Pierre Bellemare

Very Fan (son enchère)

"Ce sont des maisons de rêve !"

  • Pierre Bellemare souhaite mettre aux enchères un séjour d’une semaine (pour 10 personnes) dans une de ses 3 maisons de campagne se situant dans le Périgord. Bonus de l’enchère : prendre l’apéro en sa compagnie ! L’enchère commence à 1000 euros (Pour 10 personnes, ce qui ramène l’enchère à 100 euros chacun). Pour cette enchère, il a choisi de mettre en avant l’association AMARMYUL. Cette association est dédiée à la recherche contre la maladie rare Myoclonique d’Unverricht-Lundborg. Elle a été créée dans le but de mieux faire connaître cette maladie orpheline qui est l'une des 5000 maladies rares connues à ce jour.

En bref

Pierre Bellemare Pierre Bellemare
  • Nom, Prénom : Bellemare, Pierre
  • Date de naissance : 21/10/1929
  • Lieu : Boulogne Billancourt
  • Signe : Balance
  • Profession : Animateur - Producteur
  • Ses amis : Julien Courbet
  • Site internet : Accéder à son site

Son enchère

1 semaine dans sa maison de campagne (capacité...

Au profit de l'association :

Cette enchère s'est terminée à 1010€.

Interview scriptée

VERY FAN (SON ENCHERE) : 5MIN47

B.L : Pierre Bellemare, qu’avez-vous décidé d’offrir et de déposer aux enchères sur notre site ?

P.B : Alors c’est tout simplement une semaine dans une de mes maisons. Car dans le Périgord, j’ai trois maisons de vacances qui sont libre toute l’année pour de la location de vacance, pour des familles. La plus petite peut recevoir 8 personnes et les deux autres 10 personnes. Donc je loue ces maisons toute l’année. Evidemment elles sont déjà entièrement louées pour l’été prochain, je le dis tout de suite il n’y a plus de place ! Mais nous pouvons facilement trouver une semaine en mai ou juin à offrir par exemple début juin, très très belle saison dans le Périgord, très agréable parce que le temps est déjà magnifique ! La piscine est ouverte, elle est à 26° chauffée, toutes les maisons ont une piscine.

B.L : Rappelons pour les internautes où se trouve le Périgord.

P.B : Le Périgord c’est la Dordogne tout simplement. C'est-à-dire c’est dans le sud ouest. Nous sommes je dirais en face de Bordeaux si on se positionne sur une ligne qui serait à peu près égale à Bordeaux mais dans les terres bien entendu, et donc nous sommes à 120 mètres d’altitudes, voyez ce n’est pas très haut ! Mais dans une région extrêmement boisée, extrêmement vallonnée. 11 habitants au Kilomètre carré ! Donc extrêmement tranquille ! Par contre remplis de gouffre, de grottes, d’endroits merveilleux où vivaient les premiers hommes ! Vous irez voir certainement les dessins qu’ils faisaient au fond de cette grotte ! Et puis vous irez visiter tous les châteaux formidables qu’il y a en Dordogne, puisque vous savez que la Dordogne, après l’île de France, est le département français où il y a le plus de château ! Voilà !

B.L : Et est ce que l’on peut vous voir vous pendant cette semaine ?

P.B : Bah si je m’organise oui ça doit être possible ! Et alors pour voir les maisons, il faut les voirs sur un site internet qui s’intitule maison au pluriel, maisons-de-Roselyne.fr . Pendant cette période d’une semaine qui va du samedi au samedi, je le rappelle ! Du samedi, vous arrivez à 16h et vous repartez le samedi suivant à 10h. Ca c’est la durée de location. Et pendant cette période, nous trouverons un jour où nous vous recevront pour l’apéritif !

B.L : Vous pourrez  nous raconter des histoires alors !

P.B : Si on veut ! Mais j’évite !

B.L : Vous faites quoi ?

P.B : Non non je ne suis pas un raconteur d’histoire comme ça, je ne le suis que devant un micro et pour la télévision.

B.L : ah ouai ? Sinon on parle de quoi avec vous ?

P.B : Bah on parle de choses et d’autres, de ce qui fait envie !

B.L : C’est vous qui allez déterminer le montant de base de l’enchère. On peut rappeler quand même vous avez dit 8 personnes dans une maison, 10 dans une autre ?

P.B : 10 dans les deux autres oui ! Il y a trois maisons, vous choisissez celle que vous voulez ! Je mets les trois à la disposition ! Et ils les trouvent bien entendu toutes les trois sur le site !

B.L : Le montant de base de l’enchère ?

P.B : Alors, s’ils payaient normalement le montant on serait au tour de 15 à 1600 euros. Voilà ca c’est le prix que ça vaut.

B.L : 1500, 1600 euros.

P.B : Oui absolument c’est ce que ça vaut. Et donc je pense que pour démarrer une enchère ce qui est assez logique, on va descendre un peu, parce que sinon … j’ai déjà acheté beaucoup d’objets aux enchères donc je sais comment ça marche ! Et donc on va partir à 1000 euros. Oui je crois qu’il faut partir un peu en dessous du prix normal, ce qui est le cas de toute enchère !

B.L : Donc pour 8 ou 10 personnes, ce n’est pas par personne on est d’accord ?

P.B : Non ! pour 8 ou 10 personnes !

B.L : C’est pour l’ensemble. D’accord. Qu’elle association avez-vous choisis ?

P.B : Alors je m’occupe d’une association dans le Périgord, qui s’appelle Amarmyul, et qui est une association qui s’occupe de personnes atteintes de maladies orphelines, c'est-à-dire de maladies rares, qui touchent très peu de personne, qui ne tuent pas forcement, mais qui handicapent considérablement. Et comme il y a très peu de malade, on ne s’en occupe pas. Et personne ne fait de recherche sur cette maladie. Alors on va essayer nous d’aider cette association qui a trouvé des médecins, des chercheurs qui donc vont essayer de trouver des remèdes aux maladies dont ils s’occupent. C’est aussi simple que ça.

B.L : Vous connaissez le président ?

P.B : Alors c’est monsieur José Marty qui habite Saint Germancy bien sûr, et qui donc centralise tout ça et pour lui, pas plus tard que l’année prochaine, le 2 avril prochain et bien je serais à l’Abbatial de Brive et je dirais dans cette abbatial, le jour du vendredi saint, parce que le 2 avril ça sera le vendredi saint et bien nous lirons la Passion de Péguy aux bénéfices de nos amis d’Amarmyul.

B.L : Quand je vous pose la question de savoir si vous connaissez le président, c’est que vous savez donc que cet argent va vraiment être utilisé pour cette association.

P.B : Et uniquement pour ça ! Et uniquement pour cette recherche ! Parce que c’est surtout ça qui nous intéresse c’est la recherche en faveur de ses maladies, pour que enfin on trouve quelque chose qui soulage les malades.

B.L : Qu’auriez vous envie de dire aux internautes pour les inciter à venir passer une semaine dans votre maison de campagne ?

P.B : bah écoutez je pense que pour appréciez ces maisons, il faut déjà être amoureux du confort. Puisque vous aurez tout le confort sans exception ! C'est-à-dire que la cuisine va être une cuisine entièrement équipée comme vous en rêvez, comme vous en voyez dans les salons ! Il y a tout ! entièrement tout ! Même dans une de mes maisons j’ai fais installer un système d’aspiration automatique dans les plaintes, vous savez on fait toujours tomber des saletés, dans une cuisine on épluche toujours des légumes, etc etc. Vous donnez un petit coup de pied dedans et hop ! ca disparaît ! (rires) Donc c’est un système d’aspiration automatique ! Bon il y a évidemment réfrigérateur, machine à laver la vaisselle, machine à laver le linge, machine à sécher le linge. Il y a toutes les machines possibles et inimaginables ! Il y a une cuisinière absolument magnifique avec une hotte aspirante remarquable. Donc on peut tout faire, mais on peut aussi très bien aller au restaurant et ne pas faire de cuisine dans la cuisine ! Mais c’est de très belles salles de bains aussi ! C’est des piscines chauffées 26° automatiquement, vous n’aurez jamais froid dans la piscine. Voilà ce sont des maisons de rêve ! Ce qu’on a essayé de faire !

B.L : Et rappelons aussi parce que l’on connaît votre humilité ! Que l’on peut vous rencontrer et ça ce n’est pas rien non plus !

P.B : Tout à fait ! Pour cette occasion on me rencontrera !

VERY LIFE (SON ENFANCE, SES PASSIONS, SES ENVIES) : 14MIN12


B.L : Pierre Bellemare bonjour !

P.B : Bonjour !

B.L : Merci d’avoir accepté notre invitation ! Je vais commencer cette interview en vous offrant un cadeau ! Votre journal de naissance. Alors pas exactement puisque notre partenaire info naissance a créé une grande base de donnée pour répertorier tout ce qui s’est passé à partir de 1930. Etant donné que vous êtes né en 1929, on n’a pas cette base de données là ! Si ce n’est que j’ai répertorié tout ce qui s’est passé pour votre première année de naissance. Donc vous trouverez pleins d’informations concernant votre première année et vous découvrirez également, enfin je ne sais pas d’ailleurs ! Est-ce que vous avez des souvenirs précis vous Pierre Bellemare de votre enfance et de vos premières années ?

P.B : Ah non, très très peu ! Très très peu, très très peu ! Je sais que je suis né un lundi, ça je sais, je sais que je suis né 4 jours avant le crack de Wallstreet de 1929, donc tout ça je le sais. Je sais que mes parents ne m’attendaient pas tellement et que j’ai été enfaite conçu à l’occasion du 10ème anniversaire de leur mariage. Et ils ne pensaient avoir que deux enfants, ils les avaient déjà : ma sœur ainée qui était née la première année de leur mariage et ma deuxième sœur qui était née 4 ans plus tard. Et donc voilà moi je suis 10 ans après le premier enfant. Je n’étais pas attendu, mais ils étaient très heureux parce qu’enfin ils avaient un garçon voilà.

B.L : Parce qu’il y a deux filles avant vous.

P.B : Oui absolument !

B.L : 1929 a été aussi une grande année, enfin une année qui a vu naître de grands hommes. Est-ce que vous savez lesquels ?

P.B : Pas du tout !

B.L : Martin Luther King.

P.B : ca je ne savais pas.

B.L : Edouard Balladur.

P.B : oui.

B.L : Vous considérez que c’est un grand homme ?

P.B : C’est un homme connu dirons nous !

B.L : Grace Kelly

P.B : Oui !

