Jean-pierre Mocky

Very Fan (son enchère)

"Tous les pauvres sont radins !"

  • Jean-Pierre Mocky souhaite mettre aux enchères une affiche publicitaire de sa collection, l'enchère commence à 190 euros. Pour cette enchère, il a choisi de mettre en avant l'association Les Enfants de Don Quichotte. Cette fondation s'investit dans la défense des droits des mal-logés et plus largement, dans la défense du droit à une vie digne et décente pour chacun. Cette lutte citoyenne se veut pacifique et non partisane politiquement.

En bref

Jean-pierre Mocky Jean-pierre Mocky
  • Nom, Prénom : Mocky, Jean-pierre
  • Date de naissance : 06/07/1933
  • Lieu : Nice
  • Signe : Cancer
  • Profession : Comedien / Realisateur

Son enchère

Une affiche publicitaire cartonnée de sa...

Au profit de l'association :

Cette enchère s'est terminée à 205€.

Interview scriptée

Very Fan :

B : Jean pierre Mocky quel objet avez-vous décidez de mettre aux enchères pour les internautes ?

JP : Ba écoutez j’allais pas vous donner un objet trop encombrant donc j’ai trouvé ça parce que c’est c’est une très belle affiche, j’aime bien les affiches publicitaires comme je vous l’ai dit et celle-ci me parait un cadeau valable !

B : Vous êtes un grand collectionneur ?

JP : Oui d’affiches. Je trouve qu’on faisait de très belles affiches, plus belles avant que maintenant et ça c’est une affiche qui date quand même d’une bonne soixantaine d’années !

B : Vous avez choisi une association mais vous n’êtes pas tout à fait sur de l’association !

JP : Ba après justement le problème des associations aujourd’hui c’est qu’après le scandale qui est en train de se préparer  avec 17 associations comme on l’a annoncé  au journal télévisé, on se demande à qui il faut le donner. Alors moi ma préférence aujourd’hui c’est les SDF, c'est-à-dire toutes les organisations qui aident les SDF, mais vraiment ! C'est-à-dire des associations qui malheureusement ne ramassent pas beaucoup d’argent mais qui utilisent vraiment cet argent pour aider les SDF, et pas ces grandes entreprises qui reçoivent des millions et des millions dont on ne sait parce qu’on en fait exactement. Tandis que le modeste petit cadeau même si ça permet d’acheter une dizaine de tentes à des gens, à des commerces qui feront un prix ce sera toujours une dizaine de tentes vous voyez et ce sera quelque chose de positif !

B : C’est à vous maintenant de choisir le montant de base de l’enchère, vous voulez qu’il commence à quel montant ?

JP : Ba écoutez pour avoir 10 tentes, euh une tente au prix de gros c’est 19 euros, donc il faudrait que la mise à prix soit au moins de 10 tentes ! Parce que ça permettrait à au moins 10 SDF d’avoir 10 tentes !

B : Ce qui veut dire ?

JP : 190 euros.

B : La rumeur dit que vous êtes radin ?

JP : Mais radin, tous les pauvres sont radins ! Je veux dire qu’ils le sont par excellence parce qu’ils ont peur du lendemain et radin je le suis plus aujourd’hui parce que aujourd’hui j’ai un certain âge et j’ai pas besoin de thésaurisé des fortunes mais, mais  quand j’avais 30, 40, 50 ans j’avais toujours peur : premièrement de ne  pas bouffer et deuxièmement de pas avoir même  3 sous pour mettre dans un film qui me plaisait donc j’ai fait des économies. Mais radin c’est une façon de parler, c'est-à-dire j’achète dans des magasins de discount, j’achète pas cher, j’achète aux puces mes vêtements, etc.… Mais  c’est pas parce que je suis radin, c’est parce que j’économise et je mets de l’argent ailleurs, donc je suis dispendieux au contraire puis que je dépense tout mon argent mais je le dépense pas pour moi, voilà !

B : Et l’avenir, vous l’imaginez comment Jean Pierre Mocky ?

JP : Ba je pense que si je deviens centenaire comme certaines personnes, certains metteurs en scène, y’a de plus en plus de centenaires alors j’aurais encore un petit moment à travailler donc je pense que je travaillerais encore beaucoup, voilà !

