VERY FAN : 3MIN48
B.L : Maurice Barthelemy qu’avez-vous décidé de proposer à nos internautes aux enchères ?
M.B : Alors, enfaite j’ai apporté deux tee-shirts que, qui ont tourné enfaite dans mon premier film Casablanca Driver.
B.L : Qui est sorti en 2004.
M.B : Qui est sorti en 2004 voilà, que peu de gens ont vu.
B .L: La presse a déclaré que ce film était atypique.
M.B : Ah atypique ! Oui ça peut être atypique, ça dépend de quel pays on est, moi je ne sais pas, un américain ne dirait pas ça sur un film comme ça par exemple, parce que c’est un genre qui est très courant là bas. Il n’a rien d’atypique, il est disons, il est personnel quoi. Je préfère personnel qu’atypique. Donc je reviens à mon tee-shirt. Ca c’est un tee-shirt que j’ai porté dans le film, qui est plutôt un tee-shirt de femme enfaite. Mais bon. Donc je le porte dans une des scènes, je joue un boxer et donc voila, je, je m’en sépare, je crois qu’il est temps.
B .L: C’est douloureux ou pas ?
M.B : Non pas du tout, parce que je ne suis pas du tout quelqu’un de nostalgique. Puis surtout c’est pour une bonne cause, que j’aimerais que… je ne sais pas… Je parle de l’autre aussi : l’autre tee-shirt, donc là c’est moi dessus, excusez moi je la ramène un peu !
B.L : On vous reconnaît bien !
M.B : C’est le personnage c’est le personnage !
B.L : On vous reconnait bien, on vous reconnait très très bien !
M.B : Casablanca Driver, qui est donc le plus mauvais boxer de tous les temps et qui… Ca c’est un tee-shirt qui a été porté par un acteur dans le film, c’est des tee-shirts évidemment hyper collector parce que il n’y en a qu’un comme ça. Et euh, combien on va les mettre en vente ? Peut-être 10 euros l’ensemble.
B.L : 10 euros l’ensemble ?
M.B : Oui voila.
B .L: Vous avez choisis une association.
M.B : Le rire médecin. Donc ce sont des clowns qui interviennent en milieu hospitalier et qui le principe c’est simplement essayer de divertir, de sortir l’enfant qui est en période de traitement, de le sortir de son quotidien et de faire oublier un petit peu ses moments un peu douloureux qu’il traverse.
B .L: Pourquoi cette association vous touche plus particulièrement ?
M.B : Parce que je trouve que c’est une association pour le coup très humaine quoi, c'est-à-dire qui n’apporte pas d’argent, ils apportent du bien être. Alors excusez-moi d’être un peu cul-cul, mais c'est-à-dire que là pour le coup, ils arrivent face à des enfants qui sont souvent, qui ont des pathologies assez lourdes ou des traitements très lourds, et puis bah voilà, ils viennent égayer un petit peu leur quotidien quoi. Et c’est dur, c’est très très dur, parce que quand on voit des enfants qui sont comme ça en traitement sous chimio… Mais enfaite ce sont des enfants qui n’ont qu’une envie c’est qu’on vienne les divertir quoi. Donc c’est très courageux et c’est une association qui mérite d’être soutenue. Donc si cette enchère peut monter à 15 millions d’euros, ce serait l’idéal !
B.L : Quand vous dites qu’ils sont collectors c’est une réalité !
M.B : Ah oui oui oui, ils sont très collectors, parce que non seulement ils ont joué dans le film, mais en plus ils ont été créés par la costumière et ce n’est pas du tout des tee-shirts qui sont sortis après, ou pour la sortie des tee-shirts promotionnels. Non ce sont vraiment des tee-shirts costumes.
VERY LIFE : 14MIN02
B.L : Maurice Barthelemy, bonjour.
M.B : Bonjour
B.L : Je vais commencer cette interview en vous offrant votre journal de naissance.
M.B : Oh la vache !
B.L : C’est tout ce qui s’est passé l’année de votre naissance.
M.B : Ok, d’accord.
B.L : Vous y trouverez des informations sur la vie politique, sur la culture, sur le cinéma.
M.B : Donc c’était il y a 40 ans. (rires)
B .L: C’était le 23 mai 1969. Vous savez que vous êtes né le jour de la clôture du festival de Cannes ?
M.B : Ah tient, ça ne m’étonne pas, parce qu’à chaque fois mon anniversaire tombe en période du festival de Cannes, donc voilà, j’étais prédestiné.
B.L : Prédestiné à quoi ? A faire la fermeture des cinés ?
M.B : Non ! A remporter une palme d’or je crois que c’est mon objectif. (rires)
B.L : C’est vrai ça ?
M.B : Non, non, non pas du tout.
B.L : C’est quoi votre objectif dans la vie ?
M.B : Faire des choses qui me plaisent et qui sont compliquées à faire, et qui à chaque fois me font avancer. Donc j’ai tendance à me compliquer la vie parce que quand il y a des choses trop simples qui s’annoncent ou qui se présentent à moi j’ai tendance à les contourner et à aller vers le truc compliqué sur lequel je vais me planter la tête. Mais c’est ça qui me plaît enfaite. C’est de, de découvrir des choses nouvelles.
B.L : Et ça vous l’avez compris il n’y a pas très longtemps ou vous étiez déjà comme ça enfant ?
M.B : Non je crois que c’est quelque chose que j’ai compris un peu par la suite, c'est-à-dire que enfaite, à partir du moment où j’ai décidé d’être comédien, j’ai tout fait pour l’être. J’me suis pendant 10 ans, de 20 ans à 30 ans, je me suis battu pour pouvoir vivre de mon travail et à partir du moment avec les Robins des bois, ça a commencé à se catalyser, on a fait un spectacle, et après on est passé à la télévision et après bon bref. Chacun a eu un petit parcours différent, est arrivé le moment où je pouvais faire des choix et donc en faite ça correspond à cette période là, c’est à dire à partir du moment où j’ai pu faire et avoir la chance de faire des choix, je me suis dis ce qui m’intéresse c’est d’aller vers des contrées, vers des voies qui me paraissent compliquées, que je n’ai pas encore explorées. Et c’est ça qui m’excite.
B.L : Et pour revenir à votre enfance, est-ce que déjà enfant vous alliez plutôt vers la difficulté ou au contraire vous étiez très assisté ?
M.B : Ah non je n’étais pas assisté du tout, j’étais plutôt quelqu’un qui a été responsabilisé très tôt parce que la vie s’est présentée comme ça et que voilà j’ai vécu seul à partir de 14 ans, donc j’étais au lycée, j’étais le seul de ma classe en seconde à vivre seul. Donc au contraire j’étais quelqu’un de très très indépendant. Mais je n’aimais pas le lycée.
B.L : Pourquoi vous viviez seul ?
M.B : Parce que je ne m’entendais pas avec ma maman et que du coup mon père étant, vivant à l’étranger , je leur ai proposé de vivre seul et que le contrat c’est que je passe mon bac et que je réussisse. Alors ils m’ont fait confiance et j’ai eu mon bac et bon voilà quoi.
B.L : A Paris tout ça ?
M.B : A Paris oui, dans le 9ème.
B.L : Vous êtes nés à Paris ?
M .B: Non, je suis né en Bolivie à La Paz. Mes parents étaient en poste là-bas. Et du coup, voilà je suis né là bas. Ca a duré 6 mois, et après j’ai été dans un autre pays, j’ai été en Colombie, après au Maroc. Et après je suis rentré en France.
B.L : Et là vous êtes rentré avec vos parents ?
M.B : Oui, on a vécu du côté de Compiègne dans l’Oise, et puis à l’âge de 12, 13ans je suis monté à Paris avec ma mère et puis là j’ai été dans le 9ème au lycée Jacques Decour et puis… La vie à Paris.
B.L: Donc vous ne vous entendez pas avec votre mère.
M.B : A l’époque c’était l’adolescence, maintenant tout va bien ! Donc voilà j’étais un petit peu, un petit peu en révolte ! Je devais être un peu compliqué. Ma mère devait être un petit peu trop… un petit peu trop ma mère. Et du coup voilà quoi, on ma proposé… Ils ont trouvé une solution. Ils m’ont dit voilà, est ce que tu veux vivre seul ? C’était les seuls parents au monde à proposer à un garçon de 14 ans de vivre seul et moi j’ai dit oui ok ! Donc du coup voilà j’ai une petite piole à Montmartre. Et ma foi ça a plutôt bien fonctionné. J’ai respecté les termes du contrat.
B.L : Drogue, alcool, sexe et rock and roll ?
M.B : Non même pas ! Je n’ai jamais été très porté vers la drogue, l’alcool j’ai jamais abusé, j’ai jamais fumé de clope, donc du coup les choses étaient assez simples pour mes parents.
B.L : et votre père était absent ? C’était un manque pour vous ?
M .B: Non il n’était pas absent il était à l’étranger.
B.L : Donc absent !
M.B : Absent oui, physiquement, mais c’était quelqu’un qui était quand même présent malgré tout. Donc voilà j’ai fais avec. J’ai fais avec, je me suis construit comme ça.
B.L : Vous avez des frères et des sœurs ?
M.B : Oui j’ai trois grandes sœurs et puis un demi-frère et une demi-sœur mais que j’estime comme mes frères et sœurs.
B.L : c’est une famille nombreuse !
M.B : Oui, tout à fait.
B.L : Et eux étaient restés à la maison ?
M.B : Ah non parce que c’était très compliqué ! Mes sœurs étant plus grandes que moi, j’étais le dernier et mes deux grandes sœurs étaient déjà parties de la maison, donc en faite ma sœur du dessus c’était occupée de moi pendant un temps. Et puis après voilà.
B.L : En étant le dernier, on est chouchouté ?
M.B : J’étais le dernier, et j’étais un fils en plus, il n’y avait que des sœurs au dessus de moi, donc de fait j’étais protégé oui, forcement. Mais en même temps, je n’avais personne avec qui jouer. Parce quand on a des grandes sœurs…
B.L : On peut jouer à la Barbie ?
M.B : Oui mais ce n’était pas trop mon truc. Donc du coup voilà, j’ai eu tout de suite une bande de copain dans mon village près de Compiègne, et après par la suite j’ai gardé ce besoin d’avoir des potes alors, au lycée, je me suis fait une bande de copain que j’ai encore aujourd’hui.
B.L : Et à l’école vous étiez bon élève ?
M.B : Non
B.L : Le contrat n’a pas été…
M.B: je n’étais pas très bon élève, j’étais plutôt un élève faignant mais suffisamment intelligent pour me dire fais le minimum pour éviter de redoubler, pour éviter qu’on t’engueule, qu’on te vire. Donc tiens toi à carreau travaille et ce qu’il faut et puis voilà. Je n’aimais pas l’école, ça ne m’intéressait pas. Je n’aimais pas le système scolaire français. Je trouve que l’on a un système qui s’appuie sur toutes sortes de méthodes rigides, et ennuyeuses où on nous apprend des choses sans qu’on sache pourquoi on nous les apprend, alors que je pense qu’il faudrait qu’on apprenne des choses en intéressant les élèves. Tout simplement en leur disant « t’aime les maths ? bah on va t’en mettre plus » ou « tu aimes le français, bah à ce moment là on va t’orienter plus vers du français ». Mais pas systématiquement imposer des matières dont on se fout et qui nous servirons à rien par la suite. Et le grand propos qui consiste à dire, oui mais enfin ça ouvre l’esprit, tout ça c’est des conneries quoi. Moi je me suis emmerdé à l’école et je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui c’est encore comme ça. Enfin dans la plupart des écoles.