B.L : Vous le saviez ?

P.B : Non pas du tout !

B.L : Jacques Brel

P.B : Non plus

B.L : Vous ne saviez pas, euh il y a également des personnages fictifs, moins célèbres qui ont fait leur apparition, enfin moins célèbres tout est relatif ! Tintin, le tout premier album tintin au pays des Soviets a vu le jour en 1929.

P.B :  oui, oui, oui !

B.L : Est-ce que vous lisiez Tintin ?

P.B : J’ai lu tintin quand j’étais gamin, quand j’avais 12, 13 ans, 14 ans. J’ai lu Tintin. J’étais pas un très très grand amateur de bande dessinés je le dis tout de suite, je n’ai pas été un fan. Mais j’en ai lu. J’en ai lu normalement dirons nous !

B.L : Popeye ?

P.B : Popeye oui ! Popeye et Olive et les épinards aussi ! Enfin bon comme ça accidentellement !

B.L: Votre père était vendeur de livre d’art.

P.B : oui.

B .L: Est-ce que ça vous intéressait quand vous étiez petit ?

P.B : Oui parce qu’il travaillait sur ces livres quand il était à la maison. Enfaite ces livres étaient souvent des livres anciens qu’il fallait un peu restaurer, parce qu’ils étaient parfois dans des états un petit peu douteux. Donc il fallait travailler sur ce livre, afin de lui rendre tout son éclat. Et donc je voyais mon père travailler, et donc ça m’intéressait beaucoup, j’allais souvent le voir quand il allait travailler sur ces bouquins.

B.L : Est-ce que vous avez des souvenirs précis ensuite de votre enfance, et de votre adolescence ?

P.B : Malheureusement le premier souvenir très précis que j’ai de mon enfance c’est la mort de ma sœur. Parce que ma sœur meurt quand j’ai 5 ans, et elle en avait 14. Et donc là je suis chez ma grand-mère, on m’a emmené pour que je ne sois pas là près de la chambre de ma sœur qui va hélas mourir. Elle est morte en trois mois d’une phtisie galopante, c'est-à-dire une tuberculose extrêmement rapide ! Et notre père est arrivé vers 6h du matin chez ma grande tante, donc où j’étais et nous a annoncé cette terrible nouvelle. Donc je vois tout ca. Tout ca, ca m’a beaucoup marqué. Mais finalement c’est le seul souvenir que j’ai de l’âge de 5 ans.  Et après il faut attendre 7, 8 ans pour qu’à nouveau j’ai des souvenirs.

B.L : Mais pourquoi ?

P.B : c’est ainsi, ca s’efface, je n’en sais rien. Je ne sais pas, je ne peux pas vous dire.

B.L : Vous ne pensez pas que c’est peut-être parce que vous n’avez pas eu l’enfance que vous imaginiez ou rêviez donc du coup vous avez effacé certains souvenirs ?

P.B : Ah non pas du tout ! J’ai eu une enfance extrêmement heureuse. Ah non pas du tout, du tout !

B.L : Quand vous dites heureuse, ça ressemblait à quoi ? papa était présent, maman aussi ?

P.B : papa il était représentant, donc il se baladait 5 jours par semaine en province. Maman par contre était au foyer, elle ne travaillait pas. Les femmes travaillaient très très peu avant la guerre, à peine. Donc elle nous a élevé entièrement, et je voyais mon papa le samedi et le dimanche. Voilà. Mais on était très heureux comme ça, très très heureux.

B.L : mais quand vous dites, je vais insister sur le mot heureux, c’était des partages, des confidences, une famille soudée qu’est ce qui ?

P .B: c’était une famille très très soudée. Mon père adorait ma mère, ma mère adorait mon père, mais ils faisaient cette chose que j’ai appris après, de temps en temps quand il revenait de ses tournées, ils se donnaient rendez vous place de l’opéra sous l’horloge et ils allaient coucher à l’hôtel, comme si ils se voyaient pour la première fois. Ce qui est quand même assez extraordinaire pour des amoureux, et ça au bout de 20 ans ! Donc c’était quand même des amoureux très exceptionnels !

B.L : Vous êtes vous aussi marié depuis un certain nombre d’année maintenant avec la même femme.

P .B: j’ai eu deux mariages dans ma vie.

B.L : Et la dernière en l’occurrence ne date pas d’hier, ça fait un certain nombre d’années que vous la connaissez.

P.B : Oui bien sûr.

B.L : Vous faites la même chose ? Vous la revoyez parfois, vous lui donnez rendez vous à une place, à un endroit à Paris ?

P.B : Non j’ai jamais fait ça, ce qu’avait fait mon père je ne l’ai jamais pratiqué moi. Mais c’est ainsi, je n’avais pas sans doute, je ne sais pas… les mêmes raisons de le faire, parce que j’étais toujours là, je n’étais pas absent de chez moi ! J’ai été très peu absent de chez moi ! Je travaille beaucoup, je suis absent dans la journée c’est évident mais sinon j’étais tous les soirs souvent chez moi ! Donc je n’avais pas le même problème. Mon père était absent 5 jours par semaine ! Donc on le voyait quand même très peu !

B.L : Vous êtes un homme de radio, de télévision également, vous êtes producteur est ce que vos parents écoutaient la radio à la maison ?

P.B : Oui tout à fait, nous avions un poste avec un haut parleur séparé, à l’époque il y avait la masse que représentait les lampes, tout l’harnachement classique du poste de radio de l’époque, et puis à côté on avait un haut parleur qu’on pouvait déplacer, que l’on pouvait mettre à un ou deux mètres du récepteur. Et nous écoutions, on a écouté Radio Londres pendant toute la guerre sur ce poste.

B.L : Ca comptait en je veux dire, pour vous c’était déjà un déclic vous vous êtes dit j’aimerais bien être derrière le poste ?

P.B : Ah pas du tout, du tout, du tout. Alors rien à voir avec ça ! Enfaite je vais faire de la radio, totalement par accident, c'est-à-dire, je viens de connaître ma première femme, je veux me marier avec, et donc pour me marier avec, il faut que je travaille et donc je demande à mon beau frère qui s’appelle Pierre Hiegel, qui est un grand homme de radio, je lui dis « est ce que tu pourrais me trouver quelque chose ? », et il me trouve quelque chose dans une petite société, qui travaille pour une nouvelle station périphérique qui s’appelle Radio Luxembourg à l’époque et je vais commencer à travailler dans cette petite société comme grouillot, c'est-à-dire que je vais faire toutes les petites taches annexes et utiles, mais pas très spécialisées comme d’aller chercher des sandwichs et coller des étiquettes oui !

B.L : Mais jeune vous pensiez, enfin en tout cas enfant et adolescent vous aviez déjà une idée de ce que vous vouliez faire plus tard ?

P.B : Ah oui je voulais être dans les ponts et chaussées. Je voulais faire des ponts et des lignes de chemin de fer en Amérique du sud !

B.L : Pourquoi ?

P.B : Comme ça je ne sais pas, ça me passionnait ! Mais comme je n’ai pas réussi mes études, donc forcement je n’ai pas fait ça !

B.L : Vous n’étiez pas bon élève ?

P.B : Non ce n’est pas que je n’étais pas bon élève, c’est qu’il y avait des matières qui ne m’intéressaient pas dont les mathématiques !  Donc les ponts et chaussées… sans les mathématiques ce n’est pas la peine !

B.L : Quel genre d’enfant vous étiez ? plutôt agité, plutôt calme ?

P.B : Non je n’étais pas tellement agité parce qu’on m’avait mis très vite dans le scoutisme, et pendant la guerre même ça a été plutôt un fait de résistance puisque les allemands avaient interdit le scoutisme et on le faisait quand même.  Donc j’ai très vite été pris par le mouvement scout et j’ai été passionné par ce mouvement, et donc je m’y suis donné à fond. Donc j’ai été un scout ! Et les scouts doivent faire leur B.A tous les jours et doivent être responsables, ils doivent être sérieux, et donc je n’ai pas été un enfant agité du tout.

B.L : En 1939 vous avez 10 ans.

P.B : oui

B.L : La guerre éclate.

P.B : Oui.

B.L : comment vous le vivez vous ?

P .B: Et bien nous étions à Saint Vincent de Salers en vacance, puisque la guerre s’est déclarée en septembre, le 3 septembre si je ne me trompe. Et nous étions à Saint-Vincent de Salers quand le tocsin a sonné, et que nous sommes sortis dans la rue, et on venait d’afficher à la mairie, l’affiche qui rappelait tous les… tous les hommes en âge d’être militaires et donc c’était la mobilisation, ce que l’on appelle la mobilisation générale et donc mon père n’était plus mobilisable parce qu’il était trop agé.

B.L : Vous vous ne l’étiez pas parce que vous aviez 10 ans.

P.B : Bien sûr, et donc mon père a décidé de rentrer immédiatement à Paris, et nous sommes revenus à Paris donc. Une fois à Paris il s’est dit « cette guerre sera une guerre de bombardement », il n’avait pas tord, le miracle a voulu que Paris soit épargné, ca on ne pouvait pas le savoir. Et donc nous sommes partis pour la Normandie qui était notre province de base. Et nous avons été nous réfugier dans un lieu, dans un village Pontécoulant.

B.L : A 18 ans, enfin lorsque vous avez 18 ans, on est en 1947, votre maman décède.

P.B : oui.

B.L : D’une sclérose en plaque.

P.B : Oui.

B.L : Et à ce moment là vous passez votre bac.

P.B : Oui et je connais ma première femme, tout ça, ca se passe la même année !

B.L : Comment vous vivez tout ça, parce que c’est beaucoup d’événement en même temps.

P.B : Oui mais tous les événements sont dans la même année, la mort de ma mère, la connaissance de ma première femme, le ratage absolu de mon bac, et le démarrage de mon métier. Ca commence tout ça la même année !

B.L : Et alors comment vous vivez ça ?

P .B: très bien ! (rires) Ca va très bien, très bien, qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? C’est une suite d’événements. Bien sûr il y en a un très triste qui est la mort de ma maman, mais on l’attendait depuis très longtemps, elle était malade depuis très très longtemps, mathématiquement ça allait terminer mal, et donc on y était préparé. Ce n’est pas quelque chose qui m’a étonné quand ma maman a disparu. J’avais connu ma première femme, j’étais amoureux, donc ça c’est pas désagréable. Je loupe mon bac, oui mais ca ce n’étais pas très grave. A l’époque c’était le plein emploi, je savais que je pourrais travailler quelque part, il suffisait que je le veuille, et comme j’avais la chance d’avoir un beau frère qui pouvait en effet me mettre le pied à l’étrier, bah voilà finalement c’était… c’était pas si mal que ça ! Donc c’était des événements important mais que je vivais correctement.

