Le Comte De Bouderbala

Very Fan (son enchère)

"Ce sont les rencontres qui changent la vie : oh la phrase de merde !"

  • Le comte de Bouderbala souhaite mettre aux enchères son ballon de basket de la NBS dédicacé et remis en mains propres. L’enchère commence à 20 euros. Pour cette enchère il a choisi de mettre en avant l’association Miroir et Différence. Cette association a pour but d’aider les familles en difficulté de la ville de Saint Denis (93).

En bref

Le Comte De Bouderbala Le Comte De Bouderbala
  • Nom, Prénom : Le Comte De Bouderbala
  • Date de naissance : 06/01/1979
  • Lieu : Saint Denis
  • Signe : Belier
  • Profession : Humoriste
  • Site internet : Accéder à son site

Son enchère

Son ballon de basket de la NBA dédicacé remis...

Au profit de l'association :

Cette enchère s'est terminée à 250€.

Interview scriptée

VERY FAN (SON ENCHERE) : 7MIN04

B.L : Sami Ameziane vous êtes le comte de Bouderbala, vous avez trouvez votre nom, on a du vous posez 1000 et 1 fois là cette question, ça vous agace à chaque fois d’avoir toujours les mêmes questions en interview ?

C.D.B : Non bah c’est normal, les gens posent la question, c’est pour savoir !

B.L : A quel moment on va comprendre comment vous avez trouvé ce nom là ?! A quel moment ?

C.D.B : C’était un délire, enfaite c’est une métaphore, Bouderbala en Arabe c’est des haillons, des guenilles, c’était un peu le comte des désargentés, un espèce d’aristo crasseux et ouai, c’est un délire qui est né sur une scène slam à l’époque. Quand tu arrivais sur une scène slam tu filais un pseudo, et à chaque fois on voyait des pseudos supers chelous. J’étais avec mes amis, il y a Grand corps malade qui a choisis son pseudo, John Poutch Chocolat qui a choisis son nom et moi Comte de Bouderbala c’était parti dans le délire ! Et c’est resté voilà !

B.L : Est-ce que ça vous plaît encore aujourd’hui ou vous vous dites oh bah dans quelques années peut-être que je vais retourner aux sources et en l’occurrence me faire appeler que Sami Ameziane ?

C.D.B : C’était un petit peu aussi pour être dans le personnage.

B.L : Ah donc il y a deux personnes en vous !

C.D.B : Il n’y en a pas que deux t’inquiètes pas !

B.L : combien ?

C.D.B : Oh quelques unes !

B.L : une demi-douzaine ?

C.D.B : Non !

B.L : Je l’ai dis tout à l’heure vous avez fait du basket, à un certain niveau, donc professionnel, vous avez été aussi professeur de langues étrangères, slameur, comédien, aujourd’hui vous êtes sur scène au petit gymnase pour un one man show. Vous dites one man, vous ne dites pas stand up vous.

C.D.B : Oh tu peux dire les deux, One man show, stand up. Ca dépend du contenu !

B.L : On en reparlera face au miroir mais là maintenant, on va vous demander de présenter l’objet que vous avez choisis d’offrir et de remettre aux enchères. Qu’on voit d’ailleurs ! il est très visible votre objet !

C.D.B : Exactement ! il est là !

B.L : Rentrez dans votre personnage ! (rires)

C.D.B : L’objet que j’ai choisi enfaite c’est, je ne l’ai pas sur moi, mais je vous le ferais parvenir.

B.L : D’accord on mettra une photo juste à côté !

C.D.B : d’accord bon bah c’est cool ! Enfaite c’est un ballon de basket. C’est un ballon de basket qui a une histoire, c’est pas un ballon de basket juste comme ça, c’est un ballon de basket qui m’a été donné par Jim Callon qui est le plus grand coach des Etats unis ! Et c’est aussi un ballon avec lequel j’ai joué, et avec lequel, ouai on va dire une dizaine de joueurs NBA ont joués, parce que l’université du Connecticut c’est le premier réservoir de joueurs professionnels américains au monde. Donc c’est un ballon qui a une valeur sentimentale déjà pour moi et une valeur aussi symbolique.

B.L : Est-ce que vous allez le dédicacer ce ballon ? Vous pouvez faire ça ?

C.D.B : Oui !

B.L : Et le remettre en mains propre à celui qui l’aura gagné ?

C.D.B : Avec plaisir !

B.L : Vous aimez bien les rencontres ? (rires)

C.D.B : C’est toujours intéressant, c’est les rencontres qui changent la vie ! Qui construisent la vie. Oh la phrase de merde ! (rires) t’as juste envie de dire mais ferme ta gueule ! Euh ouai ouai j’aime bien les rencontres. Et toi tu aimes les rencontres Bérengère ?

B.L : Ca dépend qui à vrai dire !

C.D.B : Ah ouai c’est toujours ça !

B.L : C’est toujours pareil !

C.D.B : On sait jamais sur qui on tombe hein ! Demande à Guy Georges !

B.L : Et imaginons la femme de votre vie, grâce à verylou vous rencontrez la femme de votre vie !

C.D.B : Oh toi tu veux déjà que j’ai des problèmes ! (rires)

B.L : Et vous allez vous-même choisir le montant de base de l’enchère. Donc on écoute un prix, vous pouvez dire 5, 10, 15, 100 000 mille euros !

C.D.B : L’argent en France c’est tabou donc je laisserais le bénéfice du choix !

B.L : Ah non c’est vraiment vous, c’est vraiment à vous d’imaginer.

C.D.B : Allez on va dire… mais c’est un truc qui n’a pas de prix donc… c’est très très… c’est très relatif !

B.L : 5 euros, 10 euros, 15 euros ?

C.D.B : Ah c’est ça la vie que tu me proposes Bérengère ? Allez on va dire 20 euros !

B.L : 20 euros

C.D.B : le prix d’une place pour aller voir le comte de Bourderbala du jeudi au samedi au petit gymnase !

B.L : Quelle association avez-vous choisie ?

C.D.B : Alors j’ai choisi l’association Miroir et Différence, qui est basée à Saint Denis, qui en faite est une association, comme je te le disais précisément s’occupe d’enfants victimes d’accidents domestiques et ils font toute la campagne d’hivers pour les sdf de la ville de Saint Denis.

B.L : Vous la connaissez très bien cette association.

C.D.B : C’est une association, j’étais vice président de cette association pendant quelques années, pendant plusieurs années on va dire. Donc c’est une femme qui est très très chère à mon cœur, qui s’appelle Ourdia Aibeche, et elle fait un travail depuis 20 ans on va dire, 15 ans, un gros travail depuis 15 ans. Donc voilà c’est quelqu’un que j’aime beaucoup

B.L : Donc elle aide les personnes défavorisées ou les accidentés.

C.D.B : Accidentés, et les sdf, pas seulement les sdf en plus, elle fait un peu complément des restos du cœur sur la ville de Saint-Denis, en collaboration avec la Mairie de Saint Denis et d’autres assoss.

B.L : Qui est votre ville de naissance donc vous connaissez très bien cette association, donc on peut être sûr de sa fiabilité. Qu’est ce qu’elle va faire de l’argent ?

C.D.B :  Je pense qu’elle va construire une maison en Algérie ! (rires) Non je te rassure avec 20 euros tu ne peux pas faire grand-chose !

B.L : Oui mais ca c’est le montant de base ! Peut-être qu’un ballon du comte de Bouderbala vaut des millions !

C.D.B : Ah en France je ne suis pas sûr, mais aux Etats-Unis si.

B.L : et comme c’est Internet peut-être que les américains vont enchérir ! Vous pouvez nous la faire en anglais ?

C.D.B : Alright guy’s ! So today we have very special present wiches a ball dedicted by Jim Cullum famous coach in the Us so we will be glad have you

B.L : Ah vous êtes carrément plus rigolo en français !

C.D.B : many dollars will be great ! voilà ! T’as vu je te l’ai faite jusqu’au bout !

B.L : Oui c’est vrai !

