Jean-yves Lafesse

Very Fan (son enchère)

"Au bout de 45 minutes j'ai arraché le masque, après ils étaient 4 à me tenir !"

  • Jean Yves Lafesse souhaite mettre aux enchères 2 masques en plâtre. Il s’agit d’un moulage de son visage pour les besoins d'un film. L'enchère commence à 150 euros. Pour cette enchère il a choisi de mettre en avant l'association UNICEF. C'est une agence de l'Organisation des Nations Unies (ONU), implantée dans plus de 150 pays d’intervention, qui a pour vocation d'assurer à chaque enfant, santé, éducation, égalité et protection.

En bref

Jean-yves Lafesse Jean-yves Lafesse
  • Nom, Prénom : Lafesse, Jean-yves
  • Date de naissance : 13/03/1957
  • Lieu : Pontivy
  • Signe : Poissons
  • Profession : Humoriste

Son enchère

Le moulage de son visage pour les besoins d'un...

Au profit de l'association :

Cette enchère s'est terminée à 151€.

Interview scriptée

VERY FAN : 8MIN

B.L: Jean Yves Lafesse qu’avez vous décidé d’offrir et de mettre aux enchères?

JY.L : Alors euh j’ai cherché, c’est un vrai cauchemar votre exercice là, trouver un objet, on hésite, on doute, on cherche, et quand je vous ai appelé ce matin en vous disant « je trouve pas, je trouve pas, je trouve pas, aidez moi aidez moi », vous m’avez dit « trouvez quelque chose qui vous ressemble ».  Hop Tuc déclic ! Et j’ai trouvé ça. Ca ça me ressemble pour une raison simple. C’est un masque, enfin ce sont deux masques. Ca se sont des bandes, donc voila (rires ), c’est beau hein ? c’est beau oui ! Regardez, je sais pas si vous voyez avec votre caméra, il y a deux petits trous ici, juste à l’intérieur à la place des narines vous les voyez ? Bah figurez vous que pendant quarante-cinq minutes, on vous coule du plâtre comme ça, sur le visage, sur la tête sur le sommet du crane, j’ai fais ça pour un film. Et puis donc vous respirez simplement avec deux petites pailles, dans les narines, deux pailles dans les narines, donc le plâtre prend sur vos no vos oreilles, vous n’entendez plus rien. Evidemment les yeux, vous ne voyez plus rien et la bouche vous ne pouvez plus ouvrir la bouche, respirer par la bouche. Moi c’est ma terreur, mon angoisse. Et à l’arrivée (rires) le masque de souffrance (rires) regardez ça, c’est horrible, encore plus horrible (rires) c’est ma pomme ! Sauf que c’est un souvenir pour moi terrible, ça fait vraiment mortuaire quoi, enfin mais en même temps il est beau, il est beau et cet homme la je l’aime, mais on voit qu’il a souffert c’est vrai hein. Honnêtement il y a rien de pire tu souffres là dedans mais c’est, c’est magnifique quoi  l’expression, c’est toute la souffrance humaine dans ce visage. Donc voila, pour deux films en fait ils m’ont fait ça.

B.L : c’était quoi les films ?

JY.L : C’était heu… j’allais dire Mort Schuman  pfff.. Patrick Shulman, ça s’appelait comme une bête, le film s’appelle comme une bête, réalisé par Patrick Shulman avec Sagamore Stévenin, Bohringer et tant d’autres, qui y avait dans le film.

B.L : Et au final on vous voit comment alors ? Le masque il sert à quoi ?

JY.L : Bah je suis déformée en faite, ouai c'est-à-dire que je fais une allergie et ils n’ont pas utilisé tout mon visage mais une partie de mon visage et je fais une allergie terrible, donc ça me dorophorme ca me fait de gros trucs comme ça et la gueule en sang enfin tout… Mais euh pff ca serait à refaire j’aurais du mal. Maintenant quand je lis un scénar  et qu’on me propose des films je fais très attention, je veux pas recommencer ça.

B.L : c’est pour ça que vous l’offrez aux enchères ?

JY.L : Je veux ouai je pense que c’est un truc assez rigolo en faite. C’est beau non ?

B .L: c’est vous qui allez décider et déterminer le montant de base de l’enchère.

JY .L: Oh la vache ! (sifflement)  euh aucune idée. Je vais le dédicacer

B.L : D’accord, vous pouvez aussi si vous le souhaiter le remettre en main propre à la personne qui aura misé euh fait la meilleure proposition.

JY.L : Si je suis là et que l’autre est là oui bien sur oui. Mais vraiment j’ai j’ai pas réussi à le faire tout de suite, ils ont fait un premier essai au bout de 45 minutes 40 minutes j’ai arraché le masque et tout ça, après ils étaient 4 à me tenir, ils y avait deux filles qui me massaient les mains, qui me massaient la nuque qui essayaient  de, oh je respirais plus je croyais que j’allais crever  et évidemment tu parles pas t’es là et les autres qui sont en train de te faire couler le plâtre sur le visage qui se durcit  sur tes oreilles ton nez ta bouche tout ça, ils sentent que tu vas craquer que tu vas tout arracher, donc ils essayent de te calmer de te détendre de te masser doucement.

B.L : Rien n’y fait ?

JY.L : Non non j’ai tout arraché. Et après euh après ça a marché mais ça a été plus long, terriblement long .

B.L : Vous êtes quelqu’un qui collectionne les choses ? Vous gardez les objets que l’on vous donne lors des tournages ?

JY.L : ah ! j’ai gardé un clap, et puis ça.

B.L : alors ça on va choisir un montant, vous pouvez  choisir 5, 10, 15, 20 euros, 30 euros, 50 euros, 100 euros, c’est à vous de déterminer.

JY.L : souvent sur les tournages on me donne des cachets de morphine, comme je fais mes…

B.L : Vous n’avez pas oser en ramener un !

JY.L : Hey non j’en prends pas ça me fait trop mal au foie. Mais c’est parce que comme j’ai, comme je fais mes cascades, puisque je lis pas bien les scénaris, donc bon voilà, je faisais mes cascades moi-même, j’ai pas fais beaucoup de film. J’en ai fais que cinq mais à chaque fois j’ai fais mes cascades et à chaque fois je me suis retrouvé à l’hosto. Qu’est ce que vous me demandez ?

B.L : Le montant de base.

JY.L : j’ai aucune idée.

B.L : Il faut bien fixer quelque chose, on peut dire 25 euros, 30 euros, 100 euros, 1000 euros.

JY.L : moi j’ai envie d’un chiffre rond, j’vais mettre un point de départ, il n’y a pas de limite après ?

B.L : Non

JY.L : 500 euros ça va ça ?

B .L: 500 euros ?

JY.L : C’est pas assez ?

B.L : C’est beaucoup (rires)

JY.L : je me casse

B.L : (rires ) Non mais vous pouvez le laissez à 500, peut-être qu’il partira à 50 000.

JY.L : Nan mais euh, bon d’accord alors euh, 150 euros ?

B.L : allez 150 euros !

JY.L : Moi j’disais ça pour vous hein, bon d’accord vous avez trop peur que cette horreur vous reste sur les mains ? (rires)

B.L : (rires) Donc on le garde, et la personne qui gagnera l’enchère pourra vous rencontrer et vous pourrez lui remettre en main propre, si vous êtes disponibles.

JY.L : Ouai. C’est marrant on dirait, vous savez  à Rome, au Vatican  les masques funéraires qu’il y a, les papes à Saint Pierre au sous sol là, comme ça. Ta été pape hein toi aussi ? Hein t’as été pape dans une vie antérieure ? hein ? Et puis tu étais un pape sympa c’est pour ça qu’ils t’on pas longtemps gardés pape, hein tu faisais le con hein ? tu picolais trop hein ?