B.L : On a calé ce rendez vous et cette interview, parce qu’on avait envie de vous rencontrer, de vous découvrir. On a eu du mal à le caler parce que vous êtes surbookés. Vous avez de nombreuses activités. C’est pour ça que d’ailleurs derrière vous on entend beaucoup de bruit, ce n’est pas habituellement comme cela. Je tiens à le préciser parce que finalement c’était aujourd’hui ou presque jamais, ou alors il fallait attendre encore deux trois mois. On a bien compris que vous étiez un homme très dynamique. Quel est votre moteur encore aujourd’hui ?

P.B : Ah bah j’ai toujours des projets, le principe c’est ça. C’est de ne jamais être penché vers le passé, mais d’être éternellement tourné vers l’avenir. Donc moi je n’ai jamais, c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas beaucoup de souvenirs, ce n’est pas quelque chose que je cultive en quelque sorte le souvenir. Je ne dis pas que je n’en ai pas, mais ce n’est pas quelque chose que je cultive. Et ce que je cultive c’est toujours d’être dans le devenir, de me dire qu’est ce que je vais faire, maintenant là, la maison maintenant elle est presque finie, mais qu’est ce qu’on pourrait y ajouter pour… j’ai des maisons de location dans le Périgord, est ce que l’on peut améliorer ça, est ce que l’on peut s’en fabriquer une nouvelle dans un autre style, dans n’importe quel compartiment que ce soit la radio, que ce soit la télévision que ce soit maintenant mes occupations dans le Périgord. Je suis toujours en train de me projeter, toujours, toujours plus loin voilà.

B.L : Mais est ce que c’est par peur de vous ennuyer et d’être inactif ?

P.B : Non c’est pas par peur. C’est parce que nous sommes une profession qui n’a aucune sécurité jamais. J’ai toujours été en me disant est ce que je gagnerais ma vie l’année prochaine ? C’est ça notre profession ! Et donc aucune sécurité, strictement aucune ! Et donc j’ai essayé de me construire tellement de chose, que si ça ca ne marchait plus, ca ça pouvait marcher. Si ça ca ne marchait plus, ca ça pouvait marcher et ainsi de suite. Donc toujours me sécuriser sur plusieurs activités en même temps.

B.L :Qu’est ce qui vous passionne aujourd’hui dans la vie et qu’est ce qui vous a toujours passionné ?

P.B :  Alors ma passion a toujours été les hommes.

B.L : Les hommes ? les personnes les gens ?

P.B : Ce qu’ils font ! pas le monsieur en particulier ! Ce qu’ils font, ce que font les hommes ! Dans ce qu’ils font de bien, bien entendu ! Mais aussi dans ce qu’ils font de mal, puisque j’ai raconté beaucoup de faits divers, donc à la fois dans ce que l’homme a de pire, et dans ce qu’il a de mieux. Voilà, ca c’est ma vraie passion !

B.L : Moi j’ai voulu faire ce métier là parce que j’avais, j’ai toujours voulu être dans la tête des autres. J’ai toujours voulu savoir ce qu’ils pensaient. Est-ce que c’est ça que vous êtes en train de nous dire ?

P.B : Non non ! Moi ils m’intéressent, pas pour être dans leurs têtes, non ils m’intéressent à moi, en tant que curiosité en quelque sorte ! Je suis curieux de ce que font les hommes. Je suis curieux de la vie des hommes, la manière dont ils ont menés leurs vies, la manière dont ils ont réussis, la manière dont ils sont tombés dans un échec noir. Tout ceci m’intéresse. Ou dans le drame, ou dans l’amour, ou dans la passion ou dans la joie. Dans toutes les catégories possibles et inimaginables de sentiments et à travers tous les métiers des hommes. Quand je dis des hommes, c’est le terme générique, je comprends les femmes bien entendu avec.

VERY INSPIRE (SON IMAGE EN DESSIN) : 3MIN36

B.L : Pierre Bellemare, je vais vous demander à présent de vous dessiner tel que vous vous voyez !

P.B : Tel que je me vois ?

B.L : Oui !

P.B : Je suis incapable de faire un portrait !

B.L : Vous n’êtes pas obligé de faire un portrait !

P.B : Je ne sais pas, je ne sais pas ! Si vous me demandez de dessiner un bonhomme voyez je fais ça comme ça. Après je fais ça comme ça là, et puis je fais ça. Donc là vous avez un bonhomme voyez ! Et c’est un bonhomme ! c’est pas quelque chose que l’on reconnaît ! C’est pas moi bien entendu ! Parce que je ne suis pas chauve à ce point là, j’ai pas un nez aussi long que ça ! Enfin bref ce n’est pas moi ! Mais je ne sais pas, je ne sais pas dessiner, donc je fais des choses approximatives, vous voyez ce que je veux dire ?

B.L : Faites voir, si vous vous décalez un tout petit peu sur la gauche ou sur la droite comme vous voulez nous on pourra vous voir encore un peu ! Encore encore un peu, et si vous vous reculez, et décalez vous encore un petit peu, encore un petit peu, encore un petit peu ! Voilà et reculez encore de deux pas ! Voilà donc on peut vous voir, et on voit votre dessin ! Donc en fait c’est pas tout à fait…

P .B: Ah non ce n’est pas moi du tout ! Je n’ai pas cherché à me ressembler. Vous me demandez de faire un visage à peu prêt humain, donc je fais ça d’une manière très très grossière, il n’a pas de bouche d’ailleurs, il faudrait lui mettre une petite bouche là ! Voyez un bouche là !

B.L : Moi dans l’idée je disais que si vous ne savez pas dessiner, vous pouviez peut-être écrire quelque chose ! Ecrire la manière dont vous vous percevez ! L’idée c’est de savoir comment vous vous voyez.

P.B : avoir aussi des cheveux comme ça ! J’aimais bien ces dessins qu’il y avait autrefois dans la presse ! Il y avait un personnage qui était aussi rudimentaire que celui là qui avait des aventures extrêmement compliqué ! Ecrire quelque chose ? non ca va être… on peut pas exprimer des choses en une phrase ! Il y a la place d’une phrase là c’est tout ! On ne peut pas s’exprimer sur soi même sur la vie, sur tout ce que vous voudrez… En une seule phrase, c’est difficile !

B.L : Alors je vais vous demander de signer votre dessin.

P.B : Alors on peut le mettre au derrière, alors évidemment moi je suis obsédé par les constructions voilà. Donc derrière il y a là bas avec une perspective très spéciale, vous avez en fait un chalet montagnard ! Dans lequel s’inscrit la tête, vous avez la cheminée là comme ça, avec la fumée. Et là vous avez la perspective du mur qui s’en va là bas ! Vous avez ici un balcon, dont on ne voit pas éléments parce que la tête les cache ! Et j’ai une fenêtre que l’on voit ici croisée, le début d’un escalier qui monte au premier étage ici sous le bonhomme la comme ça avec la rampe ! Et puis une fenêtre au rez-de-chaussée. Et puis alors près de la maison là il y a un arbre qui pousse voilà avec beaucoup de branches et de feuilles. Voilà alors je signe bien entendu ! Persiste ! Persiste et signe ! Voilà ! Un chef d’œuvre ! Vraiment un chef d’œuvre ! Ca vaudra de l’argent plus tard vous savez ? Quand je serais mort depuis 100 ans !

B.L : Mais c’est vous ça ou pas ?

P.B : C’est moi … non, c’est un amusement ! (rire)

B.L : Mais alors qui est le vrai Pierre Bellemare ?

P.B : Oh bah ça vous ne le connaîtrez jamais !

B.L : Pourquoi ?

P .B: Parce qu’il est secret ! Il ne se révèle pas, il ne se dit jamais.

VERY OFF : 9MIN23

B.L : Et aujourd’hui avec internet en un clic on sait tout !

P.B : Hélas !

B.L : Pourquoi vous dites ça ?

P.B : Oh parce que il y a quand même beaucoup de choses fausses sur internet, énormément de choses fausses que les gens gobent complètement. On peut… c’est quand même le meilleur système de, le plus puissant système de fausses nouvelles, de vraies aussi, mais la question n’est pas là. Il faut faire le tri, et les gens sont très peu capables de le faire ! Très très peu ! Donc on exagère ceci, on minimise cela. Donc moi je n’aimerais pas être un homme politique aujourd’hui, quelque soit ma tendance ! Parce qu’immédiatement, tout ce que vous faites, le moindre mot que vous prononcez tout est déformé amplifié !

B.L : Et vous auriez aimé être un homme politique avant ?

P.B : Non non, je n’aurais jamais aimé être un homme politique ! Mais cela dit ! encore moins maintenant ! Il n’y a pas de grande liberté ! La liberté d’expression dans la politique, elle est assez limitée !

B.L : Pourtant c’est pas faute de moyens, parce que l’homme politique qui veut justement avoir son site officiel, un blog officiel c’est, moi je trouve que c’est très intéressant.

P.B : Oui mais je prends l’exemple d’un homme que je connais bien, parce que c’est un homme de télévision, avec lequel j’ai travaillé d’ailleurs, qui s’appelle Monsieur Mitterrand. Frédéric, le bouquin je le connais, je l’ai lu, quand j’ai vu, parce que tout part quand même de la fille de Le Pen, dans une émission de France 2 à lire un extrait du livre. Lire bien entendu

B.L : en rajoutant un mot en plus.

P.B : oui ! En déformant le texte, et deuxièmement en faisant croire justement qu’il faisait de la pédophilie alors que justement ce n’est pas vrai du tout. Bon, bien ! Donc tout le monde rebondit là-dessus immédiatement ! Et sur ce texte là, et on rebondit, et à gauche ce qui est quand même assez extraordinaire !  Monsieur Hamon rebondit sur les propos de Madame Le Pen ! Comme si il pouvait croire Madame Le Pen ! C’est extraordinaire quand même !

B.L : Comme si il s’en faisait le porte parole

P.B : Voilà ! bon ! Et alors c’est le haro évidemment tout de suite, parce que c’est un traitre, c’est un militant qui est passé à droite, tout ce que l’on peut entendre ! Ca se calme après !

B.L : Il ne s’est jamais caché non plus.