C.D.B : J’ai pas été déstabilisé !

B.L : C’est une particularité de votre personnalité, d’aller jusqu’au bout des choses ?

C.D.B : Je te jure qu’elle me cherche la Bérengère ! Elle cherche quelque chose ! (rires)

B.L : je cherche quoi ? Le bout ?

C.D.B : Tu tiens le bon bout Bérengère ! Ouuuu ! Si je vais au bout des choses ? Ca dépend, quand elles m’intéressent oui. Encore une phrase de merde ! Je les collectionne aujourd’hui !


VERY LIFE (SON ENFANCE, SES PASSIONS, SES ENVIES) : 6MIN21

B.L : Le comte de Bouderbala bonjour

C.D.B : Bonjour Bérengère.

B.L : On vous appelle comme ça dans la vie ? on vous appelle Sami on dit quoi ?

C.D.B : Sami !

B.L : Sami Ameziane c’est votre vrai nom.

C.D.B : Exactement.

B.L : Je vais commencer cette interview en vous offrant votre journal de naissance. C’est tout ce qui s’est passé l’année de votre naissance jusqu’à vos 20 ans.

C.D.B : bah il a du s’en passer des choses sympathiques ! Bah c’est gentil ! Merci Bérengère ! Ah l’homme de l’Atlantide déjà ! Patrick Hernandez ! Mesrine ! ah bah c’est du joli déjà ! Merci pour ce beau cadeau !

B.L : Ca vous parle tout ça ? Vous avez des souvenirs précis de votre enfance, votre adolescence ?

C.D.B : Euh ouai enfaite ce journal me parle parce que ma sœur, quand j’étais petit, me faisait un journal aussi, qu’elle me vendait 10 francs à l’époque qui s’appelait le journal des petits Gogols. Enfaite elle faisait de l’oseille sur mon dos ! Cette vilaine !

B.L : Mais vous l’achetiez ?

C.D.B : Ouai ! Je me suis toujours fait carotter par ma grande sœur moi ! Mais c’est des bons souvenirs !

B.L : Vous êtes nombreux dans la famille ?

C.D.B : Nous sommes 12 ! Non on est 4 ! 4 enfants

B.L : d’accord. Vous êtes placés où vous ?

C.D.B :  Moi je suis le dernier.

B.L : Ah dis donc ! Le petit chouchou !

C.D.B : Oui ! le gâté !

B.L : Et ca c’est vérifié quand vous étiez petit ?

C.D.B : Euh ouai, ouai, ouai mes parents se sont bien occupé de nous.

B.L : non mais vous, quand vous dites que vous étiez, enfin c’est moi qui l’ai dit que vous étiez le petit chouchou, a je crois qu’il va rentrer, non il va poser votre thé.

C.D.B : Oh bah ca c’est gentil !

B.L : Comme ça on pourra vous servir du thé ! Vous buvez que du thé, je pensais que vous alliez prendre de la bière de la vodka !

C.D.B : Oh je me suis réveillé il n’y a pas très longtemps ! C’est pas terrible à cette heure là !

B.L : Vous le voulez maintenant votre thé ?

C.D.B : Oh comme vous voulez !  On le bois ensemble !

B.L : Je vais vous l’apporter.

C.D.B : On partage quelque chose !

B.L : on va trinquer. A quoi?

C.D.B : A la vie, à la santé, à nous, à nos amis

B.L : à la vie à la santé ! Vous avez passé un bon réveillon ?

C.D.B : J’ai fais le spectacle, et après je suis allé diné avec de la famille, pas de fiesta après, truc simple. J’arrive plus, les endroits où il y a du bruit j’ai du mal maintenant. Je vais passer pour un espèce de vieux relou !

B.L : Et pourtant non vous n’êtes pas vieux du tout, vous êtes né le 6 janvier 79.

C.D.B : Oui j’ai 31 ans. Non mais quand je dis, c’est les endroits trop bruyants, je crois que plus le temps passe, et plus tu as envie d’être au calme. Des petites ambiances comme ici.

B.L : les petites ambiances comme ici ?

C.D.B : Avec toi Bérengère !

B.L : (rires) Marions nous ! Vous n’êtes pas marié ?

C.D.B : Non !

B.L : Vous n’avez pas d’enfant

C.D.B : non.

B.L : Vous privilégiez votre carrière ?

C.D.B : Non, disons que je pense que ça va venir. Après c’est juste…

B.L : Mais vous cherchez ou pas ?

C.D.B : Quand tu cherches tu trouves jamais donc on laisse le temps faire son job !

B.L : Et il le fait bien ou pas ?

C.D.B :  Ca va !

B.L : Ca veut dire quoi ? Pleins de filles que vous rencontrez ?

C.D.B : non !

B.L : Des filles qui crient votre nom à la sortie du spectacle ?

C.D.B : Non pas encore non !

B.L : Pas encore !

C.D.B : On en est pas encore là ! Je ne sais pas ce que je recherche mais pas … sobre, gentil ! Mignon !

B.L : On ne vous crois pas !

C.D.B : Si je vous jure ! Je vous promets ! Peut-être qu’on a une fausse idée du métier peut-être !

B.L : Et alors pour revenir sur votre enfance, et votre adolescence, vous êtes le dernier de la famille, quand vous dites « oui on s’occupe bien de moi », déjà vous êtes né à Saint Denis.

C.D.B : Oui

B.L : Donc vous êtes le dernier. Avant vous avez des frères et des sœurs au dessus ?

C.D.B : Deux sœurs, un frère. Deux sœurs et un frère. Non quand je dis qu’ils se sont bien occupés de moi, c'est-à-dire que quand tu es le dernier de la famille t’as les grands frères les grandes sœurs qui te balisent le terrain donc c’est un peu plus, c’est un peu plus facile. C’est un peu plus … t’es entouré, c’est pas comme quand tu es fils unique ou fille unique, là déjà les gens s’occupent de toi, tes parents, tes frères et sœurs, t’es déjà dans un cocon !

B.L : Vous avez des souvenirs précis de cette période là, une enfance plutôt douce ou plutôt difficile ?

C.D.B : C’est dur ! C’est dur Bérengère, la drogue ! Non c’était sympa je t’ai dis moi la famille, les amis, le sport ! Ca aide beaucoup, ca te fait une discipline ! C’est un complément sur l’éducation que tu as ou que tu n’as pas à la maison donc ouai.. Non non je ne veux pas tomber dans le truc non, non ! Ca va !

B.L : Papa par exemple il faisait quoi dans la vie ?

C.D.B : Mon père est menuisier ébéniste. Menuisier ébéniste, ma mère femme au foyer.

B.L : Et ca c’était bien d’avoir une maman toujours à la maison ? Quand on rentre on est obligé de faire les devoirs, surveillé.

C.D.B : Non parce que nous on s’est toujours auto géré enfaite, avec mes frères et sœurs on s’est toujours géré tout seul très tôt et ma mère n’a pas forcement le niveau d’étude pour suivre derrière. Non pour l’école on avait quelques facilités on va dire. Après le fait d’avoir un père menuisier quand tu rentres, tu le vois travailler dans son atelier, il manipule les meubles, les planches, il travaille le bois, peut-être aussi ça te donne quelques notions sur la discipline sur le travail, sur la finesse dans les détails. Peut-être que ça doit jouer  peut-être je pense dans l’éducation.

B.L : Ca a joué pour vous ?

C.D.B : Ouai, c’est con de faire des parallèles comme ça, mais peut-être parce que quand tu regardes l’humour, enfin là je fais du one man, c’est une des choses, des fois c’est à des détails près. Peut-être on peut trouver un parallèle éventuellement !


VERY LIFE PARTIE 2 : 8MIN11

B.L : vous avez été tour à tour basketteur professionnel, professeur de langue étrangère, slameur et comédien de stand up, le tout entre Alger Paris et New-York. C’est comme ça que vous résumez ou pas ?