B.L : et vous avez choisi une association.

JY.L : Oui, Unicef, l’Unicef parce qu’enfaite l’Unicef en français ça veut dire la fesse. Uni comme unique et fesse euh … Unicef en verlan , Unicef = Lafesse, voilà. C’est drôle hein ?

B.L : Pourquoi, pourquoi avoir choisi cette association ?

JY.L : Comment ?

B.L : Pourquoi l’avoir choisi ?

JY.L : Bah d’abord parce qu’elle s’occupe des enfants, donc moi tout ce qui aide l’enfance bah.. L’enfance défavorisée, l’enfance qui ne va pas à l’école, l’enfance qui souffre, l’enfance qui a faim, qui a soif, c’est eux qu’il faut aider en premier, puis après les petits vieux.

B.L : Vous êtes content de l’offrir cet objet, il vous représente ?

JY.L : il représente la part sombre, la part de souffrance ouai, je, l’angoisse, l’angoisse que j’éprouve , l’angoisse de, qui vient enfaite de je ne sais pas où exactement mais je me souviens que quand je m’étais fait opérer enfant à 9 ans, euh j’avais euh, l’anesthésiste, mes parents n’étaient pas là j’étais tout seul et l’anesthésiste était venu me dire euh. Donc il me fait la piqure et il me met le masque là anesthésique, anesthésiant et il me dit « attention tu vas compter jusqu’à dix et puis tu vas partir » et à ce moment là pour moi partir ça voulait dire mourir, donc j’ai fait mon propre compte à rebours, sept huit neuf quatre trois deux un, et après je me suis vu partir avec le masque, et donc je pense que quand ils m’ont fait ça pour un trucage dans le film, ça ma reproduit la même chose, c’est revenu. Non je ne suis pas content enfaite, je l’aime bien parce que je ne peux pas m’empêcher de le toucher, c’est comme tous les …

B.L : mais finalement ça représente et votre vie au travers de ce que vous avez pu faire au cinéma mais également un souvenir précis d’enfance. Donc enfaite quand on a cet objet là, c’est complètement vous.

JY.L : Il y a une grande part oui, une part euh ouai ça ça me ressemble ça c’est sur ! (rires) Ca ne peut pas me ressembler plus.

Very life 1: 17MIN50

B.L: Jean Yves Lafesse bonjour

JY.L: Bonjour Madame

B.L: Je vais vous remettre votre info naissance

JY.L : Ah ça veut dire qu’il faut que je mette mes lunettes

B.L : C’est tout ce qui c’est passé l’année de votre naissance. Vous avez besoin de lunettes Jean Yves Lafesse ?

JY.L : Ah oui depuis l’informatique en fait, depuis la naissance de l’informatique, euh pas tout à fait parce que c’est antérieur à moi, enfin les premiers travaux sont informatiques, mais quand même pas loin. Tout ça ah ça c’est passé, et c’est de ma faute tout ça !

B.L : ouai !

JY.L : Vous allez me dire que ma mère aurait mieux fait d’avorter ! Mais j’ai faillis y passer d’ailleurs !

B.L : Ah bon ça c’est passé comment ?

JY.L : Ba en fait ça c’est passé j’avais 6 mois dans le ventre de ma maman, je suis un grand prémat, alors en 57 c’était juste ! Tout ça c’est moi ! Les avions ; Elvis Presley, Elvis Presley c’est moi ?

B.L : Presque, mais je pense que c’est pas vraiment ce que vous écoutiez quand vous étiez adolescent !

JY.L : Ah j’en ai entendu quelques unes quand même, elles étaient belles ! Non, non sa voix ! On a même essayé de me piéger avec ça, tiens c’est marrant ! Un type un jour qui s’est fais passer pour le frère de Jacques Villeret, qui est arrivé sur Europe 1 à la radio et qui m’a dit qu’il était chanteur et il m’a demandé si je voulais l’aider ! Ba je me suis dis ba oui ! Donnez-moi une cassette, puis je vais voir si je connais un directeur artistique dans une maison de disques. J’écoute la cassette chez moi le soir qui me donne. Oh c’est incroyable, on dirait Elvis Presley, mais c’est magique, c’était en concert, le mec ! Bon, je le donne à Daniel Beton, qui était chez Warner, directeur artistique, il se trouve que c’était le spécialiste d’Elvis Presley. Et il me dit ba eh c’est un concert d’Elvis Presley, il est vachement connu ! Mais non je lui dis c’est pas possible tu te trompes ! Et il me dit, je suis spécialiste d’Elvis Presley ! Bon et en fait c’était un mec qui essayait de m’arnaquer et d’arnaquer toute l’industrie du disque. Alors ensuite il m’a appelé en me menaçant de mort si il retrouvait cette cassette sur le marché de Pigalle ou des puces je sais plus, il m’a menacé de mort ! Euh, après j’ai vu des affiches de lui pour des concerts mais les affiches étaient placardées la nuit sur des bars, la porte des bars étaient fermé et au matin arrivait jusqu'à l’ouverture, paf le patron les enlevaient et visiblement c’était le mytho de service quoi ! Voilà Elvis Presley !

B.L : À 6 mois vous avez faillis mourir, après on vous menace de mort, c’est une vie difficile quand même non ?

JY.L : Ba la vie c’est jamais facile hein ! La vie c’est pas un truc facile, euh, enfin… L’intérêt de naitre prématuré c’est qui parait, il parait, moi j’ai pas ; je peux pas le dire j’ai pas assez de recul sur ma vie à moi, mais je peux passer quand même à coté de pas mal de choses périlleuses pour ne ^pas dire dangereuses. L’intérêt parait-il des prématurés c’est qu’ils ont appris à développer une énergie pour compenser ce qu’il leur manqué à la naissance très vite et donc ils font preuve de cette même énergie souvent par la suite ! Alors moi je m’en accommode très bien de cette théorie là, mais bon allez voir si c’est vrai !

B .L: Parce que ça vous arrange ?

JY.L : Non, ça m’arrange pas, non, non, non,non,non, c’est que je vois pas trop l’intérêt de justifier ou d’expliquer à chaque fois comment on passe à coté de, comment on arrive à survivre à certains moment, comment  on arrive à s’en sortir et puis à évoluer parce qu’il me semble aussi que c’est quand on réussit à s’adapter à comprendre ce qui nous arrive, et à s’adapter qu’on survie. C’est l’histoire de l’humanité ça !

B.L: Une capacité d’adaptation, c’est comme ça qu’on pourrait vous résumer ?

JY.L : Ouai.

B.L : Vous êtes né le 13 mars 1957. 57 c’est une année original par les personnalités qu’elle a vu naitre, une princesse et un terroriste ! Vous avez une idée de qui ?

JY.L : Euh le terroriste ça doit être Carlos non ? Non, mais pas le chanteur !

B.L : D’accord, j’ai cru que c’était une vanne !

JY.L : Non, non. En 57, mais qu’est ce qu’on appel un terroriste ? Alors ça dépend j’attends avec impatiente. La princesse c’est pas Stéphanie de Monaco parce qu’elle doit

B.L : C’est sa sœur !

JY.L : Sa sœur voilà ! Parce qu’elle 2 ou 3 ans de moins que moi ! Ma mère voulait que j’épouse Stéphanie de Monaco, je me souviens de ça, Caroline ouais !