VERY LIFE :

VERY INSPIRE :

B : Jean pierre Mocky vous allez maintenant si vous le voulez bien nous dessiner tel que vous vous voyez ? Comment vous vous imaginez ?

Vous avez le droit de nous parler, nous expliquer ce que vous faites !

JP : C’est un chat de dos, avec une paire de couilles ! (rires) C’est comme ça que je me vois moi !

B : C’est comme ça que vous vous voyez ?

JP : Oui parce que je suis très chat ! Y’a l’année du chat mais si vous voulez je suis un chat. Un chat, c’est un chat qui saute, qui retombe toujours sur ses pieds, en conséquence je suis un chat ! Et j’ai une paire de couilles parce que je dis des choses gonflées !

B : Est ce que vous pouvez nous signez le dessin ?

JP : Vous allez le vendre ?

B : Ba je sais pas est ce que vous voulez que ce soit votre enchère ? Si vous voulez on peut très bien le vendre ?

JP : Oh ba non, vous vendrez pas ça ! Je sais pas quoi vous donner, je peux vous donner un petit cadre avec moi-même ! C’est tout ce que je peux faire parce que les autres cadres j’y tiens énormément ! Moi je suis moins… ou alors je peux vous donner mais ça se vendra pas, ce sont des objets publicitaires, parce que vous m’avez pas demandé quel était mon hobby mais mon hobby c’est les plaques publicitaires. Donc j’ai beaucoup de plaques publicitaires je peux vous en  mettre une aux enchères si vous voulez !

B : D’accord. C’est ça votre hobby, c’est les plaques publicitaires ?

JP : Ba oui c’est à dire j’ai collectionné pendant très longtemps les marques de bière, et parce que j’aime bien la bière donc j’avais je sais pas combien 3 ou 400 publicités de bières différentes. Donc là je vais vous donner un très beau dessin que j’aime beaucoup et qui est rare

B : Allez on va faire ça !

 

VERY OFF:

B : On a sonné.

JP: ouai, faut que j’aille ouvrir.

B : Allez-y ! (rires)

JP : Parce que c’est mon assistant, j’aurais du laisser la porte ouverte !

B : Ca va ?

JP : Alors ! Non parce que là vous commencez à me les casser un peu maintenant ! (rires) Ba oui mais non, attendez je suis pas là, vous savez combien je coute moi : 150 euros de l’heure parce que mon plombier il coute 25 euros de l’heure !

 

VERY PLUS :

JP : Alors y’a aussi le problème Johnny Hallyday ou des gens comme ça ou l’âge me parait suspect dans la mesure ou si vous voulez,  moi ya des gens ou je ne sais pas exactement quel âge ils ont ! Même des gens que je connais, parce que je fais des rapprochements, c'est-à-dire par exemple en 1953 je crois, Johnny avait tourné un film qui s’appelait disque 413 ou il faisait un télégraphiste, euh je suis pas sur des titres etc… Et donc  53, un télégraphiste ça peut pas avoir 10 ans donc il y a des problèmes ! (rires) Mais on ne sait pas, on ne sait pas , peut être que il avait vraiment cet âge là ! Moi je me méfie des âges à cause de mon âge à moi !

B : Oui et de votre histoire !

JP : de mes problèmes.

 

JP : Je suis rentré au conservatoire, j’ai réussis le concours d’entrée, c’était quand même assez dur et j’ai  Louis Jouvet comme professeur, alors là  j’étais content et là c’était la classe : Belmondo, Girardot, Marielle etc. etc...

B : Et vous aimez déjà les gueules, les têtes différentes, les corps différents ? Vous parlez dans votre livre d’Annie Girardot que vous voyez et justement vous la trouvez un peu rondelette ?