B.L : Finalement vous n’êtes pas un enfant rebelle mais vous faites quand même ce qui vous plaît.
M.B : Oui voilà c'est-à-dire qu’en faite je n’étais pas rebelle mais j’étais têtu. Donc enfaite c’est un peu la même famille, c'est-à-dire qu’en faite les rebelles sont des gens qui ne se laissent pas faire mais qui l’expriment, moi je ne m’exprimais pas, mais par la suite j’ai fait en sorte de, voila d’avoir mon petit bout de chemin à ma manière et en, sans dire merde à personne. Voilà avoir une idée, un objectif et y aller.
B.L : En 81 vous avez 12 ans, c’est le début donc de votre adolescence et le premier président de gauche est élu.
M.B : Oui
B.L : Vous vous en souvenez ?
M.B : oui ! très très bien ! A l’époque on était encore dans l’Oise et moi je suis issu d’une famille très de gauche, alors ça a été l’événement mondial là bas et du coup on est monté à Paris, on a été faire là fête à Paris, manifester place de la Bastille. Et quand Mitterrand a été réélu 7 ans plus tard, j’étais de nouveau place de la Bastille, oui oui ce sont des souvenirs très très précis.
B.L : Vous étiez de gauche, vous êtes toujours de gauche ?
M.B : Je suis toujours de gauche, je ne vote plus socialiste parce que ça m’énerve mais je vote écolo, un peu par dépit mais en même temps parce que je trouve qu’ils ont un discours qui est pour l’instant le discours le plus cohérant que je puisse entendre, même si tous les personnages de ce mouvement ne me plaisent pas vraiment.
B.L : Ils vous font rire ?
M.B : Rire ? non, parce que je suis plutôt quelqu’un qui prend la politique au sérieux , qui n’aime pas trop le discours « ouai la politique machin », non ils ne me font pas rire, mais ils me découragent plus qu’autre chose parfois.
B.L : Vous étiez drôle vous, quand vous étiez enfant ? Pourquoi vous riez ?
M.B : Non je sais pas, c’est le côté « vous étiez drôle » ! Ouai ouai, je crois que j’avais tendance a tout le temps la ramener, je faisais, enfin moi je ne m’en souviens pas parce que j’ai une mémoire courte, mais mes parents me disent, ou m’ont dis, ou mes sœurs que je faisais régulièrement des spectacles, que j’étais sans arrêt en train de déconner à table, que oui j’étais quelqu’un qui la ramenait plutôt pas mal.
B.L : En 84 vous avez seulement 15 ans et c’est la naissance de Canal + avec Denisot, De Chavanne , De Caunes. Vous regardiez cette chaîne à ce moment à ?
M.B : Non, parce que je n’avais pas les moyens de me payer l’abonnement, mais par contre j’étais super jaloux vis-à-vis des gens qui l’avait « putain ils ont trop de chance ». Mais par la suite en faite j’ai commencé à regarder Canal par les nuls enfaite. Et c’est comme ça que j’y suis venu. Mais à l’époque j’avais pas les moyens d’avoir canal en décodé !
B.L : Vous regardiez les nuls, Dominique Farrugia par la suite vous l’avez rencontré, pour vous c’était un monstre sacré, c’était comment ?
M.B : alors monstre sacré, replaçons les choses dans son contexte. Pour moi le monstre sacré ça serait, ça serait plutôt des gens qui ont disparus. Là pour le coup Farrug et Chabat et Chantale Lauby, c’était, c’était effectivement des, c’était des références, c’était des gens qu’on admirait, qui nous avait vraiment fait beaucoup rire et qui continuent à nous faire rire et vis-à-vis de qui on avait un énorme respect. Donc c’est vrai que quand avec les Robins des bois on crée la pièce Robin des bois et puis tout d’un coup par deux connexions Lionel Abelanski et Michel Hazanavicius, qui font venir Farrugia dans une sorte de grange à Fontainebleau dans laquelle on jouait la pièce, là pour nous c’est quelque chose de totalement inattendu et totalement surprenant. Et on entend Farrugia avec son rire de phoque qui se marre et qui par la suite nous propose de produire le spectacle, a ouai ouai c’était assez miraculeux.
B.L : Quand vous étiez petit, vous saviez ce que vous vouliez faire dans la vie ?
M.B : Non pas du tout, durant toute ma scolarité j’ai jamais su ce que j’allais faire surtout pas du théâtre, car ma mère étant plus ou moins dans la partie, ma mère est conteuse donc moi rien qu’à l’idée de la voir sur scène, nous raconter des trucs, se produire en public, ça me m’était la honte, donc du coup je ne voulais absolument pas faire du théâtre. Quand j’ai passé mon bac, une de mes tantes ma dit « non mais attends depuis que tu as 6 mois tu fais le con, pourquoi est ce que tu ne fais pas du théâtre ? » Et là je me suis dit, c’est peut-être un peu idiot de ma part, je vais peut-être aller voir ce que c’est. Donc du coup je suis allé voir un cours de théâtre et puis j’ai vu ce que c’était. J’ai trouvé ça extrêmement intéressant, extrêmement, enfin voilà, ça me correspondait, donc j’étais inscrit en histoire à Nanterre, je n’y suis jamais allé. Je me suis inscrit dans le cours de théâtre et puis du coup voilà j’ai continué dans cette voie la.
B.L : Votre papa faisait quoi dans la vie ?
M.B : Il était diplomate dans un premier temps, il était attaché culturel, voilà dans les pays dont je parlais tout à l’heure, puis après il a cessé sa carrière diplomatique pour devenir menuisier. Il a tout laissé tomber. Et il s’est installé dans l’Oise. Et à partir de ce moment là, nous on s’est tous retrouvé un peu plantés dans l’Oise. Et par la suite il a fait le lien entre ses deux formations et il est devenu expert…
B.L : Il est devenu menuisier diplomate.
M.B : C’est ça ! Non mais c’est vrai c’est ça, c'est-à-dire qu’il travaillait pour l’Europe ou pour l’ONU, il allait dans les pays en voie de développement, développer des projets autour de l’artisanat. Il a fait un peu une jonction entre ses deux métiers. Pourquoi est-ce que l’on disait ça ? Parce que vous me posiez la question voila.
B.L : Et si demain pour vous le métier de comédien, le cinéma devait s’arrêter, vous feriez quoi ?
M.B : Qu’est ce que je pourrais faire ? Moi j’aimerais bien si j’avais la possibilité de le faire, j’aimerais bien être architecte, ou j’aimerais bien, pas dans l’immobilier, être agent immobilier, ça ça m’emmerderait profondément, mais plus acheter une maison, la refaire, la revendre, voila ça c’est un truc qui me plairait bien ce genre de chose.
B.L : pour vous ça reste dans la créativité aussi ou pas ?
M.B : Oui oui bien sur , sinon je m’ennuierais, mais en même temps je ne me pose pas tellement la question parce que pour moi il y a encore tellement de voies à explorer dans le métier dans lequel je suis que je ne me pose pas tellement la question.
VERY INSPIRE (SON IMAGE EN DESSIN) : 5MIN23
B .L : Maurice Barthelemy vous êtes acteur, réalisateur, vous êtes un homme de théâtre, de télévision, de cinéma, c’est ce que l’on peut lire de vous sur internet.
M.B : Oui, disons par étape quoi !
B.L : Par étapes ?
M.B : Oui c’est ça enfaite je ne fais plus du tout de théâtre, plus du tout de télévision, donc moi à partir du moment où je ne fais pas les choses, je ne les revendique pas. Donc je ne peux pas dire que je suis quelqu’un de théâtre parce que je n’en fais pas, ni quelqu’un de télévision parce que je n’en fais plus. Peut-être plus tard. Bon bref.
B.L : Et là ce que l’on va vous demander, c’est d’être un grand dessinateur. Vous allez devoir le faire, quand je dis vous allez devoir le faire c’est que l’on pourra dire que vous êtes un dessinateur puisque vous allez le faire.
M.B : d’accord. Vous voulez que je fasse quoi ?
B.L : Vous dessinez tel que vous vous voyez.
M.B : Moi ?
B.L : Oui
M.B : (rires )
B.L : C’est précis ! C’est comme ça que vous vous voyez ?
M.B : Oui, c'est-à-dire pas grand-chose (rires)
B .L: Pour de vrai ? Vous avez le droit de laisser ça ! (rires) Pourquoi ça vous fait rire ?
M.B : Comme ça ! Bah oui ! Parce que t’imagine le mec, il commence à se dessiner super beau super classe, non je ne vais pas me dessiner, je ne sais pas. Non, voilà ça c’est moi.
B.L: Et le reste c’est quoi ?
M.B : Le reste ?
B.L : Non pas forcement le reste de vous, enfin vous pouvez faire un reste de vous, mais le reste de toute cette plaque, mais si vous vous êtes là, vous ne vous êtes pas positionner là par hasard ! Vous auriez pu vous mettre au centre, plus en haut, plus en bas !
M.B : Oui je ne sais pas j’ai vu là, après ça c’est le reste, c'est-à-dire une sorte de grande explosion, avec des gens qui… hop des feux d’artifices, de gens qui, un grand bordel, d’explosions, de… voila. Ca on va dire que c’est la vie en général (rires). Un grand boxon et puis moi je suis là et puis j’essaye d’évoluer dans ce boxon.
B.L : De faire avec ?
M.B : Oui de faire avec, de trouver son chemin. Donc disons que je vais aller par là et puis après je vais aller par là, et là tout d’un coup je vais aller par là et ah là je me rends compte que c’est une impasse, donc je vais aller par là, alors que peut-être que finalement, je ne peux pas l’effacer alors hop je vais passer au dessus et puis hop, pour essayer de trouver la sortie enfaite. Une sorte de grand labyrinthe.
B.L : Et quelle sortie ?
M.B : bah je ne sais pas j’imagine, que chacun au fond de nous même imagine une sortie, une sorte de quête, une sorte d’aspiration vers quelque chose de… je ne sais pas… je ne sais pas ça peut être un aboutissement personnel, affectif, je ne sais pas, j’ai l’impression que la vie est une sorte de petit labyrinthe ou il faut essayer de trouver la sortie.
B.L : Est-ce que vous pouvez nous signer votre œuvre ?
M.B : (Rires) avec plaisir !
B .L : On va le réécrire un peu plus haut, parce qu’on ne le voit pas enfaite !
M.B : Là je vais faire …
B .L: et là vous avez signé ?
M.B : Maurice Barthelemy
B.L : c’est comme ça que vous signez tout le temps, ce n’est pas juste pour nous ? c’est votre signature chez votre banquier, chez le notaire ?
M.B : Non c’est pas ma signature de banquier, de notaire mais là je ne peux pas tellement la sortir puisque bon…
B.L : Parce que ?
M.B : Bah non mais je me suis retrouvé avec des problèmes de faux récemment, avec des signatures qui avaient été copiées.