B.L : Vous avez l’habitude de la radio peut être pas trop de la télé parce que vous mettez votre main devant la bouche et ça l’ingénieur du son il va nous maudire !

JY.L : J’ai l’habitude de la télé mais en fait je m’en fou un peu pour être tres honnête avec vous. C'est-à-dire tous les codes te toutes les conventions, d’ailleurs dans la vie en général me sont un petit peu étrangère. C'est-à-dire que je n’arrive pas à fixer ces codes ni ces conventions. Comme je vous l’ai dis tout à l’heure je m’adapte.

B.L : un peu comme Oussama Ben Laden, le terroriste qui est né la même année que vous.

JY.L: Ahhhhhhh, Oussama Ben Laden. C’est pas moi eh, j’ai dis que je m’adaptais mais quand même, c’est pas moi !

B .L: Les superstars se nomment Marylin Monroe. Vous avez des souvenirs des films qu’elle a pu faire ?

JY.L: Des films non, ma relation privilégié avec elle oui. Elle m’a marqué, parce que son rouge à lèvres.

B.L : Enfant vous étiez plutôt agité, calme, tranquille ?

JY.L : (Rires) Il parait agité.

B.L : Ca veut dire quoi, il parait ?

JY.L : Je m’en souviens pas, pas trop. Je me souviens pas trop de mon enfance, alors bon ! Mais on m’a dit oui agité, tres agité !

B.L : Est-ce que c’est une manière indirecte de nous dire que vous n’avez pas envie d’en parler ?

JY.L : Euh c’est pas ça, c’est pas simplement ça, je crois que c’est ma mémoire qui a stocké quelque part des images que peut être je ne souhaite pas revoir oui surement. Mais c’est pas ma volonté de pas en parler. Y’a vraiment un pan entier dans mon enfance qui est dans le mur. Euh certainement y’a des raisons (rires) ! Voilà c’était quoi la question ?

B.L : Allongez vous on va en parler !

JY.L : (Rires). Non j’ai arrêté la psychanalyse.

B.L : Pourquoi ?

JY.L : Peut être que j’y retournerais mais je me suis dis en fait que, je me dis là depuis quelques temps, que bon peut être que ça sert pas à grand-chose pour moi, en tout cas pour le moment d’essayer de comprendre pourquoi je bloque sur certaines choses et pourquoi je fais toujours les mêmes erreurs! Peut être que justement il faut par l’observation, la concentration, essayé de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Et peut être que je dois me comporter plus comme un homme d’action ! Parce que la vie c’est l’action ! Ouais, faut agir !

B.L : Mais ça va mieux depuis que vous avez arrêté la psychanalyse ?

JY.L : Les tourments restent les mêmes mais en fait en se posant un certain nombre de question qui sont pas l’ordre du psychanalytique mais plus d’ordre simple, euh la maitrise de la peur rationaliser la peur et tout ça, ça va un peu mieux ouais !

B.L : Mais vous êtes conscient que c’est complètement l’opposé de l’image que vous dégagez ?

JY.L : Je m’en fou, j’en ai conscience mais je la montre pas d’habitude donc on me le demande jamais. Jamais on vous entraine sur des chemins comme ça en interview, jamais. Moi j’ai remarqué qu’a chaque fois que je suis interviewé on me pose toujours les mêmes questions depuis 25 ans à peu prés, un peu plus. Quel est mon vrai nom ? Lafesse c’est votre vrai nom ? Euh les gens sont gentils ? Alors quels pourcentages d’échecs ? Alors j’ai eu droit à ça 100 fois par an à peu près donc je dois m’en accommoder hein !

B.L : Et quels genres de questions vous aimeriez qu’on vous pose ?

JY.L : Celles la sont parfaites. C’est parfait, elles sont parfaites !

B.L : on vous a payé chères pour que vous disiez ça ?

JY.L : Ouai, ouai, enfin j’attends. Il parait que vous allez me payez à la fin, non en fait euh. C’était quoi la question ?

B.L : La question c’est est ce que vous avez des souvenirs précis, vous nous dites que pas vraiment. Est-ce que papa et maman sont présents à la maison ?

JY.L : (Rires) Euh le père pas trop non ! La mère oui mais pas trop le père.

B.L : Il fait quoi papa à la maison ?

JY.L : Il travail, et puis il fait des trucs en dehors. En fait c’était quelqu’un qui écrivait donc  euh beaucoup, c’était un poète en fait. Mais il n’a pas, quand il était jeune il faisait ses études de médecine et puis la guerre est arrivé donc il était réfractaire au STO, il s’occupait avec d’autres gens de planquer des jeunes étudiants de l’est juifs certainement. Donc voilà quoi ! Bon il a du arrêter ses études, il a contracté la tuberculose. Il s’est retrouvé au cénatorium de Saint Hilaires après la guerre. Là il a rencontré pas mal d’écrivains, les plus grands ! Et il a écris, il écrit des poèmes, il a gagné des concours mais ça lui a pas permis de bouffer ! Donc comme il était malade et de santé fragile il est rentré dans notre Bretagne. Mais il écrivait toujours un peu en loosedé (rires). C’était quelqu’un de très très triste et en même temps très très deconneur !

B.L : Mais vous avez gardé les écrits ?

JY.L : Oui j’en ai. Des poèmes, pas mal de poèmes.

B.L : Ca vous inspire, vous les relisez parfois ?

JY.L : C’était très noir parce que c’était sur la guerre ! Essentiellement sur la guerre, la violence, essentiellement la dessus et la beauté aussi de la vie, donc en fait c’était très noir. Un univers plus noir que celui de Prévert mais c’était tres beau en fait ! (rires) Pourquoi vous me demandez ça ?

B.L : Pour savoir d’où vous puisez votre inspiration entres autres, je pense que ça vient beaucoup de l’enfance !

JY.L : Alors ouai, mon inspiration vient d’un, oh c’est complexe l’inspiration ! D’abord y’a l’héritage ça c’est certain ! Y’a certainement génétiquement, moi je crois c’est pas une théorie mais c’est une sensation. Je crois que dans le spermatozoïde quand il rencontre l’ovule, y’a certainement autre chose qu’on veut bien nous dire. Quand on creuse bien, il doit avoir en nous notre passé génétique, dans laquelle y’a nos parents donc évidement, les  grands parents, les arrières-arrières grands parents, je pense même qu’on doit avoir des marqueurs qui datent du stade peut être pas monocellulaire mais au moins les premières évolutions. Je suis convaincus qu’on a en nous un passé un passé incroyable. Et c’est peut être aussi ce qui nous trouble et peut être aussi ce qui est le plus difficile à structurer. Dans notre évolution, dans notre présent là, là aujourd’hui je dois faire aussi avec  des évolutions passées, des histoires passées. C’est tout ça aussi qui est en conflit, ce qui fait que l’être humain est aussi difficile et  à saisir, à supposer qu’il doit être saisit, des 2 côtés une minute hein, ou alors qui doit s’accommoder juste du fonctionnement d’un système comme celui d’aujourd’hui quoi ! Système mondial, planétaire. C’est complexe, très  complexe.

B.L : Aujourd’hui vous êtes content de ce que vous êtes ?