P.B : D’être un pédérastre, ce n’est pas, enfin c’est un homosexuel, pas un pédophile.

B.L : Non non ! Je n’allais pas parler de ça, j’allais parler de la gauche ou de la droite. Il s’est jamais venté d’être trop à gauche aussi

P.B : Non mais il n’a jamais caché aussi qu’il était homosexuel ! Jamais ! Et crois moi que la mauvaise vie c’est vraiment… bon. Donc c’est effrayant tout ce que l’on a pu dire en quelques heures sur Mitterrand. Bon voilà c’est un exemple !

B.L : Mais en même temps moi je pense que si on sait exploiter internet ça peut être une vrai force. Vous voyez la campagne d’Obama par exemple. Elle s’est aussi faite sur le net.

P.B : Oui et les déceptions d’après ?

B.L : Ah vous trouvez ?

P.B : Il n’est pas à la hauteur de sa campagne !

B.L : Vous trouvez ?

P.B : Aujourd’hui il n’est pas à la hauteur de sa campagne.

B.L : Mais qui aurait été à la hauteur de sa campagne ?

P.B : Attendez ce n’est pas ça, mais je dis, mais si par exemple

B.L : Hillary ?

P.B : Oui, euh non pas Hillary, mais Clinton, de son temps j’entends, c’est loin quand même, n’avait pas été, avait tenu plus longtemps haut. Avait eu comment dire, son cadran plus vers 60 si vous voulez, que vers 40 plus longtemps que Obama. Si vous regardez, comparez vous allez voir. Il a été plus favorisé en quelque sorte alors qu’il avait des propos qui été quasiment aussi avancés. Lui aussi voulait faire l’aide sociale, mais dans les six premiers mois de sa carrière, il n’a pas toutes les attaques, qu’il a autre part parallèlement, c’est tout les attentats qui sont déjoués contre Obama. Mais au détour d’une information comme ça, il y en a déjà eu 5 quand même ! Personne ne nous avait parlé avant ! On ne savait pas !

B.L : Oui mais est ce que c’est important de le savoir ?

P.B : C’est important, parce que contrairement à ce que l’on pense, rien n’a changé sur le plan racisme aux Etats-Unis ! Il y a toujours le même nombre de cinglés qui veulent tuer du noir !

B.L : Oui mais vous ce que vous êtes en train de dire, c’est la déception de cet homme ou la déception d’un pays qui se pense…

P.B : D’un pays par rapport à cet homme !

B.L : Ah d’accord ! D’accord j’avais compris la déception des taches réalisées par cet homme ! 

P.B : Non ! Il est déjà dans un grand climat de déception ! C’est embêtant !

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B.L : Si vous aviez à proposer quelque chose, quel genre de programme vous aimeriez bien proposer ?

P.B : Alors pour l’instant si vous voulez je reste dans mes spécialités, parce que ca paraît plus simple, et donc pour l’instant je souhaiterais faire une brève, c'est-à-dire une émission de la durée de Taddéï le soir D’art D’art, non D’art d’art.

B.L : Un programme court vous voulez faire ?

P.B : Programme court 3 minutes, programme court 3 minutes, où je raconte tous les jours une histoire au gens

B.L : aux jeunes ?

P.B : aux gens.

B.L : Mais une histoire sur quoi ?

P.B : Sur tout. Edifiante, étonnante, curieuse, bizarre. Et à chaque fois on illustre par une photo, c'est-à-dire que je raconte l’histoire pendant 3 minutes, et on chute, à la chute de l’histoire tac il y a une photo qui arrive fixe pendant 10 secondes, 20 secondes. Je vais vous donner un exemple.

B.L : Oui je comprends allez s’y !

P.B : On raconte l’histoire d’Andréa D’elia, qui est un grand paquebot italien, qui vient de quitter New York, et arrive à New York dans l’autre de Stockholm grand paquebot Suédois. Ces deux paquebots sont modernes pour l’époque. On est dans les années 50. Ils ont tous les deux des radars déjà, bien équipés, et pourtant, alors qu’ils se voient et bien ils vont se rentrer dedans. Face à Face. Le Stockholm embroche littéralement l’Andréa D’elia. L’avant de la coque du Stockholm pénètre très profondément dans l’Andréa D’elia, tue les gens au fur et à mesure dans les cabines, parce que c’est la nuit, les gens dorment, donc il les tue au passage. Et s’arrête dans une cabine où la proue tue encore la maman dans la couchette du bas, mais s’empare de la couchette du dessus et quand le capitaine du Stockholm fait machine arrière alors la proue ressort, avec dans ses comment dirais-je, dans ce magma de fer que représente à ce moment là tout déchiqueté, une couchette qui s’en va avec, avec dans cette couchette une petite fille qui dort. Et quand les marins du Stockholm vont sur l’avant du bateau, ils voient cette petite fille, ils vont la sauver, quand le papa va la retrouver à New York après tout ça, on lui racontera toute cette histoire, et elle sera elle-même sidérée de ce qui lui est arrivé. Parce que passer d’un bateau à l’autre comme ça sans s’en rendre compte en quelque sorte, avec la bénédiction merveilleuse du sommeil enfantin qui fait que l’on ne s’aperçoit de rien. Donc je raconte cette histoire qui est à la fois tragique et belle puisqu’il y a les deux et la chute, c’est simplement l’avant du Stockholm qui est complètement déchiqueté, que l’on voit et donc on peut imaginer cette petite fille… c’est aussi simple que ça !

B.L : Vous l’avez proposé ?

P.B : Oui !

B.L : Et ils vous ont dit oui ?

P.B : Non ! Mais ils ne m’ont pas répondu non plus !

B.L : et vous choisirez vos histoires en fonction de quoi ?

P .B: En fonction de mon goût ! Je suis hélas dans ces cas là je suis le seul critère, c'est-à-dire je crois que ca va être intéressant, et donc elle m’intéresse, et je la raconte, entant qu’homme public je sais maintenant ce qui intéresse le public ! Dans le bon sens du terme ! C’est-à-dire que je ne suis jamais allé dans le graveleux, je n’ai jamais tout ça ! Mais je sais que je sais aller dans le merveilleux dans le curieux dans le bizarre, dans l’horreur pourquoi pas une fois, mais pas tout le temps. Mais dans l’horreur qui a un sens ! Pas dans l’horreur qui n’a aucun sens !

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voix off :  bon il est rigolo, j’ai bossé une fois avec lui, il est assez sympa comme mec, j’ai pas grand-chose à dire sur lui mais c’est quelqu’un qui est sympathique ! Bah si il était là je le féliciterais pour avoir réussi à tenir 40, 45 ans de télévision

P.B : 63 pépère ! (rires), pas de télévision , de radio ! 63 de radios ! 7 de moins en télévision !

VERY PROMO : 2MIN54

B.L : Et nous allons parler de votre actualité, puisque vous êtes un homme débordé, on l’a bien compris. Vous êtes sur RTL le dimanche pour les histoires extraordinaires

P.B : de 13h à 13h30

B .L: vous êtes tous les soirs de la semaine à 18h10 avec Julien Courbet dans en toutes lettres

P.B : Absolument

B.L : Vous co-animez cette émission.

P.B : Oui enfin je ne la co-anime pas, je suis l’arbitre en quelque sorte, voilà je suis le personnage arbitre et ce qui est amusant, c’est d’avoir deux générations complètement différentes, un animateur de 40 ans et un arbitre de 80, c’est ça qui fait le sel, et le jeu de cette émission !

B .L: Ca vous plaît vous de faire ça aujourd’hui ?

P .B: beaucoup ! J’aime faire ça, ça m’amuse je me retrouve avec des comédiens amusants qui ont le sens de la plaisanterie et on ne se prend pas au sérieux, personne ne se prend au sérieux. C’est ce qui est très agréable dans cette émission et donc à la fois on apprend des choses, parce qu’on apprends toujours des choses sur la langue française, et d’autre part on s’amuse comme des copains qui s’amuseraient en privé, dans un salon vous voyez, histoire de rigoler ! C’est exactement le ton de l’émission et c’est ce qui me plait. Je vais être au théâtre à partir du 5 novembre tous les jeudis, tous les vendredis, et tous les samedis de 19h à 20h20 pour raconter les histoires à se tordre d’Alphonse Allais. Alphonse Allais est un auteur normand, qui est né à Honfleur, qui  a fait ses études de pharmacien et il n’a pas été jusqu’au bout, mais il était passionné de science Alphonse Allais, il était également bien avant la lettre, un surréaliste alors que le surréalisme n’existait pas encore ! Et il racontait des histoires qui sont déjà des histoires surréalistes et qui sont surtout extrêmement drôles avec un humour qui lui était tout à fait propre. Alors on connait surtout d’Alphonse Allais les petites phrases à l’emporte pièce qu’il aimait dire comme ça dans les conversations. Mais on connait peu l’œuvre, et moi j’ai voulu que l’on connaisse l’œuvre. C’est pourquoi avec  Mariapia Bracchi qui est le metteur en scène et Laurent Mothe qui sera mon adjoint dans ce spectacle, nous avons décidé de raconter 15 histoires à se tordre d’Alphonse Allais spectacle qui dure donc 1h15, et qui est sur la scène des Deux-Anes. Et c’est grâce à Jacques Maillot qui est le patron des Deux Anes que j’ai pu faire ce spectacle, parce qu’il l’avait vu déjà et il m’avait vu dedans, et il avait beaucoup aimé et il m’a proposé de venir chez lui. Donc c’est à partir de la semaine du 5 novembre et jusqu’au 19 décembre.

B.L : Et le théâtre ça vous plait plus que la télévision ?

P.B : C’est ce qui me plaît le plus au monde ! Parce que c’est la vérité, tous les jours vous êtes devant un public et il faut séduire. Et il n’est jamais le même et la séduction n’opère pas de la même manière. Donc il faut toujours se régler en fonction du public que vous avez. C’est ça qui est passionnant !

VERY PLUS : 10MIN12

B.L : Vous avez des souvenirs précis ensuite de cette période de votre vie ?

P.B : Ah oui oui bien sûr ! Là j’ai surtout eu la chance de passer une année dans ce que l’on appelle une classe unique, c'est-à-dire où toutes les classes sont réunies, où l’instituteur fait la classe à tous les âges et ça ma beaucoup aidé et beaucoup servi ! Donc j’ai passé une année formidable là bas !

B.L : Mais en quoi ça vous a servi ou aidé ?

