VERY FAN (SON ENCHÈRE) (6min41)
B.L : Julien Bayou qu’avez-vous décidé de mettre aux enchères aujourd’hui ?
J.B : euh on a pensé au mégaphone parce que c’est un peu notre outil de base et c’est un peu symbolique de l’histoire de donner un peu de voix à ceux qui n’en on pas vraiment, les mal logés, les stagiaires les trucs comme ca. Donc voilà un petit mégaphone aux enchères.
B.L : il marche ?
J.B : euh oui, oui il marche, on m’entend. Donc euh un petit mégaphone pour pouvoir s’entrainer à déclamer des alexandrins dans son salon ou sur un république bastille, classique, on peut en faire se qu’on veut.
B.L : mais se n’est pas le seul objet que vous voulez mettre aux enchères !
J.B : non exactement, on a pensé aussi à remettre le diplôme du fils à papa, qu’on a remit à Jean Sarkozy plusieurs fois. La première fois on était visionnaire, c’était en Avril au Rotary club il était allé s’ennuyer à une conférence. Et ensuite on l’a remit en grandeur nature, c'est-à-dire en grand format, quand il a été bombardé administrateur de l’EPAD. Ca peut être utile parce que ca pourrait resservir à l’occasion, parce qu’on sait qu’en 2011 il sera bombardé président du conseil général de l’UMP ou de Neuilly c’est un peu pareil et ensuite il devrait être bombardé président de l’UMP classique, puis éventuellement président de la république. Donc c’est un diplôme qui pourra resservi, il est donc intéressant de l’avoir en avant première ;
B.L : il y a une mention spéciale ?
J.B : oui il y a une mention spéciale Balkany, on l’utilise en politique c’est des gens qui on une grande classe. Balkany il avait été inquiété pour avoir euh fait un peu de harcèlement sexuel sur une secrétaire et ensuite il a été condamné pour divers magouilles et heureusement il a été blanchi et il a été réélu bien sur. Donc voilà c’est très pratique d’avoir des électeurs un peu amnésique ou chèvre, ca permet de cartonner en politique plus longtemps.
B.L : mais c’est peut être parce qu’il n’y avait pas forcement mieux en face non plus.
J.B : euh certainement, c’est peut être vrai aussi.
B.L : c’est vous qui allez déterminer le montant de base de l’enchère, qui comprend les deux objets.
J.B : alors je pense que c’est un mégaphone fantastique, mégaphone un peu historique, moi je dirais que ca commence à bien 20 euros. Sachant que c’est trois fois plus cher dans le commerce et pour ce diplôme un peu historique et qui resservira je pense malheureusement, on peut partir à 15 euro.
B.L : Ha vous faites deux enchères vous ?
J.B : bon effectivement sans les séparer on commence à 100 euros pour les deux, et c’est bien parce que c’est vous, 100 euros pour ces magnifiques objets !
B.L : non mais ca peut être intéressant en effet e dissocier les articles et d’en offrir deux mais c’est vous qui allez choisir, en principe on fait des lots, mais si vous préférez faire autrement on peut innover, il n’y a pas de problème.
J.B : à loisir, donc effectivement, 20 euros le mégaphone et 15 euros le diplôme ou une excellente affaire parce que c’est vous, 100 euros pour les deux.
B. : Julien Bayou vous avez choisi comme association, l’association Macaq, que vous connaissez particulièrement bien.
J.B : oui
B.L : vous pouvez nous parler de l’historique de cette association.
J.B : oui Macaq, c’est une association qui a été crée en 2001, par des gens un peu barrés qui voulaient réanimer le 17ème au départ. Le 17ème arrondissement de Paris qui est une vieille terre qui s’endort un peu sur ses lauriers. Et du coup depuis 8 ans ils bousculent un peu tout le quartier, notamment en réhabilitant les espaces vides et puis en y hébergent des tonnes d’activité, ca va du cours de poterie, au cours de judo, il y a une AMAP qui vient de se créer pour manger un peut bio. Et puis plus largement au delà du 17ème voilà il y a l’idée de réanimer un peu la ville et notamment la on organise depuis quelques années le carnaval de Paris, et c’est un truc qui grossie d’année en année. Et là ca va se passer le 14 février 2010 pour la saint valentin et du coup on espère avoir 40 milles personnes, voilà qui défile dans les rues même s’il fait froid, et c’est plus de 200 milles personnes qui s’agite bénévolement pour que se soit une belle fête …
B.L : pour que ce soit une belle fête vous avez besoin de costume par exemple ?
