus me soucier. A un moment ça m’a fait du mal, et maintenant je ne me soucis plus de ce genre de chose et je vais vous dire quelque chose ! Je vis carrément mieux ! (rires)
B.L: Et qui est réellement Séverine Ferrer telle que vous, vous vous percevez ?
S.F: Je ne saurais pas le dire, je ne pourrais pas le dire, ce serait très prétentieux de le dire, mais j’ai envie de dire que je suis une fille honnête, une fille droite, j’aime bien les gens qui sont carrés. J’aime bien le travail bien fait. Je suis vraiment… Mais alors quand j’aime, j’aime mais je suis capable de tout donner je donnerais ma vie si j’aime là il n’y a pas de doute. Je suis généreuse, je fais toujours mon maximum en amitié, mes copains savent que je suis d’une fidélité mais à tout épreuve ! Je suis, je pense être une fille bien, franchement j’espère enfin je souhaite, mais je pense l’être, en tout cas j’essaye de me donner tous les moyens de l’être au quotidien. Et voilà, et quand on m’accuse de choses que je n’ai pas faite et notamment de dire que j’ai pu être arriviste ou j’ai pu faire si… tel coup ou tel coup ce n’est jamais fait par hasard. Donc si je le fais c’est que l’on ma fait du mal et je suis assez rancunière, je ne suis pas scorpion pour rien. Je suis rancunière sur le coup, mais pareil, avec ma rencontre avec le Dalaï-lama j’ai appris à pardonner, chose que je ne savais pas faire avant. Donc avec le temps…
B.L: Vous avez eu la chance de le rencontrer, c’était une rencontre inopinée, préparée % ?
S.F: C’était un cadeau qu’on m’a fait voilà, c’était un cadeau et c’est un des plus beaux cadeaux que l’on ai pu me faire. Donc aujourd’hui je peux dire que c’est une rencontre qui a bouleversé ma vie, qui m’a appris beaucoup, et si je suis aussi bien dans mes baskets parce que je le suis, et que je pense vraiment l’être, c’est grâce à cette rencontre et on en pense ce que l’on en veux. On pense ce que l’on veut de cette rencontre, chacun s’en est donné à cœur joie, mais moi je n’ai aucun regret, je l’ai fais ,et ça personne ne peut me l’enlever.
B.L: vous y étiez allé avec des caméras, sans caméra ?
S.F: je suis partie avec un copain photographe qui avait fait un reportage avec moi au Mexique, et je lui ai promis que si un jour j’allais au Tibet, je partirais avec lui. Et enfaite j’ai tenu ma promesse. Et il se trouve qu’une fois sur place, le Dalaï-lama nous a dit que plus on parlait de leur cause, et mieux ils se portaient, et que moi petite animatrice de mon état même si j’avais vraiment l’impression d’être la dernière des personnes qui intéresseraient le Dalaï-lama, quand il m’a demandé, parce qu’il me la demandé de pouvoir parler de cette rencontre, je n’ai pas hésité deux secondes. Voilà je n’y étais pas allé pour ça, mais en même temps je me suis dis « tiens voilà, si une grande personnalité comme celle là, le Dalaï-lama me demande quelque chose, je n’ai pas le droit de lui refuser et peu importe ce que l’on dira de moi derrière». Je n’en ai eu strictement rien à fichtre, et je suis fière de l’avoir fait !
B.L: Faudel a dit de vous que c’était sa plus belle histoire d’amour. Vous l’avez entendu quand il l’a déclaré ?
S.F: Oui, j’étais surprise ! (rires) Bah voilà, il l’a dit ! Donc ça n’appartient qu’à lui !
B.L : Vous étiez devant votre poste quand il l’a dit ?
S.F: Oui j’étais devant mon poste, et j’étais à côté de mon mari, donc c’est toujours un peu bizarre, ça fait bizarre
B.L: Pour lui peut être parce que pour vous non !
S.F: Non mais il a passé tout ça ! mais oui c’est toujours agréable d’entendre ça sur soi
B.L: C’était un bon souvenir pour vous ?
S.F: toutes mes histoires d’amour sont des bons souvenirs, même si j’ai vécu des choses douloureuses, ça reste quand même des bons souvenirs. Ca fait partie de mon expérience, donc de mes souvenirs, et il y a des bonnes et des mauvaises choses.
VERY PENSEE : 00MIN48
B.L : Séverine Ferrer qu’avez vous pensé de l’interview ?
S.F : Ecoutez j’ai pris beaucoup de plaisir, c’est rare, c’est super rare en effet, de pouvoir s’exprimer à l’heure d’aujourd’hui, vous faites des émissions où vous n’avez plus le temps de parler. Donc on est pas là pour la promo on est enfin là pour parler de soi, alors oui c’est un peu forcement égocentrique quelque part mais au moins ça met les points sur les i et c’est une sorte de mise au point je le prends comme ça et voilà je n’attends pas grand-chose de cette interview mais vraiment qu’on, qu’on me voit un peu plus sous mon vrai jour voilà. Et que vraiment à partir de ce moment là même si les gens ne m’ont pas rencontrés, ils pourront se faire un avis un peu plus, un peu plus poussé que de dire j’aime ou j’aime pas. Voilà !