P.B : Parce que c’est très intéressant d’étudier ce que l’on vous donne à étudier bien sûr, mais d’entendre en même temps ce que les plus grands étudiaient à leur tour, si bien que ça vous fait prendre de l’avance en général. Si vous vous intéressez j’entends bien sûr. Si vous vous intéressez ce qui est mon cas, ça fait prendre de l’avance.

B.L : On peut dire que vous étiez déjà un enfant curieux et éveillé ? Qui avait justement envie d’apprendre un maximum de choses ?

P.B : Oui j’étais certainement curieux, c’est un de mes, une de mes qualités d’être curieux, donc oui j’étais déjà très très curieux. Eveillé je l’espère, mais ça c’est une question d’intelligence !

B.L : Je vous découvre, et j’ai l’impression que vous êtes modeste.

P.B : Oui ! Oui ! j’ai jamais été un vantard ! Ce n’est pas mon genre !

B.L : Dans le milieu de la télévision ou de la radio on voit de plus en plus d’égaux surdimensionnés, vous avez côtoyés vous ce genre de personne ? Vous vous êtes dit je n’ai pas envie de ressembler à ca ?

P.B : Non, de mon temps si on veut, à l’époque de la création de la télévision, il y avait peut être déjà des égaux surdimensionnés enfin beaucoup, beaucoup moins qu’aujourd’hui et donc ça ne se passait pas de la même manière du tout ! C’était beaucoup plus modeste avant. La télévision pour nous à l’époque, c’était un moyen de se faire de la publicité, parce qu’on y gagnait très très mal sa vie, très très mal, on gagnait beaucoup mieux sa vie en bossant à la radio. On faisait tous de la radio, sur des radios privées bien sûr et on faisait une fois par semaine une émission de télévision parce que ça entretenait notre image auprès du public. Mais il n’y avait aucun intérêt financier parce qu’il n’y en avait pas et d’autre part je ne sais pas, il y avait une ambiance de copain, de camaraderie qui existait à cette époque là, non il n’y avait pas d’égaux surdimensionné non !

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B.L : A l’époque quand vous receviez un objet vous le testiez vous-même ?

P.B : Bien sûr !

B.L : Et vous le proposiez en fonction de ce que vous en avez pensé ?

P.B : Nous avons choisis avec Maryse tous les objets sans exception que nous avons vendus ! Tous ! Et ensuite ils étaient testés par nos réalisateurs qui en faisaient la démonstration ! Et si au cours de la démonstration l’objet s’avérait trop fragile, pas assez fiable … immédiatement il était rejeté. Alors déjà il y avait un premier rejet à la sélection des objets. Les acheteurs nous présentaient une quantité d’objet, on disait oui, non, oui , non. On disait beaucoup plus souvent non que oui. Et ensuite pour ceux auquel on avait dit oui, les réalisateurs passaient derrière nous, les testaient, les torturaient. Et seul ceux qui sortaient triomphant de ces deux tests étaient à l’antenne.

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B.L : Nous pouvons passer à la question suivante ! Vous pouvez la lire à haute voix.

P.B : « aimeriez vous votre »

B.L : « aimeriez vous être votre ami ? »

P.B : Ah ! être votre ami ! Ca c’est une question je suis incapable de répondre ! Je suis incapable de répondre, car on ne peut pas se connaître comme un ami vous connaît c’est impossible ! C’est vraiment… je suis incapable de répondre voilà ! Vraiment ! je ne réponds pas parce que je ne sais pas !

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P.B : Pourquoi ai-je été toujours aussi intéressé par la généalogie et notamment les origines de ma famille ? Ce n’est pas une passion, il ne faut pas exagérer non plus ! Mais c’est un vrai intérêt ! Donc je connais mon trisaïeul, je le connais bien, mon trisaïeul c’est quelqu’un qui vivait au moment de la révolution française, qui été né grosso modo comme Napoléon, c’est  à dire 20 ans avant la révolution donc vers 1769 par là. Et c’est un homme qui a été à la fois homme politique, qui a été patron de journal, inventeur d’un journal qui s’appelait le Grondeur, joli titre pour un journal ! Qui a failli être déporté, qui s’est échappé à temps, qui a fuit aux Etats-Unis, puis au Canada, qui est revenu à l’empire en France, qui a été gouverneur d’Anvers. Un personnage qui a donc eu une vie très intense très intéressante, qui s’appelait Jean-François Bellemare. C’est donc mon trisaïeul. Je connais très bien son fils également qui a participé à la conquête de l’Algérie qui est devenu l’ami d’Abdel Kader, notre adversaire en Algérie, qui est devenu son ami, qui l’a accompagné en France, quand il est venu en France et qui a fait tout un bouquin d’ailleurs sur Abdel Kader. Et qui a été le premier homme français à faire un précis de la grammaire arabe. Ce qui pour un européen n’est pas si évident que ça ! Et puis ensuite il y a Henry Bellemare, qui est son fils à ce jour, qui est mon grand père et qui lui s’est installé en Algérie complètement, et c’est l’homme qui a fait finalement, qui a regroupé les vignerons algériens dans une même organisation, pour les défendre en quelque sorte, pour qu’ils puissent se défendre vis-à-vis du continent. Donc ensuite c’est mon papa qui arrive et puis c’est moi voilà. Donc j’ai toujours été passionné de remonter comme ça dans le temps et de chercher encore plus loin, encore plus loin. Je sais que nous déscendons tous d’une famille hardy, Hardy. Je sais que dans les branches lattérales de la famille complètement, nous sommes quand même de la même source, il y a Hachette de la librairie bien sûr qui est là, il y a Guy Lussac célèbre physicien qui est là enfin bref il y a pleins de personnages comme ça, enfin bon c’est une chose, c’est une chose qui m’a toujours fait un peu rêver, comme ça cette extraordinaire mécanique de la descendance et de la généalogie, où l’on se multiplie. Aller se multiplier, c’est vrai, c’est ce que l’on fait tous ! Mais c’est assez intéressant de bien connaître les sources de cette multiplication en quelque sorte et de ne pas la contrôler, parce qu’elle est incontrôlable ! Mais d’en savoir un peu plus sur elle voilà. C’est une passion oui.

B .L : Donc la question c’est pourquoi je m’intéresse au temps, et la réponse c’est parce que finalement c’est fascinant.

P.B : Voilà. C’est fascinant tout à fait !

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P.B : Jamais ! Si une seule fois j’ai été champion de l’armée sur 1500 mètres !  Sur 1500 mètres, alors on nous a tous rassemblés on a couru le 1500 mètres et je suis arrivé premier. Je ne savais pas que j’aurais pu arriver premier au 1500 mètres c’est bien la première fois que j’en courrais un ! et donc « formidable ! T’es champion de l’armée pour l’année 1949 ! » Puis deux ans plus tard, le colonel est revenu me voir il m’a dit « vous savez Bellemare, on ne peut pas homologuer votre record parce que le terrain ne faisait pas 1500 mètres il en faisait 1450 ! » (rires) j’étais un champion sur 1450 mètres ! Qui est une distance qui ne se court que très rarement ! (rires) voilà ca ne m’a pas encouragé non plus à faire du sport !

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P.B : Si vous avez récemment un truc qui s’appelait, enfin moi je ne l’ai pas regardé beaucoup parce que c’est tellement insupportable, qui s’appelait Secret story, les propos des jeunes gens dans cette aimable maison c’était mais… c’était vraiment lamentable ! On ne pouvait pas être plus en dessous du tapis si vous voyez ce que je veux dire, on était vraiment au plus bas de la civilisation !

B.L : Mais c’est peut-être ce que les jeunes disent aujourd’hui le reflet d’une jeunesse

P.B : le reflet ce n’est pas ça justement ! Il faut que lorsque l’on choisit un reflet, si vous choisissez reflet par exemple là vous avez placé devant moi un écran en argent, pour placer le reflet d’un projecteur par rapport à moi. Vous avez choisis quoi ? L’opérateur qui a fait ça, il a choisit d’avoir sur moi un bon reflet tout le monde est d’accord ! pas un mauvais reflet ! La télévision doit choisir pour faire ses programmes les bons reflets. La téléréalité ne choisit que les mauvais reflets donc c’est tout à fait différent. On ne peut pas parler de reflet.

B.L : Oui mais en tout cas ça reflète peut-être

P.B : le pire !

B.L : Qui existe !

P.B : Et bah et alors ? on s’en fout ! on a pas à le montrer !

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P.B : Alors j’ai eu hier comme cadeau, j’ai eu… il y a des cadeaux que je ne connais pas encore, parce qu’il y a des cadeaux qui vont être donné chez moi au Périgord, mais les cadeaux que je connais, mes nièces m’ont offert un cartable en bois et alors c’est une caisse, simplifions mais qui a une forme de cartable avec un couvercle par lequel on pouvait faire pénétrer à l’intérieur les livres, les cahiers, les crayons, etc. et il y a deux courroies attachées à cette petite caisse et l’enfant portait cette petite caisse déjà lourde par elle-même sur son dos, avec tout son matériel pour aller à l’école. Moi j’ai eu ça, c’est un objet

B.L : Mais ça va vous servir à quoi ?

P.B : Je suis collectionneur d’objets d’arts populaires. C’est typiquement un objet d’art populaire. C’est un objet peut-être fait par le papa ou l’oncle pour le gosse pour aller à l’école. J’ai reçu un sabot, alors ça c’est un sabot que l’on offre en général aux mariages ou à un anniversaire, c’est donc un sabot qui est confectionné spécialement pour ça et certainement avec quelqu’un qui devait être amoureux des chiens, et donc la pointe du sabot, au lieu d’être une pointe, c’est une tête de chien, sculptée, absolument magnifique ! Ca aussi c’est un objet d’art populaire. J’ai reçu un œuf, un œuf de verre, alors ça c’est très très beau, il y a au fond cde cet œuf comme une sorte, comment dirais-je, de corail rose qui est là et qui envahit cet œuf d’ailleurs avec des bulles d’airs qui sortent à travers, c’est très très beau, c’est un très bel objet d’art.


VERY NET (VOS QUESTIONS-SES REPONSES) : 14MIN41

B.L : Pierre Bellemare, vous êtes face à ce que les personnes dans la rue pensent de vous.

P.B : Oui ?