C.D.B : Oh résumer, les gens, c’est jamais très facile ! Euh ouai non j’ai fais pleins de choses bizarres. J’ai commencé, j’ai donné des cours, d’anglais et d’Italien, en France au collège lycée, je faisais des piges en faite, et après le français aux Etats-Unis à des étudiants américains qui avaient deux trois années de français. Ensuite ouai j’ai joué au basket en équipe d’Algérie, en équipe nationale d’Algérie, j’ai joué en France en pro, en semi pro, j’ai joué aux Etats-Unis en universitaire, en université du Connecticut. Donc ouai j’ai beaucoup bougé, après en rentrant des Etats Unis j’ai voulu faire ce spectacle. Le spectacle je l’ai traduit du français à l’anglais pour le jouer aux Etats-Unis, à New-York parce que voilà c’était mon challenge, c’était un petit peu pour écrire mon histoire aussi. Et avoir, voilà raconter un petit peu ce qui m’était arrivé aux Etats-Unis. Parce que moi j’étais parti de Saint Denis et je me suis retrouvé dans une des meilleures équipes des Etats unis de Basket universitaire et pour moi c’était une découverte, c’était un truc de fou ! Je voulais faire partager, enfin mes émotions avec les gens. Ola ! je t’ai soulé là Bérengère ! Trop longue la phrase trop longue !

B.L : Non mais pas du tout ! Et justement je me dis c’est marrant parce que quand on parle, quand vous parlez de votre vie professionnelle vous y arrivez, mais quand on essaye de savoir qui vraiment est Sami Ameziane on y arrive pas !

C.D.B : Je sens que tu veux me pécho Bérengère ! Voilà !

B.L : A quelle heure on peut y aller ? (rires)

C.D.B : Non bah après euh… Qu’est ce que tu veux savoir ? c’est quoi ton problème ?!

B.L : Pourquoi vous êtes… Pourquoi vous avez peur de vous livrer ? Pourquoi vous avez peur de vous confier ?  On ne se connait pas assez c’est ça ?

C.D.B : ce n’est pas ça, c’est peut-être que je suis pudique je pense. Au premier abord c’est pas évident d’arriver et de raconter sa vie comme ça…

B.L : Allongez vous ! (rires)

C.D.B : Si il n’y avait que toi et moi ça aurait été possible mais il y a 2 caméras, 3 caméras et 3 mecs bizarres dont un avec un appareil photo !

B.L : Est-ce que quand vous étiez petit, tout de suite vous avez compris l’intérêt d’aller à l’école ? Vous avez tout de suite aimé ça ?

C.D.B : Euh ouai, ouai ça ma plût ! Je pense que voilà, déjà c’était une manière de sortir de chez soi, parce que moi j’étais souvent chez moi, soit au sport soit chez moi, c’était une manière de rencontrer d’autres personnes et puis d’apprendre ! Donc très tôt gros fayot, très tôt gros fayot ! Bouffo le bouffon à sa mémère ! Dos à 45°premier rang !

B.L : Sur scène vous expliquez, vous parlez des rappeurs français qui ne manie pas forcement la langue française, ça vous fait rire ça ?

C.D.B : Certains rappeurs ! Quand on dit les rappeurs, on parle de tous les rappeurs ! Je parle de certains rappeurs, dont d’ailleurs je cite les extraits, extraits à l’appuie, preuve à l’appuie ! Non je revisite quelques… quelques phrases, quelques phrases qu’ils ont utilisés dans les textes. Donc ouai c’est quelques rappeurs enfaite.

B.L : Ce que je veux dire c’est que vous êtes très attachés à la langue française. Pourquoi ?

C.D.B : Parce que Bérengère je te l’ai dis ! Gros fayot ! Le fayot à sa mémère ! Le fils d’Eric Besson ! Non, pourquoi, parce que moi enfaite j’ai toujours été fan de rap, j’écoutais beaucoup beaucoup de rap. Et à chaque fois que tu écoute, forcement tu t’attaches à la langue, après tu tilt sur les erreurs. C’est comme quand tu regardes une interview, ou que tu écoute une chanson plusieurs fois, et là tu te dis ah ouai là le mec il a dit de la merde ! Ca mérite d’être souligné ! C’est juste venu comme ça enfaite !

B.L : Parce que moi je m’imaginais finalement que vous étiez un humoriste intello !

C.D.B : Ah non oula !! oula tu vas loin là ! Non je suis un golmont t’inquiète ! Ah non pas du tout du tout humoriste intello ! Enfin après comme je t’ai dis, connaissant le rap je suis fan d’IAM, de NTM, Kerry James, enfin il y a énormément de rappeurs que j’adore, j’écoute vraiment les textes, précisément et surtout le message qu’ils essayent de faire passer. Donc quand je vois, ou quand j’entends qu’il y a des choses qui ne vont pas, je le dis sur le spectacle, mais ce n’est pas… non non je ne suis pas intello du tout !

B.L : Vous aimez la musique, vous avez dit le rap. L’année de votre naissance en 79, est ce que vous avez une idée des succès musicaux qui ont marqués cette année ?

C.D.B : Alors laisse-moi te répondre !

B.L : Sans tricher !

C.D.B : Mon journal de naissance ! J’ai envie de te dire Patrick Hernandez !

B.L : Avec quel titre ?

C.D.B : J’ai envie de te dire Où sont les femmes ! Non c’est pourri, c’est ça ou c’est pas ça ?

B.L : Patrick Hernandez il ne chante pas du tout où sont les femmes !

C.D.B : Qu’est ce que je suis teubé ! Tu vois je t’ai dis que j’étais pas un intello !

B.L : Born to be alive ! Gloria Gaynor aussi avec I Will Survive, il y a Michel Berger qui écrit et qui lance son opéra rock Starmania, ca vous parle ça ? vous vous dites ah ouai d’accord je vais vraiment aimer le rap ?

C.D.B : Non non, moi je suis éclectique j’aime tout ce qui passe en radio

B.L : On ne vous croit pas ! (rires) On ne vous croit pas du tout ! 

C.D.B : Non non après c’est des références, c’est des bonnes chansons aussi ! Des pubs !

B.L : Vous allez faire ça tout le long d’interview enfaite ou pas ?

C.D.B : (rires) Allez j’arrête ! Excuse-moi Bérengère ! C’était quoi ta question ?

B.L : La question c’est quelle musique a vraiment marqué votre enfance ? Mais quand vous étiez petit !

C.D.B : Ok, quand j’étais petit, au milieu des années 80, véridique, c’est ce qu’écoutaient mes frères et sœurs, parce que forcément c’est tes premiers modèles, mes modèles les plus proches, c’est tes premiers modèles donc bon. J’écoute à peu près toute la variété des années 80 et les gros tubes funk des années 80, j’ai un peu bercé là dedans !

B.L : Vous allez, vous alliez au cinéma quand vous étiez petit, vous avez des souvenirs de films qui ont marqués votre enfance, votre adolescence ?

C.D.B : Pas trop non. Grosses lacunes cinématographiques. A part les films qu’il y avait chez moi , que tout la famille regardait, que ma mère regardait.

B.L : Ca ressemblait à quoi ?

C.D.B : Autant en emporte le vent, Fanfan la tulipe ! Tous ces trucs là !

B.L : tous les films qui permettent de créer un univers de vannes ?

C.D.B : Pas nécessairement, mais qui t’apporte déjà un vocabulaire, une façon de parler. 

B.L : Je t’aime oui je t’aime !

C.D.B : Non c’est pas vraiment ça ! Autant en emporte le vent !

B.L : Donc c’est quoi alors ?

C.D.B : Non tu as un tas de tout, Fanfan la tulipe, t’as quand même Gérard Philippe, c’est quand même, c’est quelques grandes phrases. C’est marant parce que moi quand j’étais à l’école il m’arrivait d’utiliser des adjectifs que j’avais entendu dans ces films là et de les ressortir à ma prof, genre dans les rédactions, et à chaque fois elle disait non, non, ce n’est pas toi qui a écrit ça ca doit être tes parents, ces tes parents qui t’on aidés à écrire ça. Et moi je disais « non je vous jure que non ! ». C’est con c’est juste de la répétition, tu répétais machinalement les mots que tu avais appris.