J.B : oui ca veut dire que c’est notre travail il y a par exemple des chars qui sont proposé en confection pour les enfants, il y a un peu de tout et toutes les écoles y participe ou peuvent y participer. Donc euh ouai il y a beaucoup de besoin matos et notamment la signalisation pour les bénévole.
B.L : la signalisation ?
J.B : la signalisation pour qu’ils soient identifié en tant que bénévole, comme pour la sécurité … et du coup si avec cette enchère on pouvait financer en parti le matos pour les bénévoles, ca serait parfait.
B.L : est ce que vous avez envi avec l’association Macaq de rester dans le 17ème de paris ou de vous étendre du Paris et voir peut être la France à terme ?
J.B : ben l’association Macaq elle est déjà implanté dans le 17ème, puis elle rayonne elle organise des vides greniers, des friperies qui ramènent 10 milles, 20 milles personnes dans la convivialité. Ca rayonne également sur Paris petit à petit, c’est un truc artisanal qui grossit. L’idée se n’est pas de s’étendre mais se diffuser un petit peu le mode d’action. Ou qui est d’autre association qui fasse pareil à Bordeaux, à Marseille ou ailleurs, l’importance se n’est pas tellement que Macaq s’étende, mais que le mode de convivialité, ouai de se réapproprier la ville et euh se diffuser
B.L : qui a choisi ce nom la ?
J.B : ben c’est les fondateurs qui pensaient un peu aux singes urbains, qui vont dans les bâtiments vides pour en faire des choses utiles, donc euh je pense qu’ils ont d’abord trouvé le nom et ensuite l signification, l’acronyme donc voilà.
B.L : vous pensez que les enchères peuvent grimper vite avec les objets que vous avez proposé ou pas ?
J.B : Ha oui, oui je pense qu’on sera débordé de demande, je pense qu’on va devoir embaucher beaucoup de monde pour traiter les demandes et avec ca on va pouvoir financer 10 ans de Macaq. Je table au bas mot 900 milles euros, 50 milles euros de recettes sinon c’est qu’on n’aura pas fait notre boulot.
VERY LIFE (SON ENFANCE, SES PASSIONS, SES ENVIES) (6min47)
B.L : Julien bayou bonjour,
J.B : bonjour,
B.L : je vais commencer cette interview en vous donnant votre info naissance, c’est tout se qui s’est passé le jour de votre naissance. Vous êtes né le 11 juin 1980 à Paris, c’est bien ca ?
J.B : oui, oui tout à fait.
B.L : savez vous quel autre personnalité est aussi né un 11 juin mais en 1953 ?
J.B : euh jean Sarkozy ?
B.L : non ce n’est pas possible pour Jean Sarkozy
J.B : ouai je sais !
B.L : non c’est José Bové ! Vous vous sentez proche de lui ?
J.B : euh c’est un type que j’aime bien, après proche je ne le connais pas plus que ca. Mais je l’ai croisé dans les campagnes européennes, puisqu’il est député européen et que moi je suis de temps en temps assistant parlementaire, mais en dehors de ca je ne le connais pas plus que ca. Sinon j’aime bien se qu’il fait.
B.L : c’était pour vous une belle année, l’année 80, vous
VERY INDISCRET (6min05)
B.L : Julien Bayou vous êtes face maintenant à 5 questions dont une, invisible. Vous allez vous poser vous-même une question, au moment ou vous le souhaiterez. Vous pouvez déjà piocher une question.
J.B : faut que je réponde c’est ca !
B.L : ca serait bien !
J.B : qu’aimez-vous faire, pour vous détendre ? Euh rien, j’aime bien rien faire pour me détendre, c’est chouette. Comme on fait pleins de trucs de temps en temps ne rien, rien foutre c’est bien.
B.L : je rappel que vous êtes co-fondateur des générations précaires et jeudi noir également, vous confirmez cela
J.B : pour les riches aussi
B.L : exactement, vous avez fondé plusieurs sites internet. Pour euh sauvons les riches, euh l’idée… comment est venu le déclique ?
J.B : ben enfaite on pensait depuis longtemps faire un truc sur la question des inégalités, on a en tête comme ca des sujets qui reviennent longtemps. Quand je dis on c’est une espèce de micro galaxie, un espèce de noyau dur.
B.L : mais est ce que le noyau dur ce n’était pas aussi génération précaire et jeudi noir, vous restez tous ensemble ?
J.B : ben enfaite, il s’est constitué dans le cas de génération précaire quand il y a eu cet appel à la manifestation pour la guerre des stagiaires, moi j’ai dis banco j’en suis et la dessus c’est agrégé une quinzaine puis une cinquantaine de personnes.