JY.L : Content ? De ce que je suis ? C’est des trucs que je ne maitrise absolument pas. Euh y’a des sentiments qui me sont complètement étrangers : content, fierté et tout ça.  Ca c’est des choses que je ne peux pas évaluer, en moi j’ai pas ça, je sais pas comment ça fonctionne. J’ai jamais eu de problèmes comme ça, ça m’intéresse pas. Je suis dans le présent donc euh je me pose pas la question d’être arrivé quelque part, parce que le présent il est déjà dans le futur en fait, il est déjà passé. Je suis, ce qui m’intéresse plus que moi, plus que moi c’est l’humanité et la science, donc ça ‘est quelque chose pour moi de très important. C’est le devenir de notre animalité, ça, ça m’intéresse, on va vers quoi ? À quel moment on va nous greffer des semi processeurs, des disques durs externes, internes, machin et à quel moment

B.L : Et déjà tout petit vous pensiez à ça ?

JY.L : Bien sûr oui j’ai toujours pensé à ça depuis tout petit oui.

B.L : Vos parents vous protégez, vous aviez ce sentiment là ?

JY.L : Ah les parents en général ils nous protègent toujours trop tard (rires). Parce que évidement ils nous voient pas faires les choses, que ce soit une connerie. Moi je défiais la mort tous les jours, tous les jours. Tous les jours .Le train passait, la micheline passait à 18h, non y’avait 16h10 et 18h10 ; 16h10, 17h10, 18h10. Je sortais de cours à 17h10 donc y’avait la voie ferrée, y’avait un ravin et puis y’avait la voie ferrée en contre bas et avec mon sac d’école, je traversais pile quand je voyais la micheline qui déboulait ouais en fait qui sortait du virage et je courrais et je traversais. 2 ou 3 fois mon pied s’est retrouvé presque bloqué (rires), j’ai laissé des chaussures, 2 chaussures et puis voilà !

B.L : Et c’est quoi, c’est une envie de se surpasser, de se confronter à la mort ?

JY.L : C’est pas suicidaire, ça c’est sur !

B.L : Ca y ressemble ?

JY.L : Ouai pas du tout ! c’est une idée de défier le danger, de défier les lois de l’apesanteur aussi parce que ce moment j’étais suspendu au dessus des voix ferrées étaient assez long (rires), je peux vous le dire !Et puis y’a ce vacarme que faisait la sirène de la micheline parce que le gars me voyait, ouhh plus  combiné au bruit du train ! Alors y’a des gens qui vont dire que c’est comme un moustique qui va se balancer dans une vitre, qui voit pas la vitre et qui se la paye en pleine tête !

B.L : Ouai sauf que là c’était prémédité quand même !

JY.L : Oui je la voyais la vitre. Non c’est l’impression, quand je vois Iron man ou des choses comme ça.

B .L: Un super héros quoi !

JY .L: C’est pas vraiment un supers héro, c’est être doté de pouvoirs, peut être même ça peut être juste voler ; L’envie de voler, parce que en fait ce qui m’intéressait le plus c’était le ciel, donc voilà !

B.L : Vous vouliez devenir astronaute, ou chercheur en biologie marine.

JY.L : Ouai, ouai. Chercheur en biologie marine, c’est venu plus tard. Mais j’ai toujours pensé moi que j’allais décoller et qu’on allait tous, parce que ça me paraissait complètement dingue la nuit d’être sur cette planète comme ça et de pas pouvoir en bouger quoi ! Simplement ça, ça me paraissait incongru, borné, limité. C’était pas possible, donc j’ai cherché par tous les moyens à aller voir ce qui se passait la haut. Là haut, à côté, ailleurs…

B.L : Maman à la maison, elle fait quoi ?

JY.L : Elle s’occupe des 4 enfants. On est 4, je suis l’ainé, et elle a fort à faire parce qu’on a tous un caractère bien trempé dans le granit !

B.L : Y’a des garçons ou des filles ?

JY.L : 3 garçons et 1 fille, ouai ma sœur était notre martyre (rires), comme c’est le cas dans pas mal de famille ou il y a qu’une fille !

B .L: C’est bien d’être l’ainé ?

JY .L: Oh ba c’est dur ! C’est difficile d’être l’ainé, nos parents n’ont pas de références, ils découvrent le territoire de l’enfance donc ils essayent de faire comme ils peuvent. Surtout que tous les 2 sont quand même des déconneurs, bons vivants, donc forcement l’ordre, l’autorité c’est pas trop leur truc quoi! Ils doivent se faire violence je pense. Alors c’est chaotique, souvent les parents, moi je suis parent, je suis comme ça. L’autorité c’est un jeu, je suis un peu comme ça avec mes 4 enfants, c'est-à-dire qu’il faut montrer avec fermeté, enfin essayons de démontrer que nous avons raison, que c’est comme ça tangiblement, ce qui doit être

B.L : Ca marche ?

JY.L : Mais c’est le père la pudeur quoi ! Y’a des regards qui faut avoir une peu tueur, un peu dur avec la voix puis simplement sans avoir besoin de crier : c’est comme ça, calme, ferme, ça peut marcher, ça dépend des enfants, y’en a qui ont besoin qu’on hurle et d’autres qu’on parle très calmement, c’est comme ça ! Mais en tout cas ça nous fait jouer des rôles pour lesquels je pense pas qu’on ai été préparé évidement, donc il faut improviser donc voila quoi ! Mais moi j’aime mieux déconner, passer la phase

B.L : Mais c’est facile de dire ça !

JY.L : Mais qu’est ce que vous voulez, je m’en suis sortie comme ça ma pauvre dame !

B.L : Vous pensez que vous en êtes sortis Jean Yves Lafesse ?

JY.L : Ouai, ouai, oui toute façon c’est pas moi qui l’ai dit, ce sont pas les parents qui élèvent les enfants, ce sont les enfants qui nous élèvent, donc voilà. Mais ils nous élèvent dans tous les sens du terme aussi, parce que les enfants sont aussi là pour nous faire voir nos défauts hein, ils nous les montrent, le reflet aussi et de notre âme, et de notre connerie, donc bon.

 


VERY LIFE PARTIE 2 : 6MIN02

B.L : Avant de faire les canulars vous avez fait d’autres jobs.

JY .L: Oui, bien sur, un paquet

B.L : mais ça ressemblait à quoi ?

JY .L: L’usine

B.L : les autres jobs

JY.L : Oh, j’ai livré des plaques de verres, oh ma pauvre dame, ça c’est dangereux ça, d’ailleurs au dernier étage des immeubles, vous savez avec la lame qui est comme ça, on la tient comme ça avec le gant ouhou. J’ai monté des caravanes en Italie aussi, tournevis, j’ai fais des finitions donc à la chaîne. J’ai enseigné l’anglais avec mon ptit bagage d’anglais à des commerçants, j’étais payé en Guinness et on jouait aux échecs en anglais.

B.L : en 74 vous quittez la Bretagne, vous vivez quatre ans d’aventures de Paris à Djibouti, qu’est ce qui se passe ?

JY.L : je me défonçais quand même pas mal, euh bon voila. Toujours dans cette idée d’aller chercher là-haut. Je me souviens d’une émission de Michel Lancelot Campus sur Europe 1, où il avait écrit un livre Dieu, enfaite il parlait des portes de la perception. Enfaite moi ce que je cherchais, j’avais une soif d’univers. J’avais une vraie soif d’univers, pas du tout de Bretagne, de France, d’Europe, ou de la terre, d’Univers. Et il fallait vraiment que je commence à bouger quoi. Parce que je bougeais beaucoup mais que de la tête, par les lectures par tout ça, par toutes mes expériences qui étaient, comment dire des voyages enfaite, c’était des voyages, j’essayais de trouver une nouvelle dimension.

B.L : Vous vous retrouvez punk en 1976, c’est marrant parce qu’on n’a pas trop de mal à vous imaginer punk.