B.L : Je vous invite à cliquer pour écouter.

voix off :  -Pierre Bellemare, présentateur de télévision non ?
- Producteur de télévision et producteur d’émissions télévisées et présentateur.
- Présentateur aussi ? Très présent non ? Mais vieux ! Présent dans les premières télévisions.
- Dans nos âges.
- Tout à fait. Alors qu’est ce que ça vous évoque comme ça ?
- plutôt les débuts de la télévision, quelqu’un d’assez dynamique, qui a aidé à mettre la télévision au devant, dans la vie quotidienne, qui était présente. J’ai entendu beaucoup le nom, je suis incapable de me souvenir de ces productions.
- en tout cas grâce à lui et à d’autres de ce temps là, la télévision était un peu plus drôle, un peu plus gaie, un peu plus … vivante ! Monsieur Pierre Bellemare, que pensez-vous de ce qu’est devenu la télévision aujourd’hui ?


B.L : Avant de répondre à cette question, que pensez vous de ce qu’ils pensent de vous ?

P.B : C’est logique ! C’est tout à fait logique ! Je suis perdu dans la nuit des temps !

B.L : Vous trouvez ?

P.B : Bah oui ! C’est logique ! Tout à fait ! Oui à la télévision, mes apparitions à partir de 1986 ne sont plus que des apparitions dans des émissions en tant qu’invité à la télévision. C’est la première fois cette année que je réanime une émission, enfin que je co anime une émission depuis 1986. Ca fait un long arrêt quand même ! Donc c’est logique qu’ils ne se souviennent plus de moi !

B.L : Enfin on vous voit sur le câble là actuellement moi j’avais eu l’occasion de vous entendre

P.B : Oui mais là maintenant il y a la TNT, c’est exact mais c’est relativement récent ça ! Et c’est plutôt les jeunes qui regardent l’émission enquêtes impossibles dont vous parlez ! Donc les personnes de cet âge ne connaissent pas la TNT ou très peu et ne vont pas regarder ce genre d’émission.

B.L : Quand vous entendez ça, parce que ça reste quand même très positif, on a un bon souvenir de vous !

P.B : Ah oui oui, mais en général on a un beau souvenir de moi ! C’est très rare que les gens soient méchant avec moi.

B.L : Mais vous avez tout fait pour ça ?

P.B : Non, c’est ma nature. J’ai été moi-même bon !

B.L : A la question que pensez vous de la télévision aujourd’hui Pierre Bellemare ?

P.B : Et bien je pense qu’il y a un hollandais qui n’est pas de mes amis d’ailleurs  et je n’y tiens pas ! qui a inventé un style de télévision, ce que l’on appelle la téléréalité, puisque ça vient de Hollande ce beau concept et qui a été la pire des choses que l’on ai pu faire à la télévision sincèrement, donc la descente aux enfers de la télévision a commencé avec la téléréalité.

B.L : Vous parlez d’Endemol ?

P.B : Oui , enfin Endemol, il y a d’autres sociétés maintenant qui font la même chose.

B.L : Oui mais c’était lui le hollandais en l’occurrence.

P.B : C’est l’initiateur il s’appelle Endemol.

B.L : Hormis, parce qu’il n’y a pas que la téléréalité, vous avez l’impression qu’il n’y a que de la téléréalité à la télévision ?

P.B : Non je n’ai pas dit qu’il n’y avait que ! Mais elle conditionne bien les chaines qui s’y adonnent en quelque sorte, et évidemment celles qui se veulent les plus populaires, dans le plus mauvais sens du terme. Voilà. C’est une pompe à fric uniquement, c’est ça ! Nous sommes, n’oublions pas que notre univers a beaucoup changé et que aujourd’hui nous ne sommes plus dans un univers d’entrepreneurs mais de financier, avec tous les défauts que représente cet univers. Et donc ça ca en fait parti. Cet univers financier, c'est-à-dire que pour faire du pognon on est prêts à faire les pires des choses à la télévision et même aller jusqu’à représenter un meurtre point. Pourquoi pas ! Et en jouer ! Pourquoi pas ! Ce n’est pas impossible dans la mentalité de ces gens là, ça serait acceptable !

B.L : Ca c’est déjà produit à l’étranger, mais l’idée c’est que, enfin quand je vous dis ça, c’est que vous qui aimez tant les gens et on a bien compris que vous vous parliez de cette machine à fric que vous n’aimez pas, mais vous qui aimez tant les gens, la téléréalité, c’est de mettre des vrais gens à l’écran !

P.B : Tu parles, c’est rien que du bidon ! Ils sont même payés, ils touchent des cachets pour ça ! Ce sont des salariés les gens qui sont dans la téléréalité, sans ça ce n’était pas légal, on était obligé de les payer comme des salariés, avec les charges sociales et tout et tout. C’est entièrement faux tout ça, c’est de la poudre aux yeux, c’est du bidon. Tout est bidon ! Tout ! Sans exception !

B.L : Je vais prendre un autre exemple. Le téléachat aujourd’hui, on peut considérer que c’est bidon.

P .B: En quoi c’est bidon ? Si vous achetez un objet il est là !

B.L : Non non ! De la présentation ! On peut imaginer que finalement derrière il y a des arrangements parce que tel objet doit être placé

P.B : Mais c’est purement commercial ! Là vous pouvez regarder derrière, je vends un objet parce que j’ai mon bénéfice dessus. C’est le principe même du vendeur d’objet, quel qu’il soit, dans quelque lieux qu’il soit. Il a un objet auquel il croit, et il vous le vend, et vous l’acheter, il faut que vous en soyez satisfait, car plus de 5% de retour au téléachat et vous êtes ruinés ! Donc vous voyez il n’y a pas beaucoup de marge. Il faut réussir à tout prix, que les objets soient bons. Et donc sincèrement vous lui vendez cet objet, et on sait bien que dans cette vente il y a son bénéfice. C’est comme ça dans tout le commerce et on ne pourra pas le changer. La téléréalité elle ne le vous dit pas ça, elle ne vous dit pas quand vous regardez une émission de téléréalité, elle ne vous dit pas je fais ça uniquement pour gagner du pognon, elle ne vous le dit pas là par contre, elle est masquée complètement, elle est cachée derrière ça. Elle porte un masque, c’est une tromperie en quelque sorte !

B.L : C’est ça qui vous agace.

P.B : Voilà, c’est une tromperie, c’est une tromperie que j’ajouterais vulgaire en plus. On a pas a faire la publicité du pire. On a à faire la publicité du meilleur.

B.L : Oui mais c’est mensonger alors !

P.B : Quoi ? La publicité du meilleur ? Elle n’est pas mensongère ! Y a le meilleur, et il y a le pire. Mais il vaut mieux faire voir le meilleur en exemple que le pire. Tout à fait entre nous, je crois.

voix off : - que pensez vous de Pierre Bellemare ?
- souvenirs d’enfance, le pot de terre contre le pot de fer sur France Inter à midi, une affection comme pour un grand père euh voilà. Il parait qu’il fait des choses à la télé, mais je n’ai pas la télé, donc je ne sais pas. Donc souvenirs d’enfance, et j’en pense du bien, comme on pense du bien d’un grand père ou d’un grand oncle.


B.L : Ca vous fait quoi quand vous entendez ça ?

P.B : Oui bah c’est très bien, c’est logique, c’est normal. C’était pas sur France inter c’était sur Europe 1, mais ca c’est normal c’est pas grave du tout, c’est une confusion dans… mais c’était bien le pot de terre contre le pot de terre, ça s’appelait il y a sûrement quelque chose à faire, c’était la première émission de ce genre. Donc voilà.

B.L : Quand elle dit ça, ça vous renvoi à des souvenirs ?

P.B : des souvenirs de cette émission ?

B.L : oui

P.B : Oh oui bien sûr je me souviens très bien de cette émission, c’était une émission très intéressante, à faire, nous avons fait plusieurs années sur Europe 1.

B.L : Qu’est ce que vous faisiez exactement ?

P.B : Et bien nous essayions, c’est exactement ce que tout le monde a fait après, on essayait de résoudre des cas difficiles, où là l’homme était un pot de terre contre un pot de fer qui était en général l’administration.

B.L : Ce que fait Julien Courbet aujourd’hui, en radio.

P.B : Ce que fait Julien en radio, ce que fait Julien aujourd’hui en effet, tout à fait. Mais on faisait différemment mais peu importe ça s’approche de ça !

B.L : Quel est aujourd’hui votre meilleur souvenir de radio ?

P.B : Mon meilleur souvenir de radio, je pense que c’est un « vous êtes formidable » d’Europe 1. Nous avions fait une émission spéciale pour venir en aide aux révoltés de Budapest, c'est-à-dire que dans les pays qui étaient encore envahit par la Russie, tout ça a disparu aujourd’hui, mais c’est encore le cas à cette époque là. Donc il y avait des révoltes de plus en plus fréquente, et là Budapest était révoltée, contre l’armée rouge. Et donc il fallait venir au secours de ces révoltés. Ils détenaient notamment un aéroport, on pouvait apporter des médicaments, des provisions, les aider par cet aéroport. Donc on avait demandé aux gens de se rendre sur la place de la poste de leur ville. Là on avait demandé à des camionneurs volontaires de prendre tout ce qu’on leur offrait, de l’amener à l’aéroport d’Orly dans la nuit et à l’aéroport d’Orly on avait des avions dans la nuit qui amenaient tout ça à Budapest. Alors évidemment on avait terminé notre émission vers… je ne sais pas 23h du soir, on avait commencé vers 20h, on terminait vers 23h. Et bon bah on s’est dit vers 2, 3h du matin, on va aller voir ce qui se passe sur place. Alors sur place il y avait eu des quantités de volontaires qui étaient venu sur place, on en avait demandé aussi pour trier ce qu’on nous apportait. Il y avait des camions qui arrivaient qui déchargeaient leurs trucs extraordinaire, déjà il y avait un hangar à moitié rempli fabuleux ! Et on est là en train d’aider les gens qui sont en train de trier tout ca etc. bon ce hangar, et on voit arriver sur le tarmac de l’aéroport une camionnette publicitaire, d’une marque que je peux donner parce qu’elle n’existe plus aujourd’hui qui s’appelait Mokarex, c’était ces camionnettes qui suivaient le tour de France et qui faisaient des dégustations de café aux arrêts de la caravane du tour. Alors le type arrive avec sa camionnette, il est 4h du matin, il descend de sa camionnette « bonjour monsieur, qu’est ce que vous venez faire ? » bah il dit « voilà, je me suis dit quand j’ai vu votre émission vers4h, 5h du matin ils auront un coup de barre, alors je vais vous faire un café ». Et ca vous voyez ce sont des moments extraordinaires que vous vivez comme ça dans une opération de ce genre. C'est-à-dire, cet homme qui a décidé de ce lever vous vous rendez compte, en pleine nuit, de prendre sa camionnette de venir, il travaille ce monsieur ! De venir à 5h du matin, parce qu’on aurait un coup de barre, la solidarité, enfin toutes les qualités de l’homme, enfin les plus parfaites chaque fois qu’un homme ou une femme bien sur, donne, c’est merveilleux. Ils sont disciplinés, aucun problème, calmes, il n’y a aucun souci, aucun souci. Les mêmes vous leur faite cadeau de chapeau en papier et là ils se bataillent. C’est très curieux pour recevoir ils sont nuls, pour donner ils sont extraordinaires.