B.L : Elle ne devait pas avoir la même … comment on dit ?

C.D.B : Surtout en zep !

B.L : non mais elle ne devait pas avoir les mêmes références cinématographiques que vous non ?

C.D.B : Elle avait qu’à mieux travailler à l’école ! Elle avait qu’à moins bavarder !

B.L : C’est évident, c’est évident !


VERY INSPIRE (SON IMAGE EN DESSIN) : 10MIN52

B.L : Alors Sami maintenant je vais vous demander de vous dessiner, vous avez un stylo à porté de main, je pense que vous l’avez vu.

C.D.B : Oui

B.L : Vous allez pouvoir vous dessiner tel que vous vous voyez. Je crois que cet exercice va vous plaire à ravir. Vous allez adorez ça !

C.D.B : Je dois me dessiner ?

B.L : Tel que vous vous voyez !

C.D.B : J’ai beaucoup d’idées ! Alors excusez-moi ! Est-ce que je peux vous les soumettre ?

B.L : Allez !

C.D.B : Bon première idée. Simple, voilà !

B.L : Donc une fusée !

C.D.B : Oui une fusée Ariane ! Normal. Alors ensuite hop !

B.L : D’accord, donc ca c’est un haricot vert rond !

C.D.B : Ca c’est un ballon ! Donc ça déjà ça vole

B.L : Donc ça c’était une fusée, ca c’est un haricot vert.

C.D.B : Donc là je te résume enfaite, une vie intéressante ! Ok entre …. On va arrêter les conneries !

B.L : Non ! C’est drôle et en plus ça ne s’efface pas !

C.D.B : Ca c’est un dossier tu vois ! Non sérieusement… aller ! Comment je pourrais me décrire ? En plus je ne sais pas dessiner du tout moi donc… C’est pas évident, ce n’est pas un exercice facile ! Qu’est ce que je pourrais faire ?

B.L : Donc c’est une fille ou un garçon

C.D.B : On ne sait pas…

B.L : Donc je rappelle que vous êtes célibataire (rires) je dis ça parce que j’ai l’impression que vous dessinez une famille entière. Vous avez officiez comme basketteur pro en France, alors que vous ne faites que 1m78.

C.D.B : Exactement.

B.L : Comment vous avez fait ? Révélez nous votre secret ?

C.D.B : Enfaite le basket c’est un sport où il y a énormément de grands donc.

B.L : Si vous reculez de deux pas on vous verra super bien. Ouai voilà c’est bon ! Donc le basket

C.D.B : Le basket c’est un sport où il y a énormément de grands, donc toi quand tu arrives avec une spécificité physique qui est autre que… on va dire la taille standard, qui est vraiment… c’est vrai qu’au basket faut être grand, quand tu es petit c’est là où tu fais la différence parce que tu apportes quelque chose d’autre sur le terrain, moi en l’occurrence j’étais rapide donc c’est pour ça que j’ai pu jouer avec des basketteurs qui étaient… qui avaient un bon niveau, parce que j’arrivais à accélérer plus que les gens de grandes tailles qui ont des reflexes un peu moins rapide on va dire. Explication un peu pourri mais bon !

B.L : On apprend de la merde quand même !

C.D.B : Par contre le dessin il est très très chelou là !

B.L : Ah bon pourquoi ? En 2004 et 2005 vous intégrez une des meilleures équipes des Etats-Unis, celle des Huskies.

C.D.B : Exactement.

B .L: Et celle de l’université du Connecticut. Là vous vous dites ça y est je suis au top, je suis le plus fort, je suis le meilleur du monde ?

C.D.B : Euh non non ça ma vraiment fait relativiser sur, sur ce qu’il y avait à faire parce que je suis arrivé dans une université qui était championne des Etats Unis et c’était vraiment… C’est tout ce qui n’existe pas en France, parce que c’est très très professionnalisé, et moi j’ai eu la chance d’arriver dans cette fac. Et on ma pris en main, on m’a donné l’opportunité, qu’avec le travail on pouvait faire des choses, voilà j’ai bossé dur, dur,dur j’ai voulu en profiter, c’était ma dernière année d’éligibilité aux Etats-Unis ils ont un système qui est différent du notre, du système français, je ne pouvais jouer encore qu’un an, donc j’ai tout donné pour cette année. Moi ca a toujours été mon rêve de jouer en NCA. Donc je me suis dit bon bah voilà il y a une opportunité, faut y aller à fond et… mais c’est marrant parce que c’était vraiment le billet du hasard. Quand j’étais en France j’ai joué au basket, j’ai fais toutes les divisions sauf la première on va dire, et je regarde la finale de la NCA, je regarde cette finale, genre J-attack, contre Connecticut, et je vois enfaite les mecs avec qui je vais jouer l’année prochaine sans le savoir. Et je fais un échange universitaire, j’arrive dans le bureau de cette femme qui s’appelle Nancy Merrit et qui est responsable de la ICFA à Paris. Et elle me dit, elle me pose deux questions, elle me dit « qu’est ce que tu aimes dans la vie », je lui dis « bon je fais des études de commerce et ce n’est pas terrible, mais j’aime bien le basket. » « Mais bon je t’envois au Midcon , au Connecticut tu regardera les matchs ». Je vais aux Etats Unis, je joue là bas au gymnase, normal et un jour je vais faire une coupe sur le campus et là la coiffeuse me coupe les cheveux comme toutes les coiffeuses elle commence à te poser des questions, elle me dit « ouai bon qu’est ce que tu faisais en France », alors je lui explique « ouai j’étudiais et je jouais au basket », là elle me dit « et pourquoi tu n’essayerai pas de jouer avec les Huskies ? » « je ne sais pas, je n’ai aucun contact ! ». Elle prend son téléphone, et elle appelle le responsable des étudiants athlètes et des entraineurs qui étaient ses clients ! Elle les appelles « bon bah voilà j’ai un basketteur pro ici » « envoyez le nous on va le mettre à l’essai ». j’arrive, je vois le responsable des étudiants athlètes, il me voit débarquer, il voit un espèce de petit portugais il dit « bon les mecs sont supers forts, ce sont les meilleurs des Etats-Unis, ils sont tous, ils iront tous en NBA l’année prochaine, ou dans deux ou trois ans donc ça va être difficile pour toi ! » Et là je me dis, bon je ne vais pas aller lui parler à lui, je vais aller directement dans le bureau des coachs et là je vais dans le bureau des coachs, et je tombe sur justement Jim Calloon qui revient du salon de coiffure où la femme venait juste de le coiffer après moi enfaite. Et elle parle, elle devait parler de moi. Et le mec on se voit, on se regarde, après c’est peut être con, mais il y a des rencontres dans la vie où tu vois des gens, et tu sais qu’il va se passer des choses avec ces gens là. Et voilà il me regarde et il me dit « c’est toi le basketteur français ? t’as déjà joué avec Tony Parker ? », je lui dis « non je n’ai pas joué avec Tony Parker, mais j’ai joué contre Tony Parker », c’est vrai j’ai joué contre Tony en France. Il me dit « bon viens dans mon bureau ». Il m’amène dans son bureau, son bureau c’est une espèce de trois fois cette salle, avec des posters de lui avec Magic Johnson, Jordan, Bill Clinton, le mec qui est reconnu internationalement ! Les all of Fame, tu vois c’est toutes les plus grandes personnalités, les plus reconnues du sport « bon bah voilà on te prend à l’essai, si c’est bon c’est bon, sinon salut ! Donc on fait les premiers essais de l’année, c’est un entrainement qui dure 4h30, l’entrainement le plus dur ! » Et ca se passe bien, c’est bon t’es dans l’équipe. Moi j’ai eu une année de fou furieux, j’ai fais des déplacements en jet privé, tu joues dans des stades de 72 000 personnes, tu joues au Madison Square Garden, c’est du grand n’importe quoi ! Moi qui avait l’habitude de jouer dans des gymnases de Saint Denis où ça sentait la pisse, où tu avais, tu avais comment on appelle ça ? Des chasubles ! Non c’est une histoire de fou ! Mais bon voilà c’était marrant !