B.L : Ah bon ? C’est incroyable ! Pourquoi ?
M.B : bah je ne sais pas comment enfaite, il y avait quelqu’un qui avait imité ma signature, enfaite je faisais ma signature normale, par exemple si tout d’un coup on me demande n’importe quoi je fais ma signature normale et puis après je me suis retrouvé avec un faux qui ma un petit peu mis dans l’embarra.
B.L : Je crois savoir qui s’est. Vous voulez que je vous dise ?
M.B : Dites-moi !
B.L : C’est votre fille !
M.B : Ma fille ! Bah ce n’est pas impossible, même à 4 ans et demi elle commence à écrire, c’est possible oui. Enfin elle ne me la pas dit, mais elle me la fait comprendre qu’elle avait détourné un camion de la Brings, qu’elle était partie avec 12 ou 13 millions d’euros.
B.L : 11,5 millions d’euros !
M.B : 11,5
B .L: Malheureusement pour elle on en a retrouvé 9 !
M.B : Voilà, c’est ce que je lui ai dit : « là tu as été, dans ton organisation tu as été légère, mettre les 9 millions dans un garage près de chez toi ce n’était pas bien vu ! ».
B.L : Ca fait désordre !
M.B : Non ! Mais bon quand même à 4 ans et demi, moi je dis chapeau ! il y a peu de gens qui y avait pensé !
VERY OFF : 9MIN27
B.L : Maurice Barthélémy
M.B : Refais là ! Le mec qui apparait !
B.L : (rires)
M.B : Oui ?
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M.B : ah bah c’est toujours le même truc, c’est que les gens pensent que effectivement à partir du moment où ils ne vous voient plus, vous ne faites plus rien. Moi je suis par ailleurs agent de la CIA , je suis très actif !
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M.B : Alors je vous ai rapporté un truc qui ne va intéresser personne !
B.L : Chouette !
M.B : C’est deux tee-shirts qui étaient dans mon premier film Casablanca Driver, et qui sont des tee-shirts qui ont tournés dans le film.
B.L : Mais c’est génial !! Pourquoi vous dites que ça ne va intéresser personne ?? Nous déjà ça nous intéresse !
M.B : Parce que personne n’a vu mon film !
B.L : (rires) Ca serait l’occasion de le revoir !
M.B : Donc il y en a un pour femme, que moi je portais parce que c’était moulant, machin. Et qui n’a été porté que par moi sur le tournage et ça c’était le tee-shirt que portait un acteur dans le film, puisque le principe c’est que c’était un acteur euh un boxeur qui devenait célèbre du jour au lendemain, qui était le plus mauvais boxeur de tous les temps. Et donc voilà ce sont deux tee-shirts que je vous confie !
B.L : Chouette ! Super ne croyez pas que ce n’est pas un bel objet ! On est content !
M.B : Il n’y en a pas deux comme ça !
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M.B : David Douillet, est né en 69 !
B.L : C’est l’année où le premier homme marche sur la lune
M.B : il y a le clan des Siciliens, la CB 750, très très bien, la ford mustang nan c’est pas mal hein !
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B.L : Vous avez 20 ans en 89, c’est la chute du mur, vous vous en souvenez aussi ?
M.B : Ah oui parfaitement ! parce que ça m’avait marqué, moi déjà j’étais vachement intrigué par ce mur avant, pour moi c’était une absurdité de la nature ce mur. Et quand il est tombé, j’ai vraiment eu le sentiment qu’il y avait quelque chose qui basculait chez moi. C'est-à-dire que l’on peut assister à des événements de cette importance, ça ma donné ce sentiment la. C’est comme si aujourd’hui je ne sais pas, un président de la République mourrait ou était assassiné en France, tout d’un coup on vit, ou l’élection d’Obama. Tout d’un coup on se dit « ah oui putain ». C’est important là ce que l’on vit !
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M.B : je pense qu’il n’y a rien de pire qu’au moment où l’on meurt, et que l’on se dit « mais putain mais qu’est ce que j’ai fais ? » et on se rend compte que la vie n’a été qu’une succession de petites conquêtes personnelles. Non moi j’ai énormément d’admiration pour les gens qui ont fait quelque chose.
B.L : Mais qui par exemple ?
M.B : Je ne sais pas moi, Clemenceau par exemple (rires) Zola, non mais des gens importants quoi, des gens qui ont juste eu à un moment le courage qui fait qu’ils ont fait évoluer les mentalités, ils ont eu des… Voilà
B.L : ah mais c’est ça en faite, ce n’est pas forcement, ah oui oui d’accord, ce n’est pas aider les autres avec des dons que l’on peut leur donner matériellement, c’est l’élévation spirituelle, enfin pas spirituelle mais intellectuelle.
M.B : Oui, mais ça peut passer aussi par un truc tout à fait anodin, et tout d’un coup courageux qui peut bon bah voila, je m’investie dans une cause quelque elle soit sans attendre quoi que ce soit.
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M.B : Et c’est pour ça que la réponse quand je vous dis qu’elle est ma plus grande fierté c’est ma fille, parce que ce qui compte pour moi c’est finalement que ma fille soit épanouie, heureuse et ça pour moi c’est une fierté parce que c’est concret, parce que voilà.
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M.B : c’est la concrétisation de, pour le coup ce n’est pas moi
B.L : C’est une partie de vous.
M.B : Oui c’est une partie de moi, mais c’est surtout un être totalement indépendant qui va avoir sa vie. Si moi je peux contribuer à ce que sa vie soit bien, je serais très content.
B.L : et comment ça se présente ?
M.B : Ca se présente pas mal ! Elle est, je la trouve assez bien armée, par contre qu’est ce que je ne suis pas autoritaire ! Mais tant mieux finalement, je m’aperçois que je ne sais pas si l’autorité…
B.L : Mais votre père l’était ?
M.B : Pas du tout
B.L : et votre mère ?
M.B : Pas vraiment non plus. Non je pense, je ne sais pas si l’autorité est une chose qui… expliquer à ses enfants quelles sont ses limites, ce sont des choses qui, ce n’est pas de l’autorité pour moi. Expliquer à un enfant jusqu’où il peut aller ce n’est pas de l’autorité. Pour moi l’autorité est souvent assez gratuite et assez arbitraire et assez « tu fais pas ça » et on se demande pourquoi tout d’un coup on va dire à un enfant « tu ne fais pas ça ». Ca ne veux pas dire qu’il va commencer à balancer de la nourriture. Non, mais lui expliquer pourquoi concrètement ça n’a pas d’intérêt, c'est-à-dire que si il balance de la purée à travers l’appart, bah au final c’est moi qui vais le ramasser, c’est machin etc. Lui dire « bah non » ou alors « tu la ramasses toi-même ». Mais c’est juste pour lui expliquer qu’il y a des trucs qui sont un peu…
B.L : Mais elle comprend ?
M.B : ah oui !
B.L : Mais je veux dire, elle comprend le
M.B : Oui car je pense qu’à partir du moment où l’information suit, tout d’un coup ça devient assez concret ! Plutôt que de dire à un enfant « tu ne fais pas ça ! », lui dire « bon, là tu viens de balancer la purée c’est génial je trouve ça top, mais au final c’est moi qui vais aller la ramasser » et c’est juste que moi ça va me gonfler donc du coup pour elle ça devient un peu … bon ça ne l’empêche pas qu’elle va réessayer de le refaire parce qu’elle va vous tester, mais bon au moins les choses sont concrètes.
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M.B : J’aurais dis ouai bon…
B.L : Ah oui ! Vous êtes donc vraiment pas sympa ! (rires)
M.B : (rires) ah je vous le dis franchement !
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M.B : Moi j’aime bien le Tarantino de Pulp fiction, de Jackie Brown , mais pas de… à partir de , j’ai commencé un peu à être largué à partir de Kill Bill ouai.
B.L : ah ouai ?
M.B : Ouai j’ai commencé à être largué à partir de cette période là. Je trouve qu’il est… qu’il sait de mieux en mieux faire mais c’est de moins en moins spontané. Moi ce que j’adorais dans Kill Bill, Non ! Dans Jackie Brown, ou dans Pulp Fiction, c’est les espèces de logorrhées ou tout d’un coup ces acteurs partent dans des digressions qui n’en finissent pas. Et tu as juste l’impression qu’ils ont oubliés qu’il y avait une caméra ! Il y a un truc comme ça que j’adorais ! C’était très drôle de les voir discuter sur rien, alors qu’ils sont dans une situation super tendue et tout. C’est super décalé, et je trouve que ça il la perdu au profit d’une stylisation et d’une maitrise qui est remarquable mais moi qui me laisse froid…
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M.B : Il a mit du vrai Coca !
B.L : Du vrai Coca ? il y a du faux Coca ?
M.B : Bah du Coca Light !
B .L: Ah et il fallait du Coca Light ?
M .B : Non c’est très bien !
B.L : Mais c’était ça ?
M.B : Non mais ça fait très longtemps que je n’ai pas bu du vrai Coca, je me suis dis putain il est bon ! et tout d’un coup j’ai douté et je me suis dis putain c’est du vrai Coca !
B.L : non mais je lui ai demandé je lui ai dit « oh je ne me souviens plus si c’est du light » et il ma dit « c’est le même que tout à l’heure, c’était du vrai Coca ». Tout à l’heure c’était quoi ?
M.B : Un café ! (rires) Mais c’était presque pareil hein !!
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B.L : Et après vous avez quoi comme application ?
M.B : J’en ai pleins !
B.L : Mais des trucs rigolos ? ou des trucs qui servent à rien ?
M.B : Par exemple moi je me déplace en Vélib et bien j’ai un petit logiciel qui me permet de savoir quelles sont les stations où il y a de la place ,quelles sont les stations où il y a des vélos . C’est extraordinaire ! Ca c’est top ! Donc le vélib, lequel j’utilise ? J’aime bien le rue 89, j’aime bien… qu’est ce que j’utilise ?
B.L : France 24 ?
M.B : Non France 24, info non plus, Le Monde j’ai.
VERY PROMO : 9MIN11
B.L : Maurice Barthelemy, vous vous regardez souvent dans la glace ?
M.B : Forcement, quand je me rase ou quand je me brosse les dents ou quand je me retire les poils du nez.
B.L : Vous le faites souvent, retirer les poils du nez ?
M.B : Oui, je déteste avoir des poils dans le nez.
B.L : Vous vous regardez, vous voyez quoi ?
M .B: Bah je vois le, voilà je me vois un petit peu me dégarnir, je me vois, je me dis tient là ah je commence a avoir des cheveux blancs ! Oh c’est classe !
B.L : et ça vous plait en règle générale ce que vous voyez ?
M.B : Oui ,ça ne me dérange pas !
B.L : C’est vrai ?
M.B : oui
B.L : Votre visage, votre physique ?
M.B : pour autant je déteste me voir dans un écran de télé ou… autant me voir dans la glace franchement voila, c’est un acte quotidien.
B.L : Votre amie Judith Godrèche a réalisé un film, vous allez être acteur. Vous êtes d’ailleurs acteur dans ce film qui va voir le jour le 7 avril 2010.
M.B : Oui vous êtes bien au courant bravo.