JY.L : Bah je… Enfaite, voila, j’ai fais une pose, j’étais baba-cool jusqu’en 74, en 75 j’étais bidasse avec le crane rasé, mais alors là rasé, rasé de chez rasé et en 76 j’étais punk en Angleterre voila, donc enfaite c’est juste une histoire de coiffure vous savez.

B.L : Vous pensez  que ça ne change rien, que l’esprit ne change pas ?

JY.L : C’est difficile de résister quand même à l’armée, très difficile, j’ai réussi quelques trucs mais je me suis retrouvé quand même quelques temps à l’hôpital

B.L : Là pour le coup on ne vous imagine pas trop, respecter les règles, être commander

JY.L : Nan mais je me suis retrouvé vite isolé, je me faisais tabasser, et puis j’ai fini à l’hosto, à l’hôpital quoi , voilà j’étais pas très adapté non.

B.L : Vous passez votre bac, puis vous allez suivre des études de lettre et de cinéma de 78 à 81, là vous vous dites c’est ça que je veux faire dans la vie ?

JY.L : Etudiant ? Non (rires) Si enfaite je voulais faire des études parce que je croyais qu’étudier c’était synonyme vraiment, pour moi étudier c’était étudier, prendre un objet quel qu’il soit et l’étudier sous toutes ses formes. Hors ce n’était pas ça. J’avais dans ma tête un peu les films américains avec les bibliothèques, on allait la nuit là dedans avec des loupiottes un peu partout tamisées et puis on était là et on travaillait comme des anciens, on avait accès à des bibliothèques et tout. Et en faite quand on se retrouve dans un TD où il ya quarante  chaises, et que l’on est 90 à l’intérieur plus 100 dans le couloir ou les cours magistraux ou il y a 3000 enfin 1200 personnes dans un amphi de 600 personnes machin et qu’on est là et que le type dicte son cours magistralement et qu’il n’y a pas de place pour les questions, que vous vous retrouvez avec des polycopiés, je me suis dis « mais qu’est ce que je suis en train de faire ? » j’ai l’impression qu’on me gavait quoi. Donc je n’y suis pas resté trop longtemps là dedans. Je suis parti après faire des études de réalisation, de mise en scène, mais plus resserrés, avec là cette fois la possibilité d’apprendre.

B.L : et là vous vous dites c’est ça que je veux faire dans la vie : créer ?

JY.L : Non je savais que… Enfin je ne pouvais faire que ça créer inventer, mais je ne savais pas quoi. Je ne savais pas quoi. J’avais pas de support, j’avais pas les bagages, enfaite, enfaite j’ai été très con parce que j’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que ça, il y a une dizaine ou une quinzaine d’années, pour vous ça parait peut-être beaucoup mais pour moi ça veut rien dire du tout, euh…. Qu’en faite j’adorais les maths  et que la physique et tout ça je commençais vraiment à m’y intéresser , mais trop tard ! trop tard ! c’est très con…

B.L : Parce que vous auriez fait quoi sinon ?

JY.L : ah j’aurais fait de l’astrophysique ouai ! Ça c’est le truc pour moi ! Vous vous rendez compte ? c’est notre histoire ! C’est ce qui va… Actuellement on cherche de l’eau quand même dans l’espace (rires) On scratch des sondes à la surface de mars de saturne. Et des ingénieurs français , enfin des astrophysiciens français qui sont en train de se battre pour récupérer des milliers d’euros pour pouvoir faire construire des amplificateurs de sonde, simplement ça. Et des projets collectifs à l’échelle de la terre bientôt là qui vont décoller. Il y aura l’Inde, la chine, les Etats-Unis tout le monde va y aller.

B.L : Mais le fait d’avoir une notoriété ça ne vous permet pas d’accéder à ce genre de..

JY.L : a l’astrophysique non (rires) non

B.L : pourquoi ?

JY.L : Il faut bosser. Parce que l’astrophysique c’est très complexe, il faut avoir bien étudié à l’école madame ! Il faut avoir des fondamentaux assez…

B.L : oui mais vous pouvez par exemple faire un stage d’observation.

JY.L : Ah, dans un observatoire des gaz par exemple à, ouai à Hawaï ou autre. Ouai bien sur mais je serais qu’un… j’vais être un boulet moi pour les vrais scientifiques ! Vous vous rendez compte, j’vais leur poser 10 000 questions à la seconde les pauvres, ils n’ont pas le temps. Ca prend du temps pour observer une étoile. Il faut des milliards d’années pour observer une étoile

VERY INSPIRE (SON IMAGE EN DESSIN ) : 8MIN33


B.L : Jean-Yves Lafesse, je vais vous demander maintenant de vous dessiner tel que vous vous imaginer.

JY.L : Oua (sifflement) alors 1 je ne m’imagine pas, et 2 je sais pas dessiner (rires)

B.L : c’est deux fois plus drôle donc !

JY.L : Ouai mais bon alors là ! Marante, marante, comment je peux dessiner, je sais pas faire. Bon d’accord, alors…

B.L : en même temps vous pouvez nous expliquez ce que vous faites.

JY.L : J’essaye de, d’aligner un peu toutes les formes de ma pensée. Tout ce à quoi je pense. Le cheminement d’une idée, dont l’improvisation ou pas. Puis en suite je vais essayer de traquer à l’intérieur de tout ce foutoir, la petite pièce, le petit point lumineux qui va m’inspirer dans tout ce chemin là. Parce qu’en faite c’est ça la pensée, enfin ma pensée à  moi elle est …

B.L : elle est claire.

JY.L : Euh.. Elle peut être claire parfois ouai comme ça, là en ce moment par exemple elle est assez claire. Mais c’est, le problème c’est juste quand vous décidez d’un seul coup de l’obscurcir en me demandant si ma pensée est claire, d’un seul coup effectivement là, là malheureusement ça devient un peu compliqué, alors que jusqu’à présent, avant votre question c’était très très clair. Et bah là dedans, j’ai réussi malgré tout, je suis désolé pour vous, j’vous donne du boulot pour nettoyer tout ça.

B.L : On nettoie pas, on le garde à vie !

JY.L : quoi ?

B.L : c’est un stylo permanant !

JY .L: ah Mince ! Alors voila, je vais vous dire l’idée, voilà ça y est j’y suis presque, voila enfaite, ça c’est le cheminement d’une seule idée, le matin chez moi, ou le midi  ou le soir pour réussir en faite à me rendre compte que le truc que je cherchais était ici. Vous voyez le tout petit point là ? C’est celui là voilà, c’est ça que je cherchais depuis le début. Mais pour le trouver, pfff c’est un peu ça le problème.

B.L : C’est un problème ou pas ?

JY.L : Non, c’est jouissif ! Moi j’aime bien.

B.L : Est-ce que vous pouvez signer votre œuvre ? Je pense que vous avez été recalés aux beaux-arts !

JY.L : J’ai plus de place. Ah pas vraiment, non pas complètement.

B.L : racontez !

JY.L : Enfaite, j’avais été accepté, même premier d’ailleurs, mais j’étais ivre mort et ils m’ont trouvé dans la poubelle des beaux-arts, dans le sixième arrondissement avec le couvercle dessus…  Ca va pas non ?! j’ai jamais passé le concours !

B.L : si vous vous éloignez un tout petit peu, on pourra vous voir. Voilà ça c’est parfait.

JY.L : j’ai jamais passé le concours.

B.L : On vous croyait, on vous voyait pas en même temps.