B.L : Et quand ça s’arrête à cause d’une blessure, là vous vous dites «  Mince là je vais passer à côté d’une grande carrière » ? Ou alors « non c’est chouette parce que je vais pouvoir faire autre chose » ?

C.D.B : Non bah forcement tu as un peu de regret parce que tu te dis… parce que moi enfaite dans l’équipe dans laquelle je jouais au Connecticut, il y en a 8 maintenant qui sont à la NBA, le meilleur championnat du monde la NBA, donc ils jouent dans des salles immenses, moi je suis au petit gymnase, mais tu vois enfaite c’est un peu marrant, parce que tu vois c’est la vie, c’est comme ça.

B.L : Mais d’avoir commencé dans un gymnase à faire du basket, et être maintenant au petit gymnase pour faire du one man.

C.D.B : Bah c’est comme la rue de la mort, quoi qu’il arrive on retourne toujours au même point. Ouai c’est marrant, c’est un clin d’œil !

B.L : On vous voit là avec un ballon, des enfants, des gens, un soleil, une fusée (rires),et on arrive pas trop à savoir qui vous êtes finalement, par contre un jour vous avez déclaré « je suis le seul rebeu né avec une tête de portugais et un corps de turc ».

C.D.B : Voilà, ouai

B.L : c’est comme ça que vous vous voyez ?

C.D.B : Oui parce que

B.L : Je pensais que c’était comme ça que vous alliez vous dessiner

C.D.B : C’est vrai ?  Non c’est pas évident, déjà moi je suis une merguez en dessin, donc je serais incapable de faire un dessin un peu correct.  Ouai mais voilà, après toutes ces problématiques d’identités moi ça m’a touché à un moment dans ma vie et après j’ai vu finalement que ce n’était pas le plus important.

B.L : C’est quoi le plus important ?

C.D.B : Le plus important c’est d’essayer de se construire, d’avoir un bagage de potentialité, pas d’identité, l’identité ça ne veut rien dire. L’identité, voilà quoi physiquement mes parents sont algériens, j’ai une tête de portugais, un corps de turc, mais il faut essayer d’aller au-delà de ca !  C’est ça que j’ai appris aussi en allant aux Etats-Unis ! En France tu as toujours ce dilemme là quand tu es fils d’immigré ! On me dit ouai voilà, t’es pas vraiment français, à l’étranger t’es français, en France les américains me traitaient de Fuckin French, moi je leur disais merci enfin reconnu à ma juste valeur, donc tu sais c’est un peu un délire donc tu passes d’une frontière à une autre , c’est pas si important que ça.

B.L : Est-ce que c’est dans les vestiaires que vous avez vraiment appris à vanner ? J’avais lu ça un jour, dans une des interview que vous aviez accordé à un magazine.

C.D.B : J’ai pas appris à vanner dans les vestiaires, mais on vanne dans les vestiaires ouai, parce que voilà tu as des rapports de force, tu déconnes avec les mecs, donc c’est vrai que ça fait un peu parti du truc, ça fait parti de la camaraderie sportive.

B.L : Vous étiez complexée, votre fusée était trop petite, vous l’avez agrandie !

C.D.B : Non mais je te promets que si je touche un gros cachet, nous irons ensemble faire l’opération Bérengère.

B.L : Pourquoi parce que c’est nécessaire ?

C.D.B : Non parce que j’ai envie que tu participes à ce truc là ! A cette étape de ma vie !

VERY PROMO :  17MIN06

B.L : Sami Ameziane

C.D.B : Oui Bérengère ?

B.L : Sami Ameziane, dit le compte de Bouderbala. Vous êtes maintenant face au miroir. Vous avez l’habitude de vous regarder ?

C.D.B : Oui

B.L : Vous aimez bien ça ?

C.D.B : Tous les jours en me rasant !

B.L : Et vous pensez à quoi à ce moment la ?

C.D.B : Que je peux devenir président de Monluc (rires) Le comte de Bouderbala, du jeudi au samedi ! Euh je pense à quoi ? Je pense à la journée que je vais passer. Je pense à … 

B.L : Et vous aimez bien vous regarder ?

C.D.B : Oh ça va je n’ai pas trop de mal à me regarder ! Avant ce n’était pas évident. Maintenant ça va, plus le temps passe, et plus c’est un peu plus facile.

B.L : Qu’est ce qui a changé ?

C.D.B : On s’accepte, on se résigne surtout !

B.L : Alors si je lis votre actualité et ce que l’on peut découvrir sur différents sites internet, on peut découvrir que vous avez été acclamé lors de la première partie des concerts de Grand Corps Malade à travers toute la France. C’est drôle ça, d’être en première partie d’un chanteur mais d’être un humoriste !

C.D.B : Bah enfaite ce n’est pas vraiment un chanteur, c’est un slameur… c’est … tu connais un petit peu Bérengère ?

B.L : Grand corps malade ? Oui très bien ! Je vois très bien ! Des paroles qui coulent à flot, je connais le slam, je connais grand corps malade !

C.D.B : Tu vois c’était un peu pour casser la dynamique du concert de slam, arriver en première partie, et présenter autre chose.

B.L : Bon la vérité c’est que tu es son pote.

C .D.B: Voilà la vérité c’est que c’est une histoire de piston ! Et c’est fini ! Non enfaite ouai il m’a proposé de faire sa première partie, et moi forcement j’ai accepté déjà parce que l’on se connait , on est amis d’enfance et puis je pense que la première partie que je propose ca apporte aussi quelque chose au show global. Moi je viens, je mets a l’aise les gens on va dire, je raconte quelques conneries et après je présente l’artiste, donc c’est aussi une petite mission introductive.

B.L : Si un jour Joey Star vous appelle pour faire la première partie de son show vous y allez ?

C.D.B : Ouai, ouai j’irais !  Armé mais j’irais !

B.L : Jusqu’aux dents ou pas ?

C.D.B : Non franchement pourquoi pas !

B.L : Grand corps malade, c’est vraiment un pote d’enfance ? Là-dessus ce n’est pas une histoire médiatique, on essaye pas de broder pour dire tiens il habite à Saint Denis, j’habite à Saint Denis, je vais me rapprocher d’un slameur parce que c’est marrant !

C.D.B : Non enfaite on s’est rencontré la première fois on avait 11, 12 ans. On s’est rencontré sur un terrain de basket. Après on s’est plus trop calculé pendant une dizaine d’année, mais quand je l’ai revu chez Ardisson là je l’ai rappelé !

B.L : Et vous lui avez dit quoi ?

C.D.B : Je lui ai dis « hey salut tu te souviens ? » non ! Enfaite voilà, on s’est rencontré on avait 11, 12 ans, on a grandi ensemble, on a un peu joué au basket, on a monté des assoss, on a fait du théâtre ensemble, on a fait des projets, on a fait du slam ensemble.

B.L : Vous avez beaucoup de chance finalement hein, dans votre parcours.

C.D.B : Vous trouvez ?

B.L : Vous allez chez le coiffeur, vous revenez, vous sortez de là vous êtes basketteur professionnel américain. Vous allez sur un gymnase ou sur un terrain de basket à Saint Denis, vous rencontrez Grand Corps Malade. C’est quoi l’esprit, c’est quoi l’idée là ?

C.D.B : Ouai non, mais comme je t’ai dis tout à l’heure, la chance c’est les rencontres Ohh !!! c’est les rencontres qui font que ca te change la vie… c’est ça ! Toi Bérengère tu as fais des belles rencontres ?

B.L : Bah là aujourd’hui magnifique ! Déterminante !

C.D.B : Oh mais quelle mytho !