B.L : Le film s’appelle Toutes les filles pleurent. Quel rôle vous jouez?
M.B : Une fille.
B.L : Qui pleure !
M.B : Qui pleure ! (rires) Non moi enfaite je joue un personnage qui apparaît dans la vie de cette fille, un personnage un peu énigmatique qui vit sur le même palier qu’elle. Et l’histoire raconte en faite, c’est une fille de 35 ans qui a décidé de donner un peu un sens à sa vie et qui par l’intermédiaire de ce garçon qui vit sur le même palier qu’elle va peut-être y parvenir. Donc voilà je joue ce garçon, ce n’est peut-être pas un rôle comique c’est un rôle tout à fait, je ne dirais pas non plus dramatique enfin voilà c’est finalement assez proche de moi.
B.L: C’est bien d’être dirigé par quelqu’un qui partage sa vie ?
M.B : j’appréhendais, je me disais est ce que l’on va y arriver, est ce que ça ne va pas être hyper artificiel ? Et enfaite pas du tout, c'est-à-dire à partir du moment où moi j’arrivais sur le plateau, elle elle était dans son truc entrain de mettre tous ses plans etc, c’était comme si j’avais a faire à un réalisateur que je ne connaissais pas ou voilà, pour moi c’était clair qu’elle était réalisatrice, qu’elle était pas ma nana et qu’on avait pas de rapport autre que je te dirige et tu va faire autre que ce que j’ai envie que tu fasses.
B.L : Vous avez su faire la part des choses.
M.B : Complètement
B.L : Est-ce que vous comptez la diriger un jour ?
M.B : Euh oui oui oui, euh normalement j’ai un projet de comédie avec elle qui devrait se tourner en 2010. Dans mon second film papa, elle avait une toute petite apparition, où elle apparaissait à la toute fin du film en maman. Mais je ne l’ai pas vraiment dirigé parce que c’était simplement un plan comme ça, un plan de grue, donc il n’y avait pas vraiment de direction d’actrice. Mais oui j’aimerais bien oui.
B.L : Papa c’est un film que vous avez réalisez en 2005 avec Alain Chabat, vous avez eu besoin à un moment donné de raconter une histoire aussi intime pour dire ça y est les robins c’était bien c’est super mais finalement je suis plutôt le réalisateur qui sait écrire pas seulement du comique ?
M.B : Alors il n’y avait pas d’envie qui allait dans ce sens là. C'est-à-dire qu’il y avait une envie c’était de réaliser un film, de réaliser un autre film après le premier que j’avais fait, ça c’était la véritable envie ! J’avais envie aussi de raconter une histoire qui m’était intime mais pas d’envie de prouver quoi que ce soit. Ni de prouver que je pouvais faire autre chose que de la comédie, ni de prouver que je voulais sortir de l’esprit des robins, c’était pas là mes envies, elles n’étaient pas là, moi j’avais envie de raconter une histoire simple, un road movie, de le faire le plus… de faire un jolie film. C’était ça mon envie. Le reste, il n’y avait pas de calcul particulier.
B.L : De quoi vous vivez aujourd’hui ?
M.B : Je vis… je réalise des pubs qui me permettent moi de vivre au quotidien parce que la pub est quand même très bien payée, j’écris des films qui sont payés par des maisons de production donc du coup voilà ça permet de vivre. Et je sors les chiens ! De tout le quartier !
B.L : (rires) ça ça paye aussi !
M.B : Donc du coup je me fais de l’argent de poche !
B.L : un max de thune ! (rires), vous avez j’ai bien l’impression, aucun tabou, je vous ai parlé d’argent et vous ai demandé justement comment vous viviez aujourd’hui, vous avez marqué une pose mais vous avez répondu à la question.
M.B : Oui parce que pour moi je ne fais pas les choses… c’est pas honteux de faire de la publicité, à partir du moment que ça m’amuse et que ça peut faire rire deux trois personnes d’un coup, mais là c’est très éphémère, ça n’a pas de but artistique mais voilà c’est assez plaisant à faire ! je ne vais pas cracher dans la soupe je n’ai pas honte du tout.
B.L : Le fait d’écrire, de réaliser, ça vous permet à vous de faire une thérapie ? C’est un vrai besoin ou alors absolument pas c’est juste un plaisir ?
M.B : C’est un plaisir ! Non il n’y a pas de thérapie, je ne vois pas les choses comme étant des remèdes, non non je le fais uniquement par plaisir. Moi ce qui me… a partir du moment où j’ai découvert l’épanouissement total en réalisant, je me suis dit mais voilà ! c’est ça que j’ai envie de faire ! D’être devant la camera il y avait toujours jusqu’à présent jusqu’à ce que je découvre les joies de la réalisation, il y avait toujours cette… je me forçais un peu à passer devant la caméra, parce que c’était pas totalement ma nature. A partir du moment où je me suis dit Ah ! qu’est ce que c’est bien d’être derrière ah quel soulagement quoi ! Ca ne m’empêchera pas de retourner devant un jour ou l’autre mais en tout cas une chose est sûre, c’est que je suis mieux derrière.
B.L : Mais vous souhaitez faire passer des messages ?
M.B : En quoi en faisant un film ?
B.L : En réalisant. Peut-importe, meme un message publicitaire, bon un message publicitaire forcement vous faites passer un message mais
M.B : là pour le coup je suis obligé, non mais non il n’y a jamais de volonté de faire passer un message parce qu’il y a simplement l’idée de raconter une histoire le mieux possible. Après forcement il y a un message qui passe derrière, mais ce n’est pas une volonté première. Non mais ce qui compte pour moi c’est de faire , de faire de ce film un objet unique et qui puisse durer.
B.L : Laisser une trace.
M.B : … que le film oui qu’il laisse une trace oui ce qui m’a touché avec Papa, c’est que encore maintenant et le film est sorti il y a 4 ou 5 ans, encore maintenant il y a des gens qui me disent c’est un film qui m’a touché. Voilà alors moi l’objectif est rempli.
B.L : Et le fait justement d’interpréter d’autres personnages que vous n’êtes absolument pas, c’est une façon de vivre d’autre vie en une seule vie ? Vous le vivez comme ça aussi ?
M.B : Non, moi je ne dirais pas ça, je dirais simplement que c’est d’aller chercher en soi des trucs qui pourraient nourrir ce type de personnage, mieux se connaître. Parce qu’il n’y a que ce métier qui permet ça finalement, il n’y a que ce métier qui permet que tout d’un coup on va dire tout d’un coup vous allez interpréter, je ne sais pas un prêtre. Ah c’est quand même super intéressant parce que tout d’un coup, même si vous vous n’êtes pas croyant, tout d’un coup vous allez vous posez la question la spiritualité etc. Et du coup aller chercher en vous-même des trucs qui voila… Tout d’un coup ça va ressortir et vous allez l’utiliser et ça ouai c’est plutôt intéressant.
B.L : et demain ?
M.B : Et demain… l’idée de s’oublier un tout petit peu, d’oublier son petit parcours pour pouvoir être au service d’autres.
B.L : Ah c’est l’idée pour vous ? C’est comme ça que vous imaginez votre futur ?
M.B : Bah ouai parce que je pense que si on a accompli quelque chose personnellement, je pense qu’au bout d’un moment on peut estimer que ça y est quoi ! On peut se consacrer un peu aux autres d’une manière ou d’une autre. Alors ça peut être un peu, ça peut être beaucoup, mais je trouve que ça pour moi c’est un accomplissement. Ce dire ce que j’ai fait, moi j’en suis finalement assez content ça va. Mais courir derrière toute sa vie. De toute façon fondamentalement, on ne sera jamais satisfaits totalement. Donc il vaut mieux s’arrêter au bout d’un moment et se dire bon bah voilà c’est plutôt sympa d’avoir fait ça maintenant on fait autre chose.
B.L : Le on c’est vous et vous ?
M.B : (rires) oui c’est ça ! Oui !
VERY PROMO 2 : 9MIN55
B.L : Qu’est ce qui fait fantasmer Maurice Barthelemy ?
M.B : Fantasmer … ? Moi je suis par exemple un grand fanatique du cinéma américain, un de mes fantasmes ça serait de faire un film américain. Ca par exemple c’est un fantasme, bon ça ne veux pas dire que je ne le ferais pas. Mais ca c’est un truc qui me plairait parce que je suis très très inspiré par l’esthétique américaine et que ça me plairait de tourner dans le desert du Nevada, de tourner à New-York, de tourner sur les chutes du Niagara, n’importe quoi mais de … c’est un pays qui esthétiquement et culturellement m’inspire. Ca c’est un fantasme.
B.L : Avec qui vous aimeriez tourner ?
M.B : Avec Sam Shepard.
B.L : Alors je vais vous demander de vous regarder dans le miroir, de faire comme si en face vous finalement il y a Sam Shepard et vous lui faites cette proposition de collaboration. Qu’est ce que vous pourriez lui dire ?
M.B : Putain déjà je parle super mal anglais donc je serais une grosse bourrique.
B.L : C’est ça qui est rigolo ! Regardez vous parce que c’est lui !
M.B : Ah il faut que je me regarde ! Donc Sam voilà ! Yes Hello Sam, my name is Maurice, so I … This is the script ! And read it and after that… and after !
B.L : Ca va faire un tabac il va accepter tout de suite !
M.B : Bien sûr ! Mais je l’ai croisé dans un avion et j’ai été aussi mauvais que ça ! (rires)
B.L : Qu’est ce que vous lui avez dit ?
M.B : Non mais il y a peu de gens qui connaissent Sam Shepard. Sam Shepard c’est un acteur, qui est surtout dramaturge, qui a écrit pas mal de pièces de théâtres aux Etats-Unis. C’est l’acteur qui joue dans l’Etoffe des Héros ou euh… L’étoffe des héros je dirais que c’est le film le plus connu dans lequel il a pu jouer. C’est un acteur incroyable et euh voilà, c’est pour moi l’homme le plus classe du monde.
B.L : Et dans l’avion alors ?
M.B : Dans l’avion mais j’étais une merde absolu ! c’est à dire que c’est comme si, là pour le coup, tout à l’heure on parlait de personnage là comme ça de monstre sacré, pour moi c’était LE monstre sacré et lui il a tellement pas le sentiment qu’on le connait en France que tout etc, on avait juste affaire à un mec normal quoi.
B .L: Mais vous lui avez dit quoi alors ?
M.B : « niat niat » un truc comme ça « nimiehe » . C’est comme un jour j’ai croisé Michael Mann, Michael Mann, grand, très très grand réalisateur , je vois Michael Mann et je me dis mais putain il faut que j’aille lui dire que c’est le plus grand réalisateur américain pour moi qui soit. J’ai été aussi mauvais que ça… Et même pas parce que je suis nulle en anglais, parce que y a rien a dire c’est ça qui est… qu’est ce que vous voulez dire à quelqu’un que vous trouvez génial. Il n’y a rien à dire. Parce qu’aller lui dire je vous trouve génial c’est juste crétin et après on se sent crétin, lui dire, lui commencer à lui poser des questions sur ces films ça fait genre cinéphile qui vous ennuie, donc je n’ai pas trouvé la solution encore.
B .L: et vous vous êtes accessible ?
M.B : Ah bah oui alors là !