B.L : et c’est drôle parce que moi ce que je retiens de vous et de votre parcours, ces histoires extraordinaires qui ne sont pas forcement magiques.

P.B : ah non, parfois sinistres !

B.L : Sinistres !  Pourquoi s’orienter et choisir ces angles là ?

P.B : C’est l’angle du fait divers que j’ai choisis et le fait divers il a tous les angles. C'est-à-dire il peut y avoir des histoires d’amour, il peut y avoir des histoires de crimes, des histoires de jalousie enfin toutes les histoires de l’humanité ! La vie des hommes ! Toujours la même ! Dans tout ce que je fais, le même thème : la vie des hommes. Raconter la vie des hommes !

B.L : Et pourquoi on retient de vous que cet aspect fait divers dramatique ?

P.B : Parce que c’est essentiellement ce que j’ai fait dans la vie. C’est de raconter la vie des hommes.

B.L : Oui mais du côté obscur !

P.B : Pas toujours !

voix off : - moi ça m’évoque le téléachat mais alors dans les années 70 !
- oui mais même quand on était petites !
- je ne me souviens pas des masses !
- si ! Quand on était gamines, mais là pour moi il ne fait plus grand-chose !
- dans mon souvenir il parlait très vite !
- oui mais il était gentil !
- oui mais je ne comprenais pas toujours ce qu’il disait !
- il a pas fait le loto ? le tirage de loto ? Un truc des chevaux ! C’est pas lui qui est passionné par les chevaux ? Mais les chevaux c’est ma grande passion ! non ce n’est pas celui là !
- non ça c’est Omar Sharif ! Mais ils se ressemblent ils ont la même moustache enfaite !
- ah oui c’est ça ! voilà il a un genre peut-être !
- vous savez à quoi il ressemble Pierre Bellemare si je vous montre sa photo peut-être que ça va vous revenir ?
- oui si !
- c’est un vieux monsieur un peu moustachu qui ressemble au grand père parfait quelque part !
- oui c’est vrai, c’est un peu ça, le grand père parfait adorable
- mais justement il prend sa retraite là non
- il écrit encore pas mal de livres
- ah il écrit des livres ? Bah écoute bonne continuation Pierre !


P.B : Là vous êtes tombé sur des gens qui ne me connaissent vraiment pas voyez vous ? (rires)

B.L : Quand même !

P.B : Non ils ne me connaissent pas du tout

B.L : Les deux filles non, les autres quand même

P.B : pardon ?

B.L : Les autres oui ?

P.B : Ah les deux personnes avant oui, mais il y a beaucoup de jeunes qui me connaissent, il n’y a pas chez les jeunes que des jeunes qui ne me connaissent pas ! D’abord primo, le téléachat a commencé en 87, donc les années 70 pour le téléachat  c’est un peu décalé ! Bon d’une part, d’autre part elles me voient dans autre chose ça se sent bien, elles me voient faire le loto que je n’ai jamais fais de ma vie !

B.L : Elles vous ont confondus avec Omar Sharif, ça vous arrive souvent ?

P.B: Oui mais Omar Sharif n’a pas fait non plus le loto !

B.L : Ca vous arrive souvent ?

P.B : Non d’être confondu avec une personne très marquée par ses origines comme Omar Sharif, non parce que je ne suis pas du tout ce type là, je ne crois pas avoir un type oriental quoi !

B.L : c’est important pour vous d’être reconnu, d’être connu ?

P.B : Comment vous dire… je vis avec ! C'est-à-dire que je vis en fonction de ça totalement, puisque dès que je suis dans la rue automatiquement il va y avoir 10 personnes, 2 personnes, 3 personnes, mais automatiquement, automatique, qui vont me regarder et en disant intérieurement, je le sais « tient Bellemare ! » ou ils le disent à haute voix « oh bonjour monsieur Bellemare ! ». Généralement ces personnes et c’est ça qui est très agréable dans la vie, j’ai la chance d’être appelé Monsieur Bellemare. C'est-à-dire qu’il n’y a pas de personne, ou alors très rarement, ca m’est arrivé je ne dis pas que ça ne m’est jamais arrivé, mais il y a très peu de personnes qui me font « hé Bellemare ça va ? Hé coco ça va ? » Non ça, ce côté-là quasiment jamais ! Mais « bonjour Monsieur Bellemare, comment allez vous Monsieur Bellemare, Bon anniversaire ( en ce moment) Monsieur Bellemare ! » ca oui.

B.L : C’était hier votre anniversaire.

P.B : Oui

B.L : Vous aimez le jour de votre anniversaire ?

P.B: Et bien écoutez, c’est le jour où je prends un an de plus, dès la minute de mon anniversaire, ce qui énerve beaucoup ma famille et tout le monde, je dis « ah je suis rentré dans ma 81ème année ! » et j’ai tout de suite 81 ans, vous voyez ce que j’ai.

B.L : Quand je dis que vous aimez bien, pour vous ça évoque quoi ? c’est une année supplémentaire ? c’est bien parce que ?

P.B : Ah non ce n’est pas une année suplémentaire, c’est une année de survis que vous voulez dire (rires) non non !



VERY INDISCRET : 14MIN16

B.L : Pierre Bellemare, vous êtes face, maintenant on est au calme ! Enfin tranquilles ! Vous êtes face à 5 questions, dont une invisible, vous allez pouvoir piocher la question que vous voulez, nous répondre le plus sincèrement possible, là j’ai pas trop à la limite… je dois avoir peur ou pas ?

P.B : Oh non je ne crois pas !

B.L : De votre sincérité non ?

P .B: Non je ne sais pas, attendez je prends une question je ne sais pas laquelle !

B.L : Allez s’y !

P.B : « a quelle question n’avez-vous jamais trouvé de réponse ? » A quelle question n’avez-vous jamais trouvé de réponse ? Il y en a beaucoup ! Il y en a beaucoup, mais on va prendre la plus vaste, l’origine de l’homme ! Je n’ai pas de réponse ! Comment sommes nous venu sur terre, par quel miracle existons nous ? On a des petits éléments parcellaires, mais on a pas la fameuse réponse à ses questions, personne ne l’a la réponse.

B.L : Vous êtes croyant ?

P.B : Je ne suis pas croyant.

B.L : Pour quelle raison ?

P.B : Parce que je ne suis pas croyant (rires)

B.L : Il y a toujours une raison, est ce que vos parents ne vous ont pas inculqués la religion ?

P.B : Au contraire j’ai fais ma première communion comme tout le monde. Et je dis, et je dis quasiment tous les ans le vendredi saint la passion de Péguy dans une église. Donc vous voyez, je suis tout à fait de culture chrétienne et je m’en vente bon parce que je trouve que c’est une culture qui n’est pas si mal que ça quand elle est bien respectée. C’est ma culture ! Mais pour autant, autant je crois qu’il y a eu un homme qui s’appelait Jésus, qui est venu prêcher sa mission sur terre et qui a été crucifié, tout ça j’y crois. Jusque là, l’aventure humaine du Christ j’y crois tout à fait ! Maintenant que ce soit le fils de Dieu, je n’y crois pas du tout et je ne crois pas en dieu. Pour une raison très simple d’ailleurs qui est, vous allez la comprendre très vite, c’est que je crois totalement au hasard. Je crois que la vie n’est faite que de hasards. Et ca c’est une chose insupportable à l’homme, parce que par son orgueil, il ne peut pas supporter que le hasard ait un rôle aussi important dans sa vie. Il veut absolument maîtriser sa vie. Et donc pour maîtriser sa vie, il faut aussi qu’il puisse la maîtriser à travers la conscience d’un Dieu et c’est ce Dieu qui fait le bien et le mal qu’il reçoit, mais pas le hasard ! Alors que c’est bêtement le hasard.

B.L : Mais vous ne laissez pas de place au hasard !

P.B : Ah le moins possible !  Le moins possible, mais je sais qu’il est là ! A tout moment ! Qu’il peut me jouer un tour ! Bon ou mauvais ! Parfois bon, parfois très favorable !

B.L : On va passer à la question suivante !

P.B : « la plus grande fierté », alors l’une de mes fiertés, je n’en ai pas tellement, l’une de mes fiertés c’est lorsque dans la rue, ou n’importe où d’ailleurs peu importe, une personne m’aborde, et me dit « Monsieur Bellemare je dois vous remercier, parce que grâce à vous, enfin mon fils, ou ma fille a lu un livre » c'est-à-dire que cet enfant à commencé à lire à travers un de nos bouquins. Bon alors pourquoi ? ça j’en connais la raison, parce que nous avons des livres  qui sont fait essentiellement d’histoires courtes. Donc quand on s’embarque dans nos livres, on a terminé une histoire en 12, 15 ou 20 pages. Ce qui était d’ailleurs le phénomène de la nouvelle autrefois ! Donc moi j’ai commencé à lire Guy de Maupassant et tout simplement je lisais les nouvelles de Guy de Maupassant qui m’entrainaient dans 30, 40 ou 50 pages ! Même phénomène, on a peur d’aller tout de suite vers un gros roman ! Tout de suite les misérables, c’est dur ou le vieillard et la mer, que j’ai lu aussi bien sûr, mais je veux dire on n’ose pas s’embarquer, tandis que là on ose. Et là avec mes petits récits c’est la même chose, et donc j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de jeunes qui ne lisaient pas et qui ont commencés à lire avec un de mes bouquins, et qui après sont passés fort heureusement pour eux à une autre lecture. Donc ça c’est une grande fierté de faire démarrer des jeunes dans la lecture.

B.L : Quel genre de père êtes vous ? Plutôt rigoureux ?

P.B : J’étais certainement sévère, rigoureux mais très absent. Car mon métier fait que j’ai toujours eu, et surtout la première partie de mon métier où on réalisait et les émissions de radios et les émissions de télés en province ! Donc on était partis comme mon papa, 5 jours sur 7.