JY.L : Ah bon. J’ai jamais passé le concours des beaux-arts ou de quoi que ce soit moi, j’ai jamais voulu faire ça en faite, passer les concours. C’est trop scolaire pour moi ça, je ne comprends pas bien. On est pas en train de concourir les uns, c’est un truc que je pige pas. Ca leur permet de déceler ce qui vont se présenter, ou présenter leurs travaux, ou celui ou celle qui aura présenté quelque chose de plus intéressant que les autres. Le truc c’est qu’il faudrait ptete en voir 10 000 plutôt que 100. Mais bon… Donc j’ai pas passé de concours en général. Tient il y avait une autre idée là vous avez vu ? Tient ici aussi il y a une autre idée, et là. Toc des scanners du cerveau toc toc.

B.L : il est malade ou pas ?

JY.L : Non, non, non pas du tout, au contraire. Il vit sa vie, et il va à son, à sa vitesse et je ne le vois pas arrêter par contre. Le jour  où sa s’arrêtera par contre il sera malade, mais non non, non non au contraire.

B.L : C’est beau ce que vous avez fait ?

JY.L : oui moi j’aime bien, moi jtrouve ça assez, assez… y a quelque chose de caché là dedans.

B.L : et il faut le trouver, c’est un jeu de piste ?

JY.L : ouai c’est un jeu de piste, c’est la piste elle-même comme disait certains à propos du chemin. Ouai il y a quelque chose de très fort là dedans. Mais alors là bon courage  (sifflements).

B.L : et là vous partez comme ça, vous nous laissez réfléchir ?

JY.L : Vous le transmettrez aux experts en art de ma part. Je peux vous donner quelques adresses.

B.L : On veut bien oui !

JY.L : Non c’est un cadeaux, c’est un cadeau et il vaut plus que 150 euros celui ci et attention hein

B.L : combien il vaut celui là ?

JY.L : oua

B.L : Faites voir reculez un petit peu !

JY.L : Là pour le moment il vaut 15 000 euros mais à mon avis dans quelques siècles il vaudra 250 milliards.

B.L : Combine de siècles ?

JY.L : un siècle.

B.L : Qu’est ce que l’on gardera selon vous Jean-Yves Lafesse de vos impostures ?

JY.L : Un bon souvenir, des éclats de rire, bah une des choses qui est intéressantes c’est que c’est hors du temps donc euh.

B.L : reculez vous un tout petit peu 

JY.L : ouai parce que l’on gardera, je sais pas, du rire je pense, puis y en a que l’on peut réécouter qui produisent toujours le même effet. C’est le fou rire. Moi en tout cas qui les ai faites, euh qui me font toujours rire autant, autant, voir même parfois plus parce que justement les gens changent, les caractères changent, et là il y a des trucs dans le marbre quoi ! Des gens incroyables !

B.L : et quand on vous écoute, c’est clair, c’est limpide et c’est drôle tout de suite, vous ne recherchez pas forcement la vanne, mais vous avez une mécanique bien rodée. Et là quand on voit votre dessin on se dit « mais comment il fait pour sortir un truc aussi clair alors qu’à la base c’est comme ça ? »

JY.L : Pour euh. Voilà alors je vous explique. Moi je suis ici, le petit point là, vous me voyez là ? D’accord. L’autre il est là-bas.

B.L : On a pas vu votre signature tout à l’heure, ça serait bien que vous puissiez la refaire parce qu’elle était un peu basse… d’accord

JY.L : Voilà donc moi je suis ici, et l’autre est ici, ça se sont nos deux cerveaux. C'est-à-dire que ça…J’ai superposé sciemment les…enfaite le cerveau de mon interlocuteur au téléphone ou dans la rue et le mien. Donc c’est , ça ce que vous voyez là c’est juste leur superposition. Donc pour qu’ils se disent allo et bonjour déjà, il y a du boulot. N’oubliez pas, on ne se connait pas, on ne se connait pas, donc tout le truc c’est de communiquer à travers…

B.L : Mais dès qu’il vous dit allo et bonjour, là vous savez déjà à qui vous avez affaire ?

JY.L : oui, il y a beaucoup de choses que j’entends. Enfaite le travail instantané au téléphone dans la concentration, je suis dans le mot et parfois même dans la lettre, dans tous les espaces. Je suis tellement concentré qu’en faite j’arrive même à, parfois à entendre certaines scissures entre des lettres qui forment le mot. Enfaite il faut donner toute la concentration vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, elle doit pas, c’est incroyable quoi. Au micro seconde je pressens le truc, je suis porté, je suis à l’écoute, c’est mon frère humain, c’est ma sœur, donc on est connecté et tout le travail est sur la connexion. Et donc je pressens ce qu’il va dire ou je peux être totalement surpris, pris au dépourvu parce que bon… Et au moment où je lui dis un truc, je ne sais pas encore ce qu’il va me dire mais quand il commence à ouvrir la bouche, la première lettre je sais ce qu’il est en train de me dire, je sens dans sa manière de dire qu’il est animé de telle ou telle idée ou esprit ou que son caractère est comme ci comme ça.

VERY OFF : 5MIN53

il est dehors en train de fumer sa cigarette.
JY.L : Je vais monter un si(toussotement) Je suis mort de rire, ça me fait tousser, c’est pas le tabac. Je vais monter un site pour les fumeurs. Toute personne qui viendra dessus, ça s’appellera… euh… Non fumeur point, ah faut le trouver le truc Nonfumeur.com. Et tous les fumeurs auront le droit de venir. Cloper. Tu vois ? C’est l’endroit pour fumer.

Il est dedans, accoudé au bar.
JY.L : Déjà moi j’ai tendance à me tenir vouté, t’as pas de dos la ? t’as pas un truc qui me tienne le dos ? T’as pas un tuteur, un bambou ? Non ça gratte. Un balais?

B.L : Si on a ça

JY.L : ah bah voilà je vais prendre un balais !



JY.L : Les enfants, faut leur apprendre à marcher à un moment où tu sens qu’ils peuvent marcher à tout moment.  Tu prends deux pinces à linge, que tu mets là comme ça, et tu tiens comme ça avec deux pinces à linge dans le dos, tu marches derrière eux comme ça. Ils ont cette impression d’être tenu par très légèrement par un fil invisible, et donc d’être en confiance.  Et ça les lâche. Ca les libère. J’ai jamais fait, et puis à chaque fois que j’essayais, j’ai pas fait avec les miens en tout cas, à chaque fois j’essaye de le faire avec les enfants des autres dans la rue, comme ça que je ne connais pas, je me retrouve comme ça, je ne sais pas pourquoi.

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JY.L : je ne sais pas, ça me fait penser à tous ces gens qui traversent  les feux, tu sais tricolores, au passage piéton, quand c’est vert avec le landau devant comme si c’était un bouclier. T’en as vu des comme ça ? Les mecs ils se disent « je suis invulnérable j’ai le landau devant etc » Donc ça veut dire que le gamin en plus il protège, le petit bébé, mais ils sont malades ! Non mais c’est vrai j’en ai vu plein des comme ça ! Non mais t’imagine le type il le voit pas la personne qui traverse au feu vert, il voit pas l’autre boum le bébé « ah merde mon bébé il est mort », bah oui hein c’est pas un airbag hein !

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JY .L: hey dis donc, c’est pas du sperme hein ça ? (rires) Non c’est pas ça, je vais au théâtre après

B.L : c’est parce que ça tâche c’est ça ?

JY.L : Oui

B.L : c’est bon ?

JY.L : oh bah quand même, j’ai passé l’âge de ce genre de blague, je ne suis pas en fac et ce n’est pas mon jour de bizutage !

B .L: Il y a un âge pour ça ?