JP : Oui parce qu’elle était, Annie c’était une fille, sa mère était sage femme donc elle avait un peu le dégout des hommes à cette époque là parce qu’elle voyait que sa mère faisait des accouchements, des fausses couches tout ça donc pour elle l’amour c’était ça ! C’était les problèmes des femmes une fois qu’elles étaient enceintes ou qu’elles avaient une césarienne ou je sais pas quoi donc elle était un petit peu comme un homme ! Elle avait pas du tout de féminité mais alors elle se, elle bouffait donc elle était grosse ! Et d’ailleurs, elle était tellement grosse qu’elle finissait par jouer des soubrettes : Toinette dans le Malade Imaginaire, enfin des trucs qui étaient des trucs de soubrette ! Alors elle était un peu la Balasko de l’époque si vous voulez donc! Elle avait des gros seins (rires) alors je sortais avec elle, on allait au théâtre, je l’aimais beaucoup c’était une très bonne copine et finalement elle a rencontré les homosexuels de la Comédie Française Jacques Charon, Robert Hirsch qui l’ont pris en amitié et qui l’ont présenté à Cocteau et elle a joué, alors ils l’ont fais maigrir.

B : Ca a changé sa vie ?

JP : Ah oui, oui de Toinette, on en a fait une jeune première, c'est-à-dire on l’a fait maigrir de 20 kilos et puis elle est devenue une jeune première ! Et alors là elle a fais la carrière qu’on lui connait !

 

JP : Ba l’amour si vous voulez j’ai été perturbé, je vous dis par plusieurs choses : par la guerre, par mon âge, mais aussi par les femmes. Parce que, en fait quand j’étais là bas à Cannes, j’étais maitre baigneur, parce que Louis Jourdan l’acteur avait un père qui dirigeait le Carlton. Et avec Charles Pasqua qui était mon condisciple à l’école, donc  il était plus vieux que moi mais (rires)

B : Vous êtes pas tendre avec lui !

JP : C’est pas que je suis pas tendre, non parce que c’était un grand cancre, c’était un type que moi je considérais comme un cancre ! Alors quand je l’ai vu arriver en politique, j’ai cru que c’était pas le même ! C’est pour ça que je dis ça mais il est bien gentil ! Il a fais pas mal de trucs mais enfin je sais pas ce qu’il a fait exactement. Il est dans pleins de tribunaux, de procès, je sais pas ou il en est exactement. Mais à l’époque si vous voulez c’était déjà un type un peu mafieux comme ça c'est-à-dire qu’il avait, il vendait des esquimaux, il cherchait des esquimaux avec u n tricycle et après au lieu de les vendre lui-même sur la plage, il donnait à des gosses de 12 ans les paniers et puis lui, il attendait le pognon sur le banc avec un cigare ! Alors c’était lui ! Mais il était sympathique, il était sympathique !

B : Mais on va revenir aux femmes, mais en même temps quand vous, vous arrivez à paris et que vous vendez des affiches pornos, on peut pas dire en même  temps que ce soit très glorieux !

JP : Mais moi je me prends pas pour un saint, j’exploitais personne moi ! C'est-à-dire que j’étais payé comme un employé, je vendais des trucs mais je faisais pas travailler d’autres gens ! D’ailleurs je donnais pas des photos à vendre à des petits jeunes, j’attendais pas dans un coin qu’ils ramènent le pognon !

B : Mais si c’était à refaire vous le referiez ?

JP : Quoi ?

B : Enfin vous le feriez ?

JP : De revendre des photos ?

B : Non, de le donner à des jeunes pour qu’ils travaillent pour vous.

JP : Non je le ferais pas ! Non, non j’aime pas exploiter, surtout les jeunes ! J’aime pas exploiter ni les jeunes ni les vieux d’ailleurs !

 

JP : Moi je sais pas j’aurais une femme qui veut me tromper, bon pourquoi pas, ça voudrait dire que je ne la satisfais pas mais pourquoi elle doit me le cacher ? (rires)

B : Jean Pierre Mocky, vous êtes en train de…

JP : Ba si elle veut baiser avec quelqu’un d’autre, moi ça m’est égal parce que à ce moment là je, je base mon union sur autres choses, c'est-à-dire elle est pas fidèle mais elle a d’autres qualités bon bin …Si elle le dit pas, mais on vit dans un monde !

B : Non, non je vous crois pas une seule seconde. Vous êtes en train de dire que vous n’avez jamais trompé une femme avec qui vous étiez ?