B.L : au départ vous étiez deux !
J.B : ouai
B.L : c’était un peu la ruse ca déjà parce que vous saviez que vous alliez adhérer à un collectif.
J.B : ouai c’est ca, moi personnellement j’admire Cathy qui a réussi à m’embringuer, là-dedans, et c’est vrai qu’ils étaient déjà opérationnels. Moi je l’étais parce que j’avais travaillé sur la question des stages, dans le cadre d’un stage chez alternative économique, sur le scandale des stages, donc j’avais toutes les données. Mais c’est vrai que quand elle a dit bon on va faire la grève, on va mettre des affiches dans le métro …
B.L : mais c’était quoi l’idée, c’était de dire arrêtons d’utiliser les stagiaires ?
J.B : l’idée au tout début de son truc, c’était un peu une réaction épidermique, c’était arrêtons… demandons aux stagiaires d’arrêter de travailler, comme ca on verra se qu’ils apportent aux entreprises et à l’économie française, et puis euh c’est le sens de la grève.
B.L : vous êtes arrivés à vos fins
J.B : oui on a fait grève, c’était un peu symbolique parce que les stagiaires n’avaient aucun droit. Mais on est surtout arrivés à nos fins parce que plus personne n’a pu dire, ben voilà j’ai pleins de stagiaires regardez comme ils travaillent, sans que je les payes, le tabou est brisé et puis on a obtenu une loi et on a un peu désankylosée les syndicats la dessus, mais il reste plein de truc à faire ;
B.L : qu’est se quelle dit cette loi ?
J.B : euh ben en France tout passe par une loi parce que si, il y a un problème il faut une loi, après la loi elle ne dit rien, il faut une convention obligatoire, c’était déjà le cas dans les faits. Il faut une rémunération à deux mois, pour les stages de plus de deux mois, mais bon c’est 400 euros donc c’est un peu ridicule.
B.L : 398 !
J.B : ouai, 398,13. C’est moins que le RMI donc il reste tout à faire, mais avec cette loi on a les outils. Il y avait un vrai problème et on y a en parti répondu.
B.L : je vous invite à piocher une autre question.
J.B : a quel figure politique aimeriez vous être comparé ? Aucune vraiment, j’essaye de lire des biographies, moi j’aime bien les trucs sur Jaurès, sur Bloum, fin les vrais pas ceux dont parle Nicolas Sarkozy euh…
B.L : il parle des vrais, il les sauce un peu à la droite
J.B : ouai c’est de l’imposture. Non mais je ne sais pas, souvent les nouveaux collectifs, on les appelle les nouveaux militants et c’est censé être en opposition avec les anciens militants de la CGT par exemple ou aux anciens militants de Mai 68. Euh c’est très, très surfait ce n’est pas du tout nouveau se que l’ont fait. Il y a même un pote qui nous fait remonter au moyen âge avec le bouffon du roi, c’est une bonne critique, donc non je ne sais pas à qui j’aimerai être comparé. Je crois que je n’aimerais pas trop être comparé enfaite
B.L : à vous-même alors ?
J.B : ouai voilà, c’est ca, ou à Emanuel, Lionel ou Leila, c’est les autres potes qui font le ramdam avec moi.
B.L : ca vous plait aujourd’hui se que vous faites et qui vous êtes ?
J.B : ouai la je suis fière très fière. Génération précaire c’est un bon truc qui fonctionne au consensus, on n’est pas beaucoup mais comme tout le monde est d’accord, tout le monde est sur la même longueur d’onde, de l’UMP, au MPA ca bousille tout. On ringardisent les syndicats, les sénateurs, les députés du coup… on est obligé de faire ca en France, on est obligé de ringardiser pour que les gens se réveille un peu c’est con, mais dommage au moins ca marche. Le jeudi noir, on fait des ouvertures militantes, euh donc c’est à la limite de la désobéissance civile. Mais en portant des propositions, à chaque fois c’est une vraie aventure humaine, une communauté, des gens qui se redécouvre ; les mères célibataires, ca leur laissent 9 mois pour rebondir, c’est juste magique, sauvons les riches, c’est beau. Macaq, c’est juste de l’énergie pure et c’est très local, c’est très de l’animation de quartier, des cours pour enfants, redonner des couleurs à la ville, c’est con mais c’est vraiment ca, des barbecues des merguez et de la bonne humeur, c’est génial. Le cyber café dont je m’occupe, on a eu carte blanche pour le redynamiser et pareil on est entrain de ringardiser les autres associations qui sont dépendent de subvention, parce qu’on en fait quelque chose, donc la ouai je suis assez fière.