B.L : Déterminante ! (rires) Vous affichez complet pendant un an au théâtre du petit gymnase, vous êtes vedette des comédy club à New-York, Sami dit le comte de Bouderbala, le comte des désargentés vous présente son show. C’est vous qui avez écrit votre petit teaser pour qu’on vienne vous voir sur scène ?

C.D.B : Pas vraiment non. Non non ce n’est pas moi, enfin je ne crois pas !

B.L : Vous auriez écrit quoi vous ?

C.D.B : Mais moi tu as du le remarquer, j’ai du mal à parler de moi !

B.L : C’est pas vrai dis donc ! C’est la révélation face au miroir, on ne s’y attendait pas du tout ! On ne s’en est pas rendu compte !

C.D.B : C’est pas évident de se vendre.

B.L : Vous débarquez sur scène avec un bonnet de bouffon à clochettes sur la tête, musique de cirque à fond les ballons et en même temps vous y allez fort ! C’est histoire de dire, contre toute attente je suis moins bouffon que ça.

C.D.B : Ouai comme tout le monde, on veut sortir des clichés en faite, on essaye de sortir des barrières dans lesquelles on essaye de nous mettre.

B.L : Il va vraiment falloir faire des efforts, parce que si vous devenez une star internationale des stand up et des one man, on va vous interviewer partout et on aime beaucoup à la télévision les bons clients ! Si vous n’êtes pas bon client vous risquez de ne pas être très médiatisé, vous le savez !

C.D.B : Non après j’essaye de trouver quelque chose pour faire de l’audimat tout de suite, mais…

B.L : Déshabillez-vous ! On a plus que ça à faire !

C.D.B : Non ça je pense que ça va finir comme ça de toute façon !

B.L : Vous avez participé quelques mois au Jamel Comedy Club. Deux semaines également comme auteur chez Laurent Ruquier et vous avez préféré vous sauvez ! Pourquoi à chaque fois que l’on vous ouvre les portes d’un truc assez sympa, et vous vous dites « ouai les gars, je goute, je teste, et je m’en vais ».

C.D.B : bah enfaite le truc, c’est comme on disait tout à l’heure, c’est pas que des rencontres enfaite, ce n’est pas que de la chance, c’est le travail qu’il y a derrière. Après voilà une rencontre avec grand corps malade, moi quand je le rencontre à 11, 12 ans je ne sais pas qu’il va devenir grand corps malade 20 ans après.

B.L : Je suis sure que si, vous étiez un calculateur déjà à 12 ans.

C .D.B: Hmm lui il sent bon ! Il va devenir quelqu’un ! Non après… pour le Jamel Comedy Club. Nous on existait avant le Jamel Comédy club.

B.L : Qui s’est nous ?

C.D.B : C'est-à-dire 80% des humoristes chez Jamel parce qu’on avait commencé bien avant à faire des plateaux sur Paris, qui s’appelait le Comic Street Show, donc avec Thomas Ngijol, Fabrice Eboué, Patson et compagnie, et ensuite on est partis de ce groupe là , on a créé notre propre groupe qui s’appelait Bar de rire. C’était un collectif, pareil d’humoristes, on se produisait sur Paris, une fois par mois, ca marchait très bien. Après Jamel nous a proposé de bosser avec lui et de… Il nous a proposé de bosser avec lui et de faire l’émission de Canal +. Bon la plupart on est parti avec lui, après moi je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas, parce que je voulais écrire mon histoire

B.L : parce que c’était imposé ?

C.D.B : Bah c’est pas ça, mais quand tu fais parti d’un collectif, tu sais tu as 12 artistes, tu es le Jamel Comedy Club, et pas le comte de Bouderbala, ceci, ou ca, tu es tu fais parti, t’es un peu dépendant de Jamel. Moi je ne voulais pas profiter de sa notoriété pour vivre, pour exister, que ce soit médiatiquement ou sur scène. Et c’est pour ça que je suis vite parti, je ne suis pas resté longtemps, parce que comme je te disais je voulais écrire mon histoire, écrire mon, écrire ma… écrire mon truc quoi ! Faire vraiment mon …

B.L : Et chez Ruquier alors ?

C.D.B : Chez Ruquier c’était autre chose, chez Ruquier ils cherchaient un auteur. Enfaite chaque samedi je regardais l’émission de Ruquier et je trouvais sans prétention que le stand up qu’ils faisaient au début n’était pas à la auteur de ce qu’il aurait pu donner. Moi j’avais vu des spectacles de Ruquier, je trouvais qu’il était plus marrant sur scène que dans ses émissions. Et voilà et je me suis dit pourquoi ne pas essayer d’écrire pour lui, j’ai vraiment proposé tu vois. Et moi j’avais une connection là bas, on m’a présenté à lui, au départ j’étais sensé écrire pour lui, après j’ai écris pour un de ses chroniqueurs, après pour un autre chroniqueur, après pour un mec qui faisait les micros trottoirs chez Ruquier, à la fin je me suis retrouvé en cuisine à faire des merguez je me suis dis bon ! Laissez-moi tranquille ! Je préfère écrire pour moi, au moins je ne serais pas trahi par moi-même !

B.L : Vous avez un jour déclaré vous avez préféré vous sauvez parce que vous avez flairé les contrats d’esclaves, vous vous n’aimez pas justement être le bouffon de quelqu’un, vous préférez être le bouffon de vous-même.

C.D.B :Bah qui aime ça ? Qui ? mais après …

B.L : Il y en a pleins ! C’est la sécurité !

C.D.B : Ouai , ça dépend, la sécurité à tout prix… il y a la dignité aussi ! Non moi ce qui me soulait, c’était voilà d’aller… de faire parti justement d’un collectif et d’être très mal payé, je trouvais ça pas respectueux, pas professionnel, et puis quand tu as une notoriété, quand tu te dis que tu es producteur, il y a un minimum tu vois. Et moi je trouvais que le minimum il n’était pas, il n’était pas garanti. Donc je suis parti, quand je parle des contrats d’esclaves c’est moi je trouvais que c’était un médicament d’esclave, mais quand tu regardes on bosse souvent pour des contrats d’esclaves et c’est là la force de résister, de dire bah non je ne travaille pas pour ça. Et même si tu es dans un collectif, où il y a une pression des autres qui fait que tu n’as pas envie de quitter, parce que tu as envie de rester en sécurité, moi j’ai préféré dire bah non je m’en vais tout seul je fais mon truc, et si je dois être l’esclave, je serais l’esclave de moi-même.

B.L : Vous allez remonter sur scène le jeudi, vendredi, samedi à 21h30, donc au petit gymnase à Paris dans le Xème. C’est votre spectacle qui porte votre nom le comte de Bouderbala, là vous vous sentez bien, en sécurité à l’aise, d’être l’esclave de personne ?

C.D.B : Bah après tu es toujours l’esclave de quelqu’un, je me trouve, je me sens un peu mieux on va dire.

B.L : Oui ?

C.D.B : Je me sens mieux parce que voilà, c’est mon spectacle, c’est des cachets qui ne sont pas des efferalgans. C’est des cachets où justement je peux vivre un peu mieux, où je peux…

B.L : Oui vous vivez aujourd’hui de votre métier ?

C.D.B : Tout va bien oui

B.L : On va dire.

C.D.B : Oui mais ce n’est jamais, ca va franchement

B.L : Mais le spectacle parle de quoi si vous deviez nous en parler ? Parce qu’apparemment vous êtes beaucoup plus à l’aise quand vous nous parlez de ce que vous faites professionnellement. Faites nous rêver !

C.D.B : Alors le spectacle ! Non comme tu disais tout à l’heure c’est un stand up où voilà, j’utilise un petit peu mon parcours pour raconter un peu mon histoire, un petit peu de nos différences culturelles, France-Etats Unis, et donc voilà, c’est un petit peu mon point de vue, sur différents sujets de sociétés.

B.L : Alors on y découvre que vous avez fait du basket à haut niveau, est ce que vous voyez encore aujourd’hui vos anciens coéquipiers de la fac américaine ?