JY.L : le bizutage ouai ! Faut être con pour faire ça ! Je ne supporte pas ces conneries la, ces trucs pseudo initiatiques.

B.L : Vous vous dites ça, vous ne supportez pas ces conneries là ?

JY.L : c’est pas des conneries, c’est pas des blagues, le bizutage c’est horrible. Je ne trouve pas ça marrant. Il y a des initiations un peu plus intéressantes.

B.L : lesquelles ?

JY.L : … Non !

B.L : A cette heure ci on ne peut pas en parler ? On refera une interview la nuit ! (rire)
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JY.L : Ca rime avec Lafesse Unicef, ah si tu me demandes pourquoi , c’est simple… Lafesse en verlan (rire), il  avait deux manières de, bah oui Unicef, uni comme unique, Lafesse, il y en a qu’une donc Unicef.  Et tu sais que en verlan, en verlan ils disaient ils m’appelaient de deux manières, ils disaient lasef, mais maintenant on ne parle plus en verlan on disait lasef, ou lassefe, j’ai eu le droit à lassefé aussi, j’ai pas eu le droit à la fessée mais à lassefé.

B.L : tu veux dire que c’est les jeunes qui parlaient, qui donnaient ton nom à l’envers ?

JY.L : ouai, « allo Lassef ? » (rire), « Bonjour Monsieur, allo c’est Lassef ? non c’est Lassefé , ah bonjour lassefé ça va ? »

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JY .L: c’est parti ! Attention ! Là mon gars c’est le rôle de ta vie, t’es concentré, ta répété toute la nuit, comme d’habitude, tu sais très bien que rien ne se fait sans répétition, avec préparation.  Se mettre dans la peau d’un gars, enfaite tu vas faire ton Pierre Bellemare, et tu vas vendre un objet, dans cette émission que tu connais par cœur, comment elle s’appelle cette émission à la télé ?

B.L : Very lou ?

JY.L : Non, qui vend des objets

B .L: Le téléachat ?

JY.L : Oui le téléchama ! Mon téléchamat ! Roh Mon téléachat, mon téléachat aujourd’hui, mon coup de cœur aujourd’hui Bérengère, mon objet… Et bien je vous présente mon objet coup de cœur aujourd’hui… Attention !

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JY.L : ho c’est horrible…

B.L : Non non je t’assure  on a fait des test c’est vraiment pas horrible. Crois moi.

JY .L: La gueule qu’on doit avoir avec ça, évidement si tu fais des test sur des mecs incroyables, Brad Pitt, Georges Clooney, t’as pas de soucis.

B.L : c’est ça on les a tous reçus.

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B .L: Frimeurs ! attendez j’en profite bien parce que je suis super nulle pour prendre des photos (rires)

VERY PLUS : 11MIN45

JY.L : La grande manifestation de violence qui m’a marqué, c’est de voir un homme à trois ans et demi j’étais plaqué à la vitre du premier étage comme ça, il y avait une manif en bas de chez moi, je ne sais plus si c’était contre la guerre d’Algérie, ça devait être en 60 ou en 61, donc il y a de fortes chances que ce soit contre la guerre d’Algérie, mais ça peut être aussi un conflit entre agriculteurs et préfectures locale, en Bretagne c’est souvent le cas. Et ils ont chopé un mec qui était planqué dans, à l’époque c’était des pissotières dans la rue comme ça et ils l’ont chopé à 7, 8 et ils l’ont sorti de là  et ils l’ont matraqué. Et j’ai vu donc ce mec à terre, immobile avec le sang qui s’écoulait avec la mare de sang sous sa tête, mes parents regardaient la manif à l’autre fenêtre, de l’autre côté du salon, et ils n’ont pas vu que j’étais collé à la fenêtre comme ça. J’ai tout vu, et je me suis dis qu’il fallait protéger sa caboche, protéger sa tête. Et c’est là que je me suis mis enfaite à gamberger et je me suis intéressé à tout, et a faire de ma tête un espèce de territoire secret, où la curiosité tout azimut, était comme un espèce de truc qui établissait en même temps la connaissance, enfin du moins une forme de connaissance, la mienne évidemment et aussi une, et aussi enfin cette connaissance la, cette curiosité là mise aussi comme un fer de lance de défense aussi, une espèce de carapace.

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B.L: Mais vous n’avez pas parfois l’impression d’écrire pour rien du tout ?

JY.L : Ah on écrit pas pour rien.

B.L :  On écrit pour quoi ?

JY.L : On écrit pour, on écrit pour repousser les limites je crois, de… On écrit pour imaginer d’autre monde. On écrit pour voyager.

B.L : Parce que ce monde là ne vous plaît pas ?

JY.L : A non il ne me plaît pas du tout non. Bah non il ne me plaît pas non.

B.L : Si vous aviez une baguette magique, vous changeriez quoi ?

JY.L : Euh… J’appuierais d’abord sur pause, la touche pause, pour regarder. C’est ça qui est assez étonnant c’est que quand un type arrive soit à la présidence de la République, soit à une dictature, n’importe quoi, il hérite de dossier, donc il compulse donc il sait quelque chose, on lui a mit des chiffres dans la tête pour sa campagne électorale etc… Je ne parle pas de Sarkozy, ils sont tous pareil de toute façon c’est comme ça voila. Puis ils ont été mis sur orbite, ils ont fait l’ENA pour la plupart du temps ou science-po et puis Lille II ou l’X. Et puis ils se retrouvent après avec des dossiers conçus par d’autres avec certaines visions de certains problèmes, certaines visions de certains secteurs et puis aussi la politique internationale etc etc. Ils n’ont pas eu le temps, à de très rares exception près, d’ailleurs ce qui malheureusement ont eu le temps de le faire n’ont jamais été président de la république ou même candidat, d’examiner la planète telle qu’elle est et de se poser les vrais questions. C'est-à-dire où on est aujourd’hui, ce que l’on peut faire réellement pour transformer, et vers quoi  et vers où et quoi.

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JY.L : Bah un truc tout bête, quand on arrivait à l’époque, je ne sais pas si c’est comme ça aujourd’hui, mais quand vous êtes à l’armée en outre mer, vous aviez un boy, donc vous le payiez avec votre solde, et ce boy il avait 40 ans le mien et des enfants. Et donc il était payé enfaite pour faire cirer vos pompes, s’occuper de votre pull etc, il ne faut pas croire que les mecs font leurs lits etc. Les boys ils étaient là. Moi j’ai refusé , mais comme je me sentais comme un occupant parce que c’est son pays à lui et puis qu’il avait besoin de fric, je lui donnais ce que donnait les autres mais je lui disais « ne me fais rien, ni mes lacets, ni mes godasses ni mon lit etc » on est devenu potes et il m’appelait son patron communiste, il disait à tout le monde qu’il avait un patron communiste. Et…

B.L : Ca vous plaisait ça ?

JY.L : Plaire non, ça m’amusait, je m’en foutais moi, je trouvais ça drôle oui quand même, patron communiste c’était drôle oui. Et puis il ma sauvé la vie plus tard, mais je ne lui avais pas demandé avant parce que je ne savais pas que je risquais de la perdre !

B.L : C'est-à-dire ?

JY.L : Ah non c’est trop compliqué !

B.L : trop long compliqué, ou pas envie de le dire ?

JY.L : Pfff, ah c’est long. (rires) c’est très long, faudrait des années, enfin non, mais il faudrait des nuits.

B.L : Mais pareil vous avez risqué de mourir, et il vous a sauvé.

JY.L : Oui il m’a sauvé oui, j’étais poursuivi par des types qui voulaient me faire la peau, des légionnaires… Oui il m’a sauvé la vie.