JP : Ba je vais vous dire que je n’ai jamais trompé une femme avec qui j’étais sauf que, sauf que y’en a certaines avec qui je suis resté 3 jours, donc j’avais pas le temps de les tromper ! Mais je veux dire parce que dans la plupart des femmes que j’ai connu je n’ai pas eu le temps de les tromper , parce que j’étais plus avec elles ! C’est pour ça que j’en ai eu autant, sinon comment voulez vous que j’ai eu autant de femmes, si j’avais vécu 2 ou 3 mois ou 4 mois avec chacune d’entres elles ! Non, c’est pour ça que en fait si vous voulez c’était des essaies, j’étais un nymphomane masculin ! Mais pas un nymphomane, une nymphomane  c’est une femme qui n’éprouve pas d’orgasmes, c’est autre chose ! Donc elle cherche, elle cherche, elle couche avec un tel, un tel, un tel, un tel, elle se dit brusquement je vais avoir un orgasme donc elle en prend, prend. L’homme c’est pas pareil. L’homme il a un orgasme avec n’importe quelle femme, mais l’orgasme qu’il n’a pas, il se dit celle là au bout de 3 jours celle la je peux pas vivre avec ! Je pourrais pas, pas parce que elle est… parce qu’elle a des défauts qui sont tellement évidents au bout du 3ème jour que je sais que je pourrais pas vivre elle, alors autant la laisser vous comprenez ? Et c’est pour ça que j’en ai connu beaucoup !

 

VERY LOVE :

B : Et vous l’amour quand vous étiez adolescent, vous l’imaginiez comment ?

JP : Y’avait la fille du chef de gare de Cannes qui était une fille superbe, telle que je les aime moi avec des anglaises, une petite jeune fille qui avait l’air vraiment une pucelle, enfin ce qu’on appel  une pucelle ! Alors c’était pour moi elle ressemblait à un personnage mythique que j’avais vu au cinéma qui était la fiancé de Robin des bois d’Errol Flynn, première version de Robin des bois  qui était  la meilleure, c’était Olivia de Lavilande. Alors Olivia de Lavilande, elle m’a tellement impressionné que j’ai appelé ma fille Olivia plus tard. Mais en dehors de ça c’était ce genre là que je voulais, je voulais une femme comme ça, genre gravure un peu, gravure comme on voyait dans la semaine de Suzette, enfin bon j’étais très romantique à ce moment là ! Et j’étais amoureux de cette fille, et cette fille n’était pas du tout amoureuse de moi (rires) ! Alors j’essayais de la séduire mais elle était séduite par un jeune footballeur qui était con comme un balaie mais qui était beau gars avec des muscles etc. … Et un jour je faisais toujours ma cour comme on le faisait au moyen âge, et j’étais très pudique, je la touchais pas, je l’embrassais même pas ; je sortais avec elle par ce qu’elle m’aimait bien donc elle sortait avec moi, on allait faire du tennis ou à la natation nager, etc.… mais il se passait jamais rien. Et un jour j’ai appris qu’elle s’était fait baiser par ce type ! Alors là, ça avait fais un choc terrible !  Et après pendant 35-40 ans je n’ai plus du tout cru à l’amour ! Donc ça veut dire que pendant 40 ans j’ai laissé  toutes les histoires. Non j’étais amoureux d’Anouk Aimée parce que j’ai fais 2 films avec elle, elle non plus elle est partie avec des gens complètement différents de moi. Et finalement l’image de la femme que j’avais dans la tête quand j’étais petit , elle a disparu parce que toutes les filles qui ressemblaient à ce que je voulais et ben elles m’aimaient pas du tout, elles  s’intéressaient pas du tout à moi en plus ! J’étais pas leur idéal ! Elles partaient avec des types en plus vraiment, je me disais c’est pas possible qu’elle s’en aille avec celui là et ba si elle partait avec ! Alors voilà ! Alors oar la suite j’ai eu pas mal de femmes, j’ai eu, je sais pas beaucoup, beaucoup mais je n’ai jamais pu m’attacher à l’unes d’entres elles jusqu’au jour ou j’ai rencontré ma femme actuelle qui est, avec laquelle je vis depuis 10 ans le parfait amour. Mais ça

B : C’est une ancienne Miss France !