B.L : Ils vous l’ont reproché ?

P .B: Oui ! Bien sur !

B.L : Comment vous avez vécu ça ?

P .B: Je l’ai vécu comme quelqu’un qui n’a pas fait son boulot quoi ! C’est vrai ! Alors je l’ai mieux fait avec ma dernière fille parce que j’étais plus présent tout simplement, tout bêtement mais avec mes premiers enfants où c’était le début, où c’était le démarrage où il fallait y aller non c’est vrai que je n’étais pas là.

B.L : Ca vous a servi de leçon enfaite pour la dernière.

P.B : oui ! Absolument !

B.L : On va piocher une autre question.

P.B : « combien d’objets vendu au téléachat utilisez-vous à la maison ? » Alors j’en ai beaucoup utilisé, j’en utilise toujours, j’ai toujours des patins glisseurs sous les meubles lourds, c’est un très bon objet que tout le monde a d’ailleurs aujourd’hui ! J’ai le premier objet que j’ai vendu, c’était un œuf d’autruche et le deuxième, qui était une lampe à alcool, car on ne vendait pas seulement des objets pratiques, mais aussi des objets de décoration, et puis qu’est ce que j’ai encore ? Ah oui ! J’ai le Beurre mousse ! Le célèbre beurre mousse ! C’est un engin très simple, vous m’étais des plaques de beurre, vous tournez une vis et à travers une grille sort le beurre en mousse en quelque sorte ! Si bien que même le beurre le plus gelé le matin comme il sort en mousse, vous le mettez sur une biscotte sans la casser ! voilà !

B.L : Est-ce que vous regrettez parfois, d’avoir fait certains jobs plus que d’autres ? Ou alors vous avez

P.B : Non je n’ai aucun regret d’aucun job ! Aucun ! je les ai abordé en tout confiance et parfois ça ma d’ailleurs donné des amusements formidables !  Par exemple, pour le téléachat, quand j’ai démarré le téléachat j’ai vu des gens venir me voir « Pierre vraiment tu te mets dans des histoires… tu es descendu bien bas mon pauvre ami ». Et puis 4 ou 5 mois après les débuts du téléachat il y a eu un article de fond dans le Monde sur le sujet, démontrant que le téléachat était un moyen extrêmement moderne de vendre, que c’était de par le monde, certainement le moyen le plus moderne. Et que déjà, nous représentions déjà beaucoup d’argent, puisque nous avions été en retour sur investissement au bout de trois mois dans cette affaire. Peu d’affaires sont en retour d’investissement au bout de trois mois ! Donc on était assez miraculeux ! J’ai été à la gauche de Bouygues, Francis j’entends, au repas annuel qu’il offrait à ses troupes parce que j’étais la société filiale qui était le meilleur rendement ! Donc brusquement c’est devenu comme le monde en avait parlé comme finalement ca devenait quelque chose où l’on s’apercevait que l’on gagnait ben sa vie avec !  Alors le ton a changé et on en a fini par respecter mes décisions et mes idées.

B.L : C’était en 87, en s’inspirant d’un concept américain on créé sur TF1 la première émission de téléachat qui s’appelle le magazine de l’objet.

P.B : Absolument ! Parce qu’au départ nous ne voulions pas seulement faire du téléachat ! On faisait un magazine, le magazine de l’objet sur les objets, c'est-à-dire qu’on voyait dans les magazines féminins très souvent une page consacrée aux nouveaux objets de mode, anciens, nouveaux de modes… De toutes sortes d’objets intéressants, amusants, curieux, dont on fait le commentaire dont on présente, et nous s’était la même chose, on avait des objets que l’on présentait pour le plaisir de les présenter et puis entre ces objets, un objet de temps en temps que l’on vendait. Ca c’est la première formule. C’est la CLCL, c'est-à-dire l’ancêtre du CSA qui nous a obligé à séparer complètement les choses, et nous a interdit de faire du magazine avec la vente. Donc c’est eux qui ont imposé que ce soit que de la vente, ce n’est pas moi !

B.L : Que pensez vous du téléachat aujourd’hui ?

P.B : Bah d’abord je ne le regarde pas, parce que ça ne fait pas parti des choses que je regarde du tout aujourd’hui parce que si vous voulez… je sais très bien que mon fils fait le télé achat à M6, mais ce n’est pas quelque chose qui m’attire, en plus ça c’est des horaires où je ne regarde pas du tout la télévision

B.L : Mais ce n’est pas quelque chose qui vous attire aujourd’hui alors que vous l’avez fait de nombreuses années ! Comment vous l’expliquez ?

P.B : Bah parce que c’est comme ça, j’ai changé, j’ai évolué, je bouge je ne reste pas toujours au même endroit ! Donc voilà c’est tout, aujourd’hui ça ne m’intéresse plus !

B.L : On a souvent dit de vous que vous étiez un homme cultivé, un homme qui n’avait jamais peur des blancs, puisque vous aviez toujours quelque chose à dire, une histoire à raconter même en présentant un objet. Vous nous avez dis que vous n’étiez pas très assidu à l’école, où est ce que vous avez appris justement à vous instruire et à vous cultiver ?

P.B : Par la lecture essentiellement, essentiellement. Je ne vois pas d’autres endroits. Et puis tout simplement je crois, par le contact de quelques hommes remarquables que j’ai connu dans ma vie, qui m’ont beaucoup aidés notamment dans le domaine musical, mon beau frère qui était un grand musicologue m’a fait certainement découvrir la musique, et une bonne partie de la littérature aussi, j’ai eu quelques rencontres dans ma vie, j’ai eu aussi quelques professeurs quand j’étais jeune qui ont été pour moi extrêmement utiles.

B.L : Alors on va passer à la question suivante.

P.B : « quel est votre plus grand regret ? » Ne pas avoir connu l’école universelle ça c’est certain, c’est un slogan célèbre, qui n’existe plus ! C’était sur la radio : mon plus grand regret c’est de n’avoir pas connu l’école universelle ! ». C’était une école payante bien entendu où l’on prétendait que l’on suivait, que dans ces cours on arrivait à obtenir tous les bacs possibles et inimaginables ! Ce n’était peut-être pas aussi vrai que ça ! Alors mon plus grand regret sincèrement …. Mon plus grand regret… Pour avoir des regrets il faut quand même être plutôt tourné vers le passé ! Et pas tellement vers l’avenir ! Donc comme je suis toujours tourné vers l’avenir, je ne suis pas quelqu’un à regret quoi ! Et quand j’en ai un, ou quand je pourrais en avoir un je l’efface tout de suite, parce que je fais autre chose, je fais tout pour l’oublier ! Donc je n’ai pas de regret. Et il disparait, vous voyez ce que je veux dire ? Mes activités font que Hop, il s’en va quoi ! Mais qu’est ce que je pourrais vous dire… je n’ai pas de plus grand regret ! Parce que je n’ai jamais été tenté par exemple par les choses inutiles ! Arriver au sommet de l’Everest vous voyez ce que je veux dire des choses…  C’est très joli ! J’admire beaucoup les gens, mais c’est complètement inutile, c’est très intéressant sans doute pour le type qui le fait mais on s’en fout complètement ! Donc ca m’intéresse.

B.L : C’est un dépassement de soi même !

P .B: Oui oui surement je n’en doute pas ! Mais pour le monsieur uniquement, pour l’autre pour moi non. Donc c’est … toutes ces choses un peu inutiles, les recors les machins, les trucs, je n’ai jamais été tenté par ça. Si voilà j’en ai trouvé un ! J’en ai trouvé un voilà ! J’avais un bon ami qui s’appelait Harold Kay qui était animateur, présentateur d’Europe 1, il est hélas disparu… Il est mort aujourd’hui. Et Harold avait le don des langues. Alors voilà ça, j’ai trouvé un regret ! Deux regret d’ailleurs ! Deux ! c’est de ne pas avoir du tout le don des langues, et de savoir parler ( et encore bien mal ! ) ma langue et c’est tout ! Je suis incapable de dire un mot en anglais ou dans n’importe quelle autre langue ! Donc ca c’est un problème pour moi, ça la été, ca ne l’est plus mais ça la été ! Donc c’est un regret, de ne pas avoir appris une langue étrangère, notamment l’anglais bien entendu.  Ca oui c’est un regret ! Et le deuxième regret, c’est que justement grâce à ça Harold qui parlait parfaitement, il était parfaitement bilingue, même plus que ça je crois qu’il se débrouillait aussi très bien en espagnol et en italien. Il avait fait avec le paquebot France le tour du monde. Il y avait eu une croisière du tour du monde. Et il avait en tant qu’animateur sur le bateau, il l’avait fait intégralement. Et donc il était passé lui par le détroit de Magellan. C'est-à-dire ce détroit qui se trouve au bout de l’Amérique du sud et qui permet d’éviter le cap Horn, de passer donc un tout petit peu plus haut et de traverser donc la fin du continent sud Américain et de se retrouver dans le pacifique. Et c’est un endroit magique. Et j’ai lu beaucoup de choses, les voyages de Sloco tout ça, j’ai lu beaucoup de chose sur les voyages de Magellan, et j’aurais rêvé de traverser le détroit de Magellan, à bord d’un bateau de location quel qu’on que ! Pas un gros bateau, voir louer un voilier en Argentine, et descendre et passer le détroit de Magellan et se retrouver de l’autre côté. Voilà, ça je ne pourrais jamais le faire parce que je suis trop vieux maintenant et donc ça sera un éternel regret.

B.L : je vais vous laisser maintenant piocher la question invisible. C’est une question qui n’existe pas mais  qui est dans votre tête. Vous allez donc piocher une question qui n’existe pas et puis nous donner…

P.B : Une question que j’invente en quelque sorte.

B.L: Voilà.

P.B : Je m’invente une question.

B.L : Oui !

P.B: Je m’invente une question : Qu’est ce que je vais bien pouvoir me poser comme question ? C’est pas facile … de se poser des questions à soi même, je cherche à ne pas m’en poser de trop.

VERY PENSEE : 00MIN20

B.L : Ca vous a plût, vous avez passé du bon temps, vous vous êtes dis oh lala je n’ai plus envie de revenir aux grandes marches ?

P.B : Je passe du bon temps si on veut, mais enfaite comme je suis toujours quelqu’un qui pense à ce qu’il a à faire après je suis toujours, je suis toujours un petit peu angoissé parce que je vais être en retard etc., donc ça me gâche un peu la vie ça voyez ce que je veux dire ! Mais à part ça c’était très bien !


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