B.L : Et pourquoi on vous en veut ?

JY.L : ah bah à l’époque, j’étais mignon j’étais un jeune garçon assez mignon oui.

B.L : Ca a changé ?

JY.L : Bah, en tout cas j’ai pas eu de légionnaires au cul depuis pas mal de temps !

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B .L: On peut en faire un ?

JY.L : Ah non, au téléphone ?

B.L : Non, maintenant sans téléphone. Vous me dites, je vous réponds allo.

JY.L : (rires) Allo, bonjour, allo ?? Ah bah il n’y a personne, y a quelqu’un ? non y a personne. Allo ??? Oh c’est chiant !

B .L: Faut vraiment être derrière un combiné téléphonique ? Ça marche mieux ?

JY.L : Bah, c’est un peu… oui ! C’est un petit théâtre en faite. L’autre, la voix de l’autre c’est… Je suis derrière le rideau, je compose le numéro, le rideau s’ouvre quand ça décroche, et je découvre l’autre sans le voir, dans sa voix. Et c’est là que c’est magique, cette rencontre là. « Allo ? » « Oui, c’est quoi ? » « Bonjour, Monsieur, qu’est ce que vous voulez ? » « Bonjour » « (grognements) Vous voulez quoi ? » « Bah Bonjour » « Bonjour bonjour bonjour, oui oui, vous voulez quoi ? ». Il parle tout seul, mais derrière pendant qu’il est en train de parler, pendant qu’il est en train de s’exprimer comme un individu qui est un peu sur les nerfs. Moi je sens pourquoi il y a cette tension, je sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas, je sens qu’il est sur les nerfs mais pourquoi. Alors je peux échafauder des trucs très très vite, soit il a une maladie comme ça irascible, soit il a un problème, soit quelque chose qui vient de se passer, soit il est en retard…

B.L : Mais pour en faire un de bien, il faut en faire combien ?

JY.L : Oh ça dépend, ca dépend, là j’étais en forme dernièrement , et pratiquement, je prenais plus de temps pour… Enfaite c’est une question de fraicheur.

B.L : Reculez vous un tout petit peu, on vous verra beaucoup mieux.

JY.L : C’est une question, tout ça c’est une question de fraicheur , faut être bien, faut être net, il ne faut penser à rien d’autre, il faut être vierge, il ne faut pas avoir d’idée préconçue dans la tête, il faut ouvrir, s’ouvrir, capter déployer les antennes, boum, capter l’autre, et l’autre il vous envoie les trucs. Donc il n’y a pas de règle. Si vous êtes bien ça peut marcher tout de suite. Le problème c’est de savoir jusqu’où ça va marcher, si c’est assez pour raconter une histoire. Parce que souvent les gens raccrochent  ou alors… Sans parler des gens qui sont pas là quoi. Parce que moi je prends les numéros dans le bottin. La plupart des gens ils sont au boulot.

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JY.L : Enfaite, c’est un peu comme si j’entrais dans le cerveau de l’autre. C'est-à-dire… être moi totalement convaincu, le plus naïf des deux n’est pas celui qu’on pense. Ce n’est pas lui qui est le plus… Enfaite c’est ça le succès d’une imposture au téléphone, ce n’est pas parce que l’autre est naïf, crédule, machin, c’est moi. Plus moi je crois dans ce que je dis, plus moi je vais croire dans la comédie, dans ce que je raconte, qu’il y a un éléphant dans la maison qui est en train de tout dé..machin, qu’il y a un extraterrestre qui arrive, que je vais le renvoyer avec une poêle à frire, enfin bref qu’on ait le Degs, les services secrets, que l’on doit communiquer avec notre agent dans la gare de Monaco et dire, de faire dire d’urgence le message « la mienne est plus grosse que la votre » que tout le monde doit entendre dans la gare. Tout ça si je ne suis pas dans ma tête un agent du contre espionnage, ou une petite vieille ou… ça ne marchera pas. Donc moi je dois être complètement naïf, y croire dans ce que je raconte.

B.L : Et vous y arrivé encore aujourd’hui ou c’était plus facile avant ?

JY.L : Ah non ça j’y arriverais. Curieusement, c’est, c’est moi en faisant ce travail là, c’est plus facile, enfin  c’est pas facile, c’est jamais facile, c’est pas facile. C’est un gros boulot. Quand on arrête le soir on est… un peu fatigué…

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B.L : On dit souvent de vous que vous êtes un enfant encore aujourd’hui, je pense que c’est là, c’est là que vient votre créativité, vous n’avez jamais passé l’âge adulte.

JY.L : Je ne sais pas ce que c’est l’âge adulte. Ca doit être une grosse connerie. Etre convaincu que l’on est devenu adulte et que donc d’un seul coup on devient un peu responsable, respectable parce qu’adulte, donc d’un seul coup on doit avoir un rapport de distance à l’enfance. L’autre enfant et l’enfant qui est à l’intérieur de soi moi ça me… Y’a… Enfin, moi je suis de ceux, peut-être je ne sais pas si je suis seul ou pas, je pense qu’il y a matière à homogénéiser entre l’enfance et ce pseudo âge adulte. Enfaite c’est juste l’idée que l’on nous empêche de développer l’enfant. Alors que l’enfant est beaucoup plus riche intellectuellement psychologiquement que l’adulte, l’adulte il se contente d’exécuter ce qu’on lui demande. Puis après il rentre dans toutes ces petites cases, le boulot, le métro, le crédit, les emprunts, le mariage, la reproduction. Tout ça ces trucs la. L’enfant lui il est vierge quand il naît ou presque, et donc il doit imaginer, créer son univers. Mais on lui donne tout de suite des outils.  Et puis ça sera ceux la et pas d’autres. C’est une erreur totale. Il faudrait enfaite leur laisser découvrir les outils qui leur sont, qui sont pour eux. Mais bon ça c’est écrire son destiné, qu’ils vont pouvoir réinventer. Déjà enfants ils font des trucs fantastiques, mais on ne fait pas assez attention, ils inventent des outils, alors ça c’est extraordinaire. Et ils ont hérités de trucs regardez, c’est complètement dingue des gamins à trois ans avec des ordinateurs ils savent se débrouiller maintenant. Ils savent très bien les fonctions allumer l’ordinateur, le machin, barre espace, ils savent à quoi ça sert, donc c’est fou. Et moi j’en ai un qui a un an ou presque et demi, en copiant sur son petit frère… Mais très vite ou en me regardant faire, mais très vite tout ça, il sait arrêter l’ordinateur, il sait aussi à quoi ça sert la barre d’espace, il sait des tonnes de trucs, donc ça va vite. Faudrait les lacher un peu les gamins. Alors simplement on nous dit « c’est dangereux pour eux même, ils ne peuvent pas explorer ils ne sont pas des explorateurs » Mais comment ils ont fait avant les enfants ? Ils se sont bien démerdés, ils se sont très bien débrouillés.

B.L : Mais Jean-Yves regardez le résultat, votre dessin !

JY.L : Et bah alors ? Il est très beau. Vous voulez quoi ? Vous voulez que je fasse parfaitement une vache, parfaitement une banane ? que je sois un bon élève ? C’est ça ? que j’ai bien observé mon sujet ? Moi j’ai observé mon sujet et je peux vous dire que c’est le cerveau de celui que j’ai au téléphone et le mien. Voilà ce que ça donne tous les deux. Allez s’y contredisez moi si c’est ma vision a moi, allez s’y je vous écoute.

B.L : C’est génial ! c’est bon pour moi !

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