B.L : Et si on vient vous voir, par exemple mon assistante est très impressionnée par vous, elle aimerait vraiment tourner dans un de vos films, elle peut venir vous voir si elle me dit que vous êtes parfait que vous êtes formidable elle va paraître crétine.
M.B :ouai
B.L : Quelles solutions elle a ?
M.B : ah bah non non ! Simplement ça m’arrive qu’il y ait des gens qui viennent me voir en me disant bonjour machin… Mais qu’est ce que vous voulez leur dire d’autre que bien sûr, evidemment donnez moi votre cv, et si je peux penser que pourquoi pas ! Alors en même temps moi j’ai tendance à dire la vérité, en leur disant vous savez c’est difficile de vous dire oui parce que ça serait un mensonge et ça serait super pas sympa de ma part de vous dire non, parce que moi je me souviens qu’à l’époque où j’avais votre âge et que tout d’un coup… Je me souviens un jour dans un cinéma, j’ai croisé Claude Lelouch. (rires), et bah j’étais super impressionné et du coup j’avais été le voir et je m’étais senti bête, et lui avait été très gentil en me disant bon bah voilà… Mais j’avais 16 ans… Bon bref. Moi je trouve que la moindre des choses des gens qui ont la possibilité de faire des films etc, c’est d’accepter de prendre un cv, une photo et de dire pourquoi pas. Et en même temps c’est vrai pourquoi pas ? Moi un jour il y a quelqu’un qui m’a donné une photo, il avait une tronche pas possible, je l’ai mis dans un dossier, et je me suis dit lui je vais l’utiliser un jour où l’autre ! Et un jour j’ai fais une pub où il y avait des tronches et j’ai fait appel à lui parce que, parce que voilà en voyant sa tronche je me suis dit non c’est trop beau quoi !
B .L: Mais du coup pour Michael Mann c’est la même chose vous allez simplement…
M.B : non !
B.L : Mais pourquoi ?
M.B : Non parce que moi j’ai pas envie de tourner dans un film de Michael Mann , je voulais simplement lui dire en tant que réalisateur, combien je le trouvais extraordinairement habile, il n’y a que lui qui manie la caméra comme ça. Il n’y a pas de volonté de travailler avec lui. Ca serait… Non… J’avais juste envie de lui dire
B.L : Oui mais ça veut dire que lui a du se passer de ce que vous pensiez de bien de lui.
M.B : Oui mais je pense qu’en même temps il y a pas mal de gens qui lui disent du bien, donc c’est son quotidien. Ca n’a pas du changer grand-chose dans son quotidien !
B.L : A chaque fois que vous écrivez un nouveau scénario vous imaginez, vous rêvez intimement d’un succès populaire ?
M .B: Non. Non parce que comme je vous disais tout à l’heure je ne suis pas quelqu’un qui va vers la facilité donc le succès populaire ce n’est pas quelque chose qui me fascine. Alors évidemment quand on fait quelque chose, quand on fait un film on a envie qu’il soit vu par le plus grand nombre ! Forcement ça serait crétin de dire le contraire. Mais ce n’est pas ma préoccupation ! Non j’aimerais que ça puisse fasse rire, que ça puisse faire rire
B .L: non c’était drôle moi j’aimais bien cette syntaxe !
M.B : que ça puisse fasse rire ouai ! C’est plutôt pas mal ! Un petit coup de fatigue ! Non j’aimerais que ça puisse faire rire le plus grand nombre et voilà mais si c’est une comédie, ou alors en tout cas émouvoir mais le succès populaire, non ce n’est pas ma préoccupation. Et ça facilite les choses on ne va pas dire le contraire ! Quand on fait un gros succès, par la suite le film qu’on fait après on a moins de difficulté à le monter on est bien d’accord.
B.L : Vous avez des difficultés aujourd’hui à monter des films ?
M .B: Oui normal, les mêmes difficultés que je dirais que la plupart des réalisateurs. C'est-à-dire qu’en faite qu’est ce qui fait la difficulté, c’est le sujet, c’est le projet et après voila… Par exemple sur Papa, le film que j’ai fait avec Alain Chabat j’ai pas eu de problème. Parce que Chabat qui joue un contre emploi dans un film très simple, qui ne coûte pas très cher voilà, c’était assez simple par la suite j’ai essayé de faire un film sur la prise d’otage de Neuilly Human Bomb, là je touchais un sujet qui était délicat, avec des enfants, avec un preneur d’otage dans une classe, plus un sujet politique derrière, ça n’a pas été simple et au final je n’ai pas pu le faire parce qu’il y avait trop d’embûches. Donc oui c’est difficile de faire un film aujourd’hui c’est difficile. Mais même pour Jean-Pierre Jeunet j’imagine c’est difficile, son dernier MicMac à Tire Larigot, il est quand même… il y a quand même un parti pris très pointu j’imagine que ça na pas été aussi simple d’amener un projet même si on s’appelle Jean-Pierre Jeunet.
B .L: Qui est pour vous le plus grand comique de tous les temps ?
M.B : en France, ouai peut-être un Louis de Funès peut-être .
B.L : Donc vous avez, on a note des références de 1932, vous ne vivez pas dans votre temps !
M.B : Non c’est vrai je reconnais mais c’est à dire que…
B.L : Votre ami Jean-Paul Rouve est très drôle !
M.B : Oui il est drôle c’est un comique mais c’est pas un acteur , pardon de faire le distinguo, mais en France on met une étiquette sur le front des gens voilà c’est un comique. Mais Gad Elmaleh pour moi c’est un comique, c’est un acteur ! c’est pas un comique ! Et Danny Boon c’est pareil !
B .L: Oui vous avez raison les Monty Python sont tout à fait des comiques et Woody Allen
M.B : Qui donc j’ai pas entendu ?
B.L : Les Monty Python sont tout à fait des comiques et Woody Allen aussi ! et c’est évident !
M.B : Oh merde si j’étais cohérent je le revendiquerais ! Bon on est pas à une contradiction près ! Non mais ce que je veux dire, enfaite pour moi c’est que je pense que l’admiration que je peux avoir à l’encontre d’un comique, j’ai besoin d’avoir un recul et qu’il y ait des années qui soient passées. Alors que les comiques français pour moi sont des gens que je peux côtoyer et que même si j’admire leur travail, je ne vais pas commencer à dire que c’est le plus grand comique de tous les temps voila.
B.L: Je comprends ce que vous voulez dire, finalement quand les gens sont réels vivants et accessibles, on enlève un peu la part de mystère et de fantasmes.
M.B: Oui je pense, oui mais voila, c'est-à-dire que moi j’ai souffert du fait que par exemple quand on a fait les Robins des Bois on nous a collé l’étiquette de comique. Et par la suite ah machin ! Mais en faite au départ ce sont des comédiens, et la preuve c’est que quand on voit Jean-Paul Rouve ou Marina jouer à l’écran dans des films qui ne sont pas des comédies, ce sont des très bon comédiens, donc… Pour moi les comiques c’est une notion un peu abstraite.
VERY PLUS : 10min03
B.L : Ca vous fait mal quand la presse n’est pas forcement, ne comprend pas forcement votre univers, ou quand le public ne se présente pas le mercredi pour aller voir votre film ?
M.B : Non ça ne fait pas mal, parce que d’une part je suis un peu habitué, à l’époque des Robins des Bois on n’était pas forcement appréciés par la presse, on nous a souvent un tout petit peu craché dessus. Et donc déjà j’étais habitué, et en plus ce que je vous ai expliqué en début d’interview, c’est que moi je fais des choix au départ que je sais être compliqué. Donc je ne suis pas vraiment surpris. C'est-à-dire que mon premier film il a vraiment fait très très peu d’entrées. Evidement que c’est un peu découragant parce que l’on a travaillé pendant deux ans sur l’écriture, sur la réalisation etc, et qu’au moment de la sortie ça ne rencontre pas son public. Alors évidemment on est un peu déçu mais ce n’est pas quelque chose qui vous marque à vie, au contraire, moi je suis très content de ce film. Il est passé récemment sur France 4, je l’ai vu, pas en entier mais je l’ai regardé pendant 20 minutes et je me suis dit : bon ça va pour un premier film je ne m’en suis pas trop mal sorti même si aujourd’hui je ne le referais pas pareil, je ne le monterais pas pareil, je l’écourterais. Mais je suis content de l’avoir fait oui.
B.L : Et vous avez raison de dire que ça ne vous décourage pas, puisqu’en 2005 vous faites un autre film intimiste poignant, qui fait découvrir une autre facette de votre talent, encore une fois je cite la presse. En tant que réalisateur et auteur, c’était Papa avec Alain Chabat.
M.B: Oui là pour le coup je raconte un film, enfin je raconte une histoire qui m’est beaucoup plus personnelle, qui est arrivée à quelqu’un qui m’est proche. Je raconte l’histoire d’un enfant et de son père qui traversent la France dans des conditions un peu particulières qu’on ne comprend pas vraiment au départ. Mais au fur et à mesure on les suit, et ils se découvrent au fur et à mesure tous les deux et puis on comprend ce qui leur est arrivé. Ils ont perdu pour le petit garçon un grand frère, et pour le papa un fils. Et bah voilà, c’est un voyage au pays de la pudeur, de la douleur, mais tout en restant comme ça très gai, parce que ce sont deux personnages qui sont assez drôles à voir, qui
B.L: On va en parler face au miroir de cette expérience là.
M.B: D’accord, donc voila un film qui pour le coup n’est pas du tout une comédie, mais durant lequel on peut se marrer !
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M.B: Oui parce que surtout je ne vis pas les choses en terme d’échec, c'est-à-dire que quand avec les Robins des bois on sort RRRrrr et que le film fait la une du Parisien et qu’on nous dit arrggghh comme ça on
B .L: Mais c’est pas aaarrgghh c’était NUL
M.B : C’était nul ! Et donc du coup
B.L : Mais moi je pense qu’il y avait un jeu de mot aussi avec
M.B: Oui il y avait un jeu de mot mais c’était méchant !
B.L: oui !
M.B: mais nous on le vit évidemment, on se le prend en pleine poire, mais pourquoi est ce que l’on fait la une d’un quotidien national, est ce que ça mérite ça ? Alors que nous on se dit qu’on a simplement fait une connerie.
B.L: C’est flatteur, Ben Laden il a pas eu la première page ! C’est Chabat qui l’avait déclaré sur Tam-Tam
M.B: (rires) C’est vrai il avait dit ça ? Ouai non, moi je me serais bien privé de cette pub, mais bon après coup je ne le vis pas comme des échecs, je le vis comme des expériences pas super agréable à vivre sur le moment mais qui vous font avancer quoi ! Moi l’échec je ne sais pas trop ce que ça veut dire … Je je je … Evidemment on se prend un gros revers … à ce moment là, le film passe le million, donc ce n’est pas quand même un échec commercial. Bon voilà voilà voilà… Ca nous fait avancer, ça nous endurcit. Ca nous fait marrer il n’y a rien de grave. Ce qui est grave c’est la mort, la maladie. Mais le reste ce n’est pas grave.
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M.B : Tout à l’heure on parlait de rêve. J’aimerais bien vivre dans une maison. C’est un rêve accessible ! Mais j’aimerais bien vivre dans une maison !