JP : Voilà !

B : Le physique est important pour vous !

JP : Non, parce que j’ai vécu avec des femmes qui étaient pas des Miss France. J’ai vécu avec des femmes qui étaient pas forcement jolie. Parce que moi je ne pense pas que d’ailleurs, on le voit dans la vie courante, on voit souvent des beaux mecs avec une fille qui est pas terrible ou le contraire bon ! Mais si vous voulez , j’ai même été surpris par les femmes parce que j’ai vu une très belle femme quand j’étais assistant de Visconti dans Senso, y’avait la star, c’était Alida Valli , une fille superbe avec des yeux, elle avait tourné le 3ème homme, c’était une fille formidable. Alors on savait pas, on était tous amoureux d’elle, encore une fois j’étais amoureux de ce genre de femmes (rires) ! Même moi j’avais un peu repiqué au truc, et on la voyait jamais avec personne, on savait pas avec qui elle était. Et un jour y’avait eu le diner de fin de film et qu’est ce qu’on voit arriver ? Un bossu qui mesurait 1m50 et c’était son mari ! Alors là on a été, ce qui prouve bien que l’on doit pas forcément  aller avec des jolies femmes ou des jolis hommes ! Mais y’avait surement quelque chose qui l’avait attiré chez ce Monsieur, et c’était émouvant de voir cette très belle fille avec ce gars qui avait récupéré la plus belle fille, c’était lui ! Et puis il était handicapé ! Alors c’était quand même, moi je trouve ça beau ! Mais en même temps je le comprends pas donc je trouve ça beau mais je comprends pas ! (rires)

B : Ca revient bien à dire que le physique est quand même très important pour vous ?

JP : Bin, c'est-à-dire que l’amour si vous voulez c’est quelque chose, y’a l’amour passion et l’amour normal. Alors la plupart des gens ils épousent une bonne femme et puis au bout de 4 ans ils en ont marres, ils vont la tromper, exactement comme les femmes d’ailleurs ! Parce que c’est très dur, l’usure se fait et donc si la fille est pas terrible, je dirais elle suce plus facilement que une fille qui, elle a moins de passion, peut durer moins longtemps ! C’est pas sur hein ! Mais a priori si vous voulez ! Alors donc euh voilà ! Alors avec ma femme, ce qui y’a de bien, c’est que c’est une femme qui est indépendante. Parce que y’a aussi le problème de l’indépendance de la femme. Parce que si vous avez une femme qui a pas un rond, avec un mec qui a plein de frics, ça décale le problème encore. Si vous avez une femme qui travaille, qui a du pognon, elle est susceptible de vous quitter à n’importe quel moment, elle ne dépend pas de vous !

B : Votre femme est indépendante ?

JP : Ah ba elle gagne sa vie drôlement même !  Vous vous rendez compte, elle fait tous des pubs de Mugler, des pubs euh, j’allais dire qu’elle gagne plus que moi mais presque ! Donc si vous voulez, alors à ce moment là il s’établit un contact qui est bien parce que elle a son appartement, elle vit chez moi mais elle a le sien. Si brusquement on décide de se séparer, elle va dans son appartement elle a aucun problème ! (rires) Tandis que si vous avez une fille qui a rien du tout, qu’est ce qu’elle fait cette fille si vous la larguez, elle se retrouve dans la merde ! Complètement ! Donc d’où l’interet si vous voulez d’équilibrer les gens. C’est pour ça qu’un type qui est comptable et une fille qui est infirmière ça marche. Parce qu’ils ont chacun leur salaire etc. mais si, il arrive quelque chose

B : C’est intéressant ce que vous dites parce que il y a quand même des personnalités qu’on a interviewé qui pensent que comme ils travaillent dans les medias ou dans la musique ou dans un univers très créatif, ils ont besoin d’une femme qui ne fait absolument pas du tout le même métier pour avoir un équilibre.