C.D.B : On s’envoie des mails sur facebook et après tu sais comment c’est, quand tu deviens millionnaire tu ne calcules plus les smicards ! Mais non non, non on s’envoie des mails !

B.L : Et qui est qui là ?

C.D.B : A ton avis ? Entre celui qui joue au Madison Square garden, et celui qui joue au petit gymnase ? Quelle est la différence de salaire Bérengère ?

B.L : Et vous pensez que ça va changer ? Ou vous espérez que ça va changer ?

C.D.B : Après moi je ne me focalise pas vraiment sur l’argent, je me dis bah voilà je fais mon boulot, et après on verra comment ça se passe ! Pas forcement, mais tu as toujours envie d’améliorer ta vie, ton pouvoir d’achat.

B.L : Et en terme de notoriété ou pas ?

C.D.B : Est-ce que tu as du pouvoir d’achat Bérengère ?

B.L : Et en terme de notoriété, on a envie d’en avoir, on a envie d’être reconnu dans la rue ? C’est ça votre idéal ?

C.D.B : Moi franchement non, moi c’est aussi pour ça que non ce n’est pas mon objectif, ca après tu vis plus ! C’est chiant tu sors « Bérengère Oh Bérengère ! J’ai vu Bérengère ! » Non c’est pas trop important, l’important c’est que la salle du spectacle soit remplie, là c’est intéressant !

B.L : On sait que, en tout cas moi j’ai été voir votre spectacle, on sait que vous êtes le roi de la vanne, et j’avais testé d’ailleurs à la fin, parce que vous permettez aux spectateurs de poser des questions. Ce qui est assez rare, parce qu’en principe un spectacle est rodé, on a une vrai mécanique de vanne, on a fini, on remercie et on s’en va. Vous vous restez, vous permettez justement au public de réagir. Alors je vais vous demander maintenant de vous prêter au jeu de l’interview ping-pong ! C'est-à-dire je vous pose une question et du tac au tac vous me répondez.

C.D.B : D’accord.

B.L : Quel est le proverbe ou le diction qui vous caractérise le mieux ?

C.D.B : Bien mal acquis ne profite jamais.

B.L : Quel est le mot que vous adorez entendre à votre sujet ?

C.D.B : Le buzz ! Non je rigole j’ai horreur de ce mot, il me dégoute ! le Buzz

B.L : pourquoi ?

C.D.B : Je n’en peux plus de ce mot ! Il me dégoute ! 

B.L : Et pourtant c’est celui qui arrive en premier ! Dans votre cerveau !

C.D.B : Ouai parce que j’ai fait un rejet sur ce mot là, je l’entends tellement, le buzz, le buzz, je n’en peux plus de ce mot. Est-ce que tu as du buzz Bérengère ?

B.L : Oh bah plein ! plein ! Je vibre moi ! (rires) A quelle question n’avez-vous jamais trouvé de réponse ?

C.D.B : Dans la caricature, Dieu existe-t-il ?

B.L : Quel est votre plus grand regret ?

C.D.B : Mon plus grand regret… oh lala j’en ai tous les jours …

B.L : Comment ?

C.D.B : J’en ai tous les jours, non mais c’est le problème des gens qui veulent tout faire en même temps.

B.L : et c’est ça vous voulez tout faire en même temps vous ?

C.D.B : Ouai c’est ça tu as envie de vivre, de faire pleins de choses, c’est pas facile, tu as tout le temps des regrets quand tu es comme ça !

B.L : Quelle est la vanne que vous n’avez jamais osé dire à une femme ? Là vous avez pensé à un truc !

C.D.B :  Ouai

B.L : On veut avoir le mot ! (rires)

C.D.B : Laisse tomber Bérengère ! C’est une vanne très con, elle n’est pas de moi ! Enfin bon je vous raconte l’anecdote très rapidement, c’était il y a un petit moment, j’étais dans un bar, je discute avec pote, et là enfaite c’est un petit mec, c’est un petit gars, qui a vraiment beaucoup d’aise pour parler à tout le monde aux femmes et tout. Donc il drague tout le monde, et à un moment, tu as une femme qui rentre et une très jolie femme. Et on se regarde et on commence à discuter et lui arrive et il parle avec elle et à un moment il lui sort une phrase, il suit sort cette phrase justement, il lui dit « tu as vraiment de jolies dents ! Ca ferait vraiment un très joli collier autour de ma bite. ». C’est très vulgaire mais quand il a sorti ça, je suis tombé par terre de rire et enfaite la femme voyant que je rigolais était tellement déçue, qu’elle est partie et qu’elle a tourné les talons. Enfin bref

B.L : Le petit homme c’était vous ?

C.D.B : Non je te jure que non ! Voilà c’est vulgaire mais ça ma tellement fait rigoler, voilà j’ai pensé à cette vanne quand tu m’as dis que tu ne sortirais jamais à une femme bah c’est celle là voila. Abusé !

B.L : Vous disiez tout à l’heure qu’il n’y a pas vraiment de personnes que vous adoriez, qui auraient été vos maîtres, même dans l’humour, il n’y a personne qui vous a inspiré ?

C.D.B : Si après tu as des références, mais j’aime pas les modèles moi, je trouve que ça… le problème du modèle tu perds facilement ta personnalité ta façon d’être, tu ne donnes pas le meilleur de toi. J’ai remarqué que les gens qui ont souvent des modèles, c’est plus du mimétisme, pourquoi voir la pâle copie quand je peux voir le vrai.

B.L : Donc l’original.

C.D.B : C’est nul quoi !

B.L : Et là on a eu l’original du comte de Bouderbala ou l’original de Sami ?

C.D.B : Oh vous avez eu un mixte ! Un peu des, un peu des deux ! un peu des trois !

B.L : J’ai l’impression qu’au fil des minutes on vous découvre mieux, vous avez besoin de confiance comme ça ? 

C.D.B : Bérengère, si j’arrive et que je te viole, ca va te faire plaisir ?

B.L : Je vous ai violé ?

C.D.B : Non mais tu vois ce que je veux dire !

B.L : Non !

C.D.B : Non mais je pense que dans une interview c’est un peu comme dans une relation amoureuse, ca dépend, tu peux y aller directement quand c’est un truc passionnel, quand c’est pas un truc passionnel, ça se construit ! C’est comme dans un spectacle je pense ! Non mais c’est vrai ! Les préliminaires, c’est comme dans un spectacle ! Si on se connait vraiment on peu sortir toutes les conneries du monde, les blagues les plus salaces ou  les plus borderline comme on dit ! Si j’arrive et qu’on se connait pas je vais dire un truc, tu vas dire oh mais il est con celui là, c’est quoi son problème !

VERY PLUS : 7MIN42


B.L : Rue de la mort, moi j’ai entendu que vous habitiez, c’est toujours vrai ?

C .D.B: Ouai c’est toujours vrai ouai !

B.L : C’est sympa on est…

C.D.B : c’est … ouai non c’est intéressant ! C’est intéressant parce que c’est une allégorie de la vie enfaite ! C’est… Bon on la rebaptisé la rue de la mort parce que c’est une rue… enfaite moi ma fenêtre donne, enfin ma maison est en face de l’hôpital, ma fenêtre donne sur la morgue, 60m un hôpital psychiatrique, 10m plus loin un foyer de personnes âgées en face d’un distributeur de seringues pour toxicos ! Et la cerise sur le ghetto j’habite au dessus des pompes funèbres au numéro 13 ! Et ca ce n’est pas une blague Bérengère !

B.L : On a vraiment du mal à vous croire !

C.D.B : Je te jure sur ma tête que c’est vrai !

B.L : Il va falloir y aller alors pour vérifier l’information !

C.D.B : Non non c’est la vérité, après elle s’appelle pas la rue de la mort on la rebaptisé comme ça parce que c’est vrai que tu as le circuit de la mort enfaite. Mais c’est intéressant, c’est une belle démarche !

B.L : Super intéressant !

C.D.B : Parce que quoi qu’il arrive poussière tu retourneras à la poussière, et c’est profite un maximum et construis construis, parce que ce qui t’attends c’est ce qui est en face de ta fenêtre !