B .L: Et qu’est ce qu’il faut pour le faire ?
M.B: Bah convaincre le reste de la famille ! Mais le problème c’est qu’avoir une maison à Paris c’est difficile.
B.L: Le reste de la famille, il y a deux personnes dans la famille enfin trois en l’occurence
M.B: Oui il y a trois ! Il y a ma nana, il y a ma fille et presque mon fils
B.L: Et presque votre fils c’est le fils de ?
M.B: Oui c’est le fils de ma nana, mais qui est de fait presque mon fils puisque je l’élève quotidiennement.
B.L : Et il y a les animaux !
M.B : Et il y a les animaux ! Deux chiens, deux chats, deux cochons d’indes.
B.L : Non sérieusement vous n’avez pas deux cochons d’indes.
M.B: Si si, deux cochons d’indes, très gros parce qu’ils sortent peu, mais j’ai deux cochons d’indes.
B.L: Mais vous êtes dans un appartement !
M.B: Oui ! bah oui mais oui mais c’est pas moi qui ai choisis ça faisait plaisir aux enfants, ils avaient
B.L: Mais c’est un appartement de 172 mètres carrés, avec pelouse, avec… ?
M.B: Non, non non ! Il n’y a pas de pelouse ! il est grand mais il n’y a pas de pelouse ! Non mais c’est vrai que c’est un peu contre nature, il faudrait que tous ces animaux puissent s’exprimer !
B.L : Non mais c’est sur, il ne faut pas le dire ! Imaginez regardez la caméra !
M.B : Oui mais qu’est ce que je fais maintenant, je vais expliquer à mes enfants : bon écoutez, ces cochons d’indes ont besoin d’herbes ! Donc soit on fait planter de l’herbe dans la chambre, soit on les libère. Mais là ils vont d’abord vouloir que je m’en aille de la maison je pense !
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M.B: L’idée d’une maison, c’est le côté on entend pas les voisins, on va dans le garage ! On va faire du bricolage ! il y a un côté très … je ne sais pas ! Il ya un jardin avec les enfants on va aller planter des tomates, il y a un côté petit monde, petit univers que je n’ai pas dans un appartement.
B.L: Un jardin pour que les cochons d’indes puissent enfin respirer
M.B: Pour que je ne sois pas obliger de sortir le matin à l’aube pour sortir le chien
B.L: Ah c’est ça !!
M.B: Quelque chose de très… plus humain quoi ! La je trouve ça un peu désincarné l’appartement ! Il y a un côté « qu’est ce qu’on fait le dimanche ? » Si… alors on est obligé d’aller dans un parc ! alors c’est con je trouve… Si on avait un petit jardin on ferait une cabane et puis…
B.L : Mais alors là du coup vous ne sortez plus de chez vous non plus. Là l’avantage c’est que vous n’êtes pas coupé du monde !
M.B : C’est mon objectif ! c'est-à-dire ne pas sortir de chez moi !
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B.L : Vous avez également écrit un livre « j’ai passé ma vie à chercher l’ouvre boite ».
M.B: Oui c’est vrai ! Mais il y a très très longtemps ! Ca c’est un truc qui remonte peut-être à 90µ.
B.L: Mais avec un titre pareil, vous avez vendu combien d’exemplaires ?
M.B: Pas beaucoup… je ne pense pas que ça ait été un gros succès de librairie. Ca a dû se vendre à 50 exemplaires, non peut-être un peu plus, peut-être 150 je ne sais pas ! Dont 100 achetés par ma mère ! Mais non non !
B.L: Qui a finalement retrouvé l’ouvre boite grâce à vous !
M.B: Oui oui ! Non mais enfaite ce n’était pas destiné à être publié, au départ c’était une dramatique radiophonique et ça avait été passé sur France Culture et ça m’avait super étonné que France culture le retienne, parce que j’avais une image de France Culture un peu plus austère. Et puis voilà c’était une sorte de petit Nicolas, mais des années 80, 80 comme si le Petit Nicolas avait eu des parents soixante-huitards. Et c’était les chroniques de ce garçon de dix ans dans une famille un peu barge. Et donc ça a été… ça avait été repris et sorti en bouquin, et puis voilà quoi !
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B.L : Vous êtes apparus en Shérif, avec Jean-Paul Rouve dans un clip !
M.B : Oui oui !
B.L : qu’est ce que c’est que cette histoire !
M.B: Oui, c’était le clip des Cranberries Cramberrieees
B.L: qui a été tourné par Olivier Dahan
M.B: Olivier Dahan un jour vient nous voir, et nous dit : j’aimerais bien que vous fassiez les cow-boys dans un clip des Cramberries ! Nous on était un petit peu étonné, on était sur Comédie à l’époque, et on lui dit
B.L: Des Cow-boy ou des Shérifs ?
M.B: Des shérifs ! ouai des shérifs ! Moi je jouais un shérif, et Jean-Paul jouait mon adjoint. Et donc on se retrouve dans ce clip des Cramberries qui était complètement… c’était absurde de faire ça ! Les Cramberries à l’époque c’était un gros groupe ! Aujourd’hui on les voit un peu moins, et à l’époque c’était un gros groupe. Et il y a pleins de gens par la suite quand on faisait des signatures en province ou à Paris, qui nous disaient : mais il y a des mecs qui vous ressemblent dans le clip des Cramberries, et à chaque fois on était obligé de se justifier en disant oui c’est nous ! On la fait pour rigoler voila ! C’était simplement pour… C’était rigolo, c’était rigolo à faire ! Et Olivier Dahan est un personnage qui par la suite a fait Piaf ou le petit poucet dans lequel on était aussi Jean-Paul et moi. C’est quelqu’un qui a un univers, et qui est assez fascinant par ce que c’est une sorte de gars pour le coup très très autiste, mais qui a un vrai univers visuel. Et c’était intéressant de bosser avec lui.
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B.L : Vous avez réalisez quelques publicités visuelles, nottament 118-218
M.B : Toutes ! toutes les pubs 118-218 depuis le début ou en tout cas, peut-être, j’ai peut-être pas réalisé les trois premières qui étaient vraiment le tout début de la campagne, mais ça fait 4 ans que je fais tout, que je prends la tête à la France entière avec le 118-218 !
B.L : Mais ça marche en même temps !
M.B: bah c’est surtout que c’est très rigolo à faire ! parce que ça ne se prend pas la tête ! que c’est, que c’est un esprit assez idiot, assez simple sans tomber dans une totale vulgarité. Voilà non ça m’amuse !
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B.L: Et quel genre de père êtes vous dans la vie ?
M.B: Plutôt un père très patate ! (rires) Pas du tout autoritaire, j’accepte tout de ma fille !
VERY NET : 11min25
B.L : Maurice Barthelemy vous êtes maintenant face à un ordinateur, nous sommes allé dans la rue, nous avons demandé aux parisiens ce qu’ils pensent de vous.
M.B : Oh la vache !
B.L : Donc je précise bien Parisien, peut-être que si on avait été à Orléans ou à Marseille, peut-être qu’on aurait eu d’autres réactions !
M.B: Oui c’est possible, c’est possible ! Moi je me souviens que quand avec les Robins des Bois on allait se promener en province, on avait souvent des réactions bien plus chaleureuses qu’à Paris. Moi je me souviens, de, de scènes de signature à Lyon ! Oh on avait l’impression d’être les Beatles ! C’était extraordinaire !
B.L: Maurice Barthelemy, on va découvrir ce que la rue pense de vous.
M.B: D’accord.
Dans la rue :
- Alors Maurice Barthelemy déjà il a un nom qui sonne bien ! Et je ne sais pas trop qui s’est en faite.
- Alors Maurice Barthelemy c’est un des interprètes des Robins des bois.
- Vous vous rappelez cette troupe des Robins des bois, c’est le petit qui est chauve, ça vous rappelle quelque chose ?
- Oui oui ça me rappelle quelque chose ! Oui oui ! C’est pas mal ce qu’il fait, ça fait longtemps que je l’ai pas vu je crois. Mais ouai ouai je le trouvais assez bon assez drole.
- Les robins c’est un bon souvenir pour vous ?
- Ouai je suivais pas des masses les Robins des bois quoi, après je sais pas, c’était assez inégal, il y avait des trucs vraiment très drôle quoi, genre des trucs vraiment absurdes quoi. Mais je pense que c’est une équipe de très bons comédiens.
M.B: C’est bien défini ! C’est vrai que les Robins des bois sont des très bon comédiens. Et que l’humour était absurde, et qu’il y avait du bon et du pas bon. Mais c’était le principe quoi. C'est-à-dire que on faisait, on était tellement sur du direct et sur du quotidien que il y avait vraiment du déchet quoi. Et il fallait qu’il y ait du déchet pour qu’il y ait des trucs parfois un peu drôle.
B.L : Pourquoi vous avez ri au départ ?
M.B : Parce que c’est tellement normal que le mec il ne sache pas qui je suis ! Et que, et que voilà je trouve ça très simple ! C’est bien !
B.L : Vous avez commencé votre carrière donc sur les planches du théâtre, d’abord seul, et ensuite vous avez rejoins la troupe The Royal Imperial green Rabbit compagnie . Il ya un truc avec les animaux chez vous !
M.B: Ouai, non mais enfaite la raison pour laquelle on avait appelé la troupe la Royale Impériale green Rabbit compagnie, enfaite il y avait deux raisons. La première c’est qu’on voulait lui donner un titre hyper pompeux anglais, parce que pour nous la référence absolue était les Monty Phyton donc on avait comme ça cette… cette… cette référence. Et puis green Rabbit, enfaite le lapin au théâtre porte malheur. Et le vert porte malheur. Donc un lapin vert ! C’était voilà, c’était une manière de dire nous on est des rebelles !
B.L: Comment on passe d’un nom aussi pompeux anglais à un nom français qui fait sauveur.
M.B: Ouai alors en faite on ne l’a pas vraiment choisi. C'est-à-dire que l’on avait décidé de s’appeler la Royale impériale green Rabbit compagnie, c’était un peu long, et puis après quand on a créé les Robins des bois, enfin qu’on a joué le spectacle Robin des bois bah les gens nous appelaient de fait les Robins des bois. Au bout d’un moment les nuls nous ont dit, de toute façon au bout d’un moment vous n’allez pas pouvoir lutter, on vous a appelé comme ça parce que spontanément ça c’est fait ,nous c’est pareil, on faisait objectif nul et on nous a appelé les nuls. Vous ça ne sert à rien de changer de nom on vous appellera les Robins des bois, parce que vous avez fait un spectacle qui s’appelle les Robins des bois. Et pas parce que l’on donnait une partie de notre recette à des pauvres, pas du tout !
B.L: vous avez donc été remarqués par Dominique Farrugia en 96, euh vous allez jouer quotidiennement sur la chaine comédie, la chaine de Dominique Farrugia, c’était des bons souvenirs ça ?
M.B: ouai, ouai ouai.
B.L : une liberté totale ?