JP : Une esclave, c’est ce que disait Pascal Obisco à quelqu’un, ou Barbelivien, il disait que sa femme devait rester toujours avec lui (rires). Mais je trouve que c’est idiot ! Ecoutez, à ce niveau là il faut prendre un autre genre de femme, qui d’ailleurs existe, c'est-à-dire une femme qui est intéressé par ce que fait le type. Mais il faut pas qu’elle ait des ambitions déjà pour commencer. Elle a pas d’ambition, elle est dans un métier qui est le music hall, le cinéma, le théâtre, n’importe quoi et  au lieu d’être postière à Micon les bruyères ou infirmière ou je sais pas quoi, elle est dans un métier qui est intéressant et à ce moment là elle assiste son compagnon en fait mais elle l’assiste parce que ça lui plait. Si ça lui plait pas, le type qui garde une bonne femme qui  dit reste là, reste là, la fille ça l’emmerde ce que le mec fait ba évidement un jour elle va se barrer !

 

VERY CINEMA :

B : Et quel genre de cinéma a baigné votre enfance et votre adolescence ?

JP : Toujours un cinéma, alors là c’est aussi un problème ! C’est que les enfants allaient voir Blanche neige, moi ça me faisait chier Blanche neige. Parce que je sentais déjà que c’était fau quoi ! C’était fait pour endormir les enfants, pour leur dire surtout regardez pas les magouilles des gens, regardez pas ce qu’on va vous faire dans la vie, restez tranquille avec Candy et tout ça ! C'est-à-dire bêtifier les enfants, c’est ça que je déteste, je déteste qu’on bêtifie les enfants. D’ailleurs on leur monte des spectacles complètements cons qui les font  devenir des cons d’ailleurs ! Alors moi que ce soit dans mes films ou même quand j’étais petit, j’ai sentis ça, sentis comme la dérision dont je parlais tout à l’heure. J’ai sentis qu’il fallait pas qu’on m’embrigade dans des conneries, parce que j’avais déjà vu des choses se faire, des drames. Je me suis dis mais c’est pas Candy la vie, c’est pas Candy !

B : Quel genre de drames vous aviez vu?

JP : Ba tous les drames de l’occupation, de la déportation et puis même les drames euh je veux dire quotidiens !

B : Mais ça veut dire que vous étiez déjà éveillé, vous étiez déjà mature ?

JP : Mais je vous ai dis j’étais déjà un peu plus mature que les, j’étais pas ce qu’on appel aujourd’hui les surdoués, c'est-à-dire un type de 2 ans et demi, il a montré à la télé il fait déjà les aditions, mais ça c’est Einstein ! Bon c’est autre chose. Bon moi disons, que j’étais plus évolué que d’autres jeunes. J’avais vraiment les 3 années qu’on m’avait rajouté, je les avais vraiment moi dans ma tête!  Donc ça veut dire que c’est très bien passé cette histoire de vieillissement, parce que j’étais déjà bien évolué. Et quand j’allais au cinéma puis que c’est votre question, Blanche neige ça me plaisait pas, je vous avais dit que j’avais été voir le magicien d’Oz mais c’est pas un dessina animé c’était déjà un film fantastique, c’est pas du tout pareil ! Alice aux pays es merveilles, on peut en parler pendant des heures, c’est pas du tout une connerie. Et alors ce qui m’a pratiquement lancé sur toute ma carrière, c’est les Marx Brothers, qui étaient des juifs alsaciens, qui étaient français au départ ce qu’on sait pas, ils sont arrivés aux Etats-Unis, ils sont arrivés dans une industrie ou y’avait Laurel et Hardy, Buster Keaton etc. ils se sont dit on va pas faire la même chose, on va pas faire ce que font les autres. Donc ils ont commencé, surtout Grucho Marx, que j’ai connu d’ailleurs ! Grucho, il disait par exemple dans un film, il était avec une vieille et puis il disait ba je suis avec toi parce que t’as du pognon ! il le disait carrément (rires), avec ses moustaches et tout ça ! Il dénonçait des choses dans le dialogue. Mais des choses, qu’on pouvait penser, alors comme y’avait pas de nu, y’avait rien, ça a passé. Y’avait pas de scènes érotiques donc il avait un vocabulaire mais d’une violence qui pouvait atteindre le canard, enfin plus que le Canard enchainé. Donc c’est ça qui m’a frappé, comment ça se fait que moi qui disait la différence à tout le monde, parce que j’avais toujours dis la vérité, quand y’avait une femme qui arrivait, elle avait des cheveux, elle sortait euh, et je lui dis pourquoi t’as une permanente t’as l’air d’une conne ! Moi je le disais déjà à des gens, ce qu’on appel un affreux jojo ! Mais quand je voyais arrivé quelqu’un ou un type, il s’était teint les cheveux par exemple  comme c’était la mode, un vieux qui avait les chevaux blanc, et mais tes cheveux ils sont tout noirs ! (rires)