B.L : mais votre moteur c’est quoi alors, qu’est se qui vous motive à faire tout ca ?
J.B : euh le café
B.L : allongé ?
J.B : allongé ouai !
VERY INDISCRET PARTIE 2 (2min48)
B.L : on va en piocher une autre
J.B : quel est votre plus grand regret ? Alors les regrets c’est se qu’on n’a pas fait et les remords c’est se qu’on a fait, c’est ca ?
B.L : euh c’est ca !
J.B : donc les regrets c’est se que je n’ai pas fait, euh je ne sais pas, ca serait un truc que je n’ai pas encore fait et que de toute manière je vais faire
B.L : parce que vous faites toujours se que vous voulez faire ?
J.B ben et … fin ca serait ambitieux de dire ca
B.L : qu’est se que vous avez contre l’ambition Julien ?
J.B : non mais c’est ambition ou rien, on est tous ambitieux. Non c’est la presonctueux ou imbu, voilà ca je n’aime pas. Mais ambitieux non, c’est ambitieux de … c’est Manu qui disait ca va nous on a déjà 3 millions de personnes à loger, donc euh on a beaucoup de boulot, on ne va pas pouvoir faire tout en même temps, c’est une blague bien évidement mais c’est ambitieux de s’attaquer au problème de logement.
B.L : on avait comprit votre blague !
J.B : je préfère préciser. Donc le plus grand regret pour l’instant je n’en ai pas trop.
B.L : alors son peut passer à la question suivante.
J.B : rêvez-vous d’une carrière politique ? J’y pense, mais je n’en rêve pas !
B.L : quand vous, vous rasez ?
J.B : non mais enfaite c’est drôle parce que mon grand père est vraiment très politique et il a dut sauter une génération. Parce que mon père est très politique mais il n’a pas fait de carrière politique. Et mon grand père au sortir de la résistance il est devenu maire au conseil général en 45, maire en 47 et après il n’a plus rien lâché, puis député etc. ... Hormis le cumule des mandats, ben oui ca à l’aire bien, de faire une carrière entre guillemet de s’investir dans la politique et de … mais lui il a peut être était trop longtemps maire de son bled, mais euh il a tout géré des écoles aux égouts, non c’est classe quoi. Vous êtes élu président de la République qui est votre premier ministre ? Jean Sarkozy comme ca ouverture.
B.L : (rire) comme ca ouverture mais surtout au mérite.
J.B : et au mérite parce que d’ici là, il aura peut être eu sa licence. Et comme je ne prévois pas d’être élu président de la République tout de suite, tout de suite, euh il a le temps d’avoir sa licence, parce qu’il faut lui laisser du temps parce que lui c’est un peu un diesel en matière d’étude.
VERY PENSÉE (1min17)
B.L : Julien Bayou qu’avez-vous pensé de cette interview ?
J.B : euh ben c’est un des trucs les plus en profondeur que je n’ai jamais fait, donc c’est nouveau, c’est nouveau. J’attends de voir se que ca donne, pour voir si c’est bien.
B.L : vous êtes assez critique après pour le montage, la couleur de l’image ou pas ?
J.B : non, non, non sur le fond je veux dire …
B.L : non parce que vous dites, j’attends de voir se que ca donne !
J.B : oui ben oui, une fois que c’est fait, que vous l’avez publié, la je pourrais vous dire se que c’est. Parce que quand on est dedans on ne peut pas dire, si se qu’on a dit c’est une grosse bêtise, ou avec un fond intelligent. Après si vous voulez mettre un fond avec de la moquette derrière ca ne me dérange pas.
B.L : la moumout c’est vrai qu’il n’y en a déjà pas assez ici. D’habitude on vous pose quel genre de question ?
J.B : euh il y a deux types de question, les questions sur l’engagement, parce que ca agite tout le monde de dire qu’on est les nouveaux militant, hors se n’est pas vrai. Alors on répond là dessus pour essayer d’arriver à la deuxième question, c'est-à-dire qu’est ce qu’on propose donc voilà. Et donc sur le logement, sur les stages, les trucs comme ca et la questions principal c’est : qu’est ce que vous proposez.
B.L : ca vous plait le jeu de l’interview ?
J.B : ouai, oui, oui, oui
B.L : je sens un oui dans vos yeux !
J.B : c’est rigolo c’est bien, parce qu’il y a pleins de questions que je ne me pose pas moi-même, et j »élude mais du coup quand quelqu’un vous la pose vous êtes obligé de répondre.