M.B : Totale ! Totale c'est-à-dire que pour le coup je ne sais pas si cet espace de liberté pourrait aujourd’hui se créer à nouveau, parce que l’air de rien, on assistait aux débuts des chaînes câblées, donc personne ne regardait ou en tout cas très peu de gens. Il n’y avait pas de… Il n’y avait pas de pression particulière et c’est comme si on avait assisté aux débuts de la télévision. C'est-à-dire que aujourd’hui quand je vois des interviews de, de, de dinosaures de la télévision, j’avais l’impression que c’était la même chose pour nous, sur le câble c’était ça. On nous foutait une paix royale. Et on faisait ce qu’on voulait, aucun interdit, sans aucune censure. Voilà, c’était nous même qui nous censurions.
B.L : Vous avez créé en autres, différents personnages, notamment le father Tom , c’était l’évangéliste menteur et violent, c’est vous qui créé comme ça, ou c’est au sein de la troupe vous vous dites toi tu feras ça , toi tu feras ça.
M.B: Pour le coup c’était vraiment moi qui proposait, moi j’ai toujours été fasciné par l’histoire américaine généralement. C'est-à-dire que je suis quelqu’un qui est très à l’affut des mouvements, des phénomènes qui peuvent apparaître dans ce pays. La pour le coup les télés évangélistes, c’était quelque chose qui me fascinait moi, mais il n’y avait que moi qui regardais ça ! Par internet, et encore c’était le début d’internet ! C’était… Ou quand je passais aux Etats-Unis, c’était voila. Quand j’ai proposé ça, ça ne parlait pas à grand monde. Mais moi ça me plaisait énormement.
B.L: Vous aviez, vous preniez, vous aviez combien de temps de préparation, parce qu’il y avait le direct.
M.B: Très peu ! très peu ! Généralement enfaite, on travaillait beaucoup en amont, on travaillait souvent une à deux heures en avance, ce qui ne permettait jamais de travailler dans l’urgence, mais par contre les sketchs étaient répété le matin pour le soir. Donc la veille on les apprenait. Le matin on les répétait, on réglait l’emplacement de la caméra. Voilà etc. On faisait une sorte de fil rouge de l’émission, et le soir c’était un petit peu, la récompense. On se disait bon là on s’est bien emmerdé à mettre ça en place, maintenant on va faire ce que l’on veut. Et ce qui faisait que les gens le ressentait pas mal sur comédie il y avait vraiment cet esprit complètement pfff… lâché quoi !
B.L: On va écouter ce que d’autres personnes ont dit à votre sujet.
M.B: Ah ! Encore quelqu’un qui va être complétement fasciné par (rires), alors attendez donc je clique là-dessus.
Dans la rue :
-Alors Maurice Barthelemy c’est les Robins des bois c’est ça ? C’est le petit avec les lunettes ? d’accord ok ! Alors Maurice Barthelemy marrant, j’aimais beaucoup les Robins des bois et je connais moins en faite son travail en solo, je crois qu’il a fait quelques films c’est ça ?
M.B : C'est-à-dire qu’à partir du moment où on est moins à la télévision les gens pensent que vous faites moins de choses… euuh… Donc euh voilà, ça fait parti des choix que j’ai pu faire en me disant, moi j’ai moins envie d’être devant , et je me plais énormément je m’épanouis en étant derrière, donc de fait on me voit moins, et euh… et quand je sors un film bon bah voilà le film sort et les gens savent que c’est moi qui l’ai fait ou pas mais ça ça ne me dérange pas du tout quoi.
B.L : On va écouter la troisième et dernière personne.
Dans la rue :
- Maurice Barthelemy m’a beaucoup fait rire, déjà avec les Robins des bois et aussi tout seul, avec les trucs comme faut il avec son gamin sur Canal plus, c’était vraiment très très drole. En tant que réalisateur aussi j’ai bien aimé son travail. Macadam Cow-Boy c’était fou mais c’était quand même assez drole
M.B: Ah ah ! Macadam Cow-Boy, je serais fier d’avoir fait Macadam Cow-boy !
- Alors peut être justement vis-à-vis de son actualité vous avez une question à lui poser ?
- Quand est ce qu’il revient nous faire un truc un peu fou comme il sait si bien les faire quoi !
B.L: Alors quand ?
M.B: Bah là j’y travaille. J’ai mis en place deux projets de films que je devrais réaliser prochainement, dont une comédie. Euh… Avec mon camarade Jean-Paul Rouve ! Donc j’aimerais, voilà c’est quelque chose qui va assez vite se tourner j’espère, mais toujours derrière la caméra, moi j’ai pas envie de me mettre devant. Pff.
B.L: Vous ne voulez plus faire ça.
M.B: c’est pas que je ne veux plus … En tout cas pas dans un film que je réalise quoi !
B.L : Aujourd’hui quand on parle de Maurice Barthelemy on pense tout de suite Robin des bois !
M.B : Oui normal
B.L : vous l’avez vu, c’est évident. Ca vous gène ça à force ?
M.B: Non
B.L: Ca vous, ça vous fait quoi ?
M.B: C’est normal, c'est-à-dire que l’on a été très exposés à cette époque. Pour certains c’est resté comme ça … voilà ! Qu’est ce que vous voulez que je vous dise, je ne vais pas … Non je trouve ça tout à fait normal !
B.L: Qu’est ce qu’ils deviennent vos camarades ?
M.B: Moi je trouve qu’ils ont chacun leur petit parcours assez chouette !
B.L : Vous les voyez ?
M.B : Alors je les ai vu récemment dans ces circonstances un peu dures, parce que quelqu’un qu’on connaissait qu’on a perdu, donc on s’est retrouvé dans ces circonstances là, mais surtout on communique ensemble par mail ou par téléphone. On se tient au courant voilà. On se voit assez peu, moi j’en vois certains plus parce que par exemple y en a un avec qui je travaille souvent en publicité et que sur des pubs que je fais à la télé. Alors du coup je travaille avec lui.
B.L : vous pensez à Jean-Paul Rouve ?
M.B: non à Pascal Vincent. Parce que je fais les 118-218 avec lui alors du coup voilà je le croise souvent. Jean-Paul je le vois aussi parce qu’on a un projet en commun. Elise je la vois assez souvent aussi, PEF et Marina un peu moins. Mais voilà c’est tout à fait normal.
B.L: Vous êtes fier aujourd’hui de votre parcours ?
M.B: fier non parce que ce n’est pas trop ma nature d’être fier. Je suis simplement satisfait de pouvoir aujourd’hui comment dire. Si tout d’un coup j’ai une idée, si tout d’un coup j’ai un projet je peux l’emmener au bout. Et ça pour moi, alors oui si il y a une fierté elle est là, d’avoir la possibilité de faire ce qu’il me plait. Ouai, mais ça reste toujours difficile, il ne faut pas croire.
B.L: Qu’est ce qui est difficile ?
M.B: bah je pense que c’est difficile pour tout le monde, même pour quelqu’un qui est , je ne sais pas moi on va dire un acteur qui vient d’avoir un oscar, pour lui-même si il aura des difficultés et bah il aura d’autres difficultés parce que cet oscar va lui raporté une notoriété qui fait que tout d’un coup il va se retrouver dans un tourbillon de trucs qui sont difficiles à gérer etc etc. Bon bref. Ce que je veux dire, c’est que l’on a toujours le sentiment que quelques soient les étapes que l’on peut franchir il y aura toujours des nouvelles difficultés qui peuvent apparaître.
B.L : On est jamais arrivé quoi.
M.B : Ouai on est jamais arrivé, donc du coup c’est toujours compliqué. Mais c’est ça qui est bien !
VERY INDISCRET : 12min34
B.L : Maurice Barthelemy, votre deuxième prénom est Dominique.
M.B : Non Domingue.
B.L : ah oui pardon !
M.B: Ah c’est pas grave ça arrive souvent ! Domingue, alors pourquoi Domingue parce que ma maman est Haïtienne et que Haïti se trouve sur l’île de Saint Domingue, enfin de… et du coup elle voulait me donner ce nom, ce qui pour moi n’était pas très pratique, parce qu’à chaque fois il fallait que j’explique, non ce n’est pas Dominique, c’est Domingue etc.
B.L: Moi en l’occurrence c’est juste que un problème de lecture, parce que c’est bien écrit Domingue !
M.B: Ah bon ! Ok il y a pleins de gens qui se trompent ce n’est pas très grave.
B.L: Pourquoi vous ne l’avez pas gardé ?
M.B:Déjà s’appeler Maurice c’est compliqué mais alors Maurice Domingue, on passe à chaque fois 20 minutes à expliquer pourquoi on s’appelle comme ça ! non ! Et puis je trouve que Maurice c’est très bien. C’est simple et …
B.L : Vous auriez pu aussi garder Domingue à la place de Maurice
M.B : Domingue parce que ouai mais ça correspond pas à mon caractère, c'est-à-dire que …
B.L : Vous avez un caractère de Maurice ?
M.B: J’ai un caractère de Maurice, pas de Domingue.
B.L: D’accord ! Expliquez nous ça !
M.B: (rires) Non mais je ne sais pas, je suis très content de mon prénom, je trouve que c’est un prénom de vieux et qui en même temps il y a très peu de gens de mon âge qui s’appellent Maurice et puis je trouve que … je ne sais pas ! autant quand j’étais gamin j’avais honte de m’appeler Maurice, ce qui est normal quand on a dix ans s’appeler Maurice c’est contre nature ! Je sais pas c’est comme les… Aujourd’hui je verrais un enfant de 10 ans s’appeler Robert ou Jean-Claude ça me ferait rire. Mais voilà, maintenant j’en suis très content de mon prénom. Je sais pas y a un côté… du Maurice qui m’inspire moi : Maurice Piala, Maurice Renay. Pas Maurice Papon en tout cas il y a des grands Maurice !
B.L: vous êtes acteurs français de théâtre de télévision et de cinéma, c’est comme ça que vous vous présentez quand…
M.B: Non ! Non, j’ai tendance à marquer réalisateur maintenant. Je ne mets jamais acteur, même si je ne renie pas le fait de l’avoir été, et de l’être encore occasionnellement. Non je ne mets jamais acteur non.
B .L: Vous êtes face à 5 questions enfin 6 à vrai dire puisqu’il y en a une cachée
M.B : ah ! celle la là !
B.L : Voilà exactement c’est celle ci, vous allez pouvoir piocher les questions les retourner et les lire à haute voix. Et nous répondre !
M.B: A quoi rêvez vous secrètement ? Euh… Est-ce que j’ai des rêves … Euh non moi j’essaye de faire en sorte que mes rêves je puisse les réaliser, donc j’ai tendance à me donner les moyens de … d’aller au bout de ces rêves. Mêmes les rêves les plus fous, où je me dis, je sais pas je pourrais un jour tourner avec Stanley Kubrick même si il est mort ! j’ai tendance à me dire ouai je vais y arriver ! (rires), j’ai pas vraiment de rêves secrets comme ça inavoués. Je me suis retrouvé dans des situations, dans ma vie que je n’avais pas prévu. Tout d’un coup je rencontre un acteur qui pour moi est immense, et je me retrouve face à lui, et je me dis mais comment ca se fait que je me retrouve face à cet acteur et que je peux lui parler pendant une heure. Partant de ça, j’ai tendance à me dire qu’il y a des coïncidences, qu’il y a des choses qui peuvent arriver dans la vie que les… rien n’est impossible !