B : Voilà, mais ça vient d’où justement cette envie ce besoin de dire des vérités ?

JP : Ba je pouvais pas supporter l’hypocrisie, c’est à dire parce que l’hypocrisie, ce que je disais tout à l’heure  des polonais, ce problème des polonais qui sont entre 2 pays qui peut les bouffer alors ils sont hypocrites. Ils sont d’une hypocrisie les polonais énormes et ça se traduit par des diminutifs. Par exemple au lieu de dire Mademoiselle, ils  disent Petite Demoiselle, déjà pour essayer si vous voulez d’être plus  gentil, Petit Monsieur, c’est un peu comme les chinois !

B : Du coup ça vous énerve ça ?

JP : Oui, l’hypocrisie m’énerve, c’est pour ça que je lutte quand quelqu’un me dit votre film est bien ; je dis espèce de con ! D’abord je l’interroge pour savoir si normalement ce film doit lui plaire. Parce que les gens qui aiment mon cinéma, y’a 200 000 personnes sur 62 millions d’habitants ! Donc c’est une minorité mais ça suffit, les chanteurs bon ils en ont peut être un peu plus mais pas forcement. Donc des gens, des vrais, des gens qui sont vraiment avec vous, y’en a 200 000 ! Y’en a pas plus, 200-300 !

B : Mais déjà petit vous saviez ou vouliez faire du cinéma ou pas ?

JP : Ba écoutez je voulais pas m’emmerder  alors je voulais pas, si vous voulez je voyais des tas de gens autour de moi qui étaient postier, qui étaient notaires, qui étaient avocats et encore avocat c’est une profession libérale ; mais enfin, la seule chose qui m’intéressait c’était docteur ! D’ailleurs j’ai fais 2 ans de médecine à cause de ça ! Mais j’ai abandonné ; j’ai abandonné la médecine. Mais  si j’avais pas été comédien j’aurais été journaliste, euh, si j’avais pas été metteurs en scène. Mais au début je voulais pas être metteur en scène, je voulais être acteur ! je voulais être acteur, Je voulais pas être metteur en scène! C’était pas du tout, quand j’étais au conservatoire j’ai  jamais pensé devenir metteur en scène, je suis devenu metteur en scène par hasard, parce que je trouvais que les rôles  qu’on me confiait, j’avais tourné 100 films comme acteur mais avec des petits trucs, des Bonjour Madame, y’avait beaucoup de films ou j’avais pas grand-chose. Et brusquement j’ai commencé à tourner avec Jean Marais, je faisais son fils, je faisais pleins de trucs et tout ce que je faisais me plaisait pas, c'est-à-dire que les rôles que j’avais c’était des rôles de cons, fils à papa, ça me plaisait pas ! Alors arrivait en 59, je me suis dis Merde, tu vas pas continuer comme ça à faire des conneries, des petits trucs. En fait je recevais si vous voulez les déchets des autres, de Gérard Philippe, de Daniel Gélin, Serge Reggiani , tous ces gens là qui étaient le haut du pavé : Jean Marais tous ces gens là. Alors qu’est ce qui resté ; les rôles qu’ils avaient refusé ! Donc c’était moi qui les avais, donc j’avais  vraiment la merde ! Alors à force d’en avoir fait une dizaine comme ça, je me suis dis merde, je vais pas continuer à faire ça toute ma vie. Je vais pas ramasser les miettes des autres et j’ai décidé de tourner et c’est comme ça que je suis devenu metteur en scène !

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