__________________________________________________________________________________

B.L : Je pose mes fiches, parce que je vois que mes questions ne vous intéressent pas du tout ! Alors je vais vous laisser maintenant vous poser vos propres questions ! Comme ca vous allez poser vos questions, vous allez pouvoir y répondre, on va pouvoir rire avec vous ! Rire de vous ! (rires)

C.D.B : Ca m’intéresse vos questions, il n’y a pas de soucis !

B.L : Mais non parce que vous ne répondez pas en plus !

C.D.B : Pourquoi vous dites ça !

B.L : On va rien en faire de tout ce que vous avez dit ! Je ne peux rien garder !

C.D.B : Mais non mais qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? A quel niveau ?

B.L : A quel niveau ! au troisième étage ! Au troisième étage s’il vous plait !

C.D.B : Quand vous me parlez d’aider, je suis dispo à vous répondre ! Ce n’est pas évident de rentrer dans l’intimité comme ça.

B.L : Vous trouvez ?

C.D.B : Bah ce n’est pas facile !

B.L : Non  mais vous trouvez que l’on rentre dans l’intimité ?

C.D.B : Non mais pour moi d’axé mes réponses sur l’intimité ce n’est pas évident !

B.L : Pourquoi ? Vous ne vous êtes pas assez confié à votre maman quand vous étiez petit !

C.D.B : C’est peut être pour ça

B.L : mais oui !

C.D.B : C’est pour ça que je vais raconter des conneries sur scène !

B.L : Mais vous pensez ?

C.D.B : Ca doit jouer oui forcément ! Le coté psychothérapeutique qui joue. 

B.L : La scène ça vous fait du bien vraiment quand vous montez vous vous dites

C.D.B : ah je pense

B.L : Je peux enfin m’exprimer, on m’écoute, on m’entend !

C.D.B : Bah déjà c’est con mais quand tu arrives sur scène tu existe ! T’existe, c’est pour ça je pense que maintenant il y a beaucoup plus d’artistes de nos jours, énormément de gens qui vont sur scène, de toutes les manières possibles et inimaginables sur internet ou sur la scène réelle ! Moi j’ai vu ça au slam. J’ai vu une désacralisation de la scène qui fait que bah tu existes ! Tu parles les gens t’écoutent.

B.L : Vous croyez que ça vient d’où ce besoin d’exister, parce que vous existez, on vous voit vous êtes là, vous êtes réel !

C.D.B : Ca vient d’où ? Je pense que c’est peut-être spécifique à notre société ! On dévalorise peut être les gens en les éduquant, c’est vrai que enfin moi c’est peut être une comparaison con mais pour avoir vu un peu comment ça se passait ailleurs, en France on a beaucoup moins de facilité à parler de soi, à arriver à donner son point de vue

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B.L : Quel est le moment le plus honteux que vous avez vécu jusqu’à présent dans votre vie professionnelle ou personnelle ?

C.D.B : Oh la alors mon moment le plus honteux… j’en ai eu tellement ! Quand j’étais petit, ma mère pour braver le froid nous filait à ma sœur et moi les mêmes collants en laine qui piquent ! Et moi j’étais amoureux d’une fille qui s’appelait Cindy à l’époque j’étais au CE1. Visite médicale surprise et donc tu sais moi je suis en tête de liste dans l’ordre alphabétique juste avant Cindy. Et donc on est là, on va faire la visite médicale, et moi qui est amoureux de Cindy et tout ! Et là on commence à se déshabiller  je me déshabille et moi j’oublie que ma mère m’a donné un collant en laine rouge qui pique, donc je commence à me déshabiller, et là elle voit le collant et elle me regarde déçue et pareil elle tourne les talons, et elle ne m’a plus calculé de l’année ! Et donc la deuxième anecdote qui aurait dû arriver avant, parce que cette fille là j’étais amoureuse d’elle

B.L : amoureux !

C.D.B : Amoureux pardon ! J’étais amoureux d’elle et elle n’était pas amoureuse de moi, et ma sœur faisait la collection de gommes parfumées ! Tu sais les petites gommes parfumées à l’ancienne, tu faisais la collection Bérengère ! Et enfaite moi ce que je faisais, je volais une gomme à ma sœur à chaque fois, je lui écrivais une lettre d’amour, j’écrivais une lettre d’amour à Cindy, je mettais la gomme avec la lettre, et je filais cette gomme et cette lettre à Cindy. Cindy veux tu sortir avec moi ?

B.L : Oh quelle belle lettre d’amour !

C.D.B : Oui mais je lui envoyais, je lui envoyais une trentaine de lettres comme ça, et à chaque fois une trentaine de gomme parfumées volées à ma sœur ! Cindy prenait la lettre et elle la déchirait ! Et elle gardait la gomme ! Un jour j’en ai marre, je vais voir Cindy et on est dans le rang pour monter en classe, tu sais on se tiens la main par machin, avec son camarade, et là j’en ai marre, d’avoir volé toutes ces gommes, je n’en peux plus j’ai envie de sortir avec Cindy et là j’ai fais « Cindy pourquoi tu ne veux pas sortir avec moi ? » là elle se retourne et elle dit « Ce qui m’énerve c’est que  tu es un arabe ». très très dur ! CE1 !

B.L : Mais c’est horrible !

C.D.B : Bien sûr c’est dégueulasse !

B.L : Mais c’est pas un moment honteux ! C’est atroce !

C.D.B : Mais oui mais moi j’ai eu honte !

B.L : D’être Arabe ?

C.D.B : Non pas d’être Arabe, mais de… parce que je ne comprenais pas, mais ça m’a touché, c’est très con comme histoire mais tu vois ça fait parti, c’était le mécanisme de la honte aussi, ca… j’ai trouvé ca… ah bah ouai merde !

B.L : Qu’est ce qu’elle devient ?

C.D.B : j’espère qu’elle ne va pas bien cette connasse ! Non je ne sais pas ! Je lui passe le bonjour par Verylou.com ! (rires)

B.L : J’ai lu sur wikipédia, parce que j’ai lu des informations vous concernant, on dit ce fils de l’immigration algérienne qui a grandit à Saint Denis. Ca énerve quand on lit ça ?

C.D.B : C’est aussi vrai ! Je suis fils de l’immigration algérienne.

B .L: Et vous ne préféreriez pas qu’on dise cet artiste ? Ce bouffon ! Qui amuse la France entière !

C.D.B : Non pas encore ! Je ne suis pas encore devenu humoriste d’état ! Non ca fait parti de l’identité entre guillemet, j’ai mes racines algériennes, mon identité algérienne, c’est un plus aussi !

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B.L : Sami ! pourquoi vous riez ?

C.D.B : C’est la transition qui me fait rigoler ! Entre le on et le off !

B.L : Ca ressemble à quoi dans le off ?

C.D.B : C’est plus naturel !

B.L : Ah ouai ? ah bon

C.D.B : tu n’aimes pas ?

B.L : Si moi j’aime bien, je trouve que c’est naturel !

C.D.B : Allons s’y !

B.L : Ah ouai donc enfaite c’est juste parce que tout d’un coup j’ai pris un autre ton dans ma voix, bon alors je vais la refaire ! Sami (rires), c’est bien comme ça ou pas ?

C.D.B : Là c’est une autre approche !


VERY PENSEE :
00MIN34

B.L : Sami Ameziane dit le comte de Bouderbala, qu’avez-vous pensé de cette interview ?

C.D.B : c’était sympa, c’était chelou mais sympa !

B.L : Chelou pourquoi ?

C.D.B : Chelou parce que je n’ai pas l’habitude de… je ne suis pas quelqu’un qui est très, très à l’aise on va dire devant des caméras, mais c’est un exercice, c’était très sympa, je te remercie beaucoup, et je vous remercie messieurs.

B.L : J’ai pu faire les préliminaires j’en suis ravie !

C.D.B : (rires) à moi de te faire l’amour maintenant !


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