B.L: Et vous faites tout pour aller jusqu’au bout ?
M.B: Tout ? non ! Parce que j’ai quand même une éthique, je ne suis pas du tout quelqu’un qui se donne tous les moyens pour accéder à son objectif. Voilà on m’a appris quand j’étais petit..
B.L: Vous ne faites pas de gâteries par exemple pour réussir !
M.B: Pas du tout ! Je suis le mec le moins ambitieux du monde, je suis le mec qui sort le moins dans les soirées dites people, j’aime pas…
B.L : Gâterie ça avait une connotation sexuelle, je pensais que vous alliez rebondir dessus !
M.B : Ah ! Gâterie non non ! Gâterie dans quel sens ?
B.L : Pour réussir, vous savez !
M.B: Pour réussir !
B.L: Pour réussir dans ce milieu là !
M.B: Coucher pour réussir ! Non je suis assez, je suis assez bien servi à la maison et donc du coup non non je n’ai pas de besoin… Et c’est surtout que c’est un cliché, je pense de… c’est un grand cliché de ce métier de dire qu’il faut… non ! Enfaite j’ai l’impression que dans ce métier, les gens vous respectent si vous êtes vous-même. Après le reste…
B.L: et qui est Maurice Barthelemy ?
M.B: J’ai un peu de mal à me définir moi-même, mais j’essaye d’être le plus cohérent avec ce que je suis dans la vie de tous les jours. Donc autant avant j’étais un peu en surrégime et à vouloir tout le temps faire le con. Autant maintenant j’ai tendance à être plus calme et à me marrer quand je suis avec des gens avec lesquels j’ai envie de me marrer et à ne pas me marrer quand je suis avec des gens avec lesquels je n’ai pas envie de me marrer ;
B.L : On va piocher une autre question.
M.B : Quel est votre plus grand regret ? Quel est mon plus grand regret ?
B.L : Vous êtes bien organisé, vous posez les petites
M.B: Bah oui parce que sinon je vais la repiocher ! Et comme j’y mets ma …
B.L: On entendra peut-être une autre réponse voilà !
M.B: Euh non une fois de plus je ne vois pas. Pardon à chaque fois je dis que je ne vois pas les choses en tant que rêve, je ne vois pas non plus les choses en tant que regret de la même manière que pour moi l’échec n’est pas vraiment quelque chose que je, je défini comme un échec. Le regret ! Alors là pour le coup je n’ai pas de regret ! Parce que j’ai tendance tout le temps à faire des choix qui sont un peu radicaux et pour le coup sur le moment je le ressens. Donc je ne fais pas les choses de manière forcée ou tout d’un coup. Alors je suis passé à coté de certaines choses et tout d’un coup on m’a dit mais comment tu as pu refuser tel truc, machin ? Et avec le recul je me dis mais non putain je suis très content d’avoir fait ces choix là. Alors est ce que j’ai des regrets ?
B.L: Mais quel genre de trucs ?
M.B: Je ne sais pas moi, qu’est ce que je pourrais vous dire ? Des trucs un peu spectaculaires, je ne sais pas, on ma proposé de jouer Astérix, dans Astérix 2, le 3 pardon ! Le dernier !
B.L : Dans le 2 vous avez joué !
M.B : Dans le 2 j’ai joué un tout petit truc. Sur le coup c’était très flatteur ! De jouer Astérix, qui était quand même un personnage comme ça emblématique. Et j’ai pas eu envie de le faire. Donc euh voilà… Ma fille venait de naître, j’avais pas envie de partir de la maison, de me retrouver au Maroc pendant 6 mois, voilà j’avais fait le choix d’être papa, je me suis dit non, ça c’est pas possible, pas à ce moment là, pour des raisons professionnelles, rater les six premiers mois de ma fille. Donc voilà j’ai refusé. On m’a pris un peu pour un dingue ! Mais après coup j’ai pas du tout regretté parce que je suis très heureux d’avoir assisté à … et que ma fille ait pu me réveillé trois fois par nuit durant ces six mois. Le seul regret que je pourrais avoir, c’est que c’était rigolo de faire, enfin surement très rigolo de faire Astérix , voilà donc je me suis peut-être un peu privé de moments sympa mais c’est tellement mieux, de voir … d’assister aux six premiers mois de sa fille. C’est tellement unique, ça n’arrivera plus jamais dans ma vie. Ah non j’ai pas de regrets.
B.L : On va piocher une autre question.
M.B : Qu’est ce que vous n’aimez pas chez vous ? … Je ne sais pas ce que je n’aime pas chez moi.
B.L : Moi je suis sûre qu’en même temps vous êtes en train de réfléchir, mais il y a pleins pleins pleins, d’images, de choses qui se passent dans votre tête.
M.B: Sûrement ! Il ya pleins de trucs que l’on se dit. Qu’est ce que je n’aime pas chez moi. J’aime pas me voir, je n’aime pas me voir, j’aime pas me voir. Et pourtant j’ai fais un film avec moi dedans. Et avec les Robins des bois on se regardait sans arrêt que c’était notre travail, on passait à la télévision, on se regardait le soir pour se dire qu’est ce qu’y n’allait pas etc. Mais c’est un truc… j’aime pas, j’aime pas me voir à la télévision. J’aime pas, j’aime pas ma voix, j’aime pas, j’ai toujours l’impression de trop me dévoiler. J’ai toujours… Mais bon il y a pleins de choses que je n’aime pas chez moi. J’aime pas…
B.L: Là pour l’instant ce n’est que physique.
M.B: Ouai mais ce que je pourrais vous dire… Par fois j’ai l’impression d’être un peu austère, d’être trop renfermé, pas assez ouvert sur les gens, pas assez altruiste. J’ai tendance à… J’ai deux personnalités vous savez moi, j’ai le côté un peu … euuh … comme ça ! Et à côté comme ça.
B.L: j’allais vous dire, le public vous perçoit vraiment différemment.
M.B: Oui sûrement ! Mais c’est vrai que je suis quelqu’un dans la vie très très calme
B.L : Vous êtes très détestable enfaite ! Vous restez chez vous ! Vous ne parlez à personne !
M.B : Non pas du tout détestable ! Je fais en sorte d’être toujours assez courtois mais… non je suis plutôt quelqu’un de très renfermé et ça c’est une nature qui me plaît guère. J’aimerais bien être plus léger.
B.L : On va piocher une autre question !
M.B: Qu’elle est la première chose que vous faites en vous levant le matin ? Ah ! Je sors les chiens ! Bien sûr ! donc j’ai deux chiens à la maison ! Et donc la première chose que je fais c’est sortir la petite chienne qui est un bouledogue français, qui a 6 mois, qui me pourri l’appartement et qui a été choisis par ma fille et par ma compagne, pendant que j’étais en tournage et quand je suis rentré à la maison j’ai découvert ce petit chien charmant. Et du coup je sors le chien le matin quand je me lève sinon elle pourrie encore plus l’appartement !
B.L: Avant même d’embrasser votre douce ?
M.B: Presque ! C’est presque ça !
B.L: Les chiens d’abord !
M.B: C'est-à-dire, mais ouai c'est-à-dire que le problème c’est qu’il y a un chien qui a six mois. Alors je sais pour ceux qui connaissent les chiens comprendront ce que je veux dire, mais c’est une catastrophe quoi .
B.L : Bah sinon ça fait dans la maison quoi !
M.B : Oui c’est ça ! Donc du coup la première chose que je fais, c’est sortir le chien !
B.L : On va piocher une autre question !
M.B: Qu’elle est votre plus grande fierté ? Euh.. Ma fille !
B.L: C’est un peu bateau !
M.B: mais ouai mais en même temps ça c’est ma plus grande fierté ! C'est-à-dire que… je sais c’est bateau et en même temps c’est la réalité ! Alors qu’est ce que vous voulez que je vous dise, non c’est vrai ! C'est-à-dire que j’ai rien à dire d’autre.
B.L: Maintenant on va passer à la question invisible !
M.B: Ah ! oui oui oui oui !
B.L : Vous allez vous poser une question à vous-même.
M.B : roh ça c’est douloureux ça !
B.L : Oui c’est douloureux !
M.B: Qu’est ce que je pourrais vous dire ?
B.L: Qu’est ce qui vous vient tout de suite à l’esprit sans réfléchir ?
M.B: comment je vais vieillir ? Ca je me pose souvent cette question la. Je me dis comment est ce que tu vas vieillir ? Qu’est ce que tu vas faire plus tard ? Est-ce que tu… Qu’est ce que tu vas … Ouai ça c’est une question assez fondamentale ! Ou je me dis comment je vais vieillir ?
B.L: Alors ?
M.B: Parce que là pour le coup j’ai 40 ans, je porte une casquette, machin etc, il y a un côté comme ça un peu vieux jeune. Je me dis, est ce que tu vas accepter un jour de…
B.L : D’enlever la casquette !
M.B : D’enlever la casquette ! De porter autre chose que des jeans ! De machin etc. Est-ce que tu vas accepter la vieillesse… Est-ce que … Ouai ça c’est une question que je me pose souvent.
B.L : Je pensais que c’était les comédiennes qui se posaient ce genre de question.
M.B : Non parce que ce n’est pas quelque chose de physique. C’est vraiment quelque chose de… comment est ce que je vais vieillir, comment est ce que je … voilà j’ai pas de réponse, mais c’est quelque chose qui me préoccupe oui … j’ai pas de réponse.
VERY PENSEE : 1min51
B.L : Maurice Barthelemy, qu’avez vous pensé de cette interview ?
M.B : Ecoutez c’était pas désagréable ! Et généralement, pour moi faire une interview c’est un peu comme aller chez le docteur pour recevoir un vaccin. C'est-à-dire que pour moi les interviews c’est presque aussi douloureux qu’une piqure. Et chez vous, ma foi, c’était tout à fait agréable. Parce que vous avez… Vous avez le temps ! Voilà donc !
B.L : Mais je vais vous dire pourquoi, parce que le caméraman n’a pas mis de culotte sous sa blouse !
M.B: bon alors maintenant qu’on en parle !
B.L: C’est ça qui fait la différence !
M.B: C’est vrai qu’il y a ce petit plus ! non bah écoutez ! c’était tout à fait plaisant ! Et puis en plus c’est plutôt agréable, on sent que ça a été préparé ! Vos questions étaient tout à fait pertinentes et tout à fait… voilà ! Elles donnaient envie de parler !
B.L: Combien je vous ai payé pour dire ça ?
M.B: 3 bouteilles de Bacardi (rires)
B .L: un café un vrai coca !
M.B : Voilà !
B .L: Vous reviendrez alors ?
M.B: Avec joie ! Surtout que je pense que votre site internet ça va avoir un énorme, il va avoir un énorme impact, je sens que ça va…
B.L: Et en principe quand vous sentez les choses comme ça ça… vous avez aussi senti des choses comme ça pour votre premier film ?
M.B: Bien sûr, ouai ! dès la sortie de mon film j’ai senti que ça allait faire un énorme carton ! Et ça a été presque le cas ! J’ai parié sur la victoire de Lionel Jospin, de Ségolène Royal ! Ouai donc voilà, j’ai un pronostic assez sûr ! Là-dessus vous pouvez me faire confiance !
B.L: On est